* En français dans le texte original.
vendredi 17 juillet 2020
Et comme L'Espérance est violente…
* En français dans le texte original.
vendredi 15 février 2008
Jim, my name is Jim...
En dehors des livres qu'il écrit, il se trouve que cet homme a exactement la gueule que j'aurai dans dix ans, ce qui me le rend évidemment plutôt sympathique. Sinon, si je suis mort avant cela, je serai néanmoins content qu'il ait existé - et content surtout de t'avoir retrouvé dans la douce paix de Dieu, s'il existe lui aussi (mais tu dois le savoir, depuis le temps).
vendredi 6 octobre 2023
La balade (culinaire) de Jim
De Jim Harrison, dans son Journal gastronomique américain* :
« Les grandes cuisines, la française et la chinoise arrivant largement en tête, émergent dans des économies de pénurie où la rareté des ingrédients garantit le maximum d'ingéniosité. À l'inverse, le panier américain est tellement rempli que le fond vient de céder et que nous mangeons d'ordinaire la bouillie ramassée par terre. Pas toujours, mais très souvent. »
Jim Harrison place donc en tête de son palmarès gustatif les cuisines française et chinoise : tout chauvinisme ou sinophilie excessive mis à part, on ne peut que lui donner raison. Lorsqu'il se sent d'humeur à garnir la troisième place de son podium, il cite toujours la gastronomie italienne : c'est là que nous divergeons. Bien que trouvant la tambouille transalpine pleine de charme, sa réputation me semble un tantinet surfaite. Et je crois que malgré mon islamophobie rabique et hautement blâmable, je ferais passer devant elle la cuisine marocaine.
Mais enfin, chacun mange bien ce qu'il aime et veut : je suis, sur ce chapitre, d'une tolérance qui confine au laxisme le plus débridé.
* Ce journal, assez bref, se trouve dans le volume édité en 2002 par Christian Bourgois et intitulé Aventures d'un gourmand vagabond : le cuit et le cru. Voilà. Vous ne pourrez pas venir vous plaindre qu'on vous laisse dans l'ignorance… ni sur votre faim.
lundi 6 juillet 2020
La balade de Jim
dimanche 13 avril 2008
Cannibale lecteur
Se plonger dans l'oeuvre d'un auteur, ne plus lire que lui, devenir presque autiste (mais autiste reading, tout de même) à tous les autres, permet, il me semble, de franchir un pas de plus en direction de cet écrivain, voire de sauter à pieds joints dans le miroir tendu. Cela me paraît surtout vrai pour les romanciers, et bien davantage encore pour les plus prolifiques d'entre eux. Une personne lisant les cinq ou dix meilleurs romans de Balzac n'aura pas la même vision de lui que celle qui, comme je l'ai fait à une époque lointaine - et refait depuis -, entre dans la Comédie humaine par La Maison du chat-qui-pelote, pour en ressortir, quelques mois plus tard, par Le Lys dans la vallée.
Toute proportions gardées, cela vaut aussi pour un Simenon ou, on y revient, un Jim Harrison. Voilà des écrivains qui, à mon sens, doivent être pris (ou rejetés) en totalité - des écrivains "globaux". Qui appellent, chez leur lecteur, à une forme de cannibalisme. Ce qui n'est pas le cas, par exemple, de Zola ni de Hugo, qui supportent très bien d'être lus "par appartements", et qui, même, y ont avantage.
Cette "serial lecture" présente toutefois un risque non négligeable pour ceux qui la pratiquent, s'ils ne sont pas de grands lecteurs.
(Je considère qu'il y a des "grands" lecteurs et des "gros" lecteurs, de même qu'il y a des goinfres et des gastronomes. On peut très bien imaginer un grand lecteur se contentant d'une dizaine de livres par an, et un gros lecteur ne comprenant strictement rien aux cent cinquante qu'il a dévorés dans le même temps. Je crains d'être plus proche de cette seconde catégorie que de la première.)
Un risque, disais-je. Celui que fait courir à un esprit ordinaire une trop grande proximité avec la lumière dont il a besoin : d'un aveuglement plus ou moins important, d'une perte de lucidité. Toutes choses qui surviennent lorsque le plaisir de se retrouver "en terrain connu" prend le pas, ou au moins rivalise avec le jugement critique, face à une partie nouvelle de l'oeuvre déjà parcourue en tous sens. Dans ce cas, un seul remède : s'éloigner, se frotter les yeux, chasser de la rétine les papillons noirs, et y revenir quelques mois ou années plus tard.
Et si quelqu'un pouvait m'expliquer pour quelle raison je me suis brusquement attelé à ce charabia pseudo-littéraire, il me rendrait un signalé service.
vendredi 14 mars 2008
Froid dure
(Jim Harrison, La Route du retour.)
mardi 1 avril 2008
Bad news
Jim Harrison, Faux soleil.
mardi 21 mars 2017
Le mal vient de plus loin
vendredi 8 février 2008
Je l'ai fait...
