mercredi 4 mars 2015

François Hollande, tract ambulant



Revenons un peu en arrière, puisqu'on a observé un scrupuleux silence au moment de l'embrasement rituel. Donc, cet homme, dont on m'affirme qu'il serait président d'un souvenir de république française, aurait commis la transgression majeure, en parlant de Français de souche. Aussitôt, piaillement de la  volaille collaborationniste (gauche progressiste, en ancien français) : François H. aurait transgressé une règle absolue (langage martial), franchi la ligne jaune (babil journalistique), revêtu un uniforme de Waffen SS (délire psycho-blogotique courant). Quel est le crime de ce gros homme mou et pervers ? Avoir prononcé les mots qui réveillent les terribles démons lovecraftiens : Français de souche. Aussitôt, tous les grands amoureux de la liberté d'expression-surtout-la-mienne, les hérauts de la démocratie-mais-seulement-entre-nous, les casques bleus de la laïcité-mais-sans-stigmatisation se sont unis pour clamer que, tout de même, il était bien répugnant de reprendre ainsi ce qu'on appelle – syntagme figé – les mots-de-l'extrême-droite. On en a conclu que le président était passé du côté obscur de la force, ce qui était déjà faire preuve d'optimisme, puisque cela associait le mot “président” au mot “force”. En tout cas, la chose était bien certaine, les blogueurs propres sur eux étaient unanimes : il faisait le lit du Front. (On aimerait le voir, à la fin, ce lit du Front, parce que, vu le nombre de gens qui le font avec tant de soin depuis tant d'années, on ne devrait plus oser s'y coucher de peur d'y faire un pli à ses draps – or, on nous informe par ailleurs que de plus en plus de pourceaux décervelés s'y vautrent.)

Ils n'ont pas tort, ces angelots : le président a en effet transgressé un interdit qui va lui revenir en boomerang en plein dans le gras. C'était juste après la profanation de Sarre-Union. Croyant faire le malin, il a validé l'existence des Français de souche, puisqu'il s'agissait – superbe occasion ! – de montrer à quel point ils sont méprisables, ces compatriotes électeurs qui votent si sottement, viscéralement antisémites, salopardement xénophobes, joyeux saccageurs de tombes, probablement violeurs de petites filles bronzées, ennemis des éoliennes, rouleurs de diesel, bouffeurs de graisses saturées, etc. Il fallait en tout cas les désigner, l'urgence n'échappait à personne, et c'est ainsi que l'expression ignoble, FdS, est venue mousser dans l'écume de ses babines progressistes, embavées par la haine de soi et la rage de se vouloir mort (oui, moi aussi, je peux faire des phrases-tintamarre qui ne veulent rien dire, ce n'est pas l'apanage des blogueurs de gauche, la preuve).

Le président, d'une intelligence très moyenne mais conforme à l'époque, n'a évidemment pas vu ce que tout le monde allait voir : sa précipitation à désigner officiellement quatre ou cinq Français imbéciles, quand il prend un soin admirable, pour les 99% restants d'attentats antisémites se déroulant sur le territoire français, à ne pas prononcer les mots qui risqueraient de froisser ceux qu'il croit encore ses électeurs : musulmans, Arabes, etc. 

François Hollande, finalement, a très bien fait de prononcer cette horreur sémantique, Français de souche : ce jour-là, il est devenu, non le visage de la France, mais le tract ambulant du Front national.

41 commentaires:

  1. Ah ! Vous défendez Hollande ! Il est temps.

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    1. Vous avez dû lire un peu vite. Reprenez une mousse, c'est moi qui offre.

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    2. Putain, il faut que je mette des smiley à chaque commentaire (et paf par rapport à la réponse que vous m'avez faites par ailleurs).

      Cela étant je vous laisse juger l'intelligence des autres dont Hollande. Qui fait les tracts du Front National pour assurer sa propre victoire en 2017.

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  2. Le fermier de la photo, là-haut sur sa meule de foin, serait bien étonné d'apprendre que sa récolte aujourd'hui est cotée en bourse à Wall-Street, qu'un mec à Bruxelles décide de ce qu'il doit faire pousser sur ses terres, le surveille par satellite.

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  3. Bof... Je suis français de souche, garanti plus ancien registre de baptême parvenu jusqu'à nous, et ça ne fait pas de moi un tract ambulant pour le Front National. Cette expression appartient à tout le monde et il est grand temps que la gauchiasseture ( selon l'expression garantie bon teint cortoesque ), dont je fais partie, s'en réemparât...

