jeudi 24 avril 2014

Le Poète et le Roi


Le livre que Marc Fumaroli a consacré à La Fontaine, à quoi j'ai fait allusion il y a quelques jours ici même, ce livre est en tous points remarquable d'érudition non pédante, c'est-à-dire de compréhension intime de ce et de ceux dont il parle. Il donne naturellement envie de revenir au fabuliste lui-même – et l'on a déjà, hier, commandé le premier des deux volumes de La Pléiade qui contiennent ses œuvres complètes… –, mais aussi de découvrir celui-ci – on a aussi commandé Le Page disgracié de Tristan L'Hermite – ou de relire celui-là, et ce sera peut-être Le Roman comique de Scarron, qui doit somnoler quelque part entre les rayonnages.

On se dit aussi que lire d'autres livres de l'auteur ne serait sans doute pas une perte de temps. Et, désireux de ne point trop mettre à mal les finances communes, sous peine de risquer le sort du surintendant Fouquet – orthographié Foucquet par Fumaroli –, on ressort de sa niche le Chateaubriand, Poésie et Terreur, que l'on avait acheté et lu au moment de sa sortie : voilà toujours une relecture qui ne coûtera rien, hors le temps qu'on lui consacrera. Mais naturellement, ce serait trop facile d'en être quitte à si bon compte. Parce qu'on vient, malencontreusement, de faire allusion à Fouquet, on sent poindre comme un début de désir, celui de jeter un coup d'œil au petit livre que lui a consacré Paul Morand, au début des années soixante, très exactement en 1961, trois siècles exactement après la disgrâce, le procès et l'enfermement définitif à Pignerol. Finalement on se retient ; par crainte qu'en notre époque de Moscovici, de Sapin et de Montebourg, la personne du surintendant ne se révèle un tantinet écrasante, et de comparaison peu flatteuse.

14 commentaires:

  1. Prévenez moi quand vous parlez de politique à la fin d'un billet : des fois, je ne lis pas tout.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oh, ce n'est pas tellement politique, dans la mesure où j'aurais tout aussi bien pu citer des grands argentiers de Sarkozy ou de Chirac ! Le problème est que j'ai totalement oublié leurs noms.

      Supprimer
    2. Y'avait Baroin qui a succédé à la grosse qui a remplacé DSK au FMI. J'ai oublié son non.

      Supprimer
    3. Nom. Je en rappelle. Lagarde.

      Supprimer
    4. En ce moment, Lagarde erre.... Aurons-nous à nouveau l'honneur de pouvoir commenter chez vous Nicolas, ou bien est-ce définitif?

      Supprimer
    5. Vous pouvez commenter mais il faut un identifiant. Trop de spams sinon.

      Supprimer
  2. Très beau livre, "Fouquet ou le Soleil offusqué". Ce genre d'essai bref convient bien à Morand (comme sa vie de Maupassant, remarquable), parce qu'il rassemble en une phrase dix problèmes qu'un essayiste moyen évoquerait en une page, le tout avec ce brio néo-classique, un peu art-déco qui, s'il a parfois mal vieilli, reste très savoureux.
    Je me suis toujours demandé s'il n'y avait pas une critique implicite de "Gaulle", comme il disait, dans ce livre, ou du moins des piques contre lui.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Qu'on y trouve des piques contre Gaulle ne me surprendrait qu'à moitié !

      Supprimer
  3. Le surintendant signait "Foucquet" , avec un "c".

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je me doutais un peu que Fumaroli n'employait pas cette orthographe par hasard. Maintenant, la question est : pourquoi a-t-on jugé bon, ensuite, d'ôter son "c" à ce malheureux surintendant…

      Supprimer
  4. On ira sans hésiter visiter ou revisiter Vaux-le-Vicomte pour s'imprégner de l'atmosphère du Siècle, l'été venant, à une heure tardive, à l'écart de la foule.

    Et on se délectera de la lecture des Contes de La Fontaine...

    RépondreSupprimer
  5. Il y a quelque chose qui me choque dans "Le livre que Marc Fumaroli a consacré à La Fontaine, à quoi j'ai fait allusion il y a quelques jours ici même"
    Ce ne devrait pas plutôt être "Le livre que Marc Fumaroli a consacré à La Fontaine, auquel j'ai fait allusion il y a quelques jours ici même" ?

    RépondreSupprimer
  6. "Moscovici, de Sapin et de Montebourg, la personne du surintendant ne se révèle un tantinet écrasante, et de comparaison peu flatteuse."

    Surtout si on compare les patrimoines, Fouquet et son château ( et tout ce qui va avec, j'aimerai bien voir la tronche de la garde robe de Foucquet...) et Moscovici qui se targuait dans sa déclaration de patrimoine de ne rien posséder, ou un patrimoine assez minable d'environ 100K€ si je me souviens. Comment a-t-on pu passer d'un Foucquet à un Moscovici en à peine 350 ans...

    RépondreSupprimer

Les commentaires anonymes seront systématiquement supprimés, quel que puisse être leur contenu, voire leur intérêt.