jeudi 7 juillet 2011

Gloire à Annecy ! Le communiqué que j'aurais aimé écrire


Il émane du parti de l'In-nocence, fondé par Renaud Camus, et a pour sujet une nouvelle dont je me suis bruyamment réjoui hier soir, devant mon poste de télévision et la tronche d'endive mal cuite de Pujadas nous l'annonçant :


« Le parti de l'In-nocence exprime ses vives félicitations aux habitants d'Annecy, à tous les amis du sport, à tous les adversaires de l'affairisme mondialiste, de la tricherie institutionnalisée et du Spectacle global, à toutes les associations comme aux individus qui ont lutté avec courage et dignité pour que les Jeux olympiques d'hiver de 2018 soient épargnés à la Savoie, et qui sont aujourd'hui récompensés de leurs efforts par la désignation de l'infortunée Pyeongchang. Après le succès de Paris qui pareillement était parvenue à échapper au détriment de Londres aux Jeux olympiques d'été de 2012, il semble que voilà enfin un domaine où la France soit habile à tirer son épingle du jeu. C'est une grande joie de la voir soustraite, et ce qui reste de ses paysages, à l'humiliation de servir de théâtre à ce triste spectacle. »


J'en profite pour présenter mes plus sincères condoléances au peuple coréen – lequel a déjà les yeux bridés et n'avait donc pas besoin de cette tuile supplémentaire.

mercredi 6 juillet 2011

Le parodontologue a les dents longues


Ce matin, l'écrivain en bâtiment a passé sa robe de bure et s'est enfermé dans sa cellule monastique pour tenter de bâtir – et de faire tenir debout – un nouveau chef-d'œuvre immortel, sans espoir de défroquer avant deux semaines. Cela devrait raconter la terrifique et pitoyable histoire d'un parodontologue, maboule mais aux dents longues, et s'appeler Les Métamorphoses du vampire : titre baudelairien pour un livre qui, on peut d'ores et déjà l'affirmer, ne le sera en rien. Mais je m'en sortirai, ne vous faites pas de mauvais sang.

lundi 4 juillet 2011

Le Monde.fr se fait prendre à la hussarde


On lit ceci, dans un articulet du Monde.fr :

« Ils s'appellent French Carcan, Zentropa, I like your style, Fromage plus, Didier Goux habite ici ou Hoplite. Ils adoptent un ton souvent railleur et méprisant. Une misogynie assumée. Un racisme chic et élitaire. On y célèbre souvent Pierre Drieu LaRochelle, Ernst Jünger mais aussi Frédéric Dard, Antoine Blondin ou encore Jean Yanne.

« On y trouve fréquemment un extrait du film Un idiot à Paris, dialogué par Michel Audiard, où Bernard Blier sermonne ses bouchers grévistes en ces termes: "Finie la petite auto, finies les vacances au Crotoy, fini le tiercé." Nous les avons surnommés les "Hussards bruns de la Toile", en référence au groupe d'écrivains des années 1950 et 1960 dit des "Hussards" qui se caractérisaient par leur antigaullisme de droite, leur goût du style, leurs positions à contre-courant de leur époque. Et leur fascination pour les causes perdues et les réprouvés. »


La bouse modernœuse en son entier est ici

dimanche 3 juillet 2011

Le prince Ygor retrouve la terre natale (le petit peuple est en liesse)


Aujourd'hui, je m'offre une tournée des Ardennes. Belges d'abord, pour y déposer Ygor Yanka ; françaises ensuite, le temps d'une soirée chez mes parents, à Sedan. Retour demain, à l'heure où la voiture jugera bon d'arriver : Roselyne, mon destin est entre tes roues.


Photo : Irrempe.

samedi 2 juillet 2011

Des mots noirs et blancs, comme des armes noires et blanches


Face aux musulmans et à leurs exigences de plus en plus inacceptables, les modernœuds qui prétendent penser à notre place et savoir ce qui est bon pour notre poil ont décidé (?) une bonne fois pour toutes de se coucher et d'accéder à toute demande, espérant ainsi se concilier les bonnes grâces de gens qui les méprisent hautement. Nous avons désormais face à nous une farandole bariolée et hilare de petits Daladier, retour de Munich. La différence, ou si l'on veut l'aggravation de notre bassesse, est que, désormais, se prosterner ne semble plus suffire, il convient en outre de jeter sur les campements de la barbarie un voile de camouflage, fait de regards détournés et d'épais silence : ce silence est la clé de notre asservissement prévisible, parce que toute parole est devenue d'abord suspecte puis scandaleuse. Modernœud s'entraîne à devenir un serviteur muet.