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  4. On aimerait le voir, à la fin, ce lit du Front, parce que, vu le nombre de gens qui le font avec tant de soin depuis tant d'années, on ne devrait plus oser s'y coucher de peur d'y faire un pli à ses draps

    Ah mais ceux qui le font n'y couchent pas !
    Manquerait plus que ça !

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  5. Notre grand timonier a oublie que les petits gars de souche étaient des "antifaf", les cons! Ils auraient pu faire des croix gammées, des graffitis sataniques pour faire plus méchants d'extrême droite. Et pour vous faire plaisir un DVD sur les zombies nazis. Là cela aurait été le graal.

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  6. Rappelons que l'expression " Français de souche" a -ou a eu- deux usages officiels :

    -en Algérie, l'administration l'utilisait pour distinguer les colons (fussent-ils de "souche" espagnole, maltaise, etc.) des colonisés ;

    -les démographes ( notamment Michèle Tribalat , accusée d'ouvrir ainsi la porte aux "statistiques ethniques") l'utilisent pour désigner des gens de nationalité française dont les deux parents sont nés en France ( ce qui englobe pas mal de Français d'origine maghrébine, portugaise, espagnole, polonaise, etc.)

    Ensuite, chacun y met ce qu'il veut...c'est-à-dire des choses différentes.

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  7. tonton flingueur5 mars 2015 à 00:24

    effectivement, d'ailleurs toute la gauche politique et médiatique (je sais, c'est la meme...) est montée sur ses grands chevaux pour rien (comme d'hab) , il suffisait de voir la petite moue dégoutée et sa façon de le dire : " français de souche, comme on dit... " pour comprendre que dans sa bouche, ces mots étaient loin d'etre des compliments...

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    1. "Toute la gauche politique et médiatique est montée sur ses grands chevaux..." mais elle en est déjà descendue puisque, ce matin même, j'ai entendu une journaliste d'Europe1 parler des Français de souche, comme les appelle Hollande !

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  8. Chose vue : la France est un pays où une journaliste répondant au patronyme d'Apolline de Malherbe demande ce qu'est un français de souche.

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  9. "Probablement violeurs de petites filles", c'est possible, mais "bronzées" ? Pouah !

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  10. Il y a un point sur lequel je vous donne raison, cette envie de voir enfin le lit du Front National. C'est vrai quoi, cela fait presque 40 piges que nous devons nous endormir dans le lit de Procuste des progressistes, pourquoi le Français de souche se refuserait-il le plaisir du changement, maintenant ?

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    1. De mémoire, le premier à avoir parlé du lit du Front National est Jean-Marie Le Pen, dans les années 1980, dans un discours anti-droits des immigrés : " Si je fais venir un plombier chez moi pour réparer une fuite d'eau, cela ne lui donne pas le droit de se coucher dans mon lit".

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    2. Ce qui est plein de bon sens. On ne se méfie jamais assez des plombiers, qu'ils soient immigrés ou pas.

      Ceci dit, indépendamment de ce que je pense du FN, qui à mes yeux ne vaut pas mieux que le PS ou l'UMP, je ne vois pas en quoi le changement en faveur du PS (ou de l'UMP) serait une bonne chose, alors que le changement pour le FN serait une catastrophe. Après tout, le bilan des deux partis dits "de gouvernement" n'est guère brillant. Quant à la républicanité du FN, s'il n'est pas interdit, c'est que la casherout républicaine a jugé qu'il entrait dans les critères. Et pour ce qui est des fameuses valeurs, à moins qu'elles soient enfin déclinées, et qu'elles soient vraiment propres à cette dernière, c'est à dire différent des valeurs des nombreuses monarchies européennes, sans parler des autres républiques, je considère que c'est juste de la poudre aux yeux, de l'attrape gogos, du bruit fait avec la bouche pour occuper les micros.

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  11. On peut parler du Français de souche, mais seulement pour dire qu'il est un salaud.

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  12. "Tract Ambulant", j'ai aimé cette formule

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  13. Quand même curieux que les " Identitaires" ( c'est comme ça qu'ils se nomment eux-mêmes) aient choisi, pour désigner les Français"pur sang", l'image de quelque chose d'aussi con que les souches d'arbres, qui ne brillent pas spécialement par la finesse de leur esprit .

    L'expression "bête comme une souche" est attestée dans la littérature française ( "Et là-dessus Jean Aubard se retira, bête comme souche, et riant comme un nigaud " -George Sand, "François le Champi", 1848), ainsi que celle de quelqu'un qui reste totalement immobile, sans rien faire ( "Fallait-il pas rester là comme une souche avec une mine disgracieuse et revêche?" - Théophile Gautier, " Le Capitaine Fracasse", 1863).

