vendredi 21 août 2009

Le Sourire de France-Hélène

France-Hélène ne ressemble pas à ça, pas du tout. D'abord, elle a les cheveux plus courts, alors, hein, camembert... Ensuite, j'ai oublié de la regarder de dos, durant la journée et demie qu'elle a passée à Plieux, mais je suis certain qu'elle est bien mieux – plus personnelle, si vous voulez.

J'ai connu France-Hélène en 1975 (fin d'année), à Orléans. Elle arrivait de Châteauroux (mais pas Berrichonne, Dieu merci : accent chantant de plus au sud). Elle venait alors de s'installer dans un studio de la rue Porte-Saint-Vincent, avec une autre Castelroussine (une vraie, celle-là), bizarrement prénommée Monique : moi, c'est Monique qui me faisait bander (on avait tous à peu près vingt ans, pour vous situer l'affaire et les fautes de goût éventuelles).

J'ai rapidement compris (malgré mon jeune âge et la compacité de mes érections d'alors) que je pouvais me mettre la Monique sur l'oreille, en gros : elle mouillait plus loin et plus exotique, la gueuse. En revanche, presque tout de suite, je suis devenu ami avec France-Hélène : durant environ un an ou un an et demi, j'ai passé l'essentiel de mon temps libre (c'est-à-dire de mon temps) dans ce studio, quatrième étage, juste en face du seul (alors) bar à putes d'Orléans – mais, à cette époque, je ne m'intéressais pas encore aux putes.

[J'ai oublié de dire que, à ce moment, le studio était partagé en tiers par un certain Alain, gauchiste “pure époque” accomplissant son service militaire à la base aérienne d'Orléans-Bricy (où mon père, dans le même temps, gagnait l'argent du ménage (le sien)), lequel partageait en outre la couche étroite de France-Hélène (ils étaient bêtement petits et minces tous les deux), et pour qui je nourrissais une véritable admiration girardienne sans le savoir.]

Bref, m'est revenu, la revoyant hier après 25 ans (minimum, on n'a pas réussi à se mettre d'accord là-dessus), le souvenir de soirées de fous-rires, de discussions probablement imbéciles (nous n'avions pas vingt ans) – et surtout de cet irrésistible sourire qui était le sien. Qui EST le sien : elle a poussé le portillon de Plieux, hier peu après midi, et beaucoup de choses m'ont été rendues. Pus tard, dans la soirée, on s'est demandé pourquoi on avait passé un quart de siècle sans se voir. Bien entendu, on n'a pas trouvé de réponse satisfaisante.

10 commentaires:

  1. Texte drôle et pas drôle du tout.
    En tout cas, j'ai bien apprécié - et j'en redemande, des jolis contes de cette trempe !

    (Remarque qui n'engage que son auteur bien entendu : cette France-Hélène m'a l'air définitivement plus attractive que Marie-Thérèse Bouchard...)

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  2. Beau billet.
    A quand un billet sur le bowling de Châteauroux

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  3. Beau billet.
    A quand un billet sur le bowling de Loudéac ?

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  4. PFFF, il n'a pas de Monique à Loudéac!

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  5. Quoi? t'as connu Lulu la Nantaise?

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  6. Christophe : Rien que le prénom, déjà, est infiniment plus séduisant.

    Olivier et Nicolas : je compte me mettre à un livre – textes et photos – qui s'appellera Les Bowlings de l'esprit...

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  7. "bizarrement prénommée Monique". Qu'y a-t-il de bizarre dans ce prénom? Ma soeur s'appelle Monique, alors, hein, camembert!

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  8. Orage : des filles de ma génération prénommées Monique, vous pouvez en chercher !

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  9. Monique ta mère !

    C'était irrépressible, il fallait que je la fasse.

    Désolé

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