lundi 26 septembre 2011

Pourquoi Troy Davis devait mourir

Je demeure, quoi qu'il m'en coûte parfois, opposé à la peine de mort ; de manière sans doute trop viscérale pour être tout à fait recevable, mais enfin c'est ainsi. Il reste que, certains jours, je trouve bien encombrants, borgnes et stupides ceux que cette position m'impose comme “alliés”. Ce que j'ai pu lire çà et là, notamment sur les blogs de gauche mais aussi dans la presse, à propos de l'exécution de Troy Davis, m'a conduit à penser que, toute honte bue, Modernœud restait bel et bien le plus efficace supplétif des partisans de la peine capitale, notamment aux États-Unis, avec ce coassement psittaciste qui est le sien et qui se résume à la prononciation rituelle d'une poignée de mots magiques : racisme, pauvreté, crypto-fascisme américain, etc. – vous compléterez fort bien la liste sans moi, elle n'est pas si longue et elle est multi-usages. 

Puis, hier, je suis tombé sur un assez long billet démontant un à un les pauvres arguments que je lisais en boucle depuis quarante-huit heures. Un texte au titre brutal, que j'ai fait mien malgré ma répugnance envers la peine de mort. Quoiqu'il en soit, ne serait-ce que pour s'extirper un court moment de la pleurnicherie convenue et de l'indignation automatique, c'est un article qui me semble mériter d'être lu avec attention. En voici un très court extrait, pris en son début :

« Il est à peu près impossible de recevoir la peine de mort de nos jours – à moins que vous ne fassiez quelque chose de complètement fou, comme tirer sur un flic devant des douzaines de témoins sur le parking d’un Burger King, seulement quelques heures après avoir tiré sur une voiture de passage au sortir d’une fête.
« C’est ce que Troy Davis fit en août 1989. »



30 commentaires:

  1. Quoi qu'il ait fait, rien ne justifiait son exécution !

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  2. Le texte mis en lien est intéressant, et l'on pouvait d'ailleurs se douter que les preuves contre Troy Davis n'étaient pas si inexistantes. Des juges haut placés n'ont aucune raison de passer pour des cons et des salauds pour le simple plaisir d'emmerder les gens. Evidemment, une erreur judiciaire est toujours possible, mais le risque reste extrêmement minime. L'argument classique des abolitionnistes tient à cette possibilité d'erreur, et beaucoup précisent qu'ils préféreraient une perpétuité réelle. On voit la mauvaise foi : il n'y a pas, il ne peut y avoir de perpétuité réelle, tous les spécialistes le disent. Cela reviendrait à enfermer un homme sans espoir pour lui de sortir, ce qui d'une part est monstrueux, mais ce qui est surtout très dangereux, le prisonnier n'ayant plus rien à perdre (il ne peut lui arriver pire). Il devient donc incontrôlable.
    La peine de mort reste bien le seul châtiment proportionné pour certains crimes, et la proportion de la peine est le seul critère rationnel qui tienne (dixit Emmanuel Kant, philosophe des Lumières s'il en fut, qui n'hésitait pas à traiter de sophiste le marquis de Beccaria, héros grotesque des abolitionnistes). L'histoire de la philosophie présente d'ailleurs une écrasante majorité de pro-peine de mort, ce qui ne prouve rien, j'en conviens (voilà longtemps qu'on rejette les arguments dits "d'autorité"), mais cela oblige au moins à prendre au sérieux cette position, visiblement loin d'être réservée aux débiles mentaux assoiffés de sang.

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  3. Intéressant : je ne parvenais pas à trouver la moindre info sur le dossier de Troy Davis. Où avez-vous pêché l'info ?

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  4. Ce qui est intéressant dans votre article c'est le parallèle avec la condamnation du Texan.
    Et je comprends que vos alliés vous insupportent car en effet, du coup, le Texan était bien plus emblématique.

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  5. Denis, Jean-Claude, Norbert, Paulus, Jessica, Jennifer, Sara, Paloma, Georges, Serge, Mohamed, Kevin, Claudia, Gérard, Archibald, Renaud, Astrid, et tous les autres : « Quoi qu'il ait fait, rien ne justifiait son exécution ! » (en boucle)

    Le Choeur en tenue immaculée.

