mercredi 20 août 2014

Front contre front et vogue la galère


Je suis toujours un peu surpris, et vaguement attristé, quand je constate qu'il se trouve encore des gens pour croire que, entre 1940 et 1945, la France était composée de deux grands corps homogènes, les résistants et les collaborateurs, bien séparés par une jolie frontière repérable de loin, presque aussi étanche qu'un mur israélien et bien davantage qu'une ligne de démarcation canal historique. Ils n'ont rien lu, depuis 70 ans ? Et pourquoi semblent-ils y tenir autant que cela, à leur bataille de petits chevaux ? Qu'est-ce qui leur fait si peur, dans la mouvante réalité des choses ?

15 commentaires:

  1. "Front contre Front", c'est pour les premières lignes. Après, c'est encore plus risqué et ça peut effectivement friser la galère.

    Le Page.

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  2. Il faut croire que ça arrange beaucoup de monde: se parer d'une légitimité, via la Résistance avec un grand R, permet aux proffaillons de bas étages, aux journalistes bien pensants ainsi qu'aux blogueurs perroquets de rejeter d'autorité toute parole en provenance du camp d'en face puisque nous sommes demeurés, en Franchouillie, à une guerre idéologique.
    Pourtant, avec un léger effort de curiosité et un tout petit peu de temps consacré à de la lecture très accessible comme celle-ci, on découvre d'autres pans de réalité:

    "Brève psychanalyse de la France" Wolton (Thierry, pas l'autre)
    "L'impardonnable défaite" Quétel
    "La France de Vichy" Paxton

    En étant un peu sadique on peut par exemple, proposer au gauchiste de passage ici:
    "Liquider les traîtres. La face caché du PCF. 1941-1943" Berlière et Liaigre

    Pour finir sur une note plus pessimiste, on peut interroger un ex-blogueur paysan qui pourra vous narrer le témoignage d'un ancien ami de Mitterrand, ayant hébergé le François évadé puis fâché définitivement quand FM rejoint Pétain et sa clique. L'exemple type de la frontière floue entre résistant, collabo et tout mou.

    On peut aussi conseiller de lire les mémoires de cette juive raflée en 42, Irène Némirovski, mémoires inachevées puisque son auteur finira ses jours à Auschwitz, mais là c'est un peu salaud de ma part.

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    1. De Berlière et Liaigre, deux chercheurs qui vont encore aux archives*, je recommande le court et percutant essai "L'affaire Guy Môquet - Enquête sur une mystification officielle" chez Larousse (2009).

      * La précision peut étonner mais la plupart des auteurs ayant commis un ouvrage édifiant sur le militant communiste fusillé ne les ont pas consultées...

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  3. Que voulez-vous ? Si ce Juan n'était homme d'idées simplistes et obsessionnelles, il aurait choisi une autre pseudo que Sarkofrance...

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  4. Chacun se rassure comme il peut.

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  5. Confortables certitudes des résistants de salon, qui 70 ans après croient encore que le gouvernement de Vichy était d'extrême droite. Ce sont les mêmes qui osaient critiquer Pinochet à 10000 km de Santiago.

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    1. Les mêmes qui prennent encore en exemple Chavez...

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    2. Et en même temps, critiquer Chavez à 9200 kilomètres de Caracas...

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  6. C'est ainsi, les méchants" cradopoulos" sont de droite et les gentils "propretouplein' sont de gauches, il ne faut pas demander à certains de gôche de regarder l'histoire sans lunettes roses ou rouges.

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  7. La simplicité intellectuelle va souvent de pair avec la malhonnêteté et l'ignorance.

    Cela permet aux petits staliniens de la morale, aux défenseurs du "camp du bien" de toujours se placé du bon coté.

    Ils aiment les choses simple du genre : "la gauche c'est bien, la droite c'est pas bien". Cela leur évite de réfléchir.

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  8. Mes bons amis, pour le coup il me semble que c'est vous qui simplifiez à l'excès : cette vision de la période considérée, même si elle est peut-être plus marquée à gauche, n'est nullement son apanage ; et à droite aussi, on a tendance à croire que tout était parfaitement binaire et bien défini.

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    1. En effet, le propre des périodes troubles est qu'elles sont troubles. Tous ceux qui, pour des raisons d'actualité, essaient d'en tirer des conclusions courent le risque du ridicule. Hélas c'est assez fréquent

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    2. Mais je suis parfaitement conscient que je simplifie à l’excès mais si on ne peut plus être ridicule à souhaits, où va ton?

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  9. La politique, c'est l'art d'être du bon côté de la gauche.

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  10. Didier, j'adore votre commentaire chez celle-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom...

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