Hier soir, à l'heure où les folliculaires régurgitent ce qui a été par eux avalé au courant de la journée, le président de hasard d'un ancien grand pays terrestre s'est posé en face d'une caméra ; derrière lui avaient été disposés des livres anciens, ce qui accroissait encore le côté irréel de ce que nous allions connaître. Lorsque la boîte à image a commencé son office, le président s'est appliqué à remuer les lèvres sans faire de grimace. Aucun son n'en est sorti ; ce fut une expérience étrange, bienheureuse, les cinq minutes de télévision les plus reposantes qui furent jamais.
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mardi 27 mai 2014
mercredi 29 janvier 2014
Président H. ou la France enguirlandée
François H. a donc arraché les derniers lambeaux du masque socialiste dont il s'était plaisamment affublé afin de se faire élire par le peuple-de-gauche. Ça doit lui faire un bien fou, de pouvoir enfin respirer autrement que derrière le carcan de plastique coloré qui lui collait aux bajoues. Désormais, il peut enfin se montrer pour ce qu'il est : un Sarkozy mou ; un gélatino-libéral. Bien entendu, pour que les gogos continuent de se tenir à peu près tranquilles, il a pensé à décorer son libéralo-gélatinisme de scintillants hochets dits sociétaux : le mariage guignol hier, l'avortement pour tous et la théorie du genre-qui-n'existe-pas aujourd'hui ; et demain, n'en doutons pas, la location libre de ventres maternels et le droit de vote à tous les exotiques en station prolongée : il faut bien occuper les gosses le mercredi pendant que les parents travaillent ou prennent la file à Pôle Emploi. Au fond, le gélatinisme est au sarkozysme ce que le sapin de Noël est au sapin : il est beaucoup plus joli parce qu'il brille, mais ça reste un sapin ; et comme on lui a scié le tronc pour le mettre en pot, il ne tarde pas à paumer ses aiguilles. Le gélatinisme, c'est du sarkozysme avec les boules.
mardi 14 janvier 2014
Révolution inouïe en Hollandie
Cette fois, la solution à tous les problèmes de la France est bel et bien là, et on se demande comment et pourquoi nul n'y avait pensé auparavant. Il y a cinq minutes, le président de la République, un certain François Gayet, a annoncé qu'allait être créé un
Observatoire des contreparties
Saisi d'admiration devant une si grandiose initiative, j'ai aussitôt cessé d'écouter M. Gayet.
J'ai peut-être eu tort.
dimanche 28 avril 2013
Didier Goux a plus de couilles que François Hollande (et Catherine Goux itou)
Demain, M. et Mme Goux, du Plessis-Hébert, iront arpenter les salles du musée des Beaux-Arts de Rouen. L'aventure est apparemment à haut risque, et nous avons bien failli tout remettre sine die. Mais, finalement, considérant le volume de nos paires de nos balloches bene pendentes, nous avons décidé que nous irions quoi qu'il arrive à Rouen demain. C'est une chose que le président de la République aurait dû faire aujourd'hui, il était prévu qu'il le fasse, en compagnie de trois ou quatre des ******** qui lui servent de ministres. Il a courageusement annulé au dernier moment. Il doit évidemment y avoir un motif officiel à cette dérobade : je ne veux même pas perdre mon temps à chercher lequel.
La trouille. Les chocottes. La courante. Les flubes. Le président a le tracsir et l'admet officiellement. Peur de la France, peur des Français, quels qu'ils puissent être : des margino-gauchistes, des centro-nauséabonds, des extrêmes-cathos, et sans doute d'autres. Il ne doit guère plus y avoir que Nicolas J, et une poignée de blogoravis de la crèche autour de lui, pour empêcher notre caudillito de se bunkériser tout à fait : bientôt, les seules sorties officielles de François H. seront pour la Comète du Kremlin-Bicêtre ; et encore : avec cars de CRS jusqu'à la porte d'Italie d'un côté et Villejuif de l'autre.