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  6. Voilà qui remet les pendules à l'heure et l'évangile selon Saint
    Troy Davis en meilleure perspective. On peut penser ce qu'on veut de la peine de mort
    mais celle là, il ne l'a quand même pas volée.
    Comme Brewer, vous savez, le sale facho blanc exécuté en même temps
    dans l'indifférence médiatique générale...

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  7. Denis : eh bien voilà la parfaite illustration de ce que je dis en préambule ! D'un côté, je ne puis qu'être d'accord avec vous puisque je suis opposé à la peine de mort. Mais d'un autre côté, je sais bien que vous avez tort et que les partisans de cette même peine de mort (voir certains commentaires après le vôtre) ont à faire valoir des arguments qui méritent pour le moins d'être examinés.

    En fait, c'est un sujet dont j'ai beaucoup de peine à parler, entre autre pour cette raison : les arguments des “pros” me semblent très souvent valables et même censés, MAIS je demeure tout de même opposé à la peine capitale. Et ne vois pas, pour le moment, le moyen de me sortir de cette espèce de contradiction, ou d'errance si l'on préfère.

    Marco Polo : voilà, votre commentaire illustre parfaitement ce que je viens de répondre à Denis : je suis quasiment d'accord avec ce que vous dites et demeure néanmoins “anti”. Position fort peu tenable et encore moins défendable, je vous l'accorde par avance.

    L'Hérétique : eh bien… je l'ai trouvé sur le site où envoie mon lien, tout simplement !

    Fredi : oui, le méchant Texan raciste arrive à point nommé dans cette histoire et provoque des effets inattendus. Celui-ci par exemple : on sent bien, chez les modernœuds que j'ai pu lire sur le sujet, tous “antis” bien entendu, qu'il ne faudrait pas les pousser beaucoup pour qu'ils avouent ce qui bouillonnent dans leurs tréfonds, à savoir que cette exécution-là, ils l'approuvent. Et que, donc, ils sont pour la peine de mort.

    Nouratin : pas d'accord : si l'on est contre la peine de mort, c'est tout le temps, c'est en-deçà de la moindre condamnation. À partir du moment où vous considérez que celui-ci ou celui-là “ne l'a pas volée”, c'est que vous êtes pour. Ce qui est du reste votre plein droit, si c'est le cas.

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  8. Qui a entendu parler dans ce déferlement médiatique favorable à ce pauvre petit nègre broyé par une justice pro blanche, de cet autre condamné à mort et exécuté mais blanc, ( ah il était du KKK quelle chance!) , lui certainement méritait de mourir au nom des droits de l'homme de la gauche "pensante": et pour toute cette pantalonnade qu'il recoive toute ma sympathie.

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  9. Apparemment, plusieurs faits allégués par les médias, censés étayer l'innocence de Travis, sont faux : fausse la rétractation des témoignages, mensongère l'absence d'ADN.

    On n'a certes pas retrouvé d'ADN, mais ce fait n'est pas pertinent. Travis a été condamné pour meurtre, pas pour viol. Où auriez-vous voulu qu'il laisse de l'ADN ? L'ADN n'est pas un truc qui se vaporise dans l'atmosphère autour des criminels.

    Cet argument a la même qualité mensongère aque ceux des complotistes. Vous dites "ADN", et ça fait sérieux, scientifique. Un peu comme si je disais "température de fusion de l'acier".

    Mais l'ADN est aussi pertinent en l'occurrence que l'âge du capitaine.

    Sur la dangerosité supposée des condamnés à la perpétuité réelle, l'argument est faux. Zacharias Moussaoui est dangereux, là où il est ? Pourtant, les médias nous ont répété qu'il ne ressortirait de sa cellule que les pieds devant.

    Ah, évidemment, il est dans une prison américaine de sécurité maximale. Par conséquent, pas de balade à vélo ou de pique-nique à l'extérieur, ni de leçons d'équitation, comme cela se pratique en France et en Suisse "pour la réinsertion", avec les conséquences inévitables (évasions).

