
Le journal intime : je vous dis tout, mais n'espérez pas en savoir davantage.
Qui songerait à se scandaliser de ce que le postulant à un emploi quelconque se voie d'abord offrir un contrat de six mois avant d'être réellement embauché ? Qui s'offusque de ce méchant A discriminatoire et stigmatisant que les jeunes conducteurs doivent arborer au cul de leur voiture durant trois ans avant de prétendre à un vrai permis de douze points ? Et moi-même, après avoir subi un retrait de ce même permis six mois durant, ai-je ameuté les foules haldophiles parce que je n'ai récupéré qu'un document valable six mois, puis un autre bon pour un an, avant de redevenir un “conducteur à part entière” ? Non, n'est-ce pas ?
De nombreuses femmes, modernes, avant-gardistes et très conscientisées, militent ardemment – notamment auprès de la pauvre loque au cerveau liquéfié qui leur sert de souffre-douleur estampillé, à savoir leur époux – pour que les hommes rabaissent la lunette des toilettes lorsqu'ils ont fini de pisser ; de manière à ce que ces feignasses patentées n'aient plus qu'à y poser leurs ravissantes miches quand le besoin leur point. Je ne suis pas d'accord : personnellement, je laisse toujours la lunette relevée. Afin que la dame qui passera derrière moi soit bien certaine que je n'ai pas constellé l'ustensile de ma miction erratique.
Pour toucher du doigt la dégringolade de l'époque (je ne sais si vous avez déjà essayé de toucher du doigt une dégringolade : c'est une expérience unique), il suffit parfois de comparer les discours des ludions qui s'agitent à notre avant-scène avec ceux des hommes qui ont présidé à nos destinées, quand nous avions encore des destinées. Il me semble inutile d'aller fouiller les entrailles du net pour y trouver des extraits exacts de la sanie verbale répandue par l'actuel chef de l'État dès qu'il ouvre la bouche : chacun l'a bien présente dans les narines. C'est du style : « C'que les Français i' veulent, c'est... » Glissons.
Très beau chapitre que celui intitulé Prêtres, dans le quatrième tome de La Grande Intrigue, de Taillandier. Il commence ainsi :
Depuis une semaine, je suis occupé à lire La Grande Intrigue, une pentalogie de François Taillandier – le troisième roman de cette série portant le même titre que ce billet. N'étant parvenu qu'au premier tiers de ce volume, il m'est difficile de parler de l'ensemble bien sûr. Néanmoins, il apparaît clairement que Taillandier a réussi où Philippe Muray a échoué, à mon sens, à savoir dans la métamorphose romanesque des idées et des concepts développés par ce même Muray dans ses essais. Au travers de quelques familles, depuis le début du XXe siècle jusqu'à nos jours, c'est notre sortie de l'histoire qui est mise en scène, notre entrée dans une nouvelle conception du temps, devenu binaire d'après l'auteur : avant et maintenant – cet éternel maintenant s'occupant de liquider aussi rapidement que possible les dernières traces de l'avant. Le premier volume de cette pentalogie s'intitule Option Paradis, qui n'est rien d'autre que le monde voulu (?) et créé par Festivus festivus à son propre usage. Un petit extrait, pour dire :
Depuis ce matin, dans l'immeuble qui abrite mes coupables activités professionnelles, traînant un peu partout : table du hall, ascenseurs, bureaux, etc., on peut trouver de petits carrés de papier rouges d'environ cinq centimètres de côté, sur lesquels est écrit ceci :
Ce matin, poursuivant sa lecture de la Nouvelle histoire de l'Homme de Pascal Picq, l'Irremplaçable est tombée sur ces deux phrases, assez énigmatiques dès lors qu'on les extrait de leur contexte, ce que je m'empresse de faire :
Déjà je n'appréciais que très modérément que l'Irremplaçable ait pu connaître ma propre mère avant moi. Mais alors là...
Il y a environ une heure, sur le trottoir de droite (je ne prends jamais les trottoirs de gauche, par peur de la contamination) de la rue Thierry-Le Luron, j'ai vu une petite culotte de fille, rose. Elle semblait toute désemparée, et, Dieu sait comment et pourquoi, me sont revenus deux vers de Brassens, dans lesquels il parle d'une poignée de main – car certains chanteurs, notamment lorsqu'ils sont sétois, ont cette faculté de s'intéresser aux poignées de main délaissées par les hommes :
Alors voilà, je vais vous dire un truc, aux uns et aux autres. À propos de Georges (et à propos de celle qui parlait si gentiment et qui ne parle plus). En admettant qu'il doive ne me rester qu'un seul commentateur sur ce blog – en admettant. Eh bien, ce serait lui et personne d'autre. Parce qu'il est musicien, et pas vous. Et pas moi non plus, malheureusement. Comment vous dire ? Pas facile...