jeudi 7 février 2013

Jean de La Varende éteint les Lumières


    « (…) Louis XV haïssait les gens de lettres de son temps, et non sans quelque raison. Ils furent les plus grands ennemis de la Couronne, peut-être de la vie nationale – et même de la vie universelle, aussi, en détruisant l'idée de caste. Et qu'ils étaient ennuyeux à lire, s'ils divertissaient à entendre ! Ferait-on dix tomes, hors les Mémoires, avec les œuvres du XVIIIe siècle encore aimées naturellement, spontanément ? Entre la Henriade et l'Émile, que de cabinets noirs remplis d'araignées pédagogues ! Ces hommes, d'ailleurs, étaient méchants ; leur raillerie les dominait. Voltaire, que les financiers, parents de Madame de Pompadour, avaient enrichi, que la Marquise elle-même tentera plusieurs fois d'aider, fut son ennemi le plus acharné. La traîna dans la boue, dans sa boue à lui, d'autant plus marquante qu'elle était pleine de paillettes. Jean-Jacques Rousseau fut protégé, choyé, se laissa faire malgré ses officielles protestations. Le Président de Montesquieu s'adresse à elle et crie au secours. Helvétius la courtise. Les Encyclopédistes mendient sa générosité.
    Elle crut de son devoir de soutenir toute la coterie de ces littérateurs sauvages, primaires, de ces fielleux malins, faussement abondants dans leurs réticences, vraiment égarés dans un orgueil pitoyable : les philosophes ! Le mot ferait rire si cette “philosophie” n'avait pas entraîné ce que l'on sait. »

Jean de La Varende, Les Belles Esclaves, édition Flammarion de 1949, pp. 262 & 263.

31 commentaires:

  1. Les goûts de Louis XV en matière de littérature... et ceux de La Varende en matière de démocratie..., le mot fait rire...

    Les Confessions, le Neveu de Rameau, Jacques le fataliste, les Lettres persanes, Candide, .et tant d'autres sont des sommets de la littérature française

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    1. Vous citez là (en en oubliant quelques-uns d'ailleurs) les quelques livres lisibles que l'on cite toujours. En gros, vous êtes pleinement d'accord avec La Varende, qui dit qu'on aurait du mal à remplir dix volumes avec la littérature aimable du XVIIIe siècle…

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  2. J'ai ajouté "et tant d'autres", vous vouliez une compilation?
    Moi être d'accord avec La Varende, quelle horreur!
    Et je vous ferai remarquer qu'il ne cite lui, dans votre texte en tout cas, comme mauvais que La Henriade et L'Emile. C'est si peu, mais ses convictions idéologiques l'empêchent de goûter à autre chose...

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  3. J'aime bien le propos des deux derniers billets.
    J'ai le sentiment que les Lumières contenaient une grande part d'ombre.
    A l'école on m'a toujours dit que Voltaire et Rousseau étaient des personnes exemplaires en termes culture et de savoirs.
    J'aime bien mettre en parallèle ces précisions avec la manière dont on nous les présentait à l'école. Ca permet de mieux comprendre notre environnement public.
    Il y a ce qu'on nous dit. Et il y a les faits.
    La vérité est toujours bonne à rétablir.

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    1. Oui. Cela étant, Ludovic, ci-dessus, n'a pas entièrement tort : La Varende se montre sans doute excessif dans sa condamnation en bloc de la littérature du XVIIIe siècle.

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    2. Je me doute qu'il faut nuancer, et à mon avis leur talent littéraire a été instrumentalisé par les haut placés de l'époque.
      Néanmoins je suis d'accord que ça ne retire en rien leur talent d'écrivain. Ils écrivent avant de servir une idéologie. Ecrire est un art et il est vital pour celui qui le pratique. Je mentirai si je disais que je n'ai pas pris de plaisir à les lire. Là où ça coince, c'est toute la dimension idéologique qu'on leur a attribués.
      Ils m'ont également appris beaucoup de choses.
      Mes excuses envers Rousseau et Voltaire.

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    3. Ah, Rousseau ! Ce parangon pour tout démocrassouille qui se réclame des lumières.