Les progressistes sont des Municois.

vendredi 1 juillet 2011

L'œil était dans le nid et surveillait l'Irremplaçable


Contrairement aux apparences, et à la dernière fois, les tourtereaux sont deux, dans ce nid petit et mal foutu que leurs parents ont, je le rappelle, cru bon d'édifier au sommet du volet de la Case. Comme ils ne doivent pas être très loin du jour où ils vont s'apercevoir qu'ils sont des oiseaux et qu'il serait temps de profiter de la chance, l'un d'eux commence à risquer un œil en direction du monde extérieur – ou bien il évalue les risques de sa casser la gueule, on ne sait pas trop…


Soudain la mère rapplique (ou le père, on hésite : la tourterelle est un volatile furieusement transgenres), et on se dépêche de rentrer la tête sous l'aile, pour bien montrer qu'on remet la crise d'adolescence à une date ultérieure. Et devant la mine farouche et le bec volontaire de Génitrix, même Catherine a fini par reculer – c'est vous dire.

jeudi 30 juin 2011

La touchante modestie des blogueurs de gauche

Les primaires du PS, c'est pis que les aoûtats : mes petits amis blogueurs de gauche ont commencé à se gratter, et on sent bien à la fureur qu'ils y mettent qu'ils ne s'arrêteront même pas au premier sang. De là à conclure que les blogueurs de gauche, c'est rien qu'une bande d'ongulés, il y a un pas que je me garderai de franchir.

Non, ce qui m'amuse, dans ce grand marché citoyen où chacun a à cœur d'exhiber le contenu de son petit panier, c'est le vocabulaire en cours. Faites un peu le tour du poulailler (pour cela, une seule adresse : la blogoliste de Nicolas) et vous verrez : impossible de trouver l'un de ces modestes pour dire qu'il va voter pour Hollande ou pour Aubry ou pour… Non, non : quand un blogueur s'engage, c'est pour soutenir son candidat – lequel, n'en doutons pas une seconde, s'effondrerait sans cela, tel un palais vénitien brusquement privé de ses piliers de soutènement. À lui tout seul, le blogueur, avec ses petits bras musclés et rien d'autre, si ce n'est sa résolution de progrès et son enthousiasme durable, il hisse bien haut le pavois sur lequel il a juché son idole. Laquelle en sanglote de reconnaissance, forcément.

Imaginez la scène : François Hollande (on peut changer le nom si on veut…) rentre ce soir chez lui, un magnum de roteux dans une main et quatre tranches de saumon d'Écosse dans l'autre, la tronche barrée d'un sourire extatique : « Ma chérie, tu ne sais pas ce qui m'arrive ? C'est merveilleux : tout à l'heure, j'ai reçu le soutien de révolutioniste.net ! Avec ça, il ne peut plus rien m'arriver, j'irai au bout quoi qu'il advienne ! D'autant que, vu son influence, il pourrait bien entraîner le ralliement de gauchissime.blogspot.fr ! C'est dans la fouille, que je te dis, cette primaire ! Allez, on fait péter le flacon… »

Et si, quarante-huit heures plus tard, révolutioniste.net change d'avis et décide de voter pour un candidat rival du premier, il le soutiendra tout pareil et avec la même satisfaction tranquille : en langage de mineur, c'est ce qu'on appelle un soutènement marchant.

Remarquez, si je me moque des blogueurs de gauche, c'est pour être à la hauteur de ma réputation. En réalité, je pense que, le moment venu, les blogueurs de droite feront preuve de la même touchante modestie.

mercredi 29 juin 2011

Mois de mai, mois de mari



Vous trouvez le titre de ce billet énigmatique ?

L'explication est dans le journal

mardi 28 juin 2011

Modernœud et Groréac sont dans une voiture : fable

Ils sont assis tous les deux à l'avant ; ils ne se parlent pas ; on les sent un peu crispés. Ils doivent être dans une voiture d'auto-école car chacun dispose, à sa place, de deux pédales, accélérateur et frein : on en déduit qu'il s'agit d'un véhicule à boîte de vitesses automatique. La bizarrerie est qu'il y a également deux volants : ils sont couplés de telle manière que lorsque l'un est en action, l'autre devient tout à fait inopérant – et réciproquement.

Modernœud et Groréac roulent sur une très longue portion rectiligne de route déserte, dans une campagne très vallonnée, limite montagneuse si on voulait dramatiser. Ils voient très bien que là-bas, tout au bout, ils vont devoir affronter des virages serrés et dangereux, bordés tantôt d'un côté, tantôt de l'autre par un ravin abrupt – et chacun se demande comment il va pouvoir neutraliser son co-pilote afin de garder la pleine maîtrise du volant, dans le but de préserver leurs deux vies. Car chacun, il convient de bien le noter, a conscience de devoir œuvrer pour le bien commun de leur minuscule communauté, d'être responsable pour l'autre qui, nul n'en doute, perdra le contrôle de lui-même et du véhicule à la première difficulté périlleuse.

La route est peut-être droite mais elle n'est pas horizontale, pas du tout. Au contraire, elle suit une pente assez forte, et qui va encore s'accentuant à mesure que l'on se rapproche de la succession de virages. Le problème est que – jeu de la brume ? Miroitement de la lumière ? Traîtrise des plans et des couleurs ? Aberration optique des protagonistes ? – il est impossible de savoir si cette pente est ascendante ou son contraire.

Voyant nettement la route monter vers des sommets où le soleil lui semble triompher de la brume, Modernœud se dit qu'ils doivent prendre de la vitesse s'ils ne veulent pas caler dès le second ou troisième virage : il enfonce l'accélérateur – mais progressivement, pour ne pas faire hurler son compagnon de voyage, toujours prompt à s'émouvoir du moindre changement. De son côté – c'est lui qui tient la place du mort –, Groréac est bien certain que la route dévale vers la zone dangereuse : voulant l'aborder aussi lentement que possible, voire immobiliser la voiture en bout de ligne droite si la chose est encore possible, le voilà debout sur le frein.

