vendredi 26 juillet 2013

Sade, l'anti-bisounours radical

À Michel Desgranges, ça lui apprendra…


Si je ne sais qu'une seule chose à propos de Sade, c'est celle-ci : au XXIe siècle, soit deux cents ans après qu'il a écrit ses livres, personne, je crois, vraiment personne, ne dit jamais quelque chose comme : « Sade ? Moui… de temps en temps… c'est pas si terrible qu'on le dit… Pas mal mais bon… » Non. Les gens qui ont lu Sade, qui l'ont vraiment lu, se partagent en deux camps évidemment irréductibles, et probablement exagérés les deux : ceux qui considèrent qu'il est un malade mental sans le moindre talent littéraire, et les autres qui sont assurés qu'il est le “génie noir” de son siècle, l'œil du cyclone, etc. Il n'empêche que, deux siècles après sa mort, il est encore l'un ou l'autre, l'un ET l'autre : il n'est pas rien.

Je persiste à trouver que Sade est le troisième grand écrivain du XVIIIe siècle (même s'il déborde sur le XIXe), et le plus radical, celui qui fait peur, parce qu'il ne cède jamais rien, ne laisse à son lecteur aucune échappatoire. Il n'y a pas de fenêtre chez Sade, aucun appel d'air, on est toujours entre des murs épais (ceux de ses prisons ?), il est, de ce point de vue, le moins gens-de-lettres de tous les écrivains français. Il faudrait tout de même essayer de comprendre comment il a parcouru tout le XIXe siècle souterrainement pour ressurgir au nôtre – et ressurgissant aussi injustifiable. En effet, Sade n'est pas justifiable, et il l'est de moins en moins chaque jour : il nie radicalement les “droits de l'homme”, il glorifie la puissance mais le fait en ricanant, et de manière à ce que la puissance fasse horreur, il exalte le pouvoir des femmes même lorsqu'il les coupe en morceaux, mais nous montre que les femmes, livrées à leurs démons, sont aussi ignobles que les hommes : il est parfaitement irrécupérable. Il écrit à la hache, il creuse, s'enfonce et nous entraîne dans des abîmes où personne ne s'amuse ni ne rit : il y a toujours des bruits d'ossements dans la voix de Sade, et c'est en cela qu'il rejoint les danses macabres médiévales, lui, cet écrivain que les Flaubert et les Apollinaire ont cru pouvoir enrôler comme moderne, chacun à son petit moment de vie.

Sade ne fait jamais aucune révérence à son lecteur. On se demande même s'il tient à en avoir, des lecteurs ; en tout cas il ne les aime pas : d'entrée de jeu, par principe. Si vous entrez dans Sade, sachez qu'il n'écrit pas pour vous : en ce sens, en effet, il est le contraire d'un écrivain. Il vous hait et vous rejette. Vous y entrez tout de même ? Vous pensez l'amadouer ? Trouver une lucarne, un lumignon qui justifie votre lecture ? Non ! Rien ! La noirceur absolue. Au moment où s'annonce la glorieuse Révolution française, celle qui va accoucher de notre merveilleux monde actuel, un furieux inventant des tortures nous dit que nous nous trompons, que l'enfer est droit devant nous.

On ne cesse, à notre époque, de nous dire qu'un artiste, pour être intéressant, doit être “unique”. Eh bien ! qui est unique, en ce XVIIIe siècle finissant, en ce monde qui bascule dans une modernité dangereuse (que Sade appelle de ses vœux d'ailleurs, parce qu'il cherche la mort du monde et de lui-même) ? Qui ne ressemble à personne ? Qui semble être un monstre surgi d'enfers insoupçonnés ? Notre modernité fait semblant d'adorer les enfers, mais à condition qu'il y ait toujours un petit coin de paradis rédempteur, là-dedans, quelque chose qui permette de “croire en l'homme”, comme on s'est mis à y croire justement au XVIIIe siècle.

Il n'y a pas moyen de sauver l'homme, chez Sade. On n'a que sa face grimaçante, morbide, et surtout prisonnière. Car le vrai scandale est là, je crois : chez Sade, la liberté est impossible ; de même que sont impossibles toutes nos illusions. Sade est l'anti-bisounours radical. 

29 commentaires:

  1. Sade se fait, dans le fond, du mauvais sang, et "La divine comédie" de Dante est l'un des livres les plus extraordinaires parce qu'il guérit les malades du genre de Sade.