Pourtant, il était bel et bien prévu que le président normal de tous les Français le fasse, ce déplacement en Seine-Maritime. Il avait même eu des exigences citoyennes et laïques assez surprenantes (je cite mes confrères régionaux) :
« Découvrant que François Hollande devait prononcer un discours devant une immense toile représentant une scène à caractère religieux,
et devant l’impossibilité technique de déplacer ce tableau à la taille
XXL, les autorités avaient demandé aux employés du musée de tendre une immense bâche bleue. »
C'est tellement beau, tellement con, tellement inespéré, qu'on se demande si ça n'a pas été inventé par un plein bataillon de taupes identitaires nauséabondantes pour discréditer notre président-de-pour-cinq-ans. Mais non, c'est vrai ; les laïcards névrotiques qui errent actuellement dans les palais nationaux ont réellement exigé cela, ils n'ont pas hésité à plonger à ces profondeurs. Parvenu à ces barbotages fangeux, il me semble qu'il n'est même plus nécessaire d'exprimer la moindre critique.
lundi 22 avril 2013
Rome n'est plus dans Rome, elle est toute où je suis
Benoît XVI démissionne ? Un conclave.
François Hollande est élu président ? Un con clive.
Ça va, ça va, je sais : je vais bientôt être obligé de présenter ce blog sur fond rose ou vert pomme, tellement il se met à ressembler au défunt Hérisson. D'abord, n'oublions pas que, si le renard sait un tas de choses, le hérisson, lui, sait une chose importante. Et puis, ce n'est pas ma faute si le président-d'une-France-apaisée a tant bien œuvré que le frais boulingrin entretenu par ses soins prend des allures de terrain de motocross, où même un gros 4 x 4 renforcé de partout ne risquerait pas ses jantes (nouveau sobriquet pour notre Guide : Hollande-Rover). Du coup, on se dit que l'attitude adoptée par notre laboureur de mou est peut-être la bonne, en tout cas la seule possible. Quand on se retrouve malencontreusement au milieu d'un champ de mines, la seule solution, à court terme, est de ne plus faire un pas ni même un geste. Et c'est ce qu'il fait.
samedi 2 février 2013
Match nul
Le dromadaire blatère, le président déblatère : zéro partout.
(Rappelons aux incultes qu'on ne trouve pas de chameaux en Afrique…)
lundi 7 mai 2012
Prolégomènes au quinquennat qui menace
Il nous restait trois mois à vivre “sous” Chirac lorsque j'ai ouvert mon protoblog, prélude à celui-ci. J'ai, du même coup, découvert ce qu'il est courant d'appeler la blogosphère, et ce n'est sans doute pas ce que j'ai fait de mieux dans ma vie ; enfin…
Dès l'accession de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, j'ai donc, tout comme vous, vu fleurir à son endroit, chez certains de nos amis de gauche, pas tous, les qualificatifs les plus bas – dont, assez paradoxalement, “nabot” n'était peut-être même pas celui qui l'était le plus. J'en ai conçu pour ceux qui lançaient ce genre de postillons puérils un assez solide mépris : l'insulte n'atteignait évidemment pas celui qui en était objet, mais disait tout ce qu'il y avait à savoir sur la crapulerie morale de ses auteurs.
Tout cela pour en arriver à ceci, mes bien chers frères : François Hollande est désormais, et pour cinq ans en principe, président de la République. J'estime donc que les Flamby, chicon et autres endives bataves (la liste n'est pas exhaustive…) ne sont plus de saison, en tout cas sur ce blog : je serais quelque peu attristé de nous voir nous comporter comme le premier progressiste gesticulant venu. Par conséquent et désormais, je supprimerai systématiquement tout commentaire dont l'auteur s'obstinera dans cette voie.
Cela posé, rassurez-vous : je crois que les cinq années qui s'ouvrent nous offriront tout de même moult occasions de rire – de longs ricanements sous la lune et au milieu des ruines.
dimanche 6 mai 2012
Jegoun, troll maléfique, sors de cet isoloir !
Il était environ midi et quart lorsque Catherine et moi, dûment bardés de nos cartes d'électeurs et d'identité, investîmes la mairie du Plessis-Hébert, fortement déterminés à y accomplir notre devoir de citoyens. Nous tendons les dites cartes à qui de droit, prenons chacun une enveloppe, puis, sur la petite table située en léger retrait à droite (léger retrait à droite : sinistre présage…), prélevons un bulletin au sommet de chacune des deux piles – et nous nous séparons, fort émus par la solennité de l'instant.
