jeudi 4 février 2010

Le programme de ce soir (sévèrement burné)

D'abord L'Homme au colt d'or (vous chercherez le titre original vous-mêmes, hein ? Sinon, je manque le début...) avec Henry Fonda, puis, juste après, des fois qu'on aurait encore un petit déficit de testostérone, L'Homme des hautes plaines de et avec Clint Eastwood – ce dernier mainte fois épinglé par les progressistes de la génération de vos parents, ou à la rigueur de vos grands-frères, à l'époque des Dirty Harry. Quant à Fonda 1er, il n'a jamais non plus passé pour très à gauche.
De plus, voilà des gens qui, lorsqu'on leur marchait sur le demi-bout d'un quart d'orteil exigeaient des excuses en Cinémascope. Et, quand ils ne les obtenaient pas, ce qui arrivait fréquemment, ils défouraillaient aussi sec. On aura remarqué que, dans les titres français de ces deux films, il y a chaque fois le mot “homme” ; ce qui, en soi, constitue déjà une douteuse provocation à la violence machiste. Sans même parler de la manière radicale qu'ont ces hommes-là de discriminer les malfaisants façon puzzle.

Bref, il m'arrangerait beaucoup que pas un des mille yeux de l'hydre mrapiste (qui rime avec gestapiste) ne vienne fureter ce soir dans mon salon. Si jamais, dans les jours qui viennent, le politburo du Matraquage de la Raison pour l'Abrutissement des Populaces vient me chercher des poux extrêmes dans la tonsure, je saurai que c'est vous qui avez balancé.

29 commentaires:

  1. Ils avaient, ont une gueule tout de même à crever l'écran, perso je ne m'en lasse pas!

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  2. Je crains fort que l'on n'aurait dû épingler Eastwood pour les films qu'il a réalisés lui-même. C'est alors une avalanche de mouvements de caméra des plus convenus et des dialogues d'une rare indigence. Voir "Sur la route de Madison" relève du martyre tellement c'est niais d'un bout à l'autre. Je ne comprends pas pourquoi on a fait d'Eastwood un grand réalisateur dit de gauche, alors que l'on se trouve dans la cucuterie la plus grossière à chaque fois. Quand Ford ou Hawks se saisissaient de clichés, ils les transformaient en vérité, mais lui ! Mauvais cinéma de pseudo-gauche.

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  3. Je ne sais pas où vous avez pu voir que Clint Eastwood est un "réalisateur de gauche", Dominique.
    Il est républicain pur jus.
    Et assez porté sur le droit à la vengeance.
    Par ailleurs, c'est un réalisateur qui a beaucoup évolué, beaucoup travaillé, et si "Sur la route de Madison" n'est pas un de mes préférés, je tiens "Minuit dans le jardin du bien et du mal" comme un petit bijou.

    (Rassurez nous, vous n'êtes pas critique de cinéma ??)

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  4. Audine, Dominique ne doit pas pouvoir tout suivre à la fois, elle fait déjà Spirou, laissez-la souffler

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  5. A vrai dire, je crois qu'il est peut-être un peu vain d'essayer de deviner si Eastwood est de gauche ou de droite (même si Audine a raison, il fut notamment un grand soutien de ce rouge que fut Ronald Reagan), il est surtout intelligent. Ce qui tranche avec ce genre de commentaire un peu hâtif. Mais bon, je ne vais pas charger le mulet...

    "Minuit dans le Jardin du Bien et du Mal" c'est vrai que c'est un grand film, un vrai film sur le sud dans la lignée des oeuvres de Faulkner ;

    il y a aussi "Honkytonk Man" .
    "Chasseur blanc Coeur noir"

    "Impitoyable" qui est, par son sujet, son atmosphère crépusculaire, contemplative, son élégance naturelle le "dernier" grand western.

    A l'évidence, Eastwood est un réalisateur majeur, même si son cinéma est parfois inégal. Comme l'est celui de tous les réalisateurs. Les pseudo-connaisseurs qui citent Hawks à tout bout de champ (contrechamp) n'ont peut-être jamais vu "Si bémol et Fa dièse"...

    "C'est alors une avalanche de mouvements de caméra des plus convenus" : cette phrase en particulier est particulièrement à coté de la plaque à mon avis.

    Eastwood ne fait pas et ne fera jamais dans "l'avalanche" de mouvements. Au contraire, il filme extrêmement lentement, patiemment, à tel point que son cinéma en devient rare, précieux. Il n'est presque jamais dans l'effet.

    J'aime beaucoup la petite référence très "Cahiers du Cinéma" à Hawks et Ford...qui m'a bien fait rire.

