lundi 23 avril 2012

La révolution au ramasse-miettes


Évidemment, on est toujours un peu fiérot, lorsque l'on voit ses prédictions s'accomplir, même si c'est dû davantage à la chance qu'à un génie particulier dans l'analyse politique : c'est sans doute assez puéril, mais pourquoi s'en priver ? Voilà déjà plusieurs semaines que je prends des paris ici ou là, dans la blogosphère, en affirmant que Mélenchon terminera sa course à 10 % : je ne suis pas tombé loin.

Il y a un peu plus de temps que je propose le slogan suivant : sénateur socialiste un jour, sénateur socialiste toujours. Sans aller jusqu'à envisager un accord secret préalable entre l'endive batave et le stalinien à dents jaunes, il m'a semblé très vite que le véritable rôle de M. le sénateur était de jouer les voitures-balais à destination des brebis extrême-gauchistes en déshérence, ou encore de ramasse-miettes pour parti communiste en état de mort clinique. 

En appelant, dès hier soir, et avec une certaine précipitation, ses partisans à se disposer bien en ordre derrière le général Hollande, et surtout sans rien exiger de celui-ci qui pourrait lui faire faire les gros yeux, le révolutionnaire en CDD a prouvé, me semble-t-il, que tel était bien son rôle véritable. Place Stalingrad (Azincourt ou Canossa eussent mieux convenu en l'occurrence), il a adressé un message très clair aux cocus à bannières qui l'acclamaient : on s'est bien amusé à mimer la révolution, à reprendre la Bastille et tout ça, mais maintenant il s'agit de rentrer dans le rang – et surtout en silence, pour ne pas risquer de réveiller les socialistes qui dorment (et qui ont peut-être quelques circonscriptions à nous refiler).

L'avantage de cette capitulation en rase bitume est que, ce matin, les éboueurs de la ville de Paris n'ont sans doute pas eu trop de mal à nettoyer la place Stalingrad : le ramasse-miettes était passé avant eux et avait fait le gros du travail.

39 commentaires:

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    1. Mais non ! Un peu ironique tout au plus.

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  2. il m'a semblé très vite que le véritable rôle de M. le sénateur était de jouer les voitures-balais à destination des brebis extrême-gauchistes en déshérence

    Tout à fait.
    Il a su, avec des accents à la Marchais, ramener à lui des électeurs qui clairement partaient pour un autre Front (l'électeur frontiste de gauche n'est fondamentalement pas si différent de l'électeur frontiste de droite).
    Il y a 6 mois, il oscillait entre 5% et 6% et MLP était au minimum à 21%.
    J'en conclu que NS peut aujourd'hui le remercier: il lui a évité une humiliation bien plus importante que de perdre le second tour: celle de n'y être pas présent.

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    1. Je ne me souviens pas que Marine Le Pen soit montée si haut que vous le dites.

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    2. Je vais retrouver les sondages.

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    3. Celui-ci par exemple.

      Mais il y en a eu plein d'autres, et dans le même temps JLM était aux alentours de 5.

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  3. D'où ma conclusion que si l'électeur mélanchoniste rechigne à voter Hollande, NS a encore une chance.

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  4. Le gars Mélenchon a siphonné toutes les voix des partis d' extrême gauche de 2007, il n' y a pas de quoi pavoiser, le facteur faisait prés de 5 %, les temps sont durs, quand à "Flamby", la victoire n'est pas encore dans la poche.

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  5. Bien sûr qu'NS a une chance. Après le débat, Hollande n'en aura même plus aucune.

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    1. Je ne sais pas ce qui vous fait avoir de telles certitudes. On peut émettre de vraies réserves sur l'expérience de Hollande, on peut avoir des doutes sur ses capacités d'homme d'état, son courage et sa capacité de décision.
      Mais sinon, il est d'une grande agilité intellectuelle, brillant et bon orateur; et tout ce qu'il à vendre, c'est le plus facile: de la foutaise et du rêve.
      Pas sûr du tout que Sarkozy l'emporte dans un débat (et je pense que c'est pour cela qu'il en veut plusieurs).