Je pénètre dans l'une des deux cabines et tire le rideau de douche derrière moi. C'est alors, à l'instant suprêmement intense du choix, que je constate être en possession de deux bulletins “Hollande”. Mon premier réflexe est de penser qu'un bulletin batave s'est glissé par mégarde dans la pile néo-pétainiste, et que je suis justement tombé sur lui. Mais aussitôt après, je comprends que la véritable explication de ce tour est beaucoup moins simple et rassurante : c'est lui ! Lui, Jegoun, dont l'esprit maléfique a changé le gentil bulletin fascistoïde en cette ignoble endive surnuméraire !
(Car, oui, les gens de gauche réussissent parfois à se doter d'un esprit, même s'il ne peut fonctionner que de manière intermittente, à l'image des loupiotes de couleur dans un sapin de Noël, ainsi que vient de le prouver une étude effectuée par les équipes du professeur Kremlinbeer, à l'Institut des sciences progressisto-cognitives de l'université du Michigan.)
Mon indolence naturelle étant ce qu'elle est, j'ai bien failli glisser tout de même l'un de mes jumeaux diaboliques dans l'enveloppe. Et puis non : imaginer le ricanement satisfait du gros frisé trollesque derrière son écran a suffi à me rendre courage, et je suis ressorti de l'isoloir, la sueur aux paumes et aux tempes, afin de procéder à l'échange de bulletins, me demandant à quelle diablerie j'allais encore être soumis. Pour me donner du courage, je murmurais l'impeccable mantra révélé par l'Arabe fou Abdul Alhazred dans son Necronomicon :
Le changement, il ne passera pas par moi… Le changement, il ne passera pas par moi… le changement, il ne…
Nous sommes finalement rentrés sains et saufs.
jeudi 3 mai 2012
Il dit : Flamby ! C'était flambé.
Comme prévu, la blogosphère de gauche se pâme devant ce qu'il y a eu
de plus ridicule dans la prestation de Hollande hier soir (le “Moi,
président de la République”, qui aurait fait rougir de honte n'importe
quelle première année de conservatoire d'art dramatique provincial).
Cela dit, ils ont raison de se réjouir, puisque leur candidat a passé, à
mon sens, l'épreuve – si c'est bien une épreuve significative – haut la
main. La preuve : toutes les hyènes centristes se rallient, de Douste à
Bayrou, en passant par d'autres, d'encore plus d'inimportance.
Bref, sauf miracle, Hollande sera le prochain président de la
République. Quand je dis “sauf miracle”, ce n'est pas que je considère
que la réélection de Sarkozy en serait un, de miracle. Le miracle serait
simplement que Hollande soit battu alors que tout le monde, et mes
chers confrères folliculaires en tête, veut absolument le voir déjà
vainqueur avant même qu'élection soit faite.
Cela étant, voir Sarkozy battu ne me fera aucune peine. Notamment
pour s'être livré, en début de mandat à cette mascarade grotesque de
“l'ouverture” (Kouchner, pitoyable ; Besson, à vomir ; etc.) et à ces
nominations “showbiz” (Rama Yade, Fadela Machin, Rachida Dati), faites
au détriment de vraies personnalités de la droite qui, aujourd'hui, et
on les comprend, ne se bousculent pas pour soutenir leur candidat
naturel. L'atmosphère “fin de règne” est aussi perceptible – peut-être
même plus – qu'à l'époque de Giscard (du Giscard de 1981), on sent bien
que tout ce petit monde a déjà le nez dans les cartons et la tête aux
reclassements.
J'irai tout de même voter pour Nicolas Sarkozy – mais comme les cuirassiers ont chargé à Reichshoffen : pour le panache (et pas trop de limonade, dans le mien, je vous prie).
Heureusement, à partir du 7 mai, on va pouvoir commencer à rire un peu : je vous donne rendez-vous, dès ce premier matin du changement, dans les bas-fonds carnavalesques de la gauchosphère.
dimanche 22 avril 2012
A voté !
Ceux qui disent qu'accomplir son devoir de citoyen ne sert à rien ont tort, et je peux le prouver. Ce matin, ayant refermé la porte qui sépare notre chambre du petit salon de télévision, je me suis trouvé dans l'impossibilité de la rouvrir : serrure niquée. Catherine y est finalement parvenue, au tournevis et au marteau ; mais, du fait de son intervention musclée, la dite serrure est passée illico du stade de l'agonie à celui de mort clinique.