Chacun ne tarde pas à comprendre la manœuvre de l'autre et se met à agiter son volant en tous sens, dans l'espoir d'ôter à son voisin la maîtrise du véhicule. Le seul résultat est que les deux volants, maniés simultanément et au mépris de toute contingence mécanique, les deux volants se déconnectent avec un ensemble parfait. Modernœud et Groréac se rendent compte alors que tout est foutu et qu'il ne leur reste plus qu'à imputer à l'autre la totalité du désastre imminent, en sautant en marche de la voiture juste avant le premier virage. Ils relâchent tous deux la pédale qu'ils enfonçaient du pied et ouvrent chacun sa portière, juste à l'amorce du premier virage – un méchant, bien serré à gauche, avec un peu de gravillons en bord de bitume.

Et le ravin est là, juste en face.

La voiture plonge dans la brume crémeuse, désormais en léger contrebas ; il fait un soleil superbe.

lundi 27 juin 2011

Robert Marchenoir, correspondant de guerre fromagère


Encore tout hirsute des combats auxquels il vient de participer, Robert Marchenoir nous a adressé le texte qu'on va lire. Quant à moi, si jamais une armée de gueux munis de faux et de fourches s'approche de ce blog, le blasphème et la menace en bouche, pour se faire justice, je saurai à qui les adresser…



Baston générale chez Fromage Plus



Il y a une dizaine de jours, voulant sans doute calmer les bagarres qui surviennent périodiquement, bien malgré lui, sur son excellent blog, l’infortuné Fromage Plus a cru bon de faire un post consensuel, pacifique, plein d’amour et de charité chrétienne, exclusivement composé de photos de son (je suppose) pèlerinage de Lille à Chartres.

Sans le moindre commentaire de sa part.

Hélas, quelqu’un dans l’ecclesia (je veux dire l’assemblée) fit remarquer le caractère funeste d’une des photos, représentant l’un de ces fameux lotissements pavillonnaires qui défigurent le paysage de la France rurale et éternelle, tel un furoncle sur le beau visage d'Adriana Lima

Ce à quoi je répondis, en gros, qu’il fallait bien que les gens se logeassent.

Du coup, la baston générale a éclaté.

Elle dure sans doute encore à l’heure où vous lirez ces lignes.

Je vous résume le film. A ma gauche (je simplifie), le gang des catholiques traditionnalistes, paléo ou néo-ruraux, voire agriculteurs, décroissants, auto-suffisants, et, bien entendu, anti-libéraux. À ma droite (je caricature), la fine fleur des citadins libéraux-conservateurs, pour ne pas dire réactionnaires et nauséabonds – dont votre serviteur.

Nous étions donc entre amis.

Entre deux bourre-pifs, nous devisâmes civilement de maisonnettes, de maçonnerie et d’agriculture. Ce qui donna lieu, entre autres, aux déclarations suivantes (orthographe respectée) :

« Ça me fais bien mal de savoir que je trime pour nourrir des connards dans vôtre genre qui n’ont même pas conscience qu’ils ne sont rien sans nous. Ne rêvez pas la famine vous pend au nez, et ce jour la on vous verra dégueuler dans les campagnes quémander de quoi bouffer. »

« Je vois pas pourquoi jme casserai le derche à nourrir des gens comme ça. »

« Venez pas mendier : moi, j’aurai TOUJOURS de quoi bouffer. »

Formidable auto-radioscopie de la mentalité du “paysan” français, et, d'ailleurs, du Français en général. On voit tout de suite le fantasme : sous prétexte qu'il fait pousser des patates ou n'importe quoi d'autre, le type s'imagine qu'il nourrit les Français, alors que ce sont bien évidemment les Français qui le nourrissent.

Ben oui : ses patates, il ne les donne pas, comme ça, bénévolement, par charité. Il les vend. Ce sont donc bien ses clients qui, en acceptant de lui acheter ses produits, lui permettent de “bouffer”, c'est-à-dire de subvenir à ses besoins.

Y compris alimentaires, bien évidemment. Le “paysan”, il fournit un produit, peut-être quelques-uns, mais certainement pas tout ce dont il a besoin pour “bouffer”. Son sucre, il l'achète au supermarché, comme tout le monde. Son café, son poivre, ses bananes, il aurait un peu de mal à les faire pousser lui-même. S'il fait du fromage en montagne, il ne fait pas de blé. Et vice-versa. Son merlan, il ne le pêche pas dans l'étang derrière chez lui. Son bœuf, il a bien besoin d'un “connard” pour l'abattre. Il ne va pas lui prendre le filet sur pied pour le mettre au gril. Son pain, il a bien besoin d'un autre “connard” pour le cuire.

L'électricité, l'essence, la voiture, les machines et Internet, dont il a besoin pour “nourrir tous ces connards”, ce sont d'autres “connards” qui les lui fournissent. Dont certains, même, abomination de la désolation, habitent en ville.

Mais ça ne fait rien. Dès qu'on ne se prosterne pas devant lui, dès qu'on conteste un tant soit peu sa vision du monde et des choses, ses droizacquis et ses subventions, il se promet d'affamer ses contemporains.

