lundi 11 août 2014

Une conscience qui s'éteint


Pierre Ryckmans, dit Simon Leys, 28 septembre 1935 – 11 août 2014.

Un peu moins d'intelligence, de lucidité et de courage intellectuel en ce monde.

28 commentaires:

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    1. Et le plus triste, c'est que Bernard-Henri Lévy et Edwy Plenel sont toujours bien vivants.

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    2. Et Georges aussi, sans vouloir affliger encore davantage vos lecteurs...

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  2. N'est-il pas encore un de ceux, après Pirotte, que je vous ai permis de connaître et de lire ? Il me semble que si, après un éloge du "Bonheur des petits poissons". Espérons que Marcel Moreau attende encore pour casser sa pipe. C'est assez pour cette année.

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    1. C'est peut-être bien vous qui m'avez parlé de ce livre-ci, mais je connaissais déjà, et depuis quelques années, ses Écrits sur la Chine (collection Bouquins).

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  3. Zut!
    D'habitude, grace a vos billets-hommage, je découvre des personnages que je ne connaissais pas, pour celui-ci je vais devoir à ller chercher tout seul, comme un grand.
    Sinon, 'pourriez po nous faire un tiot résumé? Allez, S'il vous plait...

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  4. Voilà qui devrait vous plaire: Pivot et Ryckmans-Leys

    http://www.ina.fr/video/CPB83052216

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    1. C'est dans cette émission d'Apostrophes qu'il a réglé son compte à la maolâtre Maria Antonietta Maciocchi qui ne s'en est jamais remise. Ce fut un grand moment !

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    2. Je me souviens de l'avoir vue, à l'époque !

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  5. Ca y est, j'ai été faire un tour sur Kiwipédia et ai cru comprendre qu'une majeure partie de son oeuvre concerne le monde Chinois et plus précisément Mao. Du fait que certains de ses livres traitaient du regard des occidentaux sur le Maoïsme, Monsieur se serait offert le luxe de se mettre à dos le courant Maoïste Français. Sans doute une bonne partie de la gauche..

    Ca m'a étonné qu'il y ait des Français soutenant Mao?
    Pierre Ryckmans était-il à l'époque, considéré comme ce qu'on appelle aujourd'hui un réac?

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    1. Il était surtout considéré, par Sollers et ses petits camarades de Tel Quel, comme un renégat payé par la CIA. Et une charmante maoïste française, dont je préfère oublier le nom, n'a pas hésité à révéler publiquement son vrai nom, de façon à ce qu'il ne puisse plus retourner en Chine.

      Tels étaient les merveilleux progressistes de ma jeunesse…

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    2. L'Horreur! Avec un grand H.
      Cette petite dame doit bien avoir la hargne pour en arriver à divulguer le nom de quelqu'un, dans le but de lui faire courir un danger. Le Maoïsme, non mais je t'en foutrai. On est en France, nous avons une Histoire et une politique qui s'est construite sur des siècles, et certains ne trouvaient rien de mieux, rien de plus "exotique", que de rallier le Maoïsme.

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  6. Quand un écrivain laisse une telle oeuvre derrière lui, sa conscience loin de s'éteindre continue d'éclairer celle de ses lecteurs.

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  7. Et encore, il a eu du bol.
    Il a échappé à un procès à la Kravtchenko.

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  8. Je garde en mémoire l'édito. de René Gallissot, marxiste, proche du FLN, professeur d'Histoire à l'université de Paris VIII (Vincennes) : « Pour Mao », paru en 1976 dans la revue confidentielle « Pluriel ». Il fallait oser. Mais il est vrai qu'à l'époque tout semblait possible tant le sang de l'ennemi de classe comptait pour peu.

    On sera toujours insuffisants lorsqu'il s'agit de dénoncer la place accordée aux marxistes dans le cadre de l'université française – je ne cafterai personne, mais enfin... – où tous les vieux débris intellectuels communistes trouvèrent à se recycler, un filon inespéré et une retraite paisible. Les cadavres bougent encore.

    Pour Georges Boudarel ce fut un peu plus compliqué.

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    1. Mais enfin ! Place aux "forces vives" de la nation !