      Voilà un type qui a consciencieusement abandonné tous ses enfants contre l'avis de leur mère, sachant que cela équivalait au moins pour quatre d'entre eux à une mort rapide (la mortalité des enfants abandonnés était effroyable), en refusant de les confier en adoption à des proches qui s'étaient déclarés - cela de peur que ces enfants adoptés, devenus grands, ne le retrouvent et ne lui reprochent leur abandon, et qui se pique de nous faire la leçon sur ce que devrait être une société idéale !

      Ah, Voltaire !

      L'archétype même du courtisan qui sa vie durant aura tout fait pour enfoncer Baldassare Castiglione en terme d'aplatventrisme. Lécheur de bottes, amoureux de l'argent, enfin de celui qui tombait dans son escarcelle, mais qui prônait pratiquement le retour à la vie du bon sauvage. Sauvage qu'il se permettait de dauber en des termes qui devraient faire se dresser les cheveux sur la tête de tous les gentils antiracistes contemporains.

      On doit à ces gens la prépondérance de l'idéologie dans le débat public, la primauté de l'idée sur la réalité.

      En définitive, La Varende me semble plutôt aimable avec eux.

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    4. Blablabla,
      les mêmes sempiternelles débilités sur Rousseau. Rousseau est le seul vrai penseur français du 18ème siècle. La Varende n'a rien compris, tant pis pour lui. Il n'y a rien à jeter chez Rousseau, absolument rien, tant c'est limpide, brillant, remarquable d'intelligence. De L’Émile aux textes qu'il a écrits sur la beauté des Évangiles. Absolument rien. L'homme a ses zones d'ombre ? Mais encore. On s'en fout de ses zones d'ombre.

      Les autres ? Voltaire est certes un penseur mineur.

      Juste une petite remarque :

      "On doit à ces gens la prépondérance de l'idéologie dans le débat public, la primauté de l'idée sur la réalité."

      Relisez Descartes et vous verrez que c'est bien plus ancien. On pourrait même assez facilement remonter jusque Platon.

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    5. Oui,oui, il fallait bien qu'un jour quelqu'un ose le dire : Rousseau était un père indigne et Voltaire un courtisan avide ! J'attends la suite avec impatience : "Ah, Diderot !", "Ah, Montesquieu !" "Ah, Beaumarchais !" Sus aux fausses valeurs, il est temps que la vérité éclate !

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    6. Dorham, n'abusez pas tout de même du droit que l'on vous consent d'asséner sans démontrer. Il me semble qu'affirmer la bonté originelle de l'homme et sa corruption par la société (en dehors de toute référence au péché originelle bien sûr) reste l'une des plus formidables âneries que l'on puisse proférer.

      Mais je vous accorde que la langue de Rousseau est sans doute la plus parfaite, peut-être encore plus belle que celle du Chateaubriand qui le talonne.

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    7. Je peux aisément démontrer ce que j'assène mais pas dans un commentaire de blogs...

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    8. "Il me semble qu'affirmer la bonté originelle de l'homme et sa corruption par la société (en dehors de toute référence au péché originelle bien sûr) reste l'une des plus formidables âneries que l'on puisse proférer."

      Un exemple parmi d'autres... Vous faites comme tout le monde, vous réduisez cette idée pour la ridiculiser. Elle est bien davantage que cela. L'état de nature est chez Rousseau bien plus qu'une bonté originelle... Bref...

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    9. J'ai entendu récemment : "vous voulez une preuve du pêché originel? Laissez une demi-douzaine d'enfants de trois ans se partager un gateau sans avoir vous-même fixé de règles au préalable"
      Je pense néanmoins qu'il faudra assez rapidement intervenir avant la mise en danger des "cobayes".
      Cette "ânerie" de l'Homme originellement bon, dès les prémisses du raisosnnement, rend nul et non-avenu tout l'enseignement que l'on pourrait tirer des écrits du rêveur d'Ermenonville. Même si c'est bien écrit.
      Quant à Descartes, il n'est effectivement pas loin d'être aussi délétère que toute la bande des "philosophes" des lumières (l'absence de majuscule est délibéré)