Menace qu'il ne mettra jamais à exécution, naturellement.

Quand bien même il le ferait, les “connards” continueraient, bien évidemment, à “bouffer” sans s'apercevoir de rien. Car il y a des centaines de millions de “connards”, à travers le monde, qui ne demandent pas mieux que de “nourrir ces connards de Français”.

Et c'est bien ce qui emmerde le p'tit paysan qui est si sympa, si altruiste, si dévoué, si généreux de son temps et de sa peine, si respectueux des hommes et de la nature.

On peut se passer de lui.

Le monde ne tourne pas autour de son nombril et de son lopin de terre. Il serait même légèrement en surnombre que ça ne m'étonnerait pas.

C'est bien pour cela qu'il dit : « Vous êtes des connards, vous n'êtes rien sans nous. »

On voit bien quel est son rêve secret. Être un petit Hitler, un petit Staline, un petit Pol Pot. Tenir tous ces “connards” sous sa botte.

Et c'est bien pourquoi il est anti-libéral : il est contre la liberté.

D'ailleurs, un fonctionnaire ne peut qu'être anti-libéral. Il sait très bien où est son intérêt. Une profession dont la moitié des revenus provient de subventions est composée de fonctionnaires. Une profession dont l'outil de travail, la terre, est nationalisé, puisqu'il ne se vend qu'avec l'autorisation d'un organisme monopolistique et para-public, est naturellement portée à être socialiste.

Tout en cultivant son image d'individualisme buté et hargneux, comme le montrent à l'évidence les réflexions ci-dessus.

Les pires vices de l'individualisme alliés aux pires vices du socialisme : voilà le profil du pitit paysan franchouille, que le monde entier nous envie.

Et le pitit paysan franchouille, observant la crise financière mondiale, se frotte les mains en espérant le retour de l'Occupation : « Ne rêvez pas la famine vous pend au nez, et ce jour la on vous verra dégueuler dans les campagnes quémander de quoi bouffer. »

Ça, ça le fait positivement bander, le pitit paysan français. Il l’a vu dans les films, à la télé : les expéditions à la campagne pour le ravitaillement, le marché noir… Vivement que tout ça se casse la gueule, qu'on puisse enfin se faire des couilles en or sur le dos de ces “connards”.

Un grand humaniste, on vous le dit, contrairement à ces salopards de “rats des villes”. Le cœur sur la main, toujours prêt à rendre service. Le genre de type auquel on a envie de vouer une gratitude infinie, en temps normal, de bien vouloir être assez bon pour nous “nourrir”, nous autres les “connards”.

Évidemment, là aussi, le zentil pitit producteur se fourre le doigt dans l'œil, et nous raconte des histoires : l'agriculture française de 2011 n'est pas celle de 1940. Dans leur immense majorité, les agriculteurs seraient autant aux abois que les citadins, si le fameux cataclysme que certains ont la bêtise d'appeler de leurs vœux se produisait.

En 1940, le tracteur ou la voiture s'appelaient cheval, le congélateur n'existait pas, le cours des denrées n'était pas sur Internet… et il n'y avait pas de subventions.

Toutes ces menaces, ces insultes et ces rodomontades expliquent, rétrospectivement, bien des choses. On en comprend un peu plus sur les HLPSDNH, la collaboration, la permanence d'une certaine mentalité française : toute de “solidarité” et “d'humanisme” en façade, mais rêvant au jour où, enfin, surviendra l'occasion d'escroquer son prochain dans les grandes largeurs.

Bref : le socialisme, issu en droite ligne de la Révolution. La guerre civile de 1789 n'est pas terminée.

Remarquez que cette mentalité n'est pas circonscrite aux paysans. Les membres de toutes les professions s'imaginent qu'ils sont indispensables.

Cette profonde maxime : « Ça me fais bien mal de savoir que je trime pour nourrir des connards dans vôtre genre qui n’ont même pas conscience qu’ils ne sont rien sans nous », devrait être inscrite au fronton des monuments de la République. Elle en est, véritablement, la devise.

C'est ce que pensent, et disent, un nombre incalculable de gens dans toutes les strates de la société, du haut fonctionnaire le plus puissant à l'artisan le plus modeste.

C'est, bien entendu, au premier chef, la mentalité des fonctionnaires. Alors qu'ils devraient être les premiers à se sentir, et à se dire, au service de la population, ils se comportent, et ils le disent, comme si c'était la population qui leur était redevable. De lui fournir l'éducation, la médecine, les transports, de bien vouloir être assez bons pour lui soutirer 56 % de ce qu'elle gagne sous forme d'impôts…

Cette ahurissante inversion des valeurs et des responsabilités a contaminé toute la société, secteur privé compris. Le type qui fournit un bien ou un service sur le marché, en échange d'un paiement, est sincèrement persuadé non pas qu'il devrait remercier, tous les matins que Dieu fait, ses clients de l'avoir choisi, non pas qu'il participe à un échange équilibré où chacun rend service à l'autre, mais qu'il est bien bon “de trimer toute la journée pour rendre service à ces connards de clients” qui n'ont même pas conscience de leur chance que le roi du monde et de ses environs daigne s'intéresser à eux.

En somme, l'argent qui change de mains à cette occasion est une sorte d'impôt. C'est un dû.