Arrive, face à moi, un jeune noir, 30 ans, mince, très beau, disons assez beau. Mû par un un instinct farceur, je coupe la parallèle, marche droit sur lui, sourire aux lèvres, main tendue :
- Monsieur Obama ! Vous êtes la chance de l'Amérique ! Je vous souhaite un triomphe !
Il a un instant d'hésitation, puis éclate de rire, et me serre la main. Il rit encore dans mon dos, on s'éloigne l'un de l'autre, chacun satisfait de soi-même...
mercredi 27 février 2008
Harrison ne manque pas de piquant
Le 24 novembre 1999, Jim Harrison écrit à son ami, l'écrivain et éditeur alsaco-morvandiau Gérard Oberlé :
« En fait, j'ai fini par comprendre que j'aimais à la fois la nourriture sauvage et la cuisine sophistiquée, c'est la "banlieue" entre les deux qui m'embête. Manger une grouse ne manque pas de grandeur, mais les chapons élevés en plein air que j'achète chez la fermière du bord de route peuvent aussi être superbes. Les meilleures volailles du monde sont les poulets demi-deuil que j'ai dégustés chez toi et à L'Espérance, le merveilleux restaurant de Marc Meneau. Ceux que j'évoque là sont au sommet de l'excellence. Ils surplombent un véritable gouffre, un fond, un trou, le nadir dans lequel stagne le Kentucky Fried Chicken et les autres enseignes de restaurations rapides.
« (...) Demain c'est Thanksgiving, et nous devrons une fois de plus affronter la banalité de la dinde traditionnelle. Un jour, Christian Bourgois m'en a préparé une délicieuse à Paris, mais elle était petite. Les nôtres sont trop grosses. La différence est la même qu'entre Juliette Binoche et une grosse dame de foire qui pèserait deux quintaux. »
lundi 7 avril 2008
À propos de Jésus-Christ
Jim Harrison, L'Été où il faillit mourir.
vendredi 18 avril 2008
Un souverain remède contre le rhume
Jim Harrison, Wolf.
mardi 26 février 2008
Sains préceptes
Jim Harrison, Aventures d'un gourmand vagabond.
mercredi 4 octobre 2023
La vieille lanterne de Gérard
Cela m'a rappelé que dans ma jeunesse parisienne, il m'est arrivé plusieurs fois d'aller assister à des spectacles au Théâtre de la Ville, place du Châtelet. Chaque fois, avant que l'agitation scénique ne commence, je contemplais longuement le trou du souffleur en rêvassant. Car je savais que cette salle avait été construite là où était, jusqu'au milieu du XIXe siècle, la rue de la Vieille-Lanterne ; et que j'avais lu je ne sais plus où que ce trou se trouvait à l'emplacement exact de la grille à laquelle, un lugubre matin de janvier 1855, on avait retrouvé Gérard de Nerval pendu.
Si Nicolas et moi en sommes venus, dès potron-jacquet, à parler de Gérard, c'est parce que je venais de lire une forte sentence que Jim Harrison lui attribue :
« Il faut boire, sinon quelqu'un d'autre boira à ta place. »
Paroles d'airain qui, on me l'accordera, valaient à coup sûr de tirer des limbes matinales notre sympathique et un tantinet rabelaisien Kremlino-Loudéacien.
mardi 22 avril 2008
C'était à dire
Jim Harrison, Retour en terre.
jeudi 3 avril 2008
American parano
Jim Harrison, Faux soleil.
jeudi 28 juin 2018
La bourde de Vian
jeudi 12 octobre 2023
Itinéraires spiritueux
Ouvrons ce livre, tout juste débarqué ici : Itinéraires spiritueux de Gérard Oberlé. On s'éveille dans le gris de la Lorraine des primes années cinquante, avant de filer bien vite vers les coteaux ensoleillés et vinifères qui bordent la plaine d'Alsace.
Quelques années plus tard, nous voici en Bourgogne, majestueusement vignée elle aussi, après un détour coloré par le neuvième arrondissement de Paris et un rapide, mais généreusement alcoolisé, crochet par le Val d'Aoste.
Soudain, à la page 135, nous sautons à pieds joints au milieu du bar de Grand Marais, Péninsule Nord du Michigan ; où, il fallait bien s'y attendre, nous accueille un Jim Harrison trônant, qui darde sur nous son œil valide, pendant que l'autre semble tenter – et tenté – de suivre la croupe de la serveuse qui vient de lui renouveler son whisky vespéral.
Et nous ne sommes qu'à l'exacte moitié de ce livre, assez mince contrairement à son auteur, mais peu chiche en effluves divers.
mardi 15 avril 2008
L'espérance sied aux vieillards
- Hudley, espèce de salopard ! Excusez-moi, monsieur.
- C'est pas grave. Avec un peu de chance, ma femme glissera dessus et se cassera le cou. Comme ça, je pourrai aller tout seul en Floride. Il faut toujours espérer, n'est-ce pas ?
Et le vieil homme regarda le soleil couchant avec une expression rêveuse. »
Jim Harrison, Sorcier.
jeudi 24 avril 2008
Se donner du mal
Jim Harrison, Retour en terre.


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