      Popeye

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    10. Rousseau est assurément un grand penseur, mille coudées au-dessus de Voltaire (qui a pourtant dit moins de bêtises). Sur le style de Rousseau je serais moins affirmatif. Si l'on en croit Anouilh (est-ce une bonne référence ?), ce fut même le fossoyeur du style français. Cette remarque brutale m'avait obligé à me faire ma propre opinion, et effectivement j'ai trouvé beaucoup de "trucs" d'écrivain chez Rousseau, des brouettées de métaphores qui disent toujours la même chose par exemple. C'est pratique pour les élèves : s'ils ne comprennent pas la première phrase, il y a toujours la seconde, puis la troisième, qui en général ont exactement le même sens. Pour un vrai lecteur, qui comprend tout de suite, c'est un peu lassant à la longue.

      Sur le fond, Rousseau est le père spirituel (caché) de l'anarchisme. L'homme n'est ni bon ni mauvais au départ (il n'y a pas vraiment de bon sauvage), mais la société pourrit nécessairement tout, ce pourquoi Emile doit être éduqué à part, pour le préparer, sans le pourrir, à affronter la pourriture humaine. Puisque la société est mal faite, il faut la changer. Et c'est l'autorité personnelle, incarnée, qui est mauvaise. C'est bien la thèse des anarchistes, qui à mon avis ne résiste pas à l'examen plus de huit secondes. D'accord sur ce point avec Didier, donc.

      Et puis que de contradictions chez Rousseau ! L'homme à l'état de nature n'a jamais existé, mais on nous le décrit quand même. Les sauvages sont des hommes civilisés comme vous et moi, mais permettent de décrire l'homme naturel qui n'a jamais existé... C'est un vaste délire, que Joseph de Maistre avait brillamment démonté dans l'un de ses pamphlets.

      Et pourtant c'est un grand penseur, au sens de penseur puissant, productif et généreux en termes d'analyses. Quant à son christianisme, c'est surtout une apologie de la religion naturelle, qui a peu à voir avec le catholicisme de Dorham, j'en ai peur.

      Au passage, Dorham, reprocher à Descartes de nous balancer son "idéologie", c'est un peu violent quand même. Vous jouez sur le double sens possible du mot "idéologie". D'autant qu'en matière politique vous aurez du mal à trouver plus neutre que ce bon vieux René.

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    11. Je pense que Rousseau a été instrumentalisé... On l'a placé en Dieu afin de légitimer tous les dysfonctionnements, tous les mensonges, que la République permet aux élites. Désolé Dorham, mais l'heure est à la remise en cause des fondements de notre société. Ce progrès que réclame JM Ribbes ou Pierre Bergé n'est que vice et maléfice.

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    12. Descartes ne balance pas d'idéologie car il n'est pas enseigné au collège. On parlera, selon moi, d'idéologie à partir du moment où un courant est enseigné dans les petites classes. Il n'y a pas d'idéologie possible sans bourrage de crâne dès le plus jeune âge.
      Grâce à Descartes, je sais reconnaître un mensonge d'une vérité, je distingue le vice de la vertu; La métaphysique ça a du bon. Descartes exposait des faits et je n'ai nullement eu l'impression qu'il cherchait à faire passer un Message. Mais à exposer des faits.
      Ceci dit, je me trompe peut-être... Le doute doit toujours prévaloir. Ce qui n'est pas le cas de nos élites, qui osent balancer les plus grosses conneries dans le débat public.

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    13. Marco, les autres,
      j'aurais dû couper la première partie de la remarque de Koltchak. Je m'en rends compte maintenant. La fin m'intéressait tellement que j'en ai omis le début.

      Contrairement à lui, je ne confonds pas "idéologies" et "idées" - ceci me rassure en quelque sorte puisque cela démontre qu'il ne peut émettre aucune idée (en l'état) sur Rousseau ni sur la philosophie.