Et quand, par le plus grand des hasards, il manque à se matérialiser, cela devient la faute du gouvernement. Ou de l'ultra-libéralisme. Et en général les deux.

La contradiction ne semble pas les gêner. Ils n'en sont plus à ça près.

Remarquez que toute cette construction économico-intellectuelle (il faut le dire vite…) ne tient que grâce à la dette publique, qui, contrairement à ce que prétendent certains à l'esstrêm' drouâte, n'est pas due aux Chouifs, ni aux banksters internationaux, ni à l'ultra-libéralisme, mais bien à l'ultra-étatisme.

En somme, au socialisme.

Rendez-vous compte que tous les Français de moins de 54 ans ont vécu toute leur vie de citoyens, c'est-à-dire à partir de l'âge de 18 ans, sans avoir jamais connu un seul budget public à l'équilibre.

Je répète : depuis 1975, la France a toujours été, année après année, en déficit. Si vous aviez 18 ans en 1975, l'âge auquel on a le droit de s'impliquer dans les affaires publiques aujourd'hui, ou si vous étiez plus jeune, ou si vous n'étiez pas né, eh bien vous n'avez jamais eu le droit de vote à un moment où la France ne dépensait pas davantage qu'elle ne gagnait. Quel que fût le parti au pouvoir.

Autrement dit, tous les Français de moins de 54 ans ont des raisons de trouver normal que l'argent pousse sur un arbre planté dans la cour de l'Élysée, puisqu'ils n'ont jamais connu autre chose de leur vie d'adulte, et que tout leur a semblé fonctionner normalement pendant ce temps.

Évidemment, ça ne peut pas durer.

Certains pensent pouvoir s'en tirer en affamant, le jour venu, leurs “connards” de concitoyens. Et ils s'imaginent que les “aigris”, ce sont les autres. Ils pensent que les insultes et le chantage vont suffire à leur garantir leur petit confort.

Ils se préparent de douloureux lendemains.

dimanche 26 juin 2011

Didier Goux se couvre de ridicule puis fait sa nuit

Hier, nous recevions ma sœur et son homme à déjeuner. À l'issue de celui-ci, les hôtes, la puissance invitante et le réfugié matrimonial décidèrent de sacrifier à cette tradition que pour ma part je réprouve : la promenade digestive. Demeuré seul, je décidai qu'une courte sieste me ferait le plus grand bien, pour laisser au chablis premier cru le temps de se faire oublier.

Comme personne ne jugea utile de me réveiller en rentrant de la promenade, et les effets de la Montée de Tonnerre étant ce qu'ils sont, il faisait grand soleil lorsque je m'éveillai et mon réveil indiquait neuf heures moins le quart. Bref, il était plus que temps de se lever. Ma première surprise fut de découvrir Catherine devant la télé, ce qu'elle ne fait jamais le matin. La deuxième – moins agréable – de constater qu'elle n'avait même pas pris la peine de mettre en route le café, ce que je fis en maugréant. C'est en allant en prendre la première tasse dans le jardin que je pus m'apercevoir que le soleil ne se levait pas au bon endroit. Il me fallut encore deux à trois secondes pour que tout se remette en place.

Il était neuf heures du soir et nous étions toujours hier (par rapport à aujourd'hui, veux-je dire ; car au moment où ça s'est produit, j'ai au contraire pensé qu'on était encore aujourd'hui et non demain : essayez de suivre, c'est déjà assez pénible comme ça). C'est alors que je me suis dit que j'avais probablement eu tort, me croyant le matin, de prendre une deuxième ration de médicaments – mais il n'en est rien résulté de fâcheux jusqu'à présent – et que je me suis demandé comment j'allais faire pour me rendormir. J'ai évidemment trouvé la solution : deux petites bières supplémentaires, pour faire glisser mon petit-déjeuner vespéral, et au lit.

Lorsque je me suis de nouveau réveillé, peu après huit heures, je n'ai pu m'empêcher de jeter un coup d'œil torve et soupçonneux en direction du soleil qui me semblait briller d'une manière plus ironique qu'à l'accoutumée.

À part ça, tout va bien.

vendredi 24 juin 2011

Les bobos de Montreuil font sous eux



Nathalie, comédienne grandie dans un mas cévenol retapé et équipé de toilettes sèches, a voté Voynet ce jour-là.


Je vous conseille vivement de savourer avec lenteur tout l'article dont cette phrase est issue : la stupidité arrogante de Modernœud, superbement quintessenciée…

jeudi 23 juin 2011

Didier Goux passe le bac et finit en ruines


Donc, après moult atermoiement engendré par un temps éminemment variable, nous partîmes pour Jumièges – pas plus énervés que cela. Allez savoir pourquoi, en ces confins de l'Eure et de la Seine-Maritime (proverbe local : avant l'Eure c'est pas l'Eure, après l'Eure c'est la Seine-Maritime), le fleuve se franchit par bacs : traversée un peu frustrante puisque après dix minutes d'attente elle doit en durer moins de deux…


Néanmoins, l'abbaye ou plutôt ce qu'il en reste (“Plus belle ruine de France”, aurait sentencé Victor Hugo, qui se croyait obligé de bricoler une phrase impérissable devant chaque monument que croisait sa route) “mérite un détour”, voire “vaut le voyage” comme on dit dans les guides sérieux. Première impression : il est étonnant – et fort déprimant si l'on y songe – de constater que des bâtiments médiévaux presque totalement défigurés par le temps et les vandales post-révolutionnaires présentent encore mille fois plus de beauté que n'importe quelle réalisation architecturale contemporaine. Peut-être simplement parce qu'ils sont encore là alors même qu'ils ont cessé d'être.


