lundi 8 mars 2010
dimanche 7 mars 2010
Je l'ai annoncé, on l'a fait !
Bon, l'excursion en pays d'Avre et d'Iton ne fut qu'à demi-satisfaisante, dans la mesure où le château de Condé (le village de l'Eure, pas le Grand) s'est obstinément dérobé à notre convoitise au moyen de grilles implacablement closes. Mais la maison de Pablo était bien là, une ancienne tannerie posée sur l'un des petits bras de l'Iton ; lesquels, juste en aval, se rejoignent et se rassemblent en une sorte d'étang oblong, qui s'appelle d'ailleurs l'étang – comme quoi.Dans la mesure où, sur la photo choisie jeudi, le señor Neruda portait casquette, je ne pouvais faire moins, à mon tour, que de coiffer béret, pour l'aller visiter ; ce qui fut fait. L'écharpe et les gants n'étaient point de trop non plus, et pas davantage le poil dru de Bergotte et d'Elstir.
Au retour, après que nous l'eûmes sadiquement plantée exprès, Roselyne nous a fait découvrir une forêt que nous ignorions, traversée puis bordée par une route serpentine, à moins de dix kilomètres de la maison.
Et, ce soir, tout à l'heure, les spaghettis au thon, avec tomates, olives et huile d'icelles étaient précisément ce dont nous avions besoin : on a tout mangé.
¡ Ahora y siempre !
Nous parlions de Pablo Neruda, il y a quelques jours, ici même. Et, cet après-midi, nous avons rendez-vous avec lui, en sa demeure. Car, en 1971, le poète-ambassadeur s'est offert une maison à Condé-sur-Iton, soit à un jet de fronde de chez nous. Certes, cette Demeure de l'esprit, l'auteur de Residencia en la Tierra y résida fort peu – et sur la terre pas beaucoup davantage, puisqu'il était de retour au Chili dès le début de 1973 – et pour y mourir, au lendemain du golpe pinochétique.Profitant de ce qu'il fait beau et très froid, de ce que Roselyne semble disposée à nous accorder sa stoïque assistance, et encore de la présence, en ce Condé-là, d'un château, nous allons donc nous transporter en ces lieux afin d'y effectuer une promenade dûment balisée de six kilomètres, dans le village et sur les bords de l'Iton, en compagnie de nos deux plus fringants cadors.
Ce qui précède n'est qu'une introduction à la promenade, une mise en jambes et en souffle : si je suis inspiré, vous aurez peut-être droit ce soir à un chant plus général....
samedi 6 mars 2010
J'étais là...
Onze heures et quart du soir. Au mois d'août dernier, à cette même heure, Catherine était couchée dans le lit situé à main droite de l'écrivain, là, derrière la porte invisible. L'écrivain était absent. À sa place, il y avait moi. Courbé pareillement sur le clavier, mais écrivant des choses tout à fait sans intérêt – ces choses que vous avez lues depuis. Néanmoins, j'étais là.vendredi 5 mars 2010
Cri du cœur (j'aime pas l'malheur ! j'aime pas l'malheur !)
Et c'est pure vérité, c'en est presque insolent. Songez à cela : je vis depuis vingt ans (presque : il s'en faut d'une poignée de mois) avec une femme que je n'ai jamais méritée et dont vous ne pourriez même pas rêver tellement elle est faite pour moi, exclusivement. J'ai aussi un travail qui ne m'occupe que trois jours par semaine, et pas plus de deux ou trois heures par jour, et pas trop aliénant, et en compagnie de gens que j'aime beaucoup, intelligents, aussi charmants que je puis l'être moi-même quand je veux bien m'en donner la peine.
J'ai des parents vivants et en bonne santé, avec qui je m'entends comme jamais enfant ne s'entendit avec ses parents (ci-dessus, photo prise le jour de mon cinquantième anniversaire, au restaurant d'Acquigny dont je crois avoir déjà parlé (ah, c'était dans le journal, au 2 janvier, après vérification...), et ils étaient venus, et en secret, pour me faire la surprise – je déteste ce genre de surprise, mais je m'en étais trouvé ému tout de même, à mon propre étonnement). Pour faire résolument folklorique, on peut même ajouter que j'ai aussi une grand-mère qui va fêter ses 100 ans d'ici quelques jours, l'une des dernière personnes qui peut témoigner que j'ai été enfant, mais, encore plus incroyable, que ma mère l'a été aussi.