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    2. Ajoutez à cela le fait que même des gens qui sont profondément du même camp que Sarkozy -comme moi, ne supportent plus -mais plus du tout- de l'entendre parler et pas agir. Entendre parler Sarkozy me donne des boutons... C'est pas bon pour penser qu'il va emporter le débat!
      Je ne dois pas être le seul.

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    3. En effet, Sarkozy a une chance. Une sur cinq.

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  6. Une capitulation sans conditions en rase campagne (dans tous les sens du terme). Ça fait un peu court pour un révolutionnaire. Ne négligeons pas pour autant l'importance de son rôle dans la campagne : il a su offrir à ceux dont le grand, voire l'unique, plaisir consiste à agiter des drapeaux rouges en braillant des âneries quelques occasions de se livrer à leur innocente manie. Ce n'est pas rien.

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  7. Ce qui est remarquable au lendemain d'une élection (ou au soir même), c'est la "clarté". Le vainqueur des élections, c'est le "clairement": les électeurs ont "clairement" dit...j'avais "clairement" pronostiqué...j'ai fait une campagne dans la "clarté"...ce qui est "clair" maintenant c'est...

    Rien d'obscur dans ce qui est pourtant d'une remarquable opacité.

    Vous n'échappez pas à la "clarté"

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    1. Pour une fois, Léon, c'est clair !

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    2. Robert Marchenoir23 avril 2012 13:58

      Nous attendons les pronostics du camarade Léon. Qui, eux, seront parfaitement clairs, lumineux, pertinents, pénétrants, originaux, chargés de sens, bourrés d'informations, intellectuellement stimulants...

      Enfin bref, comme tous les commentaires dont il a eu la bonté de nous gratifier depuis qu'il consacre un peu de son précieux temps à nous éclairer ici.

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    3. Eh bien non, voyez-vous, je n'ai pas comme vous d'éblouissantes lumières à distribuer, Marchenoir.
      Je n'aime que ce qui est nuance, le monde qui me paraît intéressant est celui de la diversité, des contrastes, des variations,des détails, des faiblesses comme des forces, de la tolérance et de la dignité humaine autant de choses qui dans votre idéologie ultraliberale ne peuvent être respectées.

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    4. Robert Marchenoir23 avril 2012 17:52

      Vous n'apportez strictement rien, ici, Léon. Et certainement pas de la nuance, de la diversité, des contrastes, des variations et des détails.

      Même pas des faiblesses.

      Et sûrement pas de la dignité, humaine, animale ou autre.

      Vous êtes simplement un perroquet qui couine à chaque fois que quelqu'un dit quelque chose. Vous êtes le son Windows qui accompagne le clic de la souris. Vous êtes le cliquetis électronique du clignotant de ma voiture.

      Vous êtes un troll automatique.

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    5. Robert Marchenoir23 avril 2012 17:58

      "Vous êtes le cliquetis électronique du clignotant de ma voiture."

      En moins utile, bien entendu ; tout le monde aura compris.

      Le son artificiel de mon clignotant, lui, au moins, il sert à me rappeler que j'ai mis mon clignotant.

      Et il y a beaucoup de travail derrière le bruit d'un clignotant contemporain. Des équipes entières d'ingénieurs du son travaillent dessus, pour concevoir les bruits les plus efficaces et les plus agréables possibles.

      On ne peut pas en dire autant de vos expectorations bloguesques, Léon.

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    6. Brève imitation du Léon :
      "Moi je suis un type bien, j'aime les autres, je les respecte, je m'intéresse à toutes les cultures, je m'enrichis de la diversité du monde, je ne suis pas étriqué, moisi".

      Mais j'arrête là : quand on essaie de caricaturer Léon, on écrit exactement ce qu'il écrit lui-même.