L'aspect le plus immédiatement séduisant de Jumièges est qu'il est possible de tout découvrir ou presque, chaque détail d'architecture, voussure, amorce d'arcs, échappée de paysage, à travers les cadres naturels formés par les différentes fenêtres restant debout, et qui donnent à voir des tableaux sans cesse changeants à mesure que l'on se déplace de quelques pas dans un sens ou dans un autre. Chaque élément, pierre ou frondaison, se présente dans un écrin d'air et de lumière, tantôt roman, tantôt gothique, et même l'un après l'autre, selon l'endroit où l'on se place pour le regarder.



La présence des échafaudages, bien sûr regrettable, mais il est nécessaire de consolider les ruines, ne réussit pas à gâcher cette certitude du miracle que l'on éprouve ici, faite sans doute de deux impressions en principe contradictoires, celle d'une beauté fragile, toujours sur le point de s'évanouir, et celle d'une éternité à peine de ce monde-ci – et peut-être en a-t-il été de même, durant plus de mille ans, du lien qui unissait à Dieu les hommes qui ont vécu et prié entre ces murs dont on ne sait plus bien, au moment de repartir, ce qui subsiste d'eux, de l'ébauche ou du souvenir.

D'autres photos…


mercredi 22 juin 2011

Nous n'irons pas à Jumièges aujourd'hui


C'est pourtant ce qu'hier soir, à l'heure où les écrivains en bâtiment s'affaissent dans leur fauteuil, assommés par le travail qu'ils n'ont pas fourni, nous avions prévu de faire. Parce que ce n'est pas très loin, et pour le plaisir enfantin de traverser la Seine sur un bac plutôt que sur un pont – la période des ponts étant close et celle du bac battant son plein. Mais si vous vivez dans la partie nord de la France et que vous jetez un rapide coup d'œil par la fenêtre la plus proche, vous comprendrez que nous ayons renoncé à la promenade : non seulement le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle, mais en outre il dégouline telle une vieille passoire de ménage. Par conséquent, en guise de fleuves impassibles je n'aurai que la flaque qui se forme régulièrement au pied de l'escalier montant à la terrasse, et en fait de ruines majestueuses je pourrai toujours contempler mon âge dans les miroirs disponibles, tout en traversant morosement un chapitre de Brigade : on a les Ponts-de-Cé qu'on peut.


(Le titre de ce billet est à fredonner pour soi-même, sur l'air de la chanson de Piaf écrite par Francis Blanche : Le prisonnier de la tour s'est tué ce matin/Grand-mère/Nous n'irons pas à la messe demain…)

lundi 20 juin 2011

Coluche, rebelle de confort – canal historique

C'est curieux comme les progressistes, tout pointés vers l'avenir qu'ils sont, adorent commémorer en pleurnichant. Certes leur mémoire ne s'exerce pas au-delà de la Seconde Guerre mondiale, puisque grâce aux vertus dissipatrices de l'Éduc' nat', ils ignorent désormais qu'il y a eu des siècles. Mais cette mince poignée de décennies entre la Bête immonde et nous est suffisamment poissonneuse pour que Modernœud y aille régulièrement de sa petite déploration lacrymogène.

Ces jours-ci, c'est Coluche. Que l'on célèbre selon deux modes différents, soit en exaltant le rebelle-comme-on-n'en-fait-plus, soit en génuflexant devant l'image de sous-abbé Pierre qu'il s'était bricolée les derniers mois de sa vie, en réinventant la soupe populaire. On n'insistera pas sur le second mode : que nos petits deophobes autoproclamés éprouvent à ce point le besoin de s'inventer des saints laïques, et qu'ils soient contraints d'aller les chercher si bas, est suffisamment pitoyable et drôle en soi pour qu'il n'y ait besoin d'insister. Le premier mode est plus intéressant.

Je me souviens bien, moi, des débuts de la vague coluchienne, en 1974. Sur qui tapait-il, ce chevalier Bayard de la rebellitude pour qui Modernœud, près de quarante ans plus tard, reste tout pantelant de révérence ? L'armée, la police, l'Église catholique, les anciens combattants, c'est-à-dire des corps, constitués ou non, qui, déjà à cette époque, n'avaient plus les moyens, ni même sans doute le désir, de riposter. Après tout, Brassens cognait déjà sur les mêmes vingt ans plus tôt – en y mettant un peu de talent, lui.

Mais surtout, Coluche tapait sur le Franchouillard. C'est-à-dire le “beauf” inventé quelques années plus tôt par son ami Cabu, autre rebelle de confort insubmersible. Le Franchouillard de droite (bien sûr), raciste (ça va de soi), stupide (mais pourquoi le préciser ?), etc. – je ne vous fais pas un dessin. Le Franchouillard qui, en outre, est naturellement un fervent supporter des cibles secondaires de “l'artiste”, que l'on a rapidement énumérées plus haut. Très logiquement, lorsque l'officine crypto-socialiste SOS-Racisme est sortie des limbes, notre mutin de Panurge en fut aussitôt l'une des plus enthousiastes caisses de résonance.

