Affichage des articles dont le libellé est La Case de l'oncle Tom-Tom. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est La Case de l'oncle Tom-Tom. Afficher tous les articles

samedi 21 août 2010

De l'Atlantique à l'Oural, en passant par le Puy-de-Dôme

À l'heure où vous lisez ces lignes, nous sommes peut-être déjà sur la route qui conduit de la Normandie surpeuplée vers les hautes solitudes auvergnates, contrée où nous demeurerons jusqu'à mardi, si la puissance invitante ne nous vire pas avant. J'ai programmé Roselyne pour Arlanc, Puy-de-Dôme, et ¡ vaya con Dios ! Normalement, le temps que vous veniez à bout de ce billet d'un vide abyssal, nous devrions apercevoir la flèche de Notre-Dame de Chartres. Pour ceux que ça intéresse, nous avons laissé Swann au chenil et nous sommes partis avec les deux autres : ils sont dans le coffre – enfin, j'espère...

Pour que vous ne soyez pas totalement passé ici pour rien, je me propose de vous donner un nouvel extrait de Zinoviev. Et je ferme les commentaires afin de n'être pas inondé à mon retour : je vous connais.

LA DÉBROUILLARDISE RUSSE

« J'ai mentionné la débrouillardise russe. C'est la forme par excellence de notre génie national. Leskov, un écrivain du siècle dernier, a écrit une nouvelle intitulée Le Gaucher, dont le thème est justement ce trait : les Anglais fabriquent une puce artificielle microscopique capable de sauter ; un artisan russe très habile, simple moujik, réussit à lui ferrer une patte et l'empêche ainsi de bondir.
« Récemment, une entreprise étrangère a fourni à l'Union soviétique une chaîne de montage équipée d'un robot chargé d'éliminer toutes les pièces défectueuses. Lorsqu'on mit la chaîne en route, le robot ne laissa passer aucune pièce : toutes présentaient des défauts. La direction de l'usine fut prise de panique : impossible de licencier le robot ; pas question de le soûler, de le soudoyer, ou de le blâmer en réunion du parti. C'était un travailleur sobre et consciencieux, comme il en faudrait tant pour rendre l'économie performante selon les vues gorbatchéviennes. Or, c'était précisément cet employé exemplaire qui mettait le système en danger. La situation était sans issue. Heureusement un ouvrier débrouillard trouva la solution : il attacha le bras du robot pour que celui-ci ne jette plus les pièces au rebut et se borne à en esquisser le geste. C'est ainsi que le génie russe eut raison des meilleures technologies occidentales grâce à un bout de ficelle. »

dimanche 3 janvier 2010

Laissez-moi vous présenter Roselyne (provisoirement muette)

Voici donc la nouvelle femme de ma vie (elle ne remplace pas l'ancienne : elle la complète...). Certes, les amoureux des grâces et harmonies féminines lui trouveront sans doute la tronche un peu carrée, mais ils seront bien obligé de reconnaître qu'elle compense largement ce léger handicap par un teint très coloré.

Cet après-midi, l'Irremplaçable et moi avions décidé d'emmener notre nouvelle amie visiter l'abbaye de Jumièges, en Seine-Maritime (car, comme nul n'en ignore, avant l'Eure c'est pas l'Eure, et après l'Eure c'est la Seine-Maritime). Comme je commence à me méfier des entourloupes de la greluche, je ne programme pas directement la destination finale, me doutant qu'elle tiendrait absolument nous faire passer par Rouen, ce que je ne voulais à aucun prix. Je lui indique donc Le Neubourg, afin qu'elle ne flaire pas le piège. Nous partons. Et, comme j'avais embarqué aussi la troisième symphonie de Mahler, celle miraculeusement retrouvée il y a peu, on fait taire sa gueule à Roselyne afin de profiter pleinement du teutonnesque croque-notes.

Elle l'a très probablement mal pris. D'abord, le ciel admirablement pur de ce matin a commencé à se nuager velu. Puis, le brouillard s'en est mêlé, et finalement la neige verglacée : on a failli finir tout schuss, on ne faisait pas les bravaches. Je sais bien que, théoriquement, un GPS ne peut pas modifier le temps qu'il fait. Mais avec un GPS baptisé Roselyne, il vaut mieux s'attendre à tout et en particulier au pire.

Le pire nous attendait quelques kilomètres avant le pont de la Brotonne, au bout de la petite route serpentine et patineuse, laquelle s'arrêtait net au bord de la Seine, où une trentaine de voitures attendaient patiemment que le bac veuille bien revenir de la rive droite. Comme il était déjà pas loin de quatre heures, que le temps était de plus en plus opaque, on a mis les pouces et pris la route du retour. Et, cette fois, low profile : on a humblement prié Roselyne de prendre le chemin le plus commode pour elle – c'était l'autoroute – et on a fermé son clapet à Gustav, de manière à la laisser librement s'exprimer durant le trajet. Tout s'est bien déroulé mais on n'en menait pas large.