mercredi 22 février 2012

La caillera et le modernœud à travers les âges


« Que, répondis-je, le père s'habitue à devoir traiter son fils d'égal à égal et à craindre ses enfants, le fils s'égale à son père, n'a plus honte de rien et ne craint plus ses parents, parce qu'il veut être libre ; le métèque s'égale au citoyen et le citoyen au métèque, et la même chose pour l'étranger.
C'est bien ce qui se passe, dit-il.
À tout cela, dis-je, s'ajoutent encore ces petits inconvénients : le professeur, dans un tel cas, craint ses élèves et les flatte, les élèves n'ont cure de leurs professeurs, pas plus que de tous ceux qui s'occupent d'eux ; et, pour tout dire, les jeunes imitent les anciens et s'opposent violemment à eux en paroles et en actes, tandis que les anciens, s'abaissant au niveau des jeunes, se gavent de bouffonneries et de plaisanteries, imitant les jeunes pour ne pas paraître désagréables et despotiques. »

Platon, La République 562-563


(Merci à Marcel Meyer pour la citation…)

6 commentaires:

  1. Ce court extrait est très à la mode dans les salles des profs, où il est affiché, généralement par un prof de sport, en tout cas par un inculte, pour bien montrer que les récriminations passéistes sont de toujours. Face à ce texte, nous serions contraints de reconnaître que rien n'a changé, donc qu'il est dérisoire de se plaindre d'une aggravation de la situation.
    Tout va bien, tout va bien...

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  2. Et celle-là, elle est de qui ?

    " Je veux leur parler de l'autorité du maître à l'école, pas du copain à l'école, de l'autorité du professeur, de l'Etat, de la loi. Je veux parler de l'autorité que confère le savoir et que confère la morale. Un monde sans autorité est un monde sans liberté "

    okay, je sors

    Bonne journée

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  3. Si l'on veut commencer à comprendre quelque chose à cet extrait il faut rajouter au moins deux précisions :
    D'une part Socrate prétend faire là une description des moeurs qui se développent dans un régime démocratique.
    Pas sûr que le prof de sport apprécierais autant cette citation avec cette précision...
    D'autre part cette description est grandement ironique. Socrate parle par exemple des ânes et des chevaux qui, parce qu'ils ont pris les moeurs de leurs maîtres, marchent d'une allure fière et libre et refusent de céder le passage.
    Mort de lol!

    Enfin bref, Platon c'est un peu plus complique que Le monde de l'éducation.
    Faudrait faire passer le message au prof de sport.

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  4. Nous sommes bien d'accord, Aristide, et soyez sûr que je manque rarement une occasion d'expliquer à mes collègues qu'avant d'afficher des pages de Platon, il faut les lire, et si possible lire ce qui est écrit un peu avant et un peu après, enfin ce genre de choses.
    N'empêche que Platon avait vraiment l'impression de vivre en pleine décadence. Seulement celle qu'il vivait est tellement dérisoire à côté de la nôtre ! Aujourd'hui, c'est la survie même de notre peuple qui est en jeu
    (et je ne parle pas de ce qu'est devenue la Grèce...)

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  5. Tiens on dirait une description du film 3entre les murs" ;-)

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