    De l'aveu même de ses responsables, ceux qui sont dans cette prison, condamnés à vie, se dégradent inexorablement.


    Evidemment, si le but premier est de réinserer les criminels, je comprends que ça gêne.

    Dans le cas contraire, il faut savoir ce qu'on veut.

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  10. Parler d'arguments en matière de soutien à la peine de mort me semble totalement échapper au champ d'une raison que nous avons mis plus de 20 siècles à construire. Reste qu'on peut être convaincu de la justesse du comportement de l'homme de Cro-magnon ou de la charia !

    Venant de vos lecteurs, permettez-moi de vous dire que cela me surprend ! A chacun ses contradictions.

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  11. "Parler d'arguments en matière de soutien à la peine de mort me semble totalement échapper au champ d'une raison que nous avons mis plus de 20 siècles à construire."

    - Qui ça, "nous" ?

    - Le monde était peuplé d'abrutis, avant le XXIème siècle ?

    Cette croyance naïve dans l'infinie supériorité de notre époque par rapport à toutes celles l'ayant précédée, simplement parce qu'elle est la plus récente et que c'est la nôtre, n'a aucun fondement.

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  12. @RM

    En vous lisant, j'ai souvent l'impression qu'elle s'est comme arrêtée. Je me permettrais de parler, vous concernant, d'une espèce de recul, dont on ne semble pas toujours percevoir les limites.

    C'est toujours drôle de lire quelqu'un nous conter les tares et vicissitudes de la modernité, en développant comme vous le faites à longueur de commentaires, toute cette suffisance.

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  13. Je suis contre la peine de mort. Partout. mais je n'oublie pas que mon opposition est "normée" par mon regard d'occidental de la vieille Europe. Il y a des tas de pays où celle-ci ne pose aucun problème à personne. Aux USA, elle fait partie d'un héritage récent, pays où l'on pendait encore les voleurs de chevaux il y a a peine 200 ans.

    L'article de Contrepôint est à lire par tous ceux qui ont pris la défense de Davis, moins parce que peine de mort mais plutot parce qu'il était noir, pauvre, Texas etc...

    Précision/ Pour tous les cons qui ont dit que Obama était une ordure de ne pas avoir pas pris la defense de Davis, c'est ne pas connaitre le système US, Obama n'en avait absolument pas la possibilité ni juridiquement, ni légalement, encore moins politiquement. Séparation des pouvoirs oblige.

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  14. Comme toujours, le gauchiste commence par commettre une faute flagrante, puis, sitôt mis en cause à propos de cette faute, la rejette sur celui qui la relève.

    Ainsi, Denis écrit :

    "Parler d'arguments en matière de soutien à la peine de mort me semble totalement échapper au champ d'une raison que nous avons mis plus de 20 siècles à construire"...

    ...Ce qui est assurément d'une suffisance à couper le souffle.

    Puis, il m'accuse parce que je le lui ai fait remarquer :

    "C'est toujours drôle de lire quelqu'un nous conter les tares et vicissitudes de la modernité, en développant comme vous le faites à longueur de commentaires, toute cette suffisance."

    En fait, on pourrait remplacer de nombreux gauchistes par un simple logiciel, tellement leur paresse intellectuelle est manifeste.

    Au lieu de refuser d'assumer vos propos en vous réfugiant dans des attaques personnelles, Denis, vous seriez bien bon de nous expliquer 1) en quoi vous seriez, vous-même, responsable d'un supposé progrès de la raison survenu au cours des vingt derniers siècles (votre "nous"), et 2) sur quoi vous vous fondez pour asséner cette affirmation hautement improbable, selon laquelle la raison serait le privilège exclusif de la période contemporaine, à l'exclusion de toute l'histoire qui l'a précédé.

    Ou bien, si vous voulez, d'où vous tirez cette axiome parfaitement invraisemblable selon lequel la raison des hommes progresserait d'une façon continue au cours des siècles, de sorte que ceux d'aujourd'hui seraient plus raisonnables que ceux d'hier, et moins que ceux de demain.

