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vendredi 24 avril 2015

Putain, on s'est dégonflé !


Une fois tout pris en compte, la facture helvète allait finalement chercher dans les quatre ou cinq écrans plats de bonne taille ; on s'est dit que ce n'était vraiment pas possible d'être aussi con. Et on a annulé. À la place, c'est une bergère beauceronne qui fera son entrée à la maison dès le mois prochain : elle ressemblera à peu près à ça (photo du dessus), avant de devenir approximativement ça (photo du dessous). Ce qu'il y a de bien, c'est que les quelques deux mille euros ainsi économisés pourront être mis en réserve pour financer nos prochaines aberrations mentales, lesquelles ne manqueront pas de se produire avant peu.

En attendant, bouvier ou bergère, de Suisse ou de Beauce, la bestiole s'appellera toujours Oriane.


jeudi 23 avril 2015

Le nom du chien, nom d'un chien !


La décision était prise ; elle était ferme ; elle était irrévocable : jamais plus nous ne serions assez stupides pour acheter un chien de race, coûtant à peu près l'équivalent de trois téléviseurs à écran plat. Jamais. En foi de quoi, il y a moins d'une heure, Catherine a passé commande d'un grand bouvier suisse, à l'élevage du Loiret où, en 2006, nous avons acheté Bergotte (déjà pour le prix de trois téléviseurs à écran plat : on devrait se mettre revendeurs de téléviseurs à écran plat).

Le grand bouvier suisse est un chien ridicule, une sorte d'hybride, dans la mesure où il a la taille de Balbec et le poil ras de Bergotte. On a décidé de prendre une femelle, parce qu'elles sont, dans cette race (pardon pour ce mot honni), réputées plus douces et plus attachées à leur foyer, un peu comme nos mères et, plus généralement, les femmes d'avant 1970. La difficulté va être de trouver un nom proustien commençant par la lettre L. Je crois qu'on a un peu le temps d'y penser, et de consulter l'index de la Pléiade. Mais enfin, il faut y songer. 

Depuis que la décision a été prise et le Rubicon franchi, je regarde les deux chats d'un œil malicieux, tentant d'imaginer leur air effaré, voire scandalisé, lorsque le petit monstre débarquera de la voiture.

mercredi 11 juillet 2012

Et les matelots me déposèrent endormi…


Lorsqu'il fut de retour enfin
Dans sa patrie le sage Ulysse
Son vieux chien de lui se souvint
Près d'un tapis de haute lice
Sa femme attendait qu'il revînt

Or, en effet, quand au terme d'une longue traversée de sept cents trois pages, j'abordai aux rivages du Plessis-Ithaque, Swann, Elstir et Bergotte, mes tri-Argos, me firent fête ; pour le tapis de haute lice, ma Pénélope avait dû le vendre à quelque colporteur de triste naissance afin de s'offrir de quoi boire, car je n'en trouvai trace en mes palais. Mais je ne lui garde nulle colère, sachant bien que l'attente est morose et le nectar tentateur.

dimanche 25 décembre 2011

Réveillon au panier, Pâques au chantier – proverbe

 La grosse masse noire avec de vagues reflets, à mon pied, c'est le troisième chien…

mercredi 27 juillet 2011

Vos chiens sont patients : ils vous attendent

Balbec a ressurgi ce soir, sans doute parce que les trois autres jouaient aux chiens morts. Ils font toujours ça – et le font très bien – à chaque fois que nous les abandonnons durant la journée entière : ils ne dorment pas ; ou alors, comme on dit commodément, que d'un œil. Dès que nous rentrons, ils se mettent à dormir de l'autre, mais alors ferme. Du coup, ils ressemblent à des animaux morts, des chiens que l'on aurait aimés dans un passé pas très lointain mais difficile à ressaisir – comme Balbec, donc.

Elstir est forcément en première ligne, dès que le fantôme de l'autre se présente aux fantaisies du souvenir : parce qu'il est de la même race (et les chiens, eux, ont encore ce droit d'être de la même race, je crois ; aucun censeur ne vient vérifier l'odeur de leur mufle, ni leur aptitude à se fondre dans le monde indistinct des chiens-qui-ne-sont-que des-chiens) ; mais en même temps tout à fait individuel, et inapte à ressusciter le fondateur de la lignée.

Car lignée il y a bien. Décalages discrets, hiérarchies subtiles. Balbec, qui n'en peut mais, reste sur le socle où je l'ai placé – où il s'est placé, de fait, avec ma profonde complaisance – et règne en monarque sur le territoire des morts. Il attend. D'autres viendront à lui, je suppose, et seront remplacés par une descendance encore plus lointaine. Et, un jour, les chiens – les derniers, les encore inconnus – resteront survivants de nous, vous allez voir.

Comme il devrait encore y avoir des siècles pour les hommes, il y a des années pour les chiens – mais c'est moi qui les ordonne et en commande l'existence. Je suis ce pauvre chef de meute tellement absolu qu'il ne prend pas la peine de commander à quiconque, et ne sait même plus trop comment il pourrait le faire : il se regarde devenir éternel, à mesure de ce vieillissement accéléré qu'il voit, dans les paniers, et de ce fait, paupières comme des parasols, il préfère éviter ces lumières filtrantes, et confiantes, et rassurantes.

Les chiens sont une forme d'éternité, donc. Mais qui dure assez peu de temps.

dimanche 7 février 2010

Dans cinq heures, nous serons là...

Quelque part entre Dieppe et Fécamp, chez ma sœur. Avec les trois molosses dans le coffre de la tomobile et Roselyne au pilotage automatique. Aussi le souvenir de Balbec sur la plage déserte de Veules-les-Roses. Retour demain en fin d'après-midi, si tutto va bene...

mercredi 3 février 2010

Elstir coiffe la couronne du tsar, et son maître biche !

D'après Nicolas 1er, empereur du Miko, Elstir viendrait de coiffer la couronne de numéro un du classement “animaux”. Il me faut donc, et je le fais avec plaisir, remercier tous ceux d'entre vous qui n'ont pas hésité à publier de honteux billets de complaisance afin de hisser La Meute des gâteux au pinacle. Et je leur demande de ne pas relâcher leur effort : il s'agit maintenant de dézinguer certain gros frisé gauchiste au Miko général...

(Inutile de me faire remarquer qu'Elstir n'est pas sur la photo, je le sais ! Mais il faut bien ménager la susceptibilité des deux autres...)