J'ai quoi d'autre ? Un frère et une sœur. Lui, je le vois rarement, mais on s'aime beaucoup, je pense. Je crois que je serai toujours son “grand” frère même quand on aura respectivement 100 et 96 ans. De même, Isabelle sera toujours ma “petite” sœur, éternellement mineure à mes yeux, toujours fragile, un peu folle, merveilleusement complice avec sa fille, ma nièce, ma filleule.
J'ai en outre, ce qui n'est pas donné à tout le monde, cette ombre agissante de Philippe Bernalin, qui a eu le mauvais goût de mourir en bas âge, mais à cause de qui il ne m'est guère possible de devenir un salaud intégral, dans la mesure où, ne croyant pourtant pas en Dieu, je sens néanmoins son regard sur moi – bienveillant, certes, mais tout de même juge, et jamais en sommeil malgré son état.
J'ai, en outre, cette richesse d'une demi-poignée d'amis comme je vous en souhaite à tous.
Et encore ? Non, rien d'autre, rien de plus, pas d'éclats de voix ni de hauts faits. Juste ces quelques personnes que nul ne connaît sauf moi. Et, pour finir, à l'ultime minute, la vie se retirant, calmement ou dans la tempête, on verra bien, le visage de Catherine – et elle seule, l'ultime vérité.
[Le titre de ce billet m'a été donné par une chanson écrite par Jacques Prévert pour Édith Piaf, en 1958...]
Une si gentille petite mort
« Savez-vous, me dit le prince Louis, de retour de Russie, où il vient d'être nommé lieutenant-colonel dans un régiment du Caucase, savez-vous comment est mort Skobeleff ? Eh bien, voilà ! Une bouteille de champagne, une femme !... Une bouteille de champagne, une femme !... Une bouteille de champagne, une femme !... À la troisième bouteille de champagne, suivie de la troisième femme... rasé !... Une congestion cérébrale ! »Edmond et Jules de Goncourt, Journal, mercredi 25 décembre 1889.
Point commun entre le communisme et le libéralisme : une intelligence aveugle
Revenons à notre mort. Il s'appelle Jacques Marseille. Il aurait pu se nommer Robert Lille, voire Ginette Strasbourg, mais il s'appelle Jacques Marseille. Et il est mort. Je l'ai connu tout jeune et inconnu (je veux dire : moi tout jeune, lui inconnu) : il était, il a été mon professeur d'économie au CFJ, le Centre de Formation des Journalistes de la rue du Louvre – cependant que Jean-Pierre Azéma, toujours vivant, était notre professeur d'histoire et, par-dessus tout – chance inouïe – Jean-Marie Domenach notre “directeur d'année” : on a eu beaucoup de chance, cette année-là. (Je vous parlerai de Domenach et de moi et de Bernalin, un autre jour peut-être.)
Bref : Jacques Marseille. Contrairement à Jean-Pierre Azéma qui me passionnait, je me foutais à peu près de ce Marseille-là. Ce n'était pas de sa faute : l'économie m'a toujours endormi, et l'histoire éveillé. Et puis, en 1978, me considérant encore gauchiste, je commençais à comprendre ce que communiste voulait dire ; ce que ça impliquait d'ignominie partagée au nom d'un lendemain hypothétiquement chanteur : je n'avais que 22 ans, mais j'avais lu Soljenitsyne, n'est-ce pas...
Lorsque j'ai vu réapparaître mon Jacques Marseille en héraut du libéralisme, énonçant tranquillement le contraire de ce qu'il assénait tout aussi tranquillement vingt ans plus tôt, avec cette pesanteur souriante des “profs-de-fac” qui n'ont jamais tort, j'ai éprouvé une vague envie de lui vomir sur les escarpins croco que, la télé aidant, il pouvait désormais s'offrir. Bien entendu, je n'en ai rien fait : il aurait déjà fallu que je le retrouve, et il ne m'intéressait pas assez, ce girouettologue, pour que je fasse le moindre effort dans sa direction – moi aussi, dans l'intervalle, j'avais changé, grandi (et, malheureusement, grossi).
Donc, il est mort, ce Marseille, qui a toujours senti dans le sens du vent dominant, par faute de nez. Communiste au moment où Gorbatchev grandissait, libéral quand le monde capitaliste montrait ses premiers signes d'écroulement. Mais, au fond, rien de plus normal : avoir été communiste signifie une capacité inquiétante à se plier à la force du moment, à se courber devant la bêtise féroce, à s'aplaventir en face de l'inéluctable. Jacques Marseille, avec le débit d'eau tiède de sa parole, n'a jamais rien fait d'autre. Il représente assez bien le semi-intellectuel du vingtième siècle, le bourgeois souriant à la dictature, l'oublieux tranquille de sa propre saloperie – le ver qui se croit pourvu de pattes.