    Sachant que cette évolution aurait commencé pile-poil en l'an 1 (pas avant, pas après ; quant aux Grecs de l'Antiquité, il est bien clair, à la lecture des textes qu'ils nous ont laissés, que c'étaient des imbéciles de première bourre).

    Faites-nous cette démonstration en vous appuyant sur des faits, je vous prie.

    Ce qui est assurément plus difficile que de calomnier la personnalité de ses interlocuteurs.

    Mais à quoi bon demander à un gauchiste de respecter les règles de base d'un débat intellectuel ?

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  15. Marchenoir est un peu nerveux parce qu'il a dù montrer son vrai visage sioniste chez le Pélicastre et a finalement été ridiculisé par les vidéos de Bigard.
    Maintenant il a très peur que l'affaire des neutrinos fasse reparler de l'imposture d'Einstein qui est un des plus beaux enfumages du XXème siècle...

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  16. Imaginerait-on un partisan de la peine de mort qui se contenterait de dire : "moi, je suis viscéralement pour la peine de mort, c'est tout";
    ou bien :"quelques soient les risques d'erreur inhérents à la peine de mort, rien ne justifiait qu'untel reste en vie"?
    Non, bien sûr.
    Il serait hué, moqué, vilipendé, on lui dirait de se taire, puisqu'il n'a aucun argument.
    Et avec raison.
    Mais l'inverse n'est pas vrai, bizarrement, pas vrai du tout.
    Dire que l'on n'a pas d'arguments pour justifier son abolitionnisme ne vous discrédite pas.
    Cela passe au contraire pour une preuve ultime de "civilisation", "d'humanité".
    Et cela ne vous empêche pas de vous réclamer dans le même souffle des Lumières et des progrès de la raison.
    (Didier, vous aurez bien compris que ce que je dis là ne s'adresse pas à vous, puisque vous reconnaissez fort honnêtement "l'errance" dans laquelle vous vous trouvez)

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  17. De toutes façons il ne s'agit pas de savoir si l'on est pour ou contre la peine de mort (personnellement je suis contre) mais de savoir pourquoi une exécution a été médiatisée et pas l'autre.
    Il semble qu'un condamné présentait mieux que l'autre pour les défenseurs de la cause car il avait un petit plus: il appartenait à une minorité visible. Une double peine en somme.

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  18. à Marchenoir :
    "l'argument est faux". Preuve : Moussaoui est en prison et tout se passe bien.
    C'est brutal ("l'argument est faux"), et peu convaincant : qui a dit que Moussaoui mourrait en prison ? Cela arrive-t-il souvent ?
    Quant à la fusion du métal, c'est plutôt ça, l'âge du capitaine : rien à voir avec le sujet.

    Marchenoir, faudrait vraiment arrêter d'engueuler les gens, parce que vous commencez à être pénible. Si vous voulez dialoguer, commencez par y mettre les formes. Vous savez, la politesse, la civilité, la courtoisie, et tout ça. Le monde n'est pas rempli d'ennemis à abattre sans pitié, et vous n'êtes certainement pas le chevalier blanc chargé par Dieu de sauver la planète.
    Et faites un effort pour ne pas m'insulter, merci d'avance.

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  19. Marco Polo, il faudrait arrêter votre paranoïa. Je ne vous ai pas insulté. Je "n'insulte pas les gens".

    J'ai insulté, tout à fait délibérément, un connard qui a cru malin de déformer mon nom en guise de pseudonyme, et cela pour me mettre en cause sans le moindre début d'argument ni de contenu, en important dans ce fil de discussion le contenu d'un autre fil afin de faire dérailler la conversation, ce qui est l'un des procédés les plus lâches et les plus misérables que je connaisse.

    Monsieur Connard, dont je n'ai pas remarqué qu'il se soit illustré jusqu'à présent par aucune contribution positive ici, a donc violé, pour son premier commentaire ici et en quelques lignes, trois règles de base de n'importe quel blog civilisé.