    Après avoir suivi Dante et Virgile jusqu'au fond de l'Enfer, et avoir médité sur le mal autour de nous ou en nous, on peut enfin voir Lucifer :
    "Là l'empereur du règne de douleur
    sortait à mi-poitrine de la glace ;
    et ma taille est plus proche de celle d'un géant,
    que les géants de celle de ses bras [...].
    S'il fut aussi beau qu'il est laid à présent,
    et s'il dressa les yeux contre son créateur,
    il faut bien que tout mal vienne de lui."

    Il y a un moment où ce qu'on attend du monde et des autres, dépasse ce qu'on est en droit de leur demander, même si par ailleurs il ne satisfont pas certaines de nos exigences légitimes. Quand bien même alors ils les satisferaient, nous ne serions pas encore satisfaits. Devenus incapables de nous satisfaire du beau présent qui nous est fait : c'est à ce moment que le mal ne vient pas d'ailleurs que de nous.

    Si on réussit ainsi à refaire confiance au monde et à le retrouver beau, on remonte avec Dante et Virgile le chemin qui va du centre de la Terre où se trouve Lucifer, vers la surface de la Terre. Lassés du voyage étouffant en Enfer, on lit :
    "Et sans nous soucier de prendre aucun repos,
    nous montâmes, lui premier, moi second,
    si bien qu'enfin je vis les choses belles
    que le ciel porte, par un pertuis rond ;
    Et par là nous sortîmes, à revoir les étoiles."

    RépondreSupprimer
  2. Excellent et savoureux billet. Je dois dire que Sade m'a toujours laissé perplexe, fasciné entre le rejet et la fascination, depuis que j'ai lu les 120 Journées de Sodome entre deux rayonnages de la bibliothèque de Vierzon, à l'heure où j'étais trop jeune et pas assez punk pour emprunter le volume. Néanmoins depuis, je crois que le personnage et son oeuvre ont cessé de m'interroger. Je crois lui préférer la saveur perverse de nombreux écrivains japonais, "Sadiens" sans le savoir. Je vous lis toujours avec plaisir, et je crains toujours de commêtre un impair au seul fait de commenter en ce lieu. Buvez toujours, ne mourrez jamais cher Mr Goux.

    RépondreSupprimer
  3. Fort heureusement notre belle époque a accouché d'E.L. James, l'immense auteur de "Cinquante nuances de Grey".
    :-)

    RépondreSupprimer
  4. Je ne peux m'empêcher de rapprocher ce billet à celui que vous avez écrit le 19 juillet intitulé "l'espèce humaine".
    Sade revendique au final une certaine facilité, une pensée paresseuse essentiellement binaire.
    Quoi de plus confortable que de vendre son âme et s’inscrire dans un schéma simpliste où l’on n’a plus de prise sur le destin.

    Il y a la puissance qui domine, et la faiblesse qui subit.
    C'est une façon de ne pas vouloir considérer les teintes de gris, de refuser de s'interroger sur la complexité de l'âme et des comportements humains. Au final cela consiste à renoncer à penser, à discerner, à décider, à juger.
    On est maître ou esclave, et dans chacun de ces statuts on va jusqu'au bout. Pas de question à se poser, pas de décision à prendre. On est à l’opposé de Voltaire et du mouvement des lumières.
    La voie montrée par Sade est en réalité d'une facilité paresseuse, ce que les promoteurs du « mieux-vivre » appellent aujourd'hui le « lâcher prise ». C'est vendre son âme à la facilité, au plaisir immédiat et égo-centriste, à l’exclusion de toute autre considération, et c’est en ça que l’on retrouve des tendances Sadiennes dans le comportement des deux hommes évoqués dans votre billet, « l’espèce humaine ».
    Il est réellement plus difficile d’être libre qu’aliéné.

    RépondreSupprimer
  5. Ce billet est-il une provocation ?
    Justement, ce que je pense de D.A.F. de Sade est "pas mal mais bon...", et tout cet entre-deux , mais un grand écrivain ? Pourquoi pas Latouche, auteur (?) de dom B. ou le portier des Chartreux, ou, à l'opposé, Mme Riccoboni ?
    Sade est un mauvais écrivain , dont le délire épate le petit-bourgeois qui dissimule ainsi (à autrui et à lui-même, espére-t-il) son tenace puritanisme.
    Et dans la case érotomane, comme Pierre Loüys est supérieur ( et pas ennuyeux,lui).