Or, sortant un peu plus tard des deux isoloirs conjoints, sur qui tombons-nous, notre petite enveloppe nauséabonde à la main ? Sur notre menuisier attitré, à qui nous avons aussitôt narré notre mésaventure portière ; et qui a promis de passer chez nous dans les plus brefs délais.
Second effet bénéfique du devoir citoyen : les Hauts-Normands qui sont, d'ordinaire, peu enclins au salutations de courtoisie en vigueur dans d'autres régions de France, se mettent à tous dire bonjour les matins d'élection. D'élection en général, ou seulement de présidentielle ? C'est ce que je me suis promis de vérifier lors des prochaines législatives.
En attendant, j'ai déjà oublié pour qui j'ai voté il y a à peine une demi-heure. Et j'espère sincèrement, mais sans en être tout à fait certain hélas, que le fait de lire en ce moment l'essai de Pierre Boutang sur Charles Maurras n'aura pas fâcheusement influé sur mon choix…
samedi 14 avril 2012
Bon, alors ? On vote pour qui finalement ?
Pas si facile. Depuis plusieurs semaines, je lis tout et tout le monde. Et il me semble que la ligne de fracture ne passe pas tellement par la gauche et la droite, mais plutôt entre les gens qui ont un minimum de sens politique et les sales gosses pour qui une élection est l'occasion de brailler dans la cour de récré.
La politique, je n'invente évidemment rien, est l'art du compromis. Ce n'est rien d'autre. Tenter de faire advenir ce qui s'approche au plus près de ce que l'on souhaite. Dans un régime démocratique comme le nôtre, cela signifie, in fine, essayer de faire élire celui qui est le moins éloigné de ses propres positions, le candidat sur qui on pense que l'on pourra peser dans le bon sens le moment venu, si le moment vient un jour. En ce sens, les esprits politiques savent déjà, je pense, pour qui ils voteront au second tour – ou ils devraient le savoir. Ainsi, un partisan de Mélenchon ne devrait pas hésiter une seconde à reporter sa voix sur Hollande (j'ai presque honte d'énoncer une telle évidence). De même – autre exemple –, un électeur en surpoids et porteur de lunettes vert fluo ainsi que d'une moustache ridicule, s'il a finalement décidé de voter Marine Le Pen au premier tour, ne peut que donner son suffrage à Nicolas Sarkozy au second, même s'il a passé cinq ans à dire tout le mépris que ce personnage lui inspirait. Du reste, le mélenchoniste peut fort bien émettre de sérieuses réserves sur son candidat du premier tour, de même que le lepéniste. À plus forte raison pour ce qui concerne son second choix, mais le sens politique bien compris lui impose de faire ce choix.
À côté de cela, il y a les guignols du “tout ou rien”. À gauche, ça donne l'âne couronné Gauche de combat, qui appelle à l'abstention au second tour, parce que François Hollande est trop rose, pas assez rouge, trop méchant, pas assez… Bref : parce que François Hollande n'est pas Jean-Luc Mélenchon. Il se pense forte tête, résistant, jean-moulinesque en diable, alors qu'il ne fait que se conformer à ce qui a toujours été la ligne des communistes : le véritable ennemi ce n'est pas la droite mais la gauche non communiste. Moyennant quoi, il est toujours préférable de faire perdre son véritable ennemi – tactique de cocus qui a conduit le PCF où il est aujourd'hui, mais tant pis : rien retenu, rien appris ; ma petite pureté personnelle avant tout ; miroir, mon beau miroir, suis-je toujours le plus irrésistible des révolutionnaires ?
En face, pareil. Au fond, il n'y a qu'une seule vraie raison de voter Le Pen, c'est de signifier qu'on n'accepte pas la submersion de notre civilisation par des centaines de milliers d'exogènes inutiles et parfois haineux. On sait très bien que, serait-elle élue, Marine Le Pen n'aurait aucun moyen de s'opposer à cette catastrophe, pas plus que Mélenchon ne pourrait restaurer le stalinisme de ses rêves. Mais il s'agit de dire quelque chose.
Et j'entends des voix clamer qu'en aucun cas, au second tour, ils ne donneront la leur à d'autre que leur candidate. Soit ils s'abstiendront, soit même ils voteront pour Hollande, parce que Sarkozy les a déçus. Bien sûr, il les a déçus. Moi aussi d'ailleurs. Et alors ? À quel moment de votre existence avez-vous été pleinement satisfaits par un candidat élu, sauf si vous aviez régressé intellectuellement au point de vous transformer en militant ?
