jeudi 17 novembre 2011

Un cheyen de ma cheyenne

L'un des commentateurs attitrés de ce blog s'étonnait tout à l'heure, et en ayant la gentillesse de paraître s'en inquiéter, de mon relatif silence ici même. J'en suis moi-même assez surpris, mais qu'y puis-je ? Que dire, que raconter ? De quoi, grand Dieu, vous entretenir ? De ce clin d'œil imbécile et figé du gros bonhomme vert sur le mur vitré d'en face, qui me donne parfois l'impression d'habiter l'un de mes propres cauchemars ? De mon vénéré patron qui, loin de vouloir se débarrasser de moi comme on aurait pu espérer qu'il le fît, semble avoir dans l'idée de me faire travailler davantage ? Du reste, tout le monde, ces temps-ci, paraît vouloir me faire travailler – il doit y avoir un virus dans l'air, je ne vois pas d'autre explication.

Je pourrais aussi vous parler du pitoyable film (White feather – La Plume blanche) que nous vîmes l'autre soir, l'Irremplaçable et moi, et qui nous provoqua une série de fous rires purement nerveux. C'était, prétendument, l'un des premiers westerns à prendre le parti des Indiens ; moyennant quoi ces Cheyennes passaient à longueur de pellicule pour de parfaits crétins, affublés de noms grotesques : Jour naissant, Cheval américain, Main cassée, Petit chien… Vers le milieu de cette navrante pantalonnade, afin de nous désennuyer un peu, je me suis mis à tricoter une petite histoire parallèle, se déroulant au sein de la tribu des meteos (prononcez mété-hausse) : la douce et pure Couverture nuageuse, fille du grand chef Anticyclone des Açores, tombait amoureuse du gentil comptable blanc Maurice Durand ; hélas, leur amour était rendu impossible par le cousin apache (équivalent chez les Indiens de notre “cousin germain”) de Couverture nuageuse, le terrible et cruel Ciel de traîne qui, avec l'aide de son frère de sang, Alerte orange, déclenchait des tsunamis de fer et de feu pour faire chier les Visages-Pâles. À la fin, la malheureuse Couverture nuageuse, voyant s'anéantir tous ses espoirs de coups de bite à l'occidentale, changeait de nom pour s'appeler désormais Dépression stationnaire et entrer dans un vénérable couvent indien, installé dans l'enceinte d'une magnifique tente gothique. Quand à Maurice Durand, de désespoir il s'abîmait dans le travail, passait le concours pour devenir commissaire aux comptes et le réussissait.

Mais quel serait l'intérêt de vous faire perdre votre temps avec ces conneries ?

15 commentaires:

  1. Cela s'est passé pendant l'été indien, je suppose ?

    Duga
    Weather report

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  2. Ca doit être la photo du billet précédent qui incite au bavardage convivial.

    Le Martien, c'est pour Suzanne ?

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  3. C’est bien triste en effet que la pauvre Couverture nuageuse soit ainsi brimée par son cousin. Mais c’est une coutume fort répandue dans certaines tribus chassant désormais sur nos terres, ce qui rend votre scénario très banal. Sans doute êtes-vous vous-même brimé par le grand chef « Marais barométrique à faible gradian »…

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  4. Votre modestie vous perdra, Didier ! Vous tenez-là un des scénarii du siècle ! Je verrais bien Angelina Jolie dans le rôle de Couverture nuageuse, Tom Hanks serait Maurice Durand, Jack Nicholson, Anticyclône des Açores, Djamel Debouz, Ciel de traîne, et Omar et Fred, Alerte orange. Pour finir, Bertrand Delanoë pourrait tenir le rôle de la tente gothique.

    Ne serait-il pas prudent, cependant de rapidement déposer ce scénar ? Les voleurs rôdent !

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  5. Vous avez le fond mauvais, on l'a toujours su. Les Indiens n'ont pas de noms ridicules, ils ont des noms cos-mo-go-niques. Ils étaient doux, pacifiques et vivaient en harmonie parfaite avec leur milieu.
    Avouez que vous avez écrit ce [pathétique, minable, rance, raciste] billet juste pour embêter la docte Clomani des Rrums, qui vous a pourtant expliqué avec beaucoup de patience que les Indiens ne connaissaient pas la guerre et ne tuaient jamais,s'entretuaient encore moins. Tout au plus jouaient-ils à combattre et simulaient la mise à mort.
    Il n'y a donc que le Blanc et le Sauvage, dans votre univers mental ?

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  6. Et simulaient-ils, pardon.

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  7. Mais qu'importent toutes ces intempéries si, à la fin, ils fument le calumet de la paix ?
    (en données corrigées des variations saisonnières, évidemment).

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  8. Duga : ça va de soi !

    La Gerbille : le Martien, comme vous dites, c'est le bonhomme Cetelem, dont l'immeuble de bureaux se trouve juste de l'autre côté de la petite place sur laquelle donne ma fenêtre. Il est haut de quatre étages (je parle du bonhomme, pas de l'immeuble qui en fait au moins le double).

    Le Plouc : pas de manières entre nous, appelez-moi simplement Marais baro…

    Jacques Étienne : vous avez raison, je vais encore me faire fourrer sur ce coup-là !

    Bise de novembre : ah je trouve que Dame Clomani se fait bien trop discrète, ces derniers temps ! Elle nous manque cruellement (tout comme Dame Céleste d'ailleurs). Je suppose qu'elle doit être en train de se faire métisser la culture au fond d'un wigwam quelconque.

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  9. Solveig : j'oubliais qu'en plus de pousser sans arrêt des "youh ! youh !" assourdissants, ces andouilles peinturlurées nous avaient aussi refilé le tabac !

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  10. Oh, eh, on leur a refilé la vérole et l'eau-de-vie, on dit comment dans ces cas-là ? gagnant gagnant ou perdant perdant ?

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  11. J'ai bien ri ! ça fait du bien.
    Geneviève

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  12. Suzanne : la vérole et l'eau-de-vie, c'est des trucs d'homme : ils peuvent nous remercier.

    Geneviève : c'était fait pour…

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  13. ha! c'est mieux comme ça! je ne suis pas partisan du "pas de nouvelles, bonnes nouvelles" défois non, hein, c'est très drôle; je pense que Taureau Assis aurait sans problème adopté Couverture Nuageuse, d'autant qu'il avait un frère qui s'appelait Petit Nuage, si ma mémoire n'en rajoute pas trop.. Geargies.

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  14. ha! j'oubliai le principal merci pour le "commentateur attitré" me v'là tout fiérot.. ;-)) Geargies

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  15. On ne perd jamais son temps quand on rigole. Voilà.

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