    RépondreSupprimer
  6. " On se demande même s'il tient à en avoir, des lecteurs" (Vous êtes encore prudent) devient "en tout cas il ne les aime pas : d'entrée de jeu, par principe" (Mais que voilà une belle pétition de... Principe, justement) puis "Il vous hait et vous rejette" (Le Rubicon est franchi).
    Vous avez véritablement eu la sensation d'être haï et rejeté en lisant Sade? Vraiment?
    Allons, souvenez-vous de cet extraordinaire "tableau des projets du reste du voyage" avec de si surprenantes phrases qui, personnellement, m'avaient fait mourir de rire, comme "Le quinze, l'évèque enculera Colombe".ou "Michette, dépucelée en con par Curval et en cul par l'évèque, sera livrée a Brise-cul".

    RépondreSupprimer
  7. J'avoue en avoir lu une dizaine de pages un jour et les histoires de partouze entre une mère et sa fille ne m'a pas franchement accroché.
    Je ressens la même chose quand je vois passer la gay pride.

    RépondreSupprimer
  8. il glorifie la puissance mais le fait en ricanant
    Pour des raisons familiales j'ai eu la malchance d'étudier un tel ricanement pendant un vingtaine d'années et je pense avoir compris ce qui le rend si laid tant visuellement que musicalement.
    Il n'y a que la moitié du visage qui rit, alors qu'un vrai rire est symétrique.
    Seule une moitié de cerveau, un hémisphère, trouve la situation drôle.

    RépondreSupprimer
  9. Je ne comprends rien à votre billet, cher Didier Goux. Ce que vous avez vu chez Sade m'échappe totalement.

    Vous faites de ce petit marquis une sorte de héros gigantesque toujours ennemi des pensées jolies d'un XVIIIe siècle de carton-pâte. Il me semble que vous ne voyez pas l'immense, le colossal conformisme et l'insondable nullité de la pensée de Sade, qui n'a jamais qu'une seule idée, une seule, pas deux, pas trois, UNE : la nature nous donne le droit de laisser libre-cours à nos pulsions.
    C'est la doctrine de l'abandon pur et simple.

    "Tu as envie d'enc. cet homme ? Fais-le donc, puisque la nature a prévu que l'orifice soit à peu près adapté à l'engin que tu comptes y introduire...".

    "Si Dieu avait voulu que nous ne soyons pas cannibales, il nous aurait fait végétariens comme les vaches..."

    Etc., etc. Tout est de cette veine.

    Sade est un non-penseur. Il n'a aucune profondeur, aucun argument valable susceptible d'ébranler deux secondes un chrétien ou un simple honnête homme. Car nous savons tous, n'est-ce pas, que ce n'est pas PARCE QUE la mante religieuse dévore son mâle que nous avons le DROIT d'en faire autant. Sade confond en permanence l'ordre du fait et celui du droit, il déduit ce qui doit être de ce qu'il croit observer dans la nature. Une faute philosophique majeure que même mes élèves de Terminale arrivent à comprendre.

    Autrement dit, Sade est un naturaliste idiot, et s'il peut fasciner c'est indirectement, quand on se demande comment un tel imbécile a pu être admiré.

    Il est remarquable que Sade ne doive sa réputation et ses rééditions qu'à la sous-culture sexophile et dépravée du XXe siècle. Sade n'a servi qu'à salir, jamais à instruire, jamais à faire réfléchir. On l'admirait dans les colonnes de Libé, quand celles-ci accueillaient les récits circonstanciés du pédophile Jacques Dugué, apologiste de l'enc... d'enfants.

    Quant à penser qu'il décrit l'homme avec une noirceur contraire au bisounoursisme, encore une fois, je ne suis pas d'accord. Sade ne fait jamais que pousser au bout la logique du "jouir sans entraves", faisant de l'homme le maître absolu de la vie et de la mort, une sorte de dieu qui peut tout se permettre. En cela il représente la démesure beaucoup plus que la noirceur, la liberté sans limites beaucoup plus que le désespoir. C'est bien un homme des Lumières, de ces Lumières noires qui ne brilleront complètement qu'avec l'esprit de mai 68.

    RépondreSupprimer
  10. En tout cas, les différents commentaires qui s'inscrivent ici semblent prouver que j'ai au moins raison sur un point : Sade ne laisse pas indifférent, Sade suscite des réactions pour le moins contrastées. Bref, Sade est vivant…

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je partage votre point de vue sur Sade : il est en effet avant tout un magnifique écrivain, qui pousse à l'extrême les capacités de la littérature à embrasser l'ensemble de la réalité, jusqu'à ses aspects les plus extrêmes. Sade va jusqu'au bout, toujours, et il y a chez lui de la jubilation, même dans le macabre.