      C'est la fin de la phrase qui m'intéressait donc en premier lieu. "La primauté de l'idée sur la réalité" dont il attribuait la paternité aux philosophes des Lumières - Lumières étant un terme tout à fait exagéré, je consens à l'admettre. "La primauté de l'idée sur la réalité", ce pourrait être un résumé de toute l'Histoire de la philosophie, de la caverne de Platon jusque nous. Il est donc en premier lieu absurde d'en attribuer la paternité aux Lumières. Qu'est-ce que l'Allégorie de la Caverne si ce n'est précisément la primauté de l'idée (de la pensée et de la quête de vérité) sur la réalité ? La philosophie démontre - sans contestation possible - en effet que l'idée a davantage de valeur que la réalité et qu'elle devrait primer en toutes choses. Rousseau l'affirme évidemment comme tous les philosophes qui l'ont précédé. Mais cette évidence n'a jamais connu son application, si ce n'est dans le domaine des idées. Aucun gouvernement ne s'y est jamais plié. Aucun gouvernement ne fut jamais véritablement éclairé. Conduit essentiellement par la raison. Je finis "La Guerre et la Paix" - merci Didier - et Tolstoï explique très bien ce déterminisme historique qui régit les actions des "grands hommes". Il en va de même pour nos sociétés. Regardez le monde et vous verrez que le principe de réalité prime en fait sur tout, plus particulièrement sur les idées. Cette petit mort des idées qui découle de la mise au rebut de la philosophie (qui n'est plus défendue que par des escrocs malhonnêtes et moitié demeurés) a justement vu l'émergence des idéologies qui se sont essentiellement constituées sur la sacro-sainte réalité - cette réalité dont on a démontré tellement de fois la fausseté, la caractère mensonger, trompeur (Platon, Descartes, Bergson et Kant en tête).

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    14. "Quant à son christianisme, c'est surtout une apologie de la religion naturelle, qui a peu à voir avec le catholicisme de Dorham, j'en ai peur."

      Je le sais bien Marco. Et alors ? Cela n'enlève rien à la beauté de ses textes sur les Evangiles. Absolument rien. Vous savez, il y a des textes de catholiques sur les Evangiles que je trouve sots, privés de bon sens et de profondeurs.

      Je note une dernière chose, qui ne vous concerne pas vous directement. Ici, on défend les auteurs à qui l'on fait des reproches moraux, surtout quand ils sont la cible de l'intelligentsia de gauche. Des auteurs souvent médiocres, dont la pensée ne porte, pour la plupart, pas très loin. Et pourtant, on étrille ici Rousseau en deux mots parce qu'il a foutu ses enfants à l'Assistance Publique. Permettez-moi de dire que je trouve cette inconstance plutôt grotesque et qu'elle fait en quelque sorte mon délice. Bon week-end à tous.

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    15. D'accord sur tout, sauf sur l'essentiel concernant la philosophie. Vous faites comme si celle-ci était un bloc monolithe, alors qu'elles accueillent des tendances diverses et souvent contradictoires. Votre fil conducteur : Platon, Descartes, Kant et Bergson, est une simplification brutale. D'abord parce que Bergson est tout sauf un apologiste de l'idée et un ennemi de la réalité, qu'il n'a cessé de vouloir retrouver sous les mots et les concepts artificiels d'une certaine philosophie. Ensuite parce que vous omettez de dire que les Idées de Platon ont trouvé leur critique sévère en la personne du disciple (dissident) Aristote, lequel n'était certainement pas fâché contre le réel, mais s'en est toujours directement instruit, au point d'en être pénible même, dans ses descriptions techniques et pointilleuses des animaux par exemple.

      Bref, vous faites comme si l'idéalisme (au sens philosophique) était toute la philosophie, alors qu'elle n'en est qu'une tendance, violemment combattue par d'autres tendances.

      Sur le reste, oui, vous avez raison. On aime détester Rousseau, à droite, plus par réflexe que pour de bonnes raisons. Mais vous trouverez toujours plus de gens de droite qui ont lu Rousseau que de gens de gauche qui ont lu Joseph de Maistre ou Louis de Bonald.

      Bon week-end à vous également.