    Je continuerai à insulter, tout à fait délibérément, tous les connards qui se permettent d'utiliser de pareils procédés à mon égard -- et qui ne se privent pas, naturellement, de pousser les hauts cris sitôt qu'on leur fait goûter leur propre médecine.

    C'est un peu trop facile de venir foutre la merde, de piétiner conscienscieusement toutes les règles du dialogue civilisé, puis de venir se plaindre que les règles ne soient pas respectées.

    C'est un peu comme la racaille qui réclame le "respect", voyez.

    Pas de pité, aucun égard pour ces gens-là.

    Sur le fond de votre commentaire, Zacharias Moussaoui a été condamné, par la justice américaine, à la prison à perpétuité, sans possibilité de libération. Il est enfermé dans une prison spécialement destinée à ce genre de condamnés. La source de cette information est officielle : ce sont tout simplement les autorités américaines.

    Vous remarquerez que depuis le début de ce débat, je ne me suis pas prononcé sur :

    - La peine de mort ;
    - L'emprisonnement à perpétuité sans espoir de libération ;
    - La culpabilité de Troy Davis.

    Je dis simplement que l'argument "il ne faut pas emprisonner les gens à perpétuité parce que sinon ils deviennent dangereux" est faux.

    Le fait de dire cela n'est pas un "argument brutal". La réalité de l'emprisonnement à vie est, certainement, brutale. La réalité des attentats du 11 Septembre (dans lesquels Zacharias Moussaoui était impliqué) l'est aussi.

    Je dis simplement qu'affirmer "il ne faut pas emprisonner les gens à vie parce que sinon ils deviennent dangereux" n'est vrai que dans un contexte français (ou dans celui d'autres pays similaires), où la politique judiciaire et carcérale est marquée par le laxisme.

    Si vous avez des prisons laxistes, où l'on envisage de donner la télévision gratuite aux prisonniers, l'accès à Internet, l'usage des téléphones portables, le choix de manger halal, la possibilité de pratiquer la religion musulmane, le choix entre quatre menus différents, des balades à vélo à l'extérieur, des pique-nique, des cours d'équitation, etc, etc, alors effectivement, un détenu sans espoir de libération peut devenir dangereux.

    Mais ce n'est nullement une fatalité. Si le rapport de forces change dès le départ, si les détenus sont matés, si toutes les mesures nécessaires sont prises pour qu'ils ne puissent pas présenter de danger envers les gardiens, alors ils n'en présenteront pas.

    Le débat est faussé, parce qu'il a lieu entre poissons qui vivent tous dans l'eau (c'est à dire sous l'ahurissant laxisme judiciaire français). Les poissons ne peuvent pas imaginer qu'on puisse, aussi, respirer dans l'air. Ils ne savent même pas que l'air existe.

    Mais c'est parfaitement possible. Cela existe. Il suffit de voir ce qui se fait en dehors de la Frônze éternelle que le monde entier ne nous envie pas.

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  20. à Marchenoir.
    D'accord, mais la prison que vous décrivez, américaine peut-être, où le condamné à perpète n'est pas si dangereux, me paraît bien plus inhumaine que la peine de mort. Et il resterait à être sûr que Moussaoui ou d'autres dans la même situation n'ont pas le secret espoir de sortir. Qu'en est-il dans les faits ? Ne sortent-ils vraiment pas ? Il est tout à fait logique, en tout cas, de supposer la dangerosité de ces prisonniers, sauf à les castrer chimiquement. Je veux bien en discuter, mais c'est difficile quand on est si péremptoire ("c'est faux !") alors qu'on n'apporte que deux ou trois lignes de justification. Je sais bien qu'il faut faire vite, et c'est aussi ce que j'ai fait, mais justement, évitons les propos cinglants qui appellent la soumission de l'interlocuteur plutôt qu'une réponse. Tenons compte que chacun doit pouvoir préciser sa position et évitons de blesser l'amour propre.
    Ne prenez pas cela pour une leçon que je vous ferais, bien sûr.

    Sur le fond, on dirait que vous militez pour une perpétuité réelle plutôt que pour la peine de mort. J'ai bon, ou vous ne voulez vraiment pas prendre position ? Ce serait bien votre droit, naturellement.