    Ah Rio Bravo, avec John Wayne, autre gauchiste patenté...

    ---

    Didier,

    Henry Fonda ne fut quand même pas un grand réac. d'ailleurs, quand on voit les inclinaisons politiques de ses enfants, Peter mettons, il est permis d'avoir des doutes.

    Et puis, la filmo : Les Raisins de la colère ; 12 hommes en colère...pas très républicain tout ça...

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  6. Oui, et puis me semble-t-il on ne va pas au cinéma pour décrypter les positions politiques d'un réalisateur.

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  7. Henri, Dominique vous remercie de votre attention au sujet de certains détails comme son genre. Il apprécie ainsi vos capacités de lecture et d'analyse.

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  8. Mon cher Didier, en cas de persécution politique, je vous héberge avec empressement; les persécuteurs finiront noyés dans le Vacqueyras...foi de Pluton !!

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  9. Ceci ressemble au billet d'un mec bourré
    Le commentaire de Dorham est, comme de coutume, bref et succint mais néanmoins exhaustif;
    Il épuise à la fois le sujet et le lecteur.
    Ceci dit, je m'en fout, j'ai pas lu jusqu'au bout.

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  10. Ben, vous avez tort, Tonnegrande, car Dorham a parfaitement rivé son clou à Dominique, toujours aussi niais. Du coup, j'ai plus rien à dire. Merci Kenny.

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  11. "L'Homme des hautes plaines de et avec Clint Eastwood – ce dernier mainte fois épinglé par les progressistes de la génération de vos parents, ou à la rigueur de vos grands-frères, à l'époque des Dirty Harry."

    Je confirme ! J'ai été traitée, je ne sais combien de fois, de fââââsciste par mon frère aîné gauchiste et ses copines féministes lorsque j'avais 10 ans parce que j'étais amoureuse de Clint Eastwood (époque Dirty Harry) et que je lisais Tintin et Gérard Lauzier. J'en suis restée traumatisée ! Depuis je hais les gauchistes et les féministes mais je suis toujours amoureuse de Clint (époque L'Homme des hautes plaines)!

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  12. "la manière radicale qu'ont ces hommes-là de discriminer les malfaisants façon puzzle.":
    j'adore!
    Tiens, nous allons regarder les mêmes choses.

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  13. Anthony Queen avec une coiffure gominée et méchée façon moumoute ne se ressemble pas. Il est plus authentique dans la Bataille de San Sébastian vue ces jours-ci, en vrai-faux prêtre qui redonne sa dignité à un village de paysans trouillards.
    Mais là, la scène de sa mort.... Il a dû rêver de terminer comme ça. Il est mort comment, au fait, dans la réalité?

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  14. Perso, j'aime tout dans Clint, et j'aime tout Eastwood.
    Et je me fous de ses mouvements de caméra. Mais grave!

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  15. Le Bois de l'Est n'est pas prêt de mourir... Et c'est cruellement beau... surtout dans cet aspect physique de faux vieillard. Mais Dirty Harry me manque, au moins pour son discours...

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  16. « Quant à Fonda 1er, il n'a jamais non plus passé pour très à gauche. »

    Ah, pardon, il avait des sympathies clairement démocrates, ainsi que l'a du reste suggéré Dorham.
    Et, pour des Américains, c'est être de gauche.

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  17. À lire la prose dominicaine, il a ri Clint... on s'en tape des opinions politiques du vieux cow-boy, pourvu qu'il tire vite et bien.

    J'ai bien aimé « Sur la route de Madison ». Sujet délicat, fort bien traité. Évidemment, si on aime les histoires avec des hélicoptères qui se butinent en plein ciel au-dessus d'une colonie de vacances pour enfants noirs handicapés, vaut mieux éviter Clint.

    PS - Vous ne trouvez pas cocasse que M. EASTwood ait joué dans des WESTerns ?

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  18. Tonnégrande,

    Le billet, tu l'as lu ?

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  19. Ne vous foutez pas des mouvements de caméra de Clint, Marine, c'est peut-être en partie grâce à eux (ou à leur économie) que vous l'aimez.
    Quant à vous Yanka, j'en ai un peu marre d'être une fois de plus d'accord avec vous. Vu la volée de bois vert qui s'était abattue sur la route de Madison, je n'osais plus dire que j'avais aussi bien aimé. Voilà, c'est fait.

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  20. Comme Marine, j'aime tout Clint Eastwood !

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  21. NR : Il faut reconnaître que c'était pas des Mr Bean !

    Dominique (et ceux qui reviennent sur le sujet) : je me contrefous des opinions politiques de tel ou tel cinéaste (d'accord avec Henri là-dessus) ! Ce qui n'est (ou fut) apparemment pas le cas de tout le monde : c'est ce que je notais en passant.