Dans trois semaines, il ne s'agira même pas de voter utile : juste de voter moins pire.
À chacun son moins pire, et que gagne le plus chanceux.
mardi 10 avril 2012
La sémantique des banlieues (Ça va, Nicole ?)
François Hollande vient donc de remettre les banlieues au centre de la campagne (je sais que c'est puéril, mais j'adore cette phrase…). Voulant, à cette occasion, apporter ma pierre constructive à l'édifice qui s'élève sous nos yeux, j'ai décidé de me placer sur le terrain de la sémantique. En effet, aucun terme ou locution ne me paraît pleinement satisfaisant pour désigner les seules banlieues qui ont réellement de l'intérêt et de l'importance, à savoir celles où les habitations sont en ruines mais la jeunesse porteuse d'avenir, de notre avenir (voir photo).
Quartiers ne va pas, à l'évidence. Parce qu'il y en a ailleurs, un peu partout, et même dans des coins où la jeunesse n'est nullement porteuse d'avenir, mais au contraire frileuse, repliée sur elle-même et prompte à la haine de l'autre : le quartier Saint-James de Neuilly en est un bon exemple.
Quartiers sensibles est déjà mieux, car le terme met en lumière une réalité indéniable : les gens qui peuplent ces zones sont en effet d'une sensibilité d'écorchés vifs ; au point, si un braqueur de banque essayant d'exprimer son mal-être à la kalachnikov se fait d'aventure dessouder d'une balle policière malencontreuse, de manifester bruyamment leur chagrin durant cinq jours et six nuits d'affilée. Mais enfin, on se rend bien compte que ce terme de “sensible” risque aussi de les faire indûment passer pour des gonzesses ou des fiotes – et ça, c'est pas bon pour le moral des porteurs (d'avenir, rappelons-le).
Banlieues défavorisées est presque pis. D'abord parce que, de ces terrains de chasse électorale, il y en a aussi de fort peuplés dans les XVIIIe et XIXe arrondissements de Paris et qu'une banlieue ne peut pas se trouver dans Paris – en tout cas pas dans l'immédiat. Quant au qualificatif “défavorisé”, il serait très bien si, malheureusement, le cynisme de certains ventres féconds ne se privait de ricaner qu'en effet, vu les populations qui s'y agglutinent, ces banlieues sont à coup sûr hautement défavorisées, et leurs primo-habitants du même coup. Donc, en attendant que ces panses soient définitivement stérilisées, mieux vaut contourner l'épithète.
Oui mais alors ?
Alors, je propose d'adopter deux locutions entièrement nouvelles, bricolées à la main mais que je garantis d'une solidité de bon aloi ; deux expressions qui, par leur fraîcheur et leur charge poétique intacte, ne pourront que séduire tout le monde et réconcilier la caravane France avec ses jeunes porteurs (d'avenir).
Ma première proposition est de remplacer toutes les formules défectueuses actuelles par une seule : désormais, si les politiques m'emboitent le pas, toutes les banlieues (ces banlieues-là…) se nommeront des
Brousses délocalisées
le second terme ayant en outre l'avantage de pousser notre belle jeunesse à réfléchir aux méfaits d'un libéralisme ravageur et anthropophage.
Pour les esprits modernes, qui préfèrent à la rêverie topologique la rigueur sereine des sigles et des acronymes, nous proposons également de rebaptiser les quartiers de porteurs (d'avenir) des
R.A.P.S.
c'est-à-dire des Régions Allouées aux Populations Savanicoles. On pourra aussi remplacer le mot “populations” par celui de “porteurs”, la question devant alors être débattue par les Comités de brousses qui ne tarderont pas à s'établir au sein des nouvelles structures et se réuniront aussi régulièrement que possible sous l'arbre à palabres, qui sera planté devant chaque commissariat.
Et aux mauvais esprits, oiseaux de tristes augures et autres langues sales qui viendront me dire que tout cela ne changera rien à rien, je répondrai que non, peut-être, mais au moins on saura de quoi on parle.
samedi 31 mars 2012
François Hollande ou l'effet caméléon
Michel Paillassou est maire d'Egletons, Corrèze. Et, bizarrement, la perspective de voir un autre Corrézien s'installer à l'Élysée ne semble pas lui sourire tant que ça. Voici ce qu'il rappelle :
« En Corrèze, François Hollande s’est fait une
spécialité de rejeter la responsabilité de ses échecs sur ses
prédécesseurs ou sur le gouvernement. Méthode d’évitement
classique du « style Hollande » qui ne peut toutefois pas masquer la
réalité des chiffres de sa gestion du département.