      L'une des expériences les plus fascinantes qui soient dans le domaine littéraire est de lire dans l'ordre la trilogie des "Justine" : "Les Infortunes de la vertu", "Les malheurs de la vertu" et "La Nouvelle Justine" : on y voit la même histoire se développer à chaque volume en devenant de plus en plus foisonnante, hypertrophiée jusqu'à l’invraisemblable, jusqu'au délire... L'"Histoire de Juliette" est aussi extraordinaire, dans sa dimension baroque vertigineuse.

      Là où je ne vous suis plus tout à fait, c'est sur l'absence d'humour : Sade peut être aussi très drôle ; il faut de ce point de vue lire "La Philosophie dans le boudoir", souvent d'une drôlerie irrésistible. Peu importe donc qu'il ne soit pas un penseur profond (son essai philosophique et politique "Français, encore un effort..." a surtout une dimension parodique et évidemment provocatrice dans sa volonté d'accomplir le rousseauisme en le poussant à bout, parfois même jusqu'à l'absurde) ; Sade n'est évidemment pas un grand philosophe, il est beaucoup mieux que cela : un très grand écrivain.

      Supprimer
  11. Non, cher Didier, ce n'est pas Sade "qui ne laisse pas indifférent " , c'est votre billet , par ailleurs d'une fort belle écriture.
    Car s'il n'y avait, autour de Sade, tout ce bruit moderne, et ô combien moderne ! , s'il n'y avait que l'oeuvre, elle serait entourée de la même indifférence que, aujourd'hui, les Contes moraux de Marmontel.

    RépondreSupprimer
  12. J'avoue à ma courte honte faire partie de la catégorie de ceux que Sade laisse totalement indifférent : après m'être, j'étais jeune, forcé à lire Justine jusqu'au bout, je n'ai eu aucune envie d'aller plus loin dans la connaissance de cet ennuyeux malade. Et ce n'est pas maintenant que je vais m'y mettre.

    RépondreSupprimer
  13. Chapeau pour ce billet!
    À lire certains commentaires vous filez un sacré mauvais coton, mais vous en avez vu d'autres!

    Sade ne conviendra pas aux mijaurées qui se piquent de littérature, c'est un fait, comme aux voyous de la bien-pensance, l'engeance la plus autoritaire, la plus totalitaire qui soit au monde.

    Il faut rendre ici hommage à Jean-Jacques Pauvert, infatigable éditeur, défricheur, essayiste, pour avoir sorti Sade de son enfer à une époque où il fallait en avoir. Le gars a eu du mérite tant Anastasie, omniprésente, était à l'œuvre.

    Le poète et historien Gilbert Lely nous a gratifié d'une « Vie du marquis de Sade » en 1952 et 1957 absolument magistrale et passionnante, qui vaut le détour.

    Annie Le Brun, qui n'est pas une mijaurée, elle, n'y va pas par quatre chemins :
    « Voyez le portrait de Sade par Man Ray : pour l'éternité, un homme de pierre, un regard de pierre, un destin de pierre. » écrit-elle dans son remarquable essai littéraire intitulé « Les châteaux de la subversion ».

    Et puis à tout seigneur, tout honneur, laissons la parole au divin marquis, un marquis un peu moins connu mais tellement éclairant :
    « À l'égard de la petite pièce (Jeanne Laisné ou le Siège de Beauvais), je n'ai qu'un mot à dire, si on me chicane :
    1.(...)
    2.Que la vicieuse est une femme, et qu'assurément si j'avais puni cette femme, ma pièce était détestable. Mais quoique impunie, qui est-ce qui voudrait lui ressembler ? Or, voilà l'art : il consiste no pas à punir le vice dans la comédie, mais à le peindre de telle sorte que personne ne veuille lui ressembler; et étant ainsi, on n'a plus besoin de le punir. sa condamnation se prononce tout bas dans l'âme de tous les spectateurs. »
    Marquis de Sade, Lettres à sa femme. Babel p. 361.

    Pour la comédie, Le Prévaricateur, il demande à sa femme d'insérer l'épigraphe suivante :
    « Ils devaient régler les mœurs publiques et ils les corrompent; ils étaient donnés pour être les protecteurs de la vertu, et ils deviennent les appuis et les modèles du vice. »
    Même référence, p.358.