Il me semble par conséquent que pleurnicher aujourd'hui que Coluche nous manque et qu'il n'a pas été remplacé est une double erreur. D'abord parce qu'il ne me manque nullement, à moi ; et ensuite parce qu'il a moult petits disciples, sur les ondes et les écrans, qui continuent après lui de taper sur tout ce qui promet de ne pas se défendre ni même de se fâcher : les petits Guillon, les minuscules Morel, les infinitésimaux Porte, les infra-moléculaires Aram, etc. : vous complèterez la liste mieux que moi.

En ce sens – la férocité vulgaire exercée contre qui ne peut ou ne veut se défendre en rendant coup pour coup, la posture de rébellion contre des idées ou des mœurs déjà réduites en miettes, le profond respect des lubies idéologiques en vogue, etc. –, Coluche fut en effet bel et bien un précurseur de ce qui n'en finit pas de proliférer sous nos yeux : le conformisme à nez rouge.

Pour la peine, pour avoir créé Coluche, ce personnage avec lequel on nous concasse encore les burettes vingt-cinq ans après sa mort, Michel Colucci subira donc ce tourment cruellement raffiné de reposer pour l'éternité sous une ignoble tombe en forme d'abribus banlieusard.

dimanche 19 juin 2011

Les Caennais ont bien fait de prendre Duron : la joie dans la douleur


Elle a de l'allure, la façade de l'Hôtel de Ville de Caen, non ? Mais, évidemment, son classicisme la rendait tout de même un peu austère, un peu fade, pas très festive. Alors le maire PS (évidemment PS…) de la ville, un certain Philippe Duron, a eu l'idée de profiter de la gouine parade fiote footing lesbien & gay pride d'hier pour affirmer hautement sa solidarité avec… avec qui d'ailleurs ? Avec quoi ? Avec les victimes de l'homophobie, bien sûr ! Et comme la solidarité de ce Duron ne semblait pas suffisante à ses propres yeux de Modernœud rose, il a décidé que tous les Caennais seraient solidaires derrière lui, qu'ils le veuillent ou non. Donc, pour bien signifier qu'il se foutait de leur avis comme de sa première élection, il a eu la mirobolante idée d'accrocher au fronton de la mairie un drapeau gay friendly – si quelqu'un peut m'expliquer comment un drapeau peut être gay friendly, je suis preneur.

Cela dit, il reste tout de même assez modéré dans sa démence idéologique, le Duron, pas enfermable immédiatement : il a placé son chiffon à côté du drapeau français, alors qu'il aurait très bien pu le mettre à la place. C'est sans doute pour ne pas heurter de front les derniers Caennais réactionnaires, frileux, moisis, sales, abjects, visqueux, fêlés, qui s'accrocheraient encore à leurs pestilences anciennes ; ceux qui, on l'espère, aux prochaines élections municipales, refuseront de reprendre Duron.

samedi 18 juin 2011

2012 : Sarkofrance révèle pourquoi la droite a déjà gagné

Le blog Sarkofrance, tenu par un Juan qui ne s'appelle pas Juan, c'est en quelque sorte le Vatican de la gauchosphère antisarkozyste, et le camarade susnommé en est le Souverain Pontife. Par conséquent, on peut le croire lorsqu'il prédit une défaite cuisante pour la gauche et la reconduction tranquille de son modèle-obstacle à l'Élysée. Oh, bien sûr, il ne le dit pas ! C'est mieux : il le prouve. Lisez donc :

« Pour ma part, je ne voterai pas aux primaires écologistes, mais j’applaudis Laure Leforestier (qui soutient Hulot, avec un très bon billet) ou Denis. Ecologiste, je soutiendrai (très certainement) Ségolène Royal (comme Gabale ou Intox2007), mais j’applaudis Rimbus qui penche pour Montebourg, ou Jegoun qui votera Aubry ou Hollande (n’est-ce-pas ?), CeeCee qui ne sait pas, Mrs Clooney qui doute, Vogelsong qui nous affranchit. J’applaudirai aussi Disparitus (par précaution, car on se connaît dans la vraie vie), Olympe, ou Luc (qui a disparu). Je soutiendrai Gauchedecombat, qui soutient Mélenchon, ou Romain qui est avec un non-candidat dénommé Julien Dray. J’en oublie, évidemment, mais l’essentiel est ailleurs. »

Si vous voulez lire la version longue, c'est par ici. Mais je vous préviens : j'ai extrait le plus rigolo. D'autre part, j'ai laissé ses innombrables liens par flemme de les enlever, mais ils sont presque tous hautement dispensables.

vendredi 17 juin 2011

Renaud Camus commencerait-il à me trouver encombrant ?