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    16. Marco,

      Je sais bien qu'Aristote a fondé "sa philosophie" sur une critique de ses prédécesseurs, c'est pour cela que ses oeuvres me semblent moins importantes que celles de Platon et que je les mets de coté. Tout n'est pas à jeter chez Aristote mais sa pensée me semble moins parfaite, moins équilibrée, plus bancale ; en quelque sorte, il y a tout un pan de l'oeuvre d'Aristote qui ne fait selon moi, pas du tout partie du champ philosophique.

      Concernant Bergson, c'est quand même un peu plus compliqué que ça. Les textes que Bergson a écrit sur l'Histoire ou sur le temps ne me semble pas fondés sur un amour irraisonné de la réalité. D'ailleurs, je ne considère pas que la réalité soit "un ennemi", ni Descartes ou Platon du reste. Je ne dis pas qu'elle n'a aucune valeur - en premier lieu parce que la rejeter en bloc, comme le dit Descartes, ferait de nous des fous, des inaptes à la vie - mais qu'elle a moins de valeur que l'idée et qu'elle doit donc être reléguée au second plan : à la conduite de la vie quotidienne si vous voulez (pour éviter les murs et les gouffres en quelque sorte)...

      Je considère pour finir depuis longtemps que "la philosophie, c'est toujours la même chose". Philosopher et penser sont pour moi la même face de la même pièce. Ainsi, ce qui se contredit chez les philosophes se contredit bien souvent en apparence. En réalité, toutes les pensées, si tant est qu'elles en soient réellement, s'ajoutent, constituent des précisions de précisions de précisions de précisions...

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  4. Blablabla... Et le contrat social ? Qui, ici, l'a signé ? Qui l'a eu en main, qui a pu le lire, sans même aborder la possibilité d'en négocier les clauses ? C'est du pur bullshit qui permet à n'importe quel politocard de s' en emparer pour mettre fin à une discussion. On râle contre l'assiette de la fiscalité, et voilà le contrat social qui sort du tiroir pour faire taire les vilains. Contrat bien pratique qui permet à tous, de droite comme de gauche, de promouvoir leur vision, sans qu'un juriste, un notaire, un avoué puisse en contester la validité. Limpide, brillant ? Escroquerie démagogique.

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    1. Koltchak, c'est vous la Lumière. Et je tiens à vous le dire sans flatterie. Je hais les mensonges et la manipulation. A chacun de vos propos semble jaillir la vérité. Merci de nous éclairer, c'est toujours limpide. J'ai conscience que je suis simplet, néanmoins je détecte les menteurs et les malveillants.
      Pierre Bergé qui déclare qu'une femme doit louer son ventre à d'autres, que c'est le progrès, m'a mis la puce à l'oreille sur ce qui est entrain de se dessiner.
      Ils ont entrain de servir le Mal, et les gens tombent en masse dans le panneau.

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  5. @ koltchak91120
    Lisez Rousseau avant d'en parler

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    1. Oh mais je l'ai lu, malheureusement. Pour ma part, si on doit aborder les rivages de la philosophie, je préfère nettement la douceur du cheminement que Montaigne nous invite à goûter plutôt que les fariboles des Lumières. Mais ce bon Michel Eyquem a le tort, aux yeux du moderne, d'être un auteur catholique, considéré comme le parangon de l'humaniste catholique par Saint François de Sales.

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  6. Fil, qui s'interroge sur ce qu'on lui a dit à l'école, observe : "J'ai le sentiment que les Lumières contenaient une grande part d'ombre". Pour se borner strictement aux Lumières françaises, c'est oui ou non selon le point de vue. Si on est nihiliste, les Lumières sont aveuglantes de luminosité, du moins chez la majorité des "philosophes". Si on n'est pas nihiliste, alors, effectivement, il y se pourrait bien que leur obscure clarté paraisse quelque peu inquiétante.

    Quelques brèves notes dans plusieurs commentaires que j'ai postés ici :
    http://ordrespontane.blogspot.fr/2013/02/qui-signe-le-contrat-social.html#comment-form

    Bien entendu, ça n'empêche pas d'Alembert d'être un mathématicien éminent, Voltaire d'avoir un style admirable, etc., l'Encyclopédie d'avoir été une grande entreprise, pour la majorité de ses articles, en tout cas ce qui touche à la techniques, aux métiers, et ainsi de suite (c'était, évidemment, par ailleurs, dans certains de ses articles, une machine de guerre).