    Sur la partie purement cinématographique du sujet, je me sens assez en accord avec ce que dit Dorham. Sauf que, être "plutôt démocrate" n'est pas la preuve d'un gauchisme échevelé ! Disons que Henry Fonda et consorts me paraissent tout de même plus à droite que des zozos à la Sean Penn.


    Pluton : j'ai déjà entré l'adresse dans le disque dur de Roselyne !

    Tonnégrande : perdu ! nous fûmes d'une sobriété exemplaire.

    Marine : il est piquant que vous ayez orthographié le nom d'Anthony Quinn "Queen", car son personnage, dans ce film, est très fortement teinté d'homosexualité !

    Yanka : oui, pour l'est et l'ouest, on dérape en plein Pearl Buck !

    Sinon, en conclusion, j'ai beaucoup aimé La Route de Madison moi aussi. J'ai même bien dû verser une larme à la fin.

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  22. Ah, Didier, vous m'avez lue :)
    Je me demandais si vous le verriez...(là, je suis dans exercice de pure mauvaise foi).
    Oui, vrai lapsus. C'est vraiment un rôle de composition et je préfère Quinn dans la Strada et Zorba le Grec (Mais patrrrrron, ça fait toujours ça la première fois!)
    Mais là, la scène de son suicide est du grand art, et son petit sourire/ricanement quand il fait mine de partir sous les sarcasmes de ceux qui l'ont craint jusqu'alors... Et le chagrin de Fonda...Et le final en "I'm a poor lonesome cowboy". Bref, tout est grand.

    @Francis:
    Oui, peut-être, mais quand je suis dans un film et que je l'aime, je ne remarque pas les mouvements de camera. Sauf quand c'est fait pour être remarqué, à la Lelouch, mais là, je déteste.
    La question est plus délicate pour la musique de film. La remarque-t-on quand elle est réussie?
    Je dirais oui pour Théodorakis, Morricone, Pink Floyd (More), pour la musique du Seigneur des anneaux, non pour la plupart des réussies.
    En revanche, j'ai envie de flinguer les musiques gênantes dans la plupart des films. Quant aux séries, je n'en parle même pas. On devrait pouvoir dissocier la musique du dialogue. Faut que la technique fasse quelque chose, là.

    Bon, je vais bosser. Bonne journée.

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  23. J'aimerais bien qu'on puisse commenter votre journal d'écrivain. Pourquoi pas sur un fil à part, à courte durée de vie, par exemple ?
    Faut-il créer exprès une Société des Lecteurs de Didier Goux ? (Ceci est une menace.)

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  24. Qu'Eastwood soit surévalué ou sous-évalué est tout à fait certain... Parce que : sa beauté physique, son charme, son parcours de réalisateur intéressant à suivre, convenu ou surprenant. J'aime beaucoup "Breezy" tout comme le mitan de "Play Misty for me". Dans "Breezy", un type riche, installé rencontre une jeune paumée qui le paume... C'est l'un de ses premiers. Dans "Misty", un polar, en plein milieu, on a l'impression que le film s'arrête, un épisode interminable très guimauve s'installe, promenade sur la plage de deux amoureux, séquence jazz au festival de Monterey. Une longueur prémonitoire qui relève du cliché et de la liberté de celui qui choisit de s'y attarder. Le réalisateur que l'on connaît aujourd'hui n'est pas loin.

    La droite extrême, c'est en général la fin du travelling. Même pour les progressistes !

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  25. Suzanne : je me suis évidemment posé la question, au tout début, à propos des commentaires. Je me suis arrêté à cette solution de les fermer parce que :

    1) Cela évite à quiconque de laisser un commentaire de circonstance, juste pour me faire croire (par gentillesse le plus souvent) qu'il a lu la livraison du mois alors qu'il n'en a parcouru que les trois premiers paragraphes ;

    2) Cela n'empêche nullement le lecteur qui a réellement envie de me dire quelque chose de le faire en utilisant mon mail privé, accessible à tout le monde (et certains l'ont fait).

    Sinon, pour la société des lecteurs : même pas peur !

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  26. Mtislav : oui, ce "trou" au milieu de Misty m'avait frappé (et un peu déconcerté), la première fois que j'ai vu le film. J'y avais vu une faiblesse, peut-être à tort, je ne sais pas trop.

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  27. C'est celui qui l'a dit qui l'est !

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  28. C'est pas un peu hérétique ce mélange de japonais et de chinois avec sex écrit en gros au milieu?? Enfin ça fait joli... Geargies

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