Requiescat tout de même – et chagrin de ma part.
jeudi 4 mars 2010
J'ai ma mort prête comme un costume d'émigrant
J'ai ma mort prête comme un costume d'émigrantDe la couleur que j'aime
De la taille dont j'ai toujours rêvé
Et de l'ampleur dont j'ai besoin
Pourquoi ces vers de Pablo Neruda sont-ils brusquement remontés à la surface de ma mémoire, alors que j'attendais l'ascenseur au 10 de la rue Thierry-Le Luron, à Levallois-Perret, et qu'il était midi vingt-six très précisément ? Ces vers que je n'ai pu retrouver sur internet et qu'il est donc possible que je cite imparfaitement ? S'est-il fait un cheminement souterrain, dans les épaisseurs et replis du cortex, depuis que j'ai parlé de l'ambassade du Chili (L'ambassade est une bouche fermée, désormais pour longtemps. On y a mis pour faire respecter les lois de l'hospitalité des gendarmes français – Jacques Bertin), ici même, il y a deux jours ? Mais pourquoi ces vers précisément, alors que l'humeur du jour serait plutôt joyeuse et sereine ? Pourquoi pas à leur place ceux-ci, plus en accord avec la tonalité du billet dont je viens de parler :
Quand sonnèrent les trompettes tout était prêt sur la terre
Et Jéhovah partagea le monde
Entre la Coca Cola Inc, la Anaconda, la Ford Motors
Et quelques autres sociétés
La United Fruit Co se réserva le plus juteux
La côte centrale de ma terre
La douce ceinture de l'Amérique
Et Jéhovah partagea le monde
Entre la Coca Cola Inc, la Anaconda, la Ford Motors
Et quelques autres sociétés
La United Fruit Co se réserva le plus juteux
La côte centrale de ma terre
La douce ceinture de l'Amérique
Je pourrais en citer encore d'autres : depuis que j'ai ouvert la fenêtre de ce billet, ils me reviennent et s'engouffrent en foule – on aura tendance à croire que je me vante, mais non. On me dira aussi que Neruda est loin d'être le plus grand poète engendré par l'Amérique latine, et on aura probablement raison, mais qu'y puis-je, si c'est lui qui occupe ce siège ? Lui qui rassemble en faisceau les plus vives images d'une époque précise et circonstanciée de mon existence ? Époque aussi morte que lui, et inconnue de beaucoup, et encore davantage inconnaissable – mais il est temps de passer outre :
N'accordons pas à la douleur plus grand domaine
Nulle étendue ne passe celle de nos vies
Nulle étendue ne passe celle de nos vies
Comment j'ai manqué le film du soir (le blog m'a tuer)
Ne cherchez pas, c'est de la faute à Nicolas. Car j'ai décidé que, à partir de maintenant, tout serait systématiquement de la faute à Nicolas : haro sur le number one, bordel ! Donc, hier, par exception, il y avait un bon film à la télé. Du moins l'un de ceux qui suscitent chez le téléspectateur moyen une vague envie de soulever une paupière devant la boî-boîte à images. Comme tous les soirs après le dîner (que nous prenons à des heures où d'autres attaquent à peine l'apéro, rappelons-le), je me suis retrouvé devant mon écran...[Pause : quelqu'un d'autre que moi s'est-il déjà demandé comment on pouvait être à la fois devant son écran et derrière son clavier ? Merci d'avance.]
...devant mon écran, avec l'idée de noter deux ou trois bricoles dans le journal de blog. Mais ces deux ou trois choses se mettaient alors à métastaser comme des bêtes, et il était huit heures et demie dûment sonnées lorsque, aussi sonné qu'elles, j'assénai un point final à mes considérations abstruses. J'allais éteindre le bourrin lorsque une idée me traversa la cervelle, grillant deux douzaines de milliers de neurones sur son passage : « Tiens, un de ces jours, il faudra que je fasse un petit billet rigolo sur la blogroll de Nicolas... » Et, aussitôt, me connaissant, je me suis dit que j'allais bien sûr perdre irrémédiablement ce mirobolant sujet sur le trajet interminable et monotone qui mène le blogueur épuisé de la Case à la Maison. Donc, il valait mieux l'écrire tout de suite, car il aurait été désolant de vous priver de ça. Ce qui me menait jusqu'aux environs de neuf heures, alors que le film dont auquel était commencé depuis vingt minutes, et donc irrattrapable.