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    7. Vous n'avez que cette grotesque histoire de clignotant pour me dépeindre? Mon Dieu, quelle misère, Marchenoir, vous traînez sur un blog culturel ici, ne l'oubliez pas, le propriétaire vous fait de temps en temps des critiques littéraires, ou musicales, respectez le, qu'il ne fasse pas ça pour rien, essayez de vous élever un peu, que diable, vous auriez pu aller vers des métaphores plus frappantes, plus élevées et sans doute plus cruelles, allez j'ose le dire, je sais que c'est un gros mot, tant pis, et plus intellectuelles aussi, mais pour ça, il eut fallu que vous lisiez plus d'un livre, que vous écoutiez plus d'une musique, que vous contempliez plus d'un tableau, que vous regardiez le monde, la création, hélas vous êtes trop occupé par votre idéologie...


      Gaston, il vous a détaché de la laisse, Marchenoir?

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    8. Robert Marchenoir23 avril 2012 21:53

      "Il eut fallu que vous lisiez plus d'un livre."

      Toujours l'incroyable cuistrerie des gauchistes, qui, eux, n'ont évidemment jamais rien lu à part les petites annonces de Libération, mais qui reprochent aux autres de n'avoir pas lu de livres.

      Si vous aviez vraiment, Léon, non pas lu des livres (ne rêvons pas), mais un tant soit peu étudié, appris et vécu, il ne vous passerait jamais par la tête d'écrire quelque chose d'aussi ridicule.

      Car vous auriez eu la bonne grâce de partager votre savoir, vos analyses, vos impressions, votre vie -- bref, vous auriez été un hôte de qualité, dont on apprécie la conversation.

      Au lieu que vous n'avez, ici, jamais rien écrit. Mais rien de rien.

      Tout en réussissant à gaspiller un nombre considérable d'électrons dans le seul but de critiquer autrui.

      Dans notre époque de réchauffement climatique, je pense que vous devriez être traduit en cour d'assises pour cela.

      Les Trissotins de notre époque se baladent en exhibant leur vacuité, leur ignorance, leur stupidité, leur hargne et leurs mauvaises manières, et simultanément se permettent de reprocher à de parfaits inconnus de n'avoir jamais lu de livres.

      On dirait un clodo puant qui aborde les passants dans la rue pour leur reprocher de ne pas avoir changé leurs chaussettes le matin.

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    9. "Gaston, il vous a détaché de la laisse, Marchenoir?"
      Je comprends votre amertume, Léon; après tout, vous êtes un peu seul contre tous, ici. Mais ce serait tellement mieux, tellement plus intéressant si vous nous proposiez quelques arguments, un peu de contenu, au lieu de ces discours creux qui ne visent qu'à vous donner une bonne image de vous-même. Par moment vous donnez l'impression d'être en cure de bonne conscience, en séance de renforcement du moi, un truc de psy dans ce genre, quoi. Vous devez vous paraître tellement bon, tellement généreux, tellement ouvert... Ce que vous ne comprenez pas, c'est que vous êtes tout l'inverse. Vous ne parlez que de vous, en réalité, de votre gentillesse que vous croyez prouver en dénonçant la méchanceté des autres.

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  8. Choisissez le mot qui vous convient ça ne change rien au fait que Mélanchon était il y a 6 mois à 5% et MLP à 21 et qu'à près de 12% il a bien évité à NS un 21 avril à l'envers.
    Et je répète que sociologiquement l'electeur frontiste de gauche est assez semblable à l'électeur frontiste de droite.

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    1. Merci.
      Je pense que son ami Henri Guaino peut lui offrir un bon restaurant.
      Pour l'UMP il a fait du bon boulot.

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    1. C'est à Georges que je répondais...
      Que c'est devenu chiant blogger !!

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  10. « En fait il a bien servi son maître » Je n’en suis pas si sûr. Il a fait en bon tacticien ce qu’il devait faire pour que Hollande soit élu : En restant sur la thématique « virer Sarko » + « faire barrage au FN », il se justifie auprès de ses troupes qu’il garde. Et en ne demandant rien à Hollande, il lui en assure de pouvoir continuer à faire risette aux mous-du-genoux-modem vierges effarouchées par le FN.