Pour
rappel, le taux de chômage en Corrèze était inférieur à 5% en 2007
(François Hollande préside le Conseil général de Corrèze depuis 2008) et
se situe aujourd’hui à plus de 6,8%. Monsieur Hollande, qui dénie à
Nicolas Sarkozy l’argument de la crise pour expliquer les mauvais
chiffres de l’emploi en France, se réfugie pourtant derrière ce même
argument pour justifier la hausse du chômage dans notre département.
Autre exemple : les
dépenses de fonctionnement du Conseil général ont explosé en quatre ans
de présidence Hollande (+29,8%), passant de 193 millions d’euros à 252
millions d’euros. En parallèle, les dépenses d’investissement
(qui doivent amorcer la croissance de nos territoires) ont baissé de
55,6% depuis son élection à la tête du département.
Fringale
de dépenses publiques stériles d’un côté, plan d’austérité qui casse la
croissance de l’autre. Le François Hollande qui préside aux destinées
de la Corrèze fait le contraire de ce que promet le François Hollande
candidat à la présidentielle. Effet caméléon… »
L'article en son entier est à lire ici.
mercredi 14 mars 2012
Le camarade CSP va-t-il faire une overdose de champagne ?
Il est sans doute le plus lucide de la blogosphère extrême-gauchiste – ce qui n'est pas mettre la barre bien haut, j'accorde, mais tout de même. Son billet d'aujourd'hui, je pourrais le contresigner presque entièrement – ce qui n'est pas mettre la barre beaucoup plus haut, et risque en plus d'être assez déstabilisant pour lui. En voici l'un des premiers paragraphes :
« Ça fait 5 années que je vois des gens
collés au cul de Sarkozy H24 à commenter ses moindres faits et gestes
avec une délectation proprement morbide. N'ayant pas de télé, je ne peux
ignorer quand ce méprisable personnage y passe, mon Twitter ne parlant
que de ça jusqu'à la nausée, et d'ailleurs je fuis craignant l'overdose.
Sarkozy aura réussi l'exploit de transformer ceux qui le détestent le
plus en ses plus grands fans par une fascination répulsive perpétuelle
qui anéantit tout esprit critique et tout recul chez des personnes mêmes
intelligentes d'habitude : d'où le refus d'admettre sa réélection, le
mécanisme se décomposant comme suis.
- Je hais ce type.
- Chacun de ses fait et gestes et mots renforcent l’exécration que je ressens pour lui.
- Je suis complètement focalisé sur lui et passe un temps déraisonnable à commenter absolument tout ce qu'il fait et dit.
- Je me suis trouvé un cercle de gens qui partagent la même obsession et on s'émule l'exécration en rond pour se tenir chaud.
- Partant je suis sincèrement convaincu que tout le monde le déteste.
- Et d'ailleurs je trie les informations pour ne garder que celles qui vont dans ce sens.
- Partant il est donc impensable qu'il soit réélu puisque tout mon monde ne peut plus le voir en peinture.
-
Et envisager ce scénario est trop déstabilisant, partant je le nie avec
force et insistance, en gueulant contre les sinistres Cassandres qui
font rien qu'à faire de la dissonance cognitive pas gentille. »
L'intégrale est par là, et j'encourage chacun à s'y reporter.
samedi 10 mars 2012
Ce jour magique où les blogueurs se sont tus
Et soudain un grand silence se fit, qui dure encore trois jours après. Dans les basses-cours blogosphériques, plus un gallinacé progressiste n'osait même gratter le sol du bout de son bec ; tragédie antique au poulailler, les poussins en rentraient dans leurs œufs. Que s'était-il passé ? Oh rien ! Saint Patron des hollandistes, faites, je vous en multi-prie, qu'il ne se soit rien passé ! Qu'une grève surprise ait été lancée juste à temps. Que toutes les antennes-relais soient tombées en rideau à la même seconde, ce soir-là. Oh ! faites, mais faites donc, Grand Manitou du changement-qui-est-maintenant…
Hélas, rien n'est tombé en panne, tout a eu lieu, le cauchemar s'est consommé : Nicolas Sarkozy a proprement ratiboisé ce pauvre Laurent Fabius, dont j'espère qu'une cellule de soutien psychologique l'attendait au sortir du studio. Et le lendemain, dans les blogs ? Rien. Neige et brouillard : pas vu, pas entendu. Dans les diverses pravdas solfériniennes ? Gobi ! Le culbuto batave ? Ailleurs, sans doute. Même le stalinien aux dents jaunes en est resté muet, ce qui est un résultat collatéral fort appréciable, ma foi.