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    1. Dans l'expression "Français de souche", il me semble que la référence ne renvoie pas directement aux arbres, mais plutôt à l'origine, comme dans les expressions "faire souche", "de vieille souche" ou "de souche latine ou grecque". C'est un terme qui il y a encore quelques années ne posait aucun problème, et était couramment employé ; il ne me semble donc pas que les "Identitaires" soient à l'origine de cette expression, qui existait bien avant eux !

      Remarquons au passage que l'on ne peut plus aujourd'hui citer cette expression (même avec des précautions oratoires, comme dans le récent discours au CRIF de François Hollande) sans être aussitôt soupçonné de racisme, alors que l'on peut très bien utiliser le terme "souchien", qui lui n'a rien d'injurieux si l'on en croit le tribunal qui a récemment relaxé Mme Houria Bouteldja, flamboyante porte-parole des auto-proclamés "Indigènes de la République".

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    2. Pour signifier l'enracinement c'est quand même plus parlant que la culture post-moderne hors-sol.

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    3. Les racines, ce sont des chaînes qui vous maintiennent attaché sur place et vous empêchent de bouger ( même lorsqu'elles sont imaginaires); on ne se replie sur elles (quitte à s'en inventer ) que lorsque l'avenir et le monde extérieur vous font peur .

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    4. « L'unique source de salut et de grandeur pour la France, c'est de reprendre contact avec son génie au fond de son malheur. »
      Simone Weil, L'Enracinement, 1949.

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    5. Réponse convenue digne de la culture d'apatride que je dénonce ci-dessus. Pourtant même Danton avait compris qu'on emporte pas sa patrie à la semelle de ses souliers. Si pour vous c'est un repli, et bien soit, je l'accepte volontiers. Je préfère un chez moi familier à une terre devenue étrangère. Je ne vois pas cela comme des chaînes me liant, mais plutôt comme une force, celle qui me vient des mes aïeux, enterrés dans ce sol nourricier, et que je communique à mes enfants. Quant à l'avenir et au monde, ils ne me font pas peur, mais je dois bien avouer que la façon dont ils semblent vouloir évoluer me dégoûte profondément.

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    6. "Quand même curieux que les " Identitaires" ( c'est comme ça qu'ils se nomment eux-mêmes) aient choisi, pour désigner les Français"pur sang", l'image de quelque chose d'aussi con que les souches d'arbres, qui ne brillent pas spécialement par la finesse de leur esprit ."

      C'est en réaction au propos d'Houria Bouteldja, porte-parole raciste et antisémite du parti des Indigènes de la République, qui avait parlé de "sous-chiens" (ou "souchiens") pour définir les Français blancs.

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    7. Et toujours Baudelaire :

      L'homme, ivre d'une ombre qui passe,
      Porte toujours le châtiment
      D'avoir voulu changer de place.

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    8. "culture d'apatride" ?
      Aucun rapport avec la patrie, qui est quelque chose de tourné vers l'avenir et en reconstruction permanente ( Danton, que vous citez, figure parmi les inventeurs de cette nouveauté qu'était l' Etat-nation , même si la monarchie avait commencé à esquisser cette construction), et les racines, tournées vers un passé bien souvent mythifié sinon totalement inventé .

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    9. La patrie, étymologiquement, est la terre des pères, donc une notion profondément tributaire du passé. Et il n'y a rien de mal à avoir des mythes. Tous les peuples et les êtres sains en sont gorgés, consciemment ou non.

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    10. La patrie n'est tournée vers rien du tout, vous faites intervenir votre idéologie pour définir ce qu'elle est. Je laisse parler l'Académie :

      PATRIE n. f. XVIe siècle. Emprunté du latin patria (terra), « pays natal, pays des pères ».
      Territoire où est établie une communauté dont les membres sont unis par le sentiment d'une même origine, d'un destin partagé, et par les traditions, les coutumes, les modes de pensée, de vie, d'expression qui constituent leur patrimoine collectif ; le pays où une personne est née, dans lequel ont vécu ses ancêtres (s'écrit parfois avec la majuscule).