    Mais ce n’est pas fini : attendons de voir les législatives. N’ayant rien négocié, tout est possible. Des candidats Parti de Gauche partout ? On est peut-être dans un schéma 1936 où Thorez a tout fait ensuite pour faire capoter Blum. Vous noterez que le prochain rendez-vous donné à ses troupes n’est pas le 6 mai mais le premier… Hollande n’en a pas fini avec JLM…

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  11. Rien ne sera plus drôle et plus tragique, plus éternel et plus "mort de LOL" que la tronche des militants en cas de victoire de NS (*) au second tour : mon choix est fait. Je voterai pour la tranche de rire !

    (*) pas impossible

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    1. Pareil! Mais on aurait également de nombreuses raisons de rigoler en cas de victoire du gros-tout-mou: lorsqu'il essaiera de "mettre au pas" les marchés financiers, l'Allemagne, la Chine. Quand il voudra financer son "programme de relance" avec des taux à 10%. Quand il essaiera d'expliquer que, compte tenu du contexte, il ne peut pas revenir sur la décision pourtant inique de NS de la retraite à 62 ans etc, etc...

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    2. Mais il trouvera l' explication idéale, c'est la faute au misérable NS et le tour est joué. Mitterrand et ses 40 voleurs ont fait la même chose en 81.

      Nous pouvons faire confiance aux médias pour relayer l'information en question.

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    3. C'est vrai moi aussi je serais "mort de Lol" au spectacle divin des têtes militants révolutionnaires devant la victoire de NS (si pas impossible, peu probable quand même); mais je ne sais de ce spectacle là ou bien du spectacle de nos amis révolutionnaires avalant les uns derrière les autres leur chapeau comme il y a quelques décennies devant les politiques "ultra libérales" des gouvernements de gôche Fabius et Jospin… Je ne sais lequel de ces deux spectacles me ferait le plus "pisser de PTDR"…

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  12. Ne pavoisez pas. Vous aviez dit 10,
    j'avais dit 11-12.

    Quant à Sarkozy, ça va être très dur pour lui d'améliorer ses reports de voix FN et Modem tout à la fois,
    la drague auprès des uns faisant mécaniquement fuir les autres.

    Le débat ? Un faux espoir. Hollande a l'avantage d'être neuf, on ne peut lui imputer aucune mauvaise décision - et il y en eut de nombreuses ces 30 dernières années - et il a aussi celui d'être sous-estimé. En effet, il est très agile intellectuellement, très difficile à prendre en défaut. Sarko, c'est le Foreman de la politique. Au bout de 8 rounds, il va commencer à fatiguer et il ressemblera comme Copé il y a quelques semaines à un pittbull aveugle devant un type goguenard continuant à danser autour du ring. Tout est bien sûr possible mais l'équation que doit aujourd'hui résoudre Sarkozy est plus que complexe. Et, vu le début de campagne de 2ème tour, je ne suis pas bien sûr qu'il ait adopté la bonne tactique. Vu ce qu'il a fait des électeurs FN qui lui avaient fait confiance en 2007, il ne va pas leur sembler très sincère... Du reste, on sent les premiers tiraillements dans la majorité : Juppé ce matin qui parle d'implosion de l'UMP et d'autres qui critiquent la droitisation de la campagne.

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    1. Je reconnais que vous fûtes meilleur dans le pronostic ! Pour le reste, vous prêchez un convaincu puisque je dis un peu partout depuis deux jours que Hollande a désormais quatre chances sur cinq.

      Cela étant, lui aussi doit faire le grand écart entre Mélenchon et Bayrou…

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  13. Ben,
    un peu moins parce que je pense que les voix de Mélenchon lui sont plus naturellement acquises.
    A la limlite, Hollande doit faire ce qu'il a fait depuis le début. Ne pas bouger un orteil. Laisser faire et réagir si besoin.

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  14. En fait, les électeurs de Mélenchon vont pouvoir se dire qu'ils vont oeuvrer à la sortie du sortant alors que les électeurs FN, eux, ont déjà été cocus.

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