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vendredi 25 septembre 2015

On va essayer d'éviter François H.


Demain matin, pas trop tôt, on n'est pas des esclaves, nous mettrons Bergotte dans le coffre de Liselotte et prendrons la route pour rallier, quelques heures plus tard, le village de Saint-Augustin, sis au cœur de la Corrèze, et qui sera probablement débaptisé bientôt afin de ne pas froisser la susceptibilité religieuse de nos frères mahométans. Nous comptons y passer une semaine, durant laquelle, bien entendu, nous rencontrerons Messire Étienne du Lonzac en sa nouvelle seigneurie ; semaine durant laquelle nous serons bienheureusement privés de toute connexion fâcheuse avec le monde virtuel. C'est la raison pour laquelle le journal d'août ne paraîtra pas avant le 6 octobre. 

Si je fournis toutes ces précisions, c'est afin que MM. les monte-en-l'air sachent qu'ils pourront opérer chez nous en toute tranquillité durant ce temps. Qu'ils se méfient tout de même : notre voisin le plus immédiat est un homme perspicace et armé.

jeudi 12 septembre 2013

Un bijoutier tue son braqueur… Oui, et alors ?


Les 11 septembre, on ne fait pas que commémorer l'effondrement des tours new-yorkaises où pleurnicher sur le sort de ce pauvre Allende : pendant que chacun déploie ses banderoles ou ranime la flamme devant ses icônes, le petit commerce de proximité continue. À Nice, deux jeunes (forcément, des jeunes : vous avez déjà vu de vieux braqueurs opérer à scooter ?) ont cru bon de venir délester un bijoutier de sa marchandise, après l'avoir plus ou moins molesté et sous la menace d'un fusil à pompe : il faut bien que jeunesse se passe, que frustration s'exprime, que vitalité se défoule. Le commerçant ne l'a pas entendu de cette oreille et, à peine les deux malfrats sortis de son échoppe, il s'en est extrait à son tour, arme au poing, afin de leur notifier sa façon de voir, en quelques crispations brèves de l'index sur la queue de détente. Il a tué le passager et, bien entendu, on commence à lui en faire un peu grief, alors qu'il n'a fait que défendre son bien contre deux petites crapules, dont l'une au moins – le mort – semble avoir été fâcheusement récidiviste, au moins si l'on en juge d'après la savoureuse déclaration de son frère : « Mon frère venait de sortir de prison. Il s’est réinséré, il allait être père de famille, il avait un appartement, il avait tout pour être bien. A mon avis, c’est le choc qu’il allait être papa que ça l’a fait péter un câble, c’est tout ! ».

Je savais la paternité dangereuse, mais à ce point… Quant à la réinsertion, elle semblait effectivement en très bonne voie. Ce sympathique futur papa serait probablement devenu ce que l'on pourrait appeler un multiréinséré, c'est-à-dire une dangereuse canaille.

Mes pensées compatissantes vont ce matin au bijoutier, qui n'a pas fini d'être tracassé pour son si naturel réflexe de défense. Je suppose que le fait d'avoir tiré dans le dos de son agresseur lui sera imputé à charge par ses juges ; ce, bien à tort à mon avis : il y a des gens qui ne méritent pas d'être tués de face.