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  21. "Marchenoir est un peu nerveux parce qu'il a dù montrer son vrai visage sioniste chez le Pélicastre et a finalement été ridiculisé par les vidéos de Bigard.
    Maintenant il a très peur que l'affaire des neutrinos fasse reparler de l'imposture d'Einstein qui est un des plus beaux enfumages du XXème siècle..."
    (Vanessa Taprendra)

    Mon Dieu, qu'elle est conne...

    1. Je ne peux pas "avoir été contraint de montrer mon vrai visage de sioniste", car je ne me suis jamais caché d'être sioniste. J'ai toujours dit que je soutenais Israël, les Israéliens et les Juifs quand ils sont attaqués en tant que Juifs.

    2. Il est imposible d'être anti-sioniste aujourd'hui, à moins de réclamer la disparition de l'Etat d'Israël. Le sionisme est une doctrine politique qui appelait à la création d'un Etat juif au XIXème siècle. Cet Etat a été créé. Le débat est donc terminé, l'histoire est passée par là.

    Un "anti-sioniste" en 2011 est, si les mots ont un sens, quelqu'un qui veut rayer Israël de la carte, à l'instar des sympathiques mollahs iraniens. Ce n'est pas quelqu'un qui se contente d'être "opposé à la politique d'Israël".

    3. Le comique Bigard ne peut évidemment pas "me ridiculiser par une vidéo" dans un débat rationnel où j'étais opposé aux complotistes du 11-Septembre. C'est un peu comme si on prétendait qu'un boulanger pouvait en remontrer à un artisan plombier en matière de plomberie.

    4. N'ayant aucune lumière sur la prétendue "imposture d'Einstein", je ne peux évidemment "avoir très peur" de quoi que ce soit à ce sujet. Je ne me suis jamais prononcé là-dessus et je n'ai nulle intention de le faire.

    Pour une raison très simple : je n'ai pas, moi, les compétences nécessaires en matière de physique. Figurez-vous qu'il existe encore des gens qui ne se prononcent pas sur des matières qui ne sont pas de leur compétence.

    M'est avis que la (?) dénommée Vanessa Taprendra ne s'embarrasse pas de tels scrupules, tout particulièrement en ce qui concerne les théories d'Einstein.

    5. Si jamais l'histoire devait conclure qu'Einstein s'est livré à une imposture scientifique, la conclusion serait... qu'Einstein s'est livré à une imposture scientifique.

    Evidemment, ce n'est pas ce que les Vanessa Taprendra de ce monde veulent nous suggérer, en amenant curieusement le nom d'Einstein sur la table alors qu'il n'a rien à voir avec la conversation en cours.

    Pour eux, si Einstein s'est livré à une imposture scientifique, il convient d'en conclure que cela révèle la nature maléfique des Juifs, qui sont tous des imposteurs.

    Mais les Vanessa Taprendra et associés sont suffisamment lâches pour ne pas l'écrire en toutes lettres, et laisser leurs lecteurs comprendre leurs intentions à demi-mot.

    6. Le crottin laissé ici par Vanessa Taprendra est tout à fait représentatif du procédé malhonnête que je dénonçais il y a quelques minutes à peine : un troll n'ayant ni les moyens intellectuels ni le courage nécessaire pour s'opposer à une opinion qu'il réprouve, tente de faire dérailler un fil de discussion en portant des attaques personnelles basées sur un fil qui n'a rien à voir, sur un blog qui n'a rien à voir.

    Puisque vous êtes tellement fûtée et tellement sûre de vous, Vanessa, venez donc poursuivre cette discussion sur le prétendu complot du 11-Septembre chez le Pélicastre, là où elle a eu lieu, au lieu de l'importer sur le blog de Didier Goux dans un billet consacré à Troy Davis.

    Mais vous ne le ferez pas, bien sûr. Vous êtes très forte pour déverser vos calomnies en deux-trois lignes où vous ne dites rien. Mais pour ce qui est de dérouler une pensée construite dans un débat loyal, là, il n'y a plus personne.