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  9. Bonjour Monsieur Goux
    Excusez mon inculture mais je n'avais jamais entendu parler de Simon Leys, En lisant sa page Wikipedia j'apprends que "Simon Leys est également membre, depuis 1990, de l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique ; il y occupe le fauteuil de Georges Simenon". Qu'on l'ait jugé digne de succéder au très grand Simenon, prouve que ce Monsieur Leys devait être une "sacré pointure".
    Je découvre aussi que la nana qui avait dénoncé Simon Leys s'appelait "Loi" ; avec un nom pareil elle devait (morte en 2002) avoir le légalisme maoïste dans les veines...

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  10. Lorsque Simon Leys disparaît, sous votre plume, cela devient une conscience qui s'éteint, lorsqu'il s'agit de Mandela, Hessel, et de nombreux autres, pas de conscience qui s'éteint, mais, toujours sous votre plume, des salopards qui disparaissent, vous faites un tri très radical...

    Anne-Laure

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    1. Et alors, Anne-Laure, ça vous défrise que quelqu'un puisse choisir, discriminer, opérer une sélection, faire le tri, vous déniez à Didier Goux le droit d'avoir une opinion (quand elle diffère de la vôtre), des penchants, des inclinations, vous le voudriez droit comme un I, Impartial, Juste, Égalitaire, Ultra-Démocrate, Imperturbable et Serein comme la mort ? Je vais vous faire une confidence : aujourd'hui est mort un acteur américain du nom de Robin Williams. Eh bien je m'en branle complètement. Et c'est comme ça tous les jours, figurez-vous, des tonnes d'humains crèvent et je m'en fiche éperdument ! Mais quand ma chienne est morte, j'ai hurlé comme un damné. Horrible, non ?

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    2. Horrible ? Non. Plus simplement abject. Vous êtes le résidu d'une époque de merde qui a sacralisé son goût, ses désirs, ses choix au mépris de toute transcendance et de toute morale.

      Tout le monde a le droit d'être peiné par la mort de son chien, bien sûr, mais aller crier sur tous les toits que la mort de notre chien nous peine davantage que celle d'un homme est le signe d'un immoralisme doublé d'un égocentrisme délirant.

      Pourquoi faut-il que la terre entière soit au courant de la mort de votre chien ?

      Vous devriez postuler pour aller parader dans une émission de téléréalité, Georges. C'est la place légitime de tous ceux qui se croient important.

      Le plus drôle c'est que vous puissiez vous prendre pour un rebelle et un intempestif, vous qui êtes l'idéal fait homme de la libération soixante-huitarde.

      Quand Blaise Pascal remarque que les hommes sont plus peinés par la mort de leur chien que par celle d'un million de Chinois (car vous n'avez rien inventé en matière d'ignominie, mon cher), il ne s'en réjouit pas, il ne vient pas hurler que c'est normal, il ne pratique pas lui-même cette préférence ignoble, parce qu'il sait que quelque chose de plus grand que nous, que nos passions, que nos instincts, que nos penchants naturels doit nous dominer et nous empêcher.

      Méditez cette leçon et comprenez votre bassesse. C'est un bon point de départ pour tenter de s'en extraire.

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    3. "Son" chien et "un" homme.
      La différence de peine peut de comprendre du fait qu'il y en a un qu'on a connu personnellement, et un autre qu'on nous montre toutes les semaines dans les médias, mais qu'on ne connaîtra jamais personnellement.
      A partir du moment où on a des souvenirs familiaux ou amicaux avec certains, et qu'avec d'autres il n'y a jamais eu de dialogue, il ne paraît pas illogique d'avoir plus de compassion pour une bébête avec qui on a plein de souvenirs que pour un homme avec qui on ne se serait jamais mis une biture. Ou ne serait-ce que dîner une seule fois et avoir avec lui une seule conversation, néanmoins assez intéressante pour être gravée à vie dans la mémoire.