    Littérairement, le cas de Voltaire est problématique. J'étais autrefois un de ses admirateurs, mais j'ai totalement changé d'avis. Le problème est que, si je trouve toujours son maniement du français remarquable, eh bien, vu que c'est un écrivain à idées, "à thèse", comme on disait après la dernière guerre, je ne peux plus le lire qu'en opérant une dissociation radicale entre la "forme" et le "fond". Comme je n'adhère en rien aux idées centrales de Voltaire, j'en éprouve une tension pénible.

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    1. Bonjour Curmugedon. Ce qui fait m'interroger, c'est que je mets en rapport ce qui se dessine pour notre société, qui se réclame héritière des Lumières, avec la naissance de ce courant, qui comme par hasard, a fait naître une République à l'époque, et qui maintenant nous dit que nos siècles d'Histoire c'est de la merde.
      Ne supportant pas le mensonge et le vice, je ne peux que faire un parallèle entre ces Lumières si fréquemment vantées et citées, avec ce que déclarent nos dirigeants. Pierre Bergé, JM Ribbes, si ils sont des Lumières, alors oui, je doute plus que jamais sur le bien fondé de ce courant. Qu'une femme doive "louer" son ventre à d'autres, mais dans quelle société vit-on pour ne pas être scandalisé par de tels propos.
      J'aime tellement les gens, quels qu'ils soient.. que ça m'est insupportable de voir à quel point les élites nous méprisent.
      Le cheminement de ma pensée n'est pas fixe, il se peut qu'à l'avenir je change d'avis, néanmoins j'en doute fort.

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  7. Après j'arrête Didier, mais c'est juste pour éclairer Dhoram sur les raisons qui font remettre en cause le bien-fondé des Lumières.
    Dans la mesure où la déviance est devenue, par la force des lois, une norme (Mariage gay pour tous) et où le vice est devenu vertu (Zahia qui va écrire des livres pour enfants), on est en droit de commencer à se poser des questions. C'est je pense signe d'une bonne santé mentale.
    Nos progressistes ont inversé toutes les valeurs, et par quel moyen un esprit arrive-t-il à croire à de telles fariboles?
    Comment arrivez-vous à concevoir que Pierre Bergé et JM Ribbes sont des pionniers du progrès? C'est impensable d'ériger de tels fous en ambassadeurs du peuple de France. La France c'est Jésus et pas JM Ribbes. Jamais un Français normalement constitué se résignera à accorder sa confiance à de telles énergumènes.
    Si vous arrivez à me convaincre que Bergé et Ribbes oeuvrent pour le bien des Français, alors je serai d'accord pour dire que tout va bien, que la société évolue et que nous sommes entrain de vivre (subir) un réel progrès.

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    1. Éclairer Dorham ? Mais c'est les écuries d'Augias, ça, mon pauvre !

      (Je plaisante, le Rital, pas la peine de me déclencher une vendetta…)

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    2. Pierre Bergé et Jean-Michel Ribes sont, disons, très légèrement portés à l'excès. Mais si on écoute bien ce que nous disent des personnes moins exaltées, comme Madame Taubira, Monsieur Peillon, on n'est pas tellement rassuré.

      http://fboizard.blogspot.fr/2013/02/sur-un-etonnement-de-valeurs-actuelles.html

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    3. Voltaire, qui était un être délicat, a évoqué les amours de Rousseau avec "Vachine" (Thérèse Levasseur) dans le chant troisième de son poème La Guerre civile de Genève (1768). Les amateurs de belles-lettres y goûteront pleinement l'esprit de ce grand homme :
      http://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_Œuvres_complètes_Garnier_tome9.djvu/543
      http://fr.wikisource.org/wiki/Page:Voltaire_-_Œuvres_complètes_Garnier_tome9.djvu/544

      Friand de détails anatomiques intimes, y compris concernant Rousseau, Voltaire avait écrit à Damilaville le 27 novembre 1765 ce que vous pourrez lire ici (page 23) :
      http://archive.org/stream/uvrescompltesde54voltgoog#page/n31/mode/2up

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