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mercredi 25 avril 2012

Devoirs de vacances obligatoires pour électeurs frontistes


Hier, j'ironisais à propos de nos petits résistants d'avril-mai qui se demandent s'il faut parler aux électeurs du Front national, si oui, dans quelle langue, et doit-on se munir de verroteries pour amadouer ces sauvages. Eh bien, il y en a, parmi les séides du stalinien à dents jaunes, qui ne se les posent déjà plus, ces questions, et qui ont d'ores et déjà une idée bien précise de ce qu'il conviendra de faire avec nous autres, les citoyens parias, les votants nauséabonds. En commentaire sous ce billet, un certain Lellouche (ou une certaine, on ne sait pas : dans les camps du futur dont rêvent ces blogolchéviques, hommes et femmes auront les mêmes droits – parité parfaite dans les miradors), un certain Lellouche, disais-je, déclare ceci (c'est moi qui souligne) :

« Peut-on penser un instant que les français ayant voté MLP ne sont pas des citoyens français ? Je ne le crois pas, il est donc nécessaire pour FH de rassurer TOUS les français et de les orienter en toute intelligence vers les valeurs les plus nobles de notre république. Un citoyen, ça s’éduque, et à n’importe quel âge. »

Mieux encore, ça se rééduque : les néo-maos ont même perdu le vocabulaire traditionnel, celui qui, pourtant, s'adapterait le mieux à leurs désirs sous-jacents, à leurs tentations pas tout à fait avouées. Pas encore.

dimanche 14 août 2011

Les météorologues sont-ils des communistes old style ?

La question peut paraître surprenante, mais en fait non. Voilà au moins six semaines que ces gens, par le truchement de leurs épouvantails à sourire de la télévision, nous promettent la main sur le cœur que le soleil va réapparaître et les températures se hisser avec leurs petits bras jusqu'aux “normales saisonnières” dès le milieu de la semaine (si on est dimanche) ou encore à partir du prochain week-end (si on est au milieu de la semaine). Et bien que chacun puisse constater qu'il ne se produit rien de tel, les mêmes reviennent avec aplomb, quelques jours après, nous faire la même prédiction pour la semaine suivante, sans une parole de contrition pour leur monumentale gourance.

De fait, ils me rappellent assez bien ces derniers reliquats du stalinisme à la française que j'entendais à la télévision dans les années soixante-dix, et jusqu'assez avant dans la décennie suivante ; lesquels consentaient parfois, du bout du bout de la lippe, à reconnaître que, bon, c'est vrai, tout n'était pas encore parfaitement parfait dans les dictatures chères à leurs belles âmes, mais que l'anticyclone idéologique centré sur la Kolyma n'allait pas tarder à produire ses bienheureux effets, chasser enfin cette grosse dépression bourgeoise stationnaire, que l'avenir radieux était attendu pour le milieu de l'année prochaine et que les libertés individuelles rejoindraient alors tout naturellement les normales saisonnières.

Pendant ces soliloques, cependant, par une sorte de surimpression mentale, on pouvait deviner que les camarades de l'Est, avec cette résignation goguenarde qui les a longtemps caractérisés, s'obstinaient à garder bottes aux pieds et parapluies ouverts. Et je me demande si aujourd'hui Ossis, Polonais, Tchèques et autres Roumains ou Bulgares parviennent tout comme nous à s'intéresser au temps qu'il fera peut-être, eux qui ont vécu durant plus de quarante ans dans un interminable et gigantesque bulletin météo.

lundi 6 juin 2011

Le petit CSP attend la révolution à la caisse centrale

Mais quelle triste nouvelle, aussi grise que le temps gris de ce lundi ! Le camarade CSP n'y croit plus. Tel le héros de Vivant Denon, il a réalisé brutalement, entre gonflette et corn flakes, qu'il n'y aurait point de lendemain pour les garde-chiourme de la révolution en marche, ou alors qu'ils seraient aphones, ou qu'ils allaient chanter atrocement faux. En tout cas, CSP boude ; on le sent à deux doigts de retenir sa respiration jusqu'à ce que les nouveaux anticapitalistes de son nouveau parti se résolvent enfin à l'écouter. Mais non, c'est déjà trop tard. Et soudain, effarés, Besancenot et les autres ne peuvent que constater le drame : ils viennent de paumer le petit CSP dans les allées marchandes de l'insurrection qui n'a pas été livrée à temps.

À ce stade on s'effraie : fichtre ! il ne va tout de même pas se mettre à voter à droite notre Musculator trotskyste ? Mais non, voyons ! Pas encore. Laissez-lui-le temps de digérer sa couleuvre, merde ! De toute façon, il ne votera jamais à droite (pour Le Pen ou son successeur, ça en revanche c'est possible : dans extrême gauche, le mot important est extrême). Et vous savez pourquoi, mes bons amis nauséabonds ? Parce que ses idées sont “vraies et justes”, et toc ! Je regrette un peu qu'il ne nous dise pas, d'un même mouvement oratoire, si les miennes sont “fausses et injustes”, ou simplement “vraies mais injustes”, voire “fausses mais justes” : ça m'aurait intéressé. Enfin, les siennes sont parfaites, c'est l'essentiel.

Et heureusement pour lui car il ne lui reste pas grand-chose d'autre à quoi se raccrocher, notre révolutionnaire gyrovague, pour qui NPA signifie de nouveau Nulle part ailleurs, avec hésitation stratégique entre ailleurs et nulle part. Ce qu'il nous annonce est à la fois terrible et un tantinet picrocholin. On songe à cette phrase de Musil, dans L'Homme sans qualités, qui fait allusion au rétrécissement auquel est voué tout garçon dénué de talent particulier, à mesure qu'il vieillit et renonce ce à quoi il professait de tenir. Ce fier militant qui fut à la pointe de tous les combats et au sommet de toutes les barricades, que nous dit-il pour finir ? Qu'il va continuer à bloguer, et peut-être même écrire un livre. On ne saurait avouer plus candidement sa déprime et la solution de toute ambition.

Oh bien sûr, il chute sur une ultime bravade, il a encore ce ressort-là : « Et je serai toujours là pour continuer de tourmenter droitard qui va continuer de serrer ses petits poings de rage impuissante devant son écran. »

On pourrait rire, mais on va se montrer charitable, et même faire semblant d'avoir peur. Il a sa dose pour aujourd'hui, le gentil schtroumpf au couteau à beurre entre ses dents de lait. On ne va pas en plus lui révéler la vérité. Lui dire que non seulement il n'a jamais effrayé ni même agacé le moindre “droitard”, mais qu'il nous serait plutôt une sorte de mascotte, depuis le temps qu'il vaticine. Ou de ces mini ours en peluche que l'on suspend au rétroviseur de la voiture familiale, pour tenter d'amuser les enfants durant les longs trajets estivaux.