Pour me consoler de cette déconvenue, j'ai repris un pastis et une petite pipe (bien comprendre : bouffarde...).
mercredi 3 mars 2010
De la blogroll de Nicolas 1er
Et puis, un jour, on scrute. On scrute un peu mieux. Pas lui, hein ? On scrute sa blogroll. Et là, quoi ? On s'aperçoit qu'il est également le numéro un de ça : numéro un de la blogroll. C'est lui qui a la plus longue, la plus grosse, la plus co-conne aussi, souvent. Tentez donc. Partez du premier blog et plongez jusqu'au fond : il ne vous faudra pas dix minutes pour vous rendre compte que les deux tiers de ces blogs, Nicolas 1er n'y met jamais les pieds, ni les mains, ni le bout de son pif. Un jour, parce qu'il est d'une gentillesse dont il incapable de se défendre, il a mis un blog en lien. Et, la seconde suivante, il l'a oublié et n'est jamais retourné lire les pauvres régurgitations gauchoïdes de ce quart-de-crétin, cette semi-pouffe qu'un jour il a admis dans son cénacle.
Je dis “gauchoïde”, pour le plaisir d'un mot inventé. Dans la blogroll de mon ami, il y a de tout : des gens de droite, des types intelligents, des crétins absolus, des blogs morts depuis deux ans : c'est sans importance, il ne les lit pas – moi oui, en revanche.
Mais n'allez pas croire que je me moque, ce serait un peu facile. Si j'étais Nicolas 1er – et contrairement à ce que pensent les plus cons d'entre vous, il ne serait pas très difficile que je le sois –, j'aurais sans doute une blogroll aussi fournie et aussi vide que la sienne.
Ce qui m'emmerderait, vraiment, ce serait de répondre à chacun d'entre vous, et de vous imaginer tous comme mes amis. De ce point de vue, je préfère rester tout à fait sélectif.
Menus propos d'une bête à Goncourt
Le mardi 3 septembre 1889, Edmond de Goncourt s'alarme et prophétise :
L'industrie, oh ! l'industrie ! Ici, en haut de cette merveilleuse propriété, il y a une papeterie dont les déjections font périr tout le poisson de la rivière. En bas il y a une bleuterie, dont les exhalaisons de soufre font peu à peu périr tous les arbres de la forêt qui l'avoisinent.
Avant cent ans, l'industrie aura tué la nature en France.
Mon cher Edmond, j'ai le plaisir de vous apprendre que vous avez vu juste : nous y sommes presque. Et ce que l'industrie n'a pas réussi à détruire, sachez que nous nous entendons fort bien à le défigurer complètement, à coups de zones commerciales et de concentrations pavillonnaires.
Mais comme il est fort mal élevé de ne pas se séparer sur un sourire, permettez-moi de vous rappeler, cher Edmond, ce que vous notâtes dans ce même journal, trois mois plus tard :
Un mot de l'accoucheur de Mme Lenoir, à propos de la naissance des enfants : « Ces petites dames sont enragées pour les commencer..., mais pour les finir, c'est autre chose ! »
Vous n'avez pas honte, Edmond ?
mardi 2 mars 2010
Papa, je vote à gauche (baisse tes mains, de toute façon tu l'auras, ta claque !)
Il y avait longtemps, tiens ! Me voilà tagué par l'excellent Seb-qui-réagit. Thème : quel serait votre comportement si vous appreniez tout à trac que votre fils (ou votre fille, je suppose) a décidé de voter à droite, si vous-même êtes de gauche, ou inversement ? Déjà, je suis surpris d'être sollicité sur un thème semblable, moi dont il est de notoriété vaguement publique que, si je ne les déteste pas franchement, je ne m'intéresse pas le moins du monde à ces petits adultes pas finis qu'on appelle communément des enfants – c'est d'ailleurs pour cela que je me suis bien gardé d'en faire, en tout cas à ma connaissance (ou à l'une de mes connaissances).Néanmoins, essayons d'y réfléchir. Eh bien, après y avoir (très sommairement) pensé, il me semble que je m'en foutrais complètement ; n'attachant aucune importance à ce que peut penser un enfant, je ne vois pas pourquoi je devrais le faire sous prétexte que celui-ci, précisément celui-ci, aurait 18 ans plus tôt jailli de mes couilles un soir de semi-beuverie. Tu veux voter à gauche, ti-gars ? Ou même à l'extrême-gauche ? Voire coucher avec CSP ? Pas de problème, vas-y : de toute façon, tu es à l'âge des conneries collectives, des conformismes braillards, des rébellions sages et creuses. Si ça te passe, on en plaisantera ensemble dans 20 ans ; sinon tu deviendras left-blogueur influent, et on se verra une fois l'an en soupirant chacun de son côté pour que ce week-end obligé se termine au plus vite.