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    4. ah ces fameux lieux commun : "il n'y a plus de valeurs morales a notre époque" ou encore "aujourd'hui tout est mauvais, le capitalisme c'est le mal absolu tout comme la démocratie, tout le monde est malheureux a notre époque, donc nos ancètres ne pouvaient etre que des hommes bons et heureux" Ca me fait marrer, tout ça Les femmes étaient surement heureuses de se faire violer par leur mari (mariées de force a l'adolescence et entièrement soumises a leur père ou leur mari, le viol conjugal n'est un délit que depuis peu), les hommes faisaient la fete tous les soirs après avoir bossé dans les champs ou a l'usine plus de 10 heures par jour tout en risquant leur peau a chaque instant ou presque (nombreuses maladies potentiellement mortelles,accidents du travail autrefois bien plus fréquents et mortels, manifestations, rassemblement de masse et révoltes quasi-systématiquement réprimées dans le sang) Je suis loin d'etre un gaucho progressiste mais idéaliser le passé ne sert a rien, on ne reviendra jamais en arrière Il me semble impossible de rétablir les privilèges du clergé catho et de la noblesse, de remettre les mariages forcés et arrangés au gout du jour, de retirer le droit de vote aux femmes et de leur interdire de bosser ou de s'instruire sans autorisation du père ou de leur mari ou d'interdire de territoire tout ce qui n'est pas assez blanc ou catho (je ne suis pas gaucho, l'occident doit rester majoritairement blanc et judéo-chrétien mais modernité oblige, il me semble impossible que la france redevienne blanche a 99,9% comme c'était le cas avant guerre) Je dis cela parce que marco et beaucoup d'autres semblent penser que tout était forcément mieux avant ( avant 1789 ou mai 68 sont les réponses les plus courantes) Penser cela est aussi con que de penser l'inverse (c'est a dire de penser que les humains des époques précédentes vivaient l'enfer sur terre et que le progrès technique ne peut que nous mener au bonheur parfait et éternel) Pareil pour les valeurs morales La morale n'a pas disparu, elle a juste muté Certes, on ne respecte plus ses supérieurs, son pays, son mari, ses parents, les personnes agées, les intellectuels comme on le faisait autrefois, ce qui laisse a penser que le monde est devenu nihiliste mais en revanche on respecte les bébés, les enfants, les adolescents, les homos, les minorités ethniques, les médecins, les infirmières, les "experts", certaines institutions nationales comme le monde libé le nouvel-obs, les chaines tv publiques et cultureuses... Les réacs confondent fin de la morale et fin de leur morale De nos jours il est mal vu de frapper et d'engueuler un gosse, ou d'insulter et de se moquer des minorités sexuelles et ethniques Si toute morale avait disparu et que le relativisme avait vraiment gagné la partie, la plupart des gens se foutraient de la mort, des guerres, des maladies et de toute souffrance On en est par encore la il me semble Certes, le relativisme a progressé dans de nombreux domaines, mais la plupart des progressistes ont encore un sens moral hyper-développé bien qu'il prétendent le contraire Le coup de génie des progressiste, c'est de faire croire qu'il n'y a plus de règles ni de morale, ce qui ne peut que rendre leur philosophie plus séduisante encore Ainsi peuvent ils endosser a la fois les roles de voltaire et de torquemada Le hold-up parfait J'aime bien la réacosphère, je pense en faire partie, mais certaines éxagerations, simplifications ou manichéisme me font bondir C'était ma petite réponse un peu longue certes, au moralistes de gauche comme de droite

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    5. Ah, ces fameux lieux communs sur les lieux communs…

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  11. Stéphane Lapaque a fait paraître, ce jour, dans Le Figaro, un très bon article intitulé "Simon Leys, le baroudeur lucide".
    J'y relève ce passage que je destine particulièrement à notre ancien écrivain en bâtiment :
    "...Il écrivait d'ailleurs dans une langue classique drôle, piquante et savoureuse, refusant le divorce entre la littérature et le savoir, "une plaie de notre époque et un aspect caractéristique de la barbarie moderne où, la plupart du temps, on voit des écrivains incultes tourner le dos à des savants qui écrivent en charabia." Il avait suffisamment observé les moeurs des bureaucrates dans la Chine maoïste pour savoir que les clichés, les expressions pompeuses et les formules confuses constituaient une arme redoutable pour les ennemis de la liberté. Et il avait entendu assez de mensonges pour comprendre que lorsque la prose se dégrade, la pensée s'oblitère, partant, qu'un homme porteur d'une vérité fragile ne peut la préserver qu'en devenant un écrivain de grand style ..."

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  12. la marseillaise15 août 2014 à 16:34

    Il y a aussi son livre sur Orwell

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  13. J'interviens bien tard et a partir d'un telephone portable dont je ne maitrise pas bien le clavier et les accents mais je tenais a vous remercier, Georges, pour vos tres beaux textes sur la perte de Luna qui expriment tant de douleur si profonde et si vraie et aussi pour l'extrait remarquable de Leys que vous avez mis chez vous Georges.
    la crevette

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