Il y a quelques jours, alors que nous arrivions chez lui pour y dîner, Joseph Vebret a cru bon de me narguer, sous le puéril prétexte qu'il possédait déjà le journal 2010 de Renaud Camus alors que moi pas : comme je m'étais conduit de la même indigne manière lors de la parution de la cuvée 2009, j'ai encaissé sans moufter. D'un même mouvement il m'a tendu le volume, en me disant : « D'ailleurs, il parle de toi à plusieurs endroits… » Évidemment, je n'ai pu m'empêcher de faire ce que fait dans ces cas-là n'importe quel ouistiti imbu de lui-même : j'ai foncé à l'index pour pointer les pages où il était question de votre serviteur dévoué. À la page 136, peut-être parce qu'elle correspond au dimanche de Pâques, je me fais gentiment sonner les cloches par le maître des lieux. Revenant sur son contentieux avec Juan A., il conclut le dernier paragraphe comme suit :

« Il n'empêche que je vais devoir me coltiner l'A. [c'est moi qui brouille…] nouvelle manière jusqu'à la fin de mes jours, je le sens bien – c'est un joli cadeau de Didier Goux, qui ferait mieux de se fabriquer des ennemis pour lui-même plutôt que de les lâcher sur moi une fois qu'il les a bien exaspérés. »

J'y travaille, Cher Maître, j'y travaille…

jeudi 16 juin 2011

L'Éduc' Nat' ou : les ânes parlent aux ânons


Lucien de Lacvivier, en plus d'être doté d'un nom fort élégant, est un jeune homme qui a de la mémoire. Il se souvient très bien notamment des années qu'il a passées au sein de la fabrique de crétins qu'on appelle encore Éducation nationale, on se demande bien pourquoi. Hier, il s'est amusé à évoquer ici quelques-uns de ses souvenirs les plus drôles (ou les plus déprimants : tout dépend de votre humeur générale du jour…). J'en extrais une poignée pour vous mettre en appétit pédagogique :



- Première L. Jour de rentrée des classes. Ma prof de français et de littérature, également prof principale, affirme sans sourciller que Descartes est un philosophe des Lumières.

- Troisième. Rédaction - pardon : épreuve d'expression écrite - dont le thème est la Grande Guerre. J'insère dans le texte - traitez-moi de tricheur, je le mérite - un assez large extrait de La Comédie de Charleroi de Drieu, que je connais à l'époque par coeur. Le texte de Drieu, à la correction, se trouve être beaucoup plus raturé que le mien. Il y a des "mal dit" par paquets dans la marge.

- Cinquième. Ma prof de sport - d'EPS, comme on dit - fait courir un sprint à tout le monde. Elle note les places et les temps de chacun, puis refait courir le même sprint avec des handicaps pour les meilleurs. Elle note en fonction des résultats du second sprint. (Cette pratique est généralisée : on l'appelle VMA, si j'ai bien compris le nom du monstre.) J'étais second de ma classe, je finis dix ou onzième.

- Sixième. Ma prof de maths pointe Nesrine du doigt - une cancre ayant redoublé deux fois; puis moi; puis elle affirme : "Si Nesrine travaillait plus, je suis sûre qu'elle serait meilleure que Lacvivier. Personne n'est plus intelligent que les autres." A l'époque, je suis bon en maths. De tels encouragements me font chaud au coeur, et m'encouragent à persévérer dans cette voie.

- Première L. Ma prof de français demande aux élèves de donner le nom des grands écrivains du XXème. Je propose Giono; elle me répond textuellement, en une formule qui plaira fort, sans doute, au Maître des lieux : La campagne, c'est chiant.

- CM2. Mon instituteur, qui organise une chorale par semaine pour l’école entière, à un élève qui bavarde tandis qu’il accorde sa guitare : « Toi, pauvre con, tu vas bouger ton gros tas. » L’élève est un peu gros et il rougit devant tout le monde. Notons que l’homme est un humaniste et qu’il n’a trouvé, dans le vaste répertoire français, que Lili de Pierre Perret et Cent ans dans la peau d’un esclave de Francis Cabrel à nous faire apprendre.

- Dans un manuel d’éducation civique, pour l’école primaire, un exercice : Montrez que Jean-Marie Le Pen est hostile à la démocratie.

- Troisième. Ma prof d’Histoire, pour le dernier trimestre, ne donne que des notes collectives, et elle tient absolument à ce que les groupes soient hétéroclites. Ainsi Cindy qui a 2 de moyenne générale pourra faire remonter la note de Pierre qui a 18,5. Vous comprenez le principe ?

- Autre Procuste, mon prof d'Histoire de quatrième : lui ne note qu'entre 9 et 13. Ainsi, il suffit de gribouiller deux ou trois lignes incohérentes pour se voir attribuer à peu près la même note que le meilleur de la classe.

- Première L. Celle qui trouve que la campagne bah c’est vachement chiant et que Descartes eh ben c'est l'pote à Rousseau nous déconseille de lire Lewis Carroll, qui n’est somme toute « qu’un pédophile ».

mercredi 15 juin 2011

Modernœud des villes, modernœud des champs


Le dimanche 26 juin – que ce jour soit à jamais maudit dans nos mémoires –, pour la première fois de son histoire, Le Plessis-Hébert va s'offrir une véritable fête des voisins. Chacun va préparer son propre panier-repas pour venir en ingérer le contenu, le cul dans l'herbe humide, sur le semblant de terrain de football dont nous sommes dotés.

Rien de ce qui fait l'aliénation urbaine ne sera épargné aux culs-terreux que nous sommes.