Remarquez, en y réfléchissant encore un peu plus, je me dis qu'il n'en irait sans doute pas autrement avec un fils votant à droite, qu'on ne se supporterait pas davantage ni avec plus de plaisir : aux urnes, mini-citoyen, but not in my backyard !
De toute façon, je ne vois même pas pourquoi je discute : si jamais j'avais dû avoir des enfants, je n'aurais fait que des filles. Et avec elles on est tranquille, du point de vue électoral : elles votent comme leurs maris. Ou, en tout cas, elles le laissent sagement pérorer à table avec son beau-père réac.
lundi 1 mars 2010
La journée sans immigré : rigolade ou franche escroquerie ?
Ah, en revanche, inutile de vous pointer dans l'un ou l'autre de vos restaurants habituels : la plupart des gargotes faisant suer le burnou à des Africains clandestins sous-payés, vous ne trouverez personne pour assurer la bonne marche du boui-boui. À moins...
À moins que les immigrés ne soient moins cons que ce que supposent les ânes gauchistes, bien nourris et bien rotant, qui tentent de se servir d'eux pour faire bouillir leur petit fricot. Et qu'ils se refusent à perdre une journée de salaire pour les larges yeux candides de ces crétins sournois, lequel salaire n'est déjà pas, etc.
Moi, si j'étais d'eux, les immigrés, voilà ce que je ferais : les pourvus d'emploi vont au turbin comme d'habitude, histoire d'assurer la pitance, et pendant ce temps on envoie les chômeurs et les cailleras devant les mairies, histoire que les légions célestes de chez nous se sentent moins seules avec leurs slogans, leurs mégaphones et leurs ballons multicolores. Comme ça, on gagne sur les deux tableaux, et ça fait du grain à moudre pour les journaux de vingt heures.
Putain, si j'étais pas là pour tout organiser...
Rajout de sept heures et demie : Finalement, on voit bien que c'est moi qui ai organisé le truc : y a eu personne nulle part, ou presque.
dimanche 28 février 2010
Journée de feignasses, demandez le programme !
C'est bien simple, on n'a pas quitté le fauteuil (moi) ni le canapé (l'Irremplaçable), sauf pour se nourrir, nous et les chiens. Au programme pour moi : 2001 : l'odyssée de l'espace et ses suites, que la revision du film de Kubrick m'a donné envie de lire, il y a quelques semaines. Lecture assez décevante, je dois dire, et que j'expédie à toute allure avant de me jeter dans le volume de Daudet arrivé vendredi. Je n'ai jamais beaucoup apprécié la science-fiction et je crois bien que je ne l'aime plus du tout. Pendant ce temps, Catherine terminait Crime et châtiment, ce qui est tout de même une lecture plus épicée, même si Kubrick ne l'a pas porté à l'écran. Ce soir, à la télé, deux films idiots : un Carpenter avec Kurt Russell (Los Angeles 2000 et quelques) et un film d'horreur espagnol. On tâchera de faire mieux demain.Le journal de Monsieur est avancé...
Comme un blog, à l'instar d'un tamagoshi, doit impérativement être nourri, et que je suis à court de provision pour celui-ci, j'ai décidé d'avancer de trois jours la parution de mon journal de janvier.
Voilà, voilà...
Voilà, voilà...
samedi 27 février 2010
De droite, moi ? Connard !
Qui s'est retrouvé, en 1973, avant votre naissance ou quasi, devant l'ambassade du Chili ? Hein ? Vous peut-être ? Non, moi. Et qui donc, qui donc, mes frères, était de la même manière devant l'ambassade de la désormais défunte URSS pour soutenir une Pologne qui doit vous sembler trop catholique pour être honnête ? Encore moi, pas vous.Et qui donc, qui donc se soucie de l'ouvrier français, depuis que le PCF s'en fout, ne se préoccupe plus que des clandestins, des pédés, des gouines, de ces folkloreux sans intérêt, pas dérangeants pour trois ronds ? Qui s'occupe encore, à part moi, de ce type, mégot aux lèvres, poils sous les bras, odeur de sueur, hmm ? Et c'est moi qui suis de droite ? Mes amis de gauche, vous êtes en train de vous perdre, je vous le dis tout franchement. Il y a des gens qui comptent encore sur vous – et vous êtes en train de tromper leurs espérances. Un de ces jours, ils vont vous exploser à la gueule, et il y aura du sang partout, et, comme d'habitude, vous direz que ce n'est pas votre faute...
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