    RépondreSupprimer
  14. Je rejoins Michel : cet auteur est très... "faux noir" au final. Il est la preuve qu'un fou peut aussi être ennuyeux.

    RépondreSupprimer
  15. Je n'ai jamais lu Sade et pourtant combien m'a t on dit que j'étais un sadique de la pire espèce.

    Mais moi un type qui écrite ceci: ""Si Dieu avait voulu que nous ne soyons pas cannibales, il nous aurait fait végétariens comme les vaches..." (merci Marco-Polo); me donne l'envie de me taper une entre-côte d' 1 kgs sans remord.

    Une remarque quand tous les végétaliens de cette misérable planète auront réussi à interdire l'élevage des bestioles à quatre pattes, nous n'auront aucune gêne à les boulotter en citant du Sade après les avoir traquées, il parait que la peur attendrie la viande.

    Lapin,lapin, où est mon gros lapin? c'est le second effet Kisss-Cool

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Attention : je précise que ces phrases sont inventées par moi. Cependant, elles expriment très exactement selon moi la "pensée" du lascar.

      Supprimer
  16. Si j'aime la faculté qu'a l'auteur de se foutre royalement de ce qu'il imagine que le lecteur pourrait aimer, j'aime également qu'il m'embarque avec lui dans son délire. Là, en vérité, jamais. Noirceur trop aveuglante sans doute. Où alors en pognades adolescentes dans laquelle la transgression avait la place principale et qui me faisait piocher dans les pages sans vraiment lire le tout.
    Sade était une sorte punk aristocrate, mais sans les chiens et avec un cerveau.

    J'aime la liberté et celle de ne laisser aucun échappatoire, justement. Pas de politique là dedans, c'est plutôt du domaine du fonctionnement de l'être humain et de sa pensée, et c'est intéressant en tant que tel.
    A sa manière, il s'est complètement octroyé sa propre liberté à l'époque où elle cherchait à surgir de partout.

    Merci pour le billet.

    (A voir : Les 120 jours de Sodome mais par Pasolini)

    RépondreSupprimer
  17. Etourdi de chaleur, je n'ai vu que ce matin que ce billet de M. Goux m'est dédié. Je le remercie de cette délicate attention en consacrant sur mon propre "blog" iconoreac un petit texte au même sujet.
    Vais-je m'y montrer de bonne foi ?

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Vous montrer de bonne foi ? Manquerait plus que ça !

      Supprimer
  18. Eh bien, j'ai honte, mais je fais partie des rares, justement, à penser que "moui, bof, ça va, de temps en temps"...
    Après m'être bien amusée à lire les romanciers libertins du XVIIIe siècle (j'ai même le Pléïade acheté avec mes économies de lycéenne), je dois reconnaître que Sade et consorts (et Dieu sait s'ils sont nombreux, la question étant de savoir QUI au XVIIIe siècle n'a PAS écrit de roman pornographique, à part Robespierre éventuellement ?) m'ennuient terriblement. L'un des rares écrits que je trouve inspirés : l'inoxydable "Français, encore un effort"... que je trouve terriblement drôle.

    Mais ce n'est qu'un humble avis de non-connaisseuse.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Mais enfin, n'ayez pas honte, très Chère ! On cause, voilà tout…

      Cela dit, je pense que vous commettez une erreur en classant Sade parmi les écrivains libertins du XVIIIe : personne, me semble-t-il, n'est moins libertin que lui.

      (Mais de grâce, ne me demandez pas de développer : fait ben trop chaud, crénom !)

      Supprimer
    2. Vous avez raison ! c'était un abus de classification de ma part. D'ailleurs Sade ne fait pas partie des "romanciers libertins" sélectionnés par la Pléïade.

      (mais je veux bien un développement pour expliquer pourquoi : la température descend, au travail ! )

      Supprimer
    3. Pas le temps aujourd'hui : je suis occupé à enterrer Bernadette Lafont…

      Supprimer
  19. "Libertin" a surtout le sens de "athée"...., en ce temps...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Sauf votre respect, je crois que vous faites erreur : au XVIIIe siècle, le terme de libertin a bien le sens que l'on entend aujourd'hui - alors qu'au XVIIe siècle il désigne bien en effet les athées et les matérialistes.

      Supprimer
    2. C'est ce que je voulais répondre à Messire des Granges et autres lieux… puis j'ai oublié.

      Supprimer

Les commentaires anonymes seront systématiquement supprimés, quel que puisse être leur contenu, voire leur intérêt.