    Vanessa Taprendra = troll antisémite.

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  22. Son Excellence Koimagueul-Keskélamagueul27 septembre 2011 à 06:40

    Mes très chers frères,

    Certains ici semblent oublier un peu vite (le font-ils exprès ?) que le jour du jugement dernier... bin... il va ressusciter, le Troy.
    Eh ouais !

    En vérité, je vous le dis :
    Le matériel lui ne ressuscitera pas !

    Alors qu'est-ce qu'on en fait, du gars ?
    On le re-zigouille à la main ?

    Je pose la question (bande de p'tits malins).

    Que la paix soit avec vous pour les siècles des siècles.
    Amen.

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  23. Au fait, très bonne remarque d'Aristide sur l'asymétrie de traitement entre abolitionnistes et méchants défenseurs de la peine de mort. Dans le même registre, j'ajoute que les abolitionnistes devraient s'interroger sur un autre paradoxe, celui qui les pousse à regretter plus souvent la mort de criminels que celle des innocents tués par ces mêmes criminels. Bien sûr, les anti ne réclament pas la mort des victimes, mais par définition réservent leur indignation officielle ou médiatique à l'exécution des coupables. Pour eux, le scandale n'est pas qu'un enfant soit violé, torturé et tué par une ordure (c'est sans doute dans "l'ordre des choses"), mais que cette ordure soit electrocutée par un Etat de droit. Ils créent ainsi ce que j'appellerais un désordre moral ou existentiel (n'ayons pas peur des mots) qui ne peut que choquer l'homme de bonne foi. Par exemple, on a beaucoup plus parlé de Patrick Henri, ordure absolue sauvée de la guillotine par Badinter, que du malheureux gamin de huit ans qu'il a étranglé et dont je défie quiconque de prononcer le nom (sans triche, hein !). Moi-même je l'ignore, d'ailleurs. Encore une autre asymétrie scandaleuse, il me semble.

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  24. Charles Lindbergh Junior ?

    (Non, je sais, ce n'est pas drôle. Veuillez donc excuser cette pauvre saillie qui, si le cher homme était encore en vie, me vaudrait à coup sûr les « honneurs » du blogue de... Mais non, pas de polémique)

    Sinon, à propos d'antisémite, quelqu'un peut-il enfin nous éclairer sur ce qu'avait bien voulu dire Jean-Marie Le Pen lorsqu'il avait proclamé, le 13 février 1984 à L'Heure de Vérité, qu'il était partisan de la pine de Maure ?

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  25. Vanessa Taprendra est aussi musicologue.

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  26. "les abolitionnistes devraient s'interroger sur un autre paradoxe, celui qui les pousse à regretter plus souvent la mort de criminels que celle des innocents tués par ces mêmes criminels"

    Ce paradoxe est dans l'ordre des choses me semble-t-il.
    Les abolitionnistes se soucient du sort du criminel, et il n'y a qu'un tout petit pas du souci à la compassion. Puis de la compassion on passe naturellement à l'indignation envers ceux qui continuent à vouloir châtier les criminels.
    La compassion envers les criminels se change en colère envers la société qui veut les punir. Surtout lorsque l'on estime que le criminel est, au fond, un "produit de la société", ou quelque chose du même genre.

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  27. Peut être aussi que les abolitionnistes ne s'intéressent pas vraiment aux victimes car ils ne sont responsables en rien de ce qui leur est arrivé. Ils veulent garder les mains propres et ne pas être responsables, même indirectement, en tant que citoyens, de ce qu'ils considèrent comme un assassinat légal.

