vendredi 26 juillet 2013

Les mots dévoyés


Or, j'étais tranquillement installé dans le salon, un verre de boisson légèrement alcoolisée dans la main droite (les rares privilégiés qui on été admis dans cette maison savent que le gaucher que je suis tient pourtant, par la configuration des lieux, son verre dans la main droite), lorsque Catherine est allée s'installer dans l'autre salon, plus petit, où se trouve ce rectangle d'enfer : la télévision. C'était l'heure de ce qu'il est convenu d'appeler “le journal”, et qui est la désinformation rituelle et soviétique à laquelle nous sommes désormais soumis.  « Tu veux que je ferme la porte ? », m'a-t-elle demandé. J'ai répondu non, je ne sais pourquoi. Une demi-minute plus tard, la voix répugnante (parce que tout à fait formatée) a prononcé le mot solidarité.

Je ne savais pas de quoi il était question, mais tous les poils qui me restent se sont hérissés : d'une oreille assez lointaine, j'entendais les informations officielles, et ce mot me donnait l'irrémédiable envie de fuir, de me couper de cette voix-de-la-France qui se répand sur nous soir après soir, peuple asservi mais rigolard, encore un peu, nuque ployée devant les catastrophes que les actuels fossoyeurs nous présentent sans relâche comme désirables.

Solidaire était à l'origine un mot rutilant, dès lors qu'il impliquait une volonté spontanée de l'être. Il est aujourd'hui une obligation de se soumettre à toutes les barbaries que l'on nous présente comme enviables.

D'autres mots sont du même ordre : citoyen, démocrate, durable, tolérance, etc. Il va être temps de les renier en bloc ; de signifier aux futurs esclaves qui les manipulent que nous n'accepterons pas le monde qui se prépare, qu'ils nous concoctent en pensant tirer leur épingle de ce jeu mortifère. Il va être temps de leur rappeler, à ces appointés du désastre, qu'ils ne gouvernent rien et qu'ils peuvent encore se retrouver sous les balles de gens en colère ayant perdu patience et mesure.

Car il va devenir difficile de régler les choses pacifiquement.

10 commentaires:

  1. Vous avez dévoyez l'utilisation du mot légèrement dans l'introduction ?

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  2. Bonjour Monsieur Goux :

    On peut toujours régler les choses pacifiquement :
    1 : de manière vraiment pacifique, tendre, etc...
    2 : comme pendant la "pacification" de la Vendée....(si c'est pas un mot dévoyé ça...)/
    C'est aussi un hommage à l'illustration que vous avez choisie, et parce que je viens de finir "Les Chouans" de Balzac.

    Donc vous êtes gaucher, sauf sur la photo (pas très récente) en haut à gauche de votre blog, où vous tenez votre stylo de la main droite... Seriez-vous un gaucher dévoyé qui écrit de la main droite ?

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  3. Le citoyen est solidaire avec le démocrate qui a une foi durable envers la tolérance même envers les barbaries les plus incomprises,malgré que d'ignobles réactionnaires tiennent des propos mortifères.

    Vive la République, vive la démocratie et aussi éventuellement vive la France.

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  4. On sent un certain agacement, qui paraît plutôt légitime.
    Ce jeu de massacre de la langue française passe de plus en plus inaperçu aux yeux des citoyens. Ca sert aussi à ça la baisse du niveau de l'enseignement.

    En effet, il serait vain de faire une révolution silencieuse, de fond, par les mots, car les politiques détiennent toutes les manettes de la Culture et des médias.
    Plus vous direz la vérité, plus on vous fera passer pour un fou.

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  5. Je vous propose de rejoindre notre action citoyenne pour plus de démocratie dans un monde durable et solidaire...

    J'aime bien dire des gros mots ... ça détend.

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  6. Bien que cela soit regrettable, les choses ne pourront pas se régler pacifiquement. Rien de bien ne pouvant sortir des urnes, une feuille de papier à cigarettes séparant le PS de l'UMP, nous ne pourrons faire l'économie d'un intermède Pinochet/Franco avant un retour à la normale. Après tout, c'est ça la véritable dictature et c'est on ne peut plus noble.

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    1. Koltchak dans les près, fleurissent, fleurissent, Koltchak dans les prés, c'est la fin de la paix.

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  7. Ces tâcherons de la bien-pensance méritent assurément d'être brûlés en place de Grève. Nous ne sommes plus vraiment en face d'êtres humains vivants, mais en face de marionnettes utiles pour distiller le conformisme de la pensée politiquement correcte.

    Les mots sont dévoyés c'est un fait - chacun garde en mémoire la fameuse « bousculade » du Trocadéro. - mais aussi dénués de sens, comme par exemple le non moins fameux « commerce équitable ».

    C'est George Orwell qui dans un article intitulé « La politique et la langue anglaise » du mois d'avril 1946 écrivait :
    « Le langage politique (...) a pour fonction de rendre le mensonge crédible et le meurtre respectable, et de donner à ce qui n'est que du vent une apparence de consistance. »
    Le totalitarisme russe n'a pas échappé à sa critique, cela va de soi, en voici un exemple :
    « Des gens sont emprisonnés sans jugement pendant des années, ou abattus d'une balle dans la nuque, ou envoyés dans les camps de bûcherons de l'Arctique pour y mourir de scorbut : cela s'appelle "l'élimination des éléments suspects". »

    Et puis la loi sur les suspects semble reprendre du service depuis quelques années, on a déjà donné il me semble.

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  8. Robert Marchenoir27 juillet 2013 à 16:45

    Scandaleuse résurgence de l'homophobie en baie de Somme :

    Les pêcheurs en guerre contre les phoques

    Exaspérés par la prolifération des ces mammifères gourmands en poissons, ils se sont rassemblés dans un collectif anti-phoque.

    Et comme d'habitude, les justifications qui ne trompent personne :

    «Nous ne sommes pas contre les phoques», précise Pierre-Georges Dachicourt, vice-président du comité, joint par Le Figaro mais «nous sommes opposés à leur prolifération».

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  9. Dans notre église chaque dimanche il est question du panier solidaire à destination des migrants. Quand le curé en parle ma femme et moi avons envie d'y foutre le feu (au panier bien sûr). Beaucoup de prêtres ne se rendent même plus compte de pratiquer cette novlangue. Ou pire, la véhicule en croyant naïvement qu'elle rendra par là leur démarche plus accessible au commun. Novlangue et pensée unique qui gagne même la liturgie chez notre brave homme : Tu es béni, Dieu de l'univers, toi qui nous donnes ce pain, fruit de la terre et du travail des hommes et des femmes. Le et des femmes, surgeon diabolique, le rajout fatal d'une église soudain éprise de parité et qui tôt ou tard, à force de faire les yeux doux au politiquement correct, achèvera de se vider complètement de sa substance comme de ses ouailles. De guerre lasse (pas de briquet sur moi) nous avons les deux derniers dimanche séché notre paroisse pour retrouver un peu de meilleure parole ailleurs. Ce qui n'est pas très chrétien, ou peut-être l'est-ce un peu trop...

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