      Voilà. "Les traditions, les coutumes, les modes de pensée, de vie, d'expression qui constituent leur patrimoine collectif." On ne saurait être plus clair. De fait, les concerts de djembé, les djellabas, les boubous et autres accessoires exotiques de carnaval sans parler des moeurs tribales importées, l'islam et autres joyeusetés, que l'on tente de nous faire accepter comme faisant partie de notre patrimoine ô combien enrichi par les chances pour la France, ne font pas partie de notre patrimoine collectif et encore moins de notre avenir. A moins bien sûr de considérer la France comme un territoire administratif sans histoire, sans traditions, sans culture, sans peuple indigène qui aurait le moindre droit dessus, devant être administré comme une copropriété. Ceci dit, compte tenu du fait que nos gouvernants ressemblent de plus en plus à des syndics, accordant droits et avantages à chaque communauté (je reprends les termes mêmes de ceux qui prétendent lutter contre le communautarisme) en fonction des millièmes qu'elles occupent sur notre sol, je peux comprendre. Mais à ce moment là, il ne faut pas parler de la France mais de l'aFrance.

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    11. Définition de la patrie qui ne définit rien lorsqu'on interroge l' Histoire, puisque tout dépend à quelle époque on remonte...Depuis quand la Bretagne, où on parlait assez peu le français jusqu'à la fin du XIXè siècle ( pas du tout dans certains villages jusqu'au début du XX è...) fait-elle partie de "la patrie France" , par " le sentiment d'une même origine, d'un destin partagé, et par les traditions, les coutumes, les modes de pensée, de vie, d'expression qui constituent leur patrimoine collectif ; le pays où une personne est née, dans lequel ont vécu ses ancêtres" ?
      La France s'est construite progressivement à partir de la féodalité ; vous en avez une vision statique limitée à son état actuel - comme s'il avait existé de tous temps- et à ses dernières vagues d'arrivants, comme si c'étaient les premières.

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    12. La France jusqu'à votre maudite révolution était composée de peuples qui réunis à la couronne formaient la France. Il a fallu que des tarés interviennent pour qu'on veuille nier ces réalités locales jusqu'à chercher à éradiquer les langues régionales. Toutes ces cultures, traditions, etc. constituaient cette belle diversité française. Diversité partageant quand même une vision du monde à peu près identique, des marqueurs culturels communs, une religion commune. Rien à voir avec la saloperie que votre république cherche à nous imposer.

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    13. Ah, vous passez de l'apologie du "sentiment commun" à celui de la "diversité".
      On va en rester là.

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  14. Il s'agirait de comprendre une bonne fois que la République discrimine, certes, mais positivement. Chacun s'en rend compte et en mesure tous les ravages. À ne pas vouloir suivre les règles imposées, le sieur M'bala M'bala, homme d'affaire avisé et positivement discriminé, commence à sentir sa douleur. Il sait, avec d'autres, que la censure est dure comme le mur.

    La chasse présidentielle reste ouverte toute l'année pour les récalcitrants, les résistants et autres bêtes immondes.

    François Hollande a bien une épée, certes, mais elle est trop courte.

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  15. Je dirais plutôt que cet homme est un tract ambulant pour la monarchie, ou n'importe quel régime non démocratique. Pour paraphraser Churchill, pour se dégoûter de la démocratie il suffit d'écouter Hollande parler pendant 5 minutes.

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    1. Couâââ !!!??????!!! Churchill connaissait notre Hollande ????? Oh, putain, trop la glouâââre !!!!

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    2. Quand je vous disais que c'était un grand homme, bordel !

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    3. Si je ne m'abuse, je crois que Churchill avait pompé(e) Jeanne d'Arc, qui elle même s'inspirait de César.
      Bordel VIRGULE aussi !

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    4. La démocratie ne vaut pas un clou, inutile de paraphraser Churchill, jeune païen, converti à la franc-maçonnerie, alcoolique notoire – alcoolisme que je saurais lui reprocher.

      Il était une bergère, qui gardait ses moutons, très inspirée... par la grande Yolande d'Aragon.

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  16. En les nommant, ces Français de souche (même "comme on dit"), Hollande a reconnu une réalité que ses partisans n'ont cessé de nier. Pas très malin!

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  17. Suite de ce que j'extrais pour vous, toujours de mes lectures nocturnes : " C'est ce nihilisme de la société de masse qui attaque la civilisation, la trame de l'ordre social, tel un chancre et la détruit. Ce qui subsiste en l'absence de ce liant, c'est une réunion infinie d'individus atomisés qui ne sont plus réunis par une même valeur universelle et qui, séduits par l'idée que "je suis libre, donc tout est permis", finiront par s'anéantir les uns les autres."
    Rob Riemen - La noblesse de l'esprit

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