Alors, bien sûr, le premier choc passé, on s'est remis à caqueter dans les lignes de ponte. Mais il est resté cette poche de silence hébété, cette grosse congère au centre de l'arène blogomachique, que le soleil de l'avenir radieux ne parvient toujours pas à faire fondre.
lundi 5 mars 2012
Deux dimanches de printemps où je ne devrais pas mettre le nez dehors…
En ce qui concerne l'élection prochaine, je m'achemine lentement mais de plus en plus sûrement
vers l'abstention – au premier comme au second tour. Voter Le Pen me
paraît chaque jour plus dénué de sens véritable, et choisir entre
Hollande et Sarkozy sans le moindre intérêt, dans la mesure où, à deux
ou trois broutilles “sociétales” près, les deux feront la même politique
– ou plus exactement pas de politique du tout. Il est d'ailleurs
fascinant de voir à quel point les deux candidats principaux en sont à
énoncer tout et son contraire presque dans l'élan d'une même phrase, le premier
pour conserver à tout prix sa confortable avance sondagière et le second
pour tenter de remonter au score. Pour la palme du ridicule et de l'inconséquence aussi, ça devrait se jouer dans un mouchoir…
vendredi 27 mai 2011
Le candidat idéal pour une gauche enfin unie et acceptant la victoire

La plupart des pêcheurs en rivière vous le diront : le brochet est un poisson carnivore tout en gueule et en queue.
Le brochet semble dont être le résultat d'une hybridation réussie entre Nicolas Sarkozy et Dominique Strauss-Kahn.
Les blogueurs de gauche, dans un bel élan d'enthousiasme citoyen, appellent pour 2012 à une candidature unitaire du brochet – souhaitons qu'ils soient entendus.
Le brochet semble dont être le résultat d'une hybridation réussie entre Nicolas Sarkozy et Dominique Strauss-Kahn.
Les blogueurs de gauche, dans un bel élan d'enthousiasme citoyen, appellent pour 2012 à une candidature unitaire du brochet – souhaitons qu'ils soient entendus.
mardi 11 janvier 2011
Mélenchon-Le Pen, le vrai match de 2012
Au fond, savoir qui, de Nicolas Sarkozy ou du candidat socialiste, sera le prochain président de la République n'a pas grand intérêt, et ce n'est pas avec ça qu'on arrivera à me faire soulever une paupière. Car, quel qu'il soit, ce président sera mis en place pour nous vendre plus d'Europe, plus d'immigration, plus d'associations phobophobes, plus de vigilance anti-réel, etc. ; le tout en gérant au mieux l'après-casse définitive de la France moisie – aucun intérêt.En revanche, ce qui pourrait bien en avoir un, d'intérêt, c'est le match qui va se disputer entre la Marine et le Mélenchon. Là, il va sans doute y avoir de l'authentique castagne et de vraies conséquences à tirer de leurs résultats respectifs, dans la mesure où les deux jouent sur le même terrain et avec des arguments sensiblement équivalents, à deux ou trois détails de surface près. En réalité, la seule différence vraiment primordiale entre eux est que, dans l'état actuel des choses, Marine Le Pen a de très bonnes chances d'accéder au second tour de l'élection présidentielle, quand Jean-Luc Mélenchon n'en a pas la moindre – et c'est presque dommage, pour le sport. Mais, pour le reste, on peut imaginer – et de plus en plus facilement – que la réorganisation du champ politique se fera à partir d'eux, sinon autour d'eux.
Si bien que ce qui va peut-être subsister d'intérêt pour cette élection encore lointaine dépend non pas de la traditionnelle question : Qui va gagner ?, mais de son corollaire, et du corollaire de celui-ci : Qui va perdre ? Et à quel taux ?
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