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  28. @ Robert Marchenoir
    + 1 à votre commentaire du 26 septembre à 23h37, en particulier pour les paragraphes 1, 2 et 5 !
    Geneviève

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  29. @ Robert Marchenoir
    "Cette croyance naïve dans l'infinie supériorité de notre époque par rapport à toutes celles l'ayant précédée, simplement parce qu'elle est la plus récente et que c'est la nôtre, n'a aucun fondement."
    En fait, elle en a, dans la première acception du terme, ce qui ne prouve nullement sa légitimité ou sa vérité. Ou prétend en avoir. Et l’idéologie dont elle est le fruit le croit factuel parce qu’elle est matérialiste; la part de scientifique pourrait ne pas exclure la part d’irrationnel mais son matérialisme l’y oblige. Dit autrement, le progressisme est le virus du darwinisme, une sorte d’évolutionnisme moral unilinéaire autant qu’unilatéral, qui confine à un eugénisme naturaliste. Je ne me résous pas à dire que la théorie darwinienne le fonde, le progressisme, qui ne tolère que lui-même, est à lui-même son propre fondement. Il assied la linéarité de sa doctrine sur le fait scientifique, sur sa théorie, qu’il soumet à la technique, ce qui le force à produire cette hiérarchisation unique qui fait son ignorance des calendriers, étant bien entendu que les bases scientifiques ET techniques étaient posées dès la Grèce et l’Egypte antiques.
    Pour illustrer la chose disons rapidement que cette croyance pense que le scalpel en titane d’aujourd’hui est un témoignage supérieur de notre humanité, oubliant que c’est l’acte chirurgical qui en est le témoin ; la question du titane moderne ou du cuivre antique du scalpel n’est que celle de la précision de l’outil, pas celle du geste du chirurgien. C’est uniquement un progrès technique.
    Ce qu’oublie la stupidité du progressisme c’est qu’il n’est pas le vaccin de la régression ; de là provient celle du progressiste qui identifie à tort le regret comme étant une forme de régression quand ce dernier peut tout aussi bien être le signe de la lucidité. Il faut savoir perdre ses illusions. La réaction négative au progrès ne vaut guère mieux. L’homme averti, sait que le progrès contient le regret, chose que le progressisme, ou la réaction, souvent tout et toute d’un bloc, ne peuvent concevoir. Je passe l’exemple. Ou alors vite fait : du tourisme moderne en avion peut naître le regret du voyage en trains et bateaux de jadis, sans que cela soit la marque d’une déception. Considérer la perte qu’implique une nouveauté technique n’est pas moins lucide qu’en apprécier l’avantage.

    H.J.

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  30. On pourrait développer longuement, démontrer ou démonter mais comme ce n’est pas le sujet du fil, ni même l’objet d ‘un post, je vais m’essayer à quelque acrobatie de transition : le regret de la peine capitale est-il une régression ? Non. La question ainsi posée suppose (selon le schéma proposé précédemment) que son abolition est un progrès. Qualifions-le de progrès moral. Sous prétexte que l’éthique dont doit se prévaloir l’exemplarité que doit être celle de la loi et de ceux qui l’appliquent, ne saurait tolérer d’autre position en l’espèce. L’interrogation ne doit pourtant pas être proscrite, sous peine de voir l’argument éthique fondre dans la chaleur moite de l’idéologie. Ce qui ne serait pas nécessairement raisonnable.
    La question n’est pas tant d’être pour ou contre la peine de mort en prétendant à un progrès moral mais d’examiner la peine capitale et les réponses que l’on donna à son exécution, je veux dire à la fois celle de sa sociologie historique, de sa praxis dans les temps, tout comme son abolition.
    Je ne développe pas plus (comm oblige peu ou prou). J’ai en tête, l’exemplarité des anciens, dont les préoccupations et les réponses sur le sujet, ne souffrent pas la honte ni la bêtise que le contemporain leur prête, tout autant que l’arrogance des modernes, toujours à titre exemplaire, dont les faits ne peinent à prouver, hélas, l’impertinence de leur trop indigente pour être honnête réflexion, qui ne me parait être en l’espèce qu’une vague spéculation, subordonnée à l’approximation qu’opère la culpabilité que véhicule leur idéologie.
    Et tout comme le progressisme devrait être distingué de l’évolutionnisme, l’on devrait distinguer technè et praxis, la peine et son application. Comme l’on devrait distinguer l’exécutoire de l’exécutif.
    Et ce, afin que la morale ne sombre pas dans le moralisme ou les réponses du législateur dans l’hypocrisie.
    H.J.

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