À André, qui comprendra...On ne se méfie jamais assez de
Jean-Paul Lancelot. Notamment l'Irremplaçable et moi qui, si l'on vivait encore sous l'autorité de ses
Institutiones iuris canonici, publiés à Venise en 1563, n'aurions pu nous marier religieusement – comme nous l'avons fait le 23 octobre dernier, je le rappelle pour les distraits, ainsi que pour M. Fredi Maque qui n'est jamais au courant de rien.
En effet, lorsque Jean-Jacques, le premier mari de Catherine (qui l'était toujours aux yeux de l'Église), a défunté, elle et moi vivions déjà ensemble ; elle était donc en état d'adultère. Or, ce bon Lancellotti (rendons-lui son nom de Ritalalacon) est formel : devenue veuve, Catherine pouvait en effet se remarier,
mais en aucun cas avec moi. Notre professeur des deux droits à l'Université de Pérouse examine pourtant trois possibilités.
1) Catherine aurait pu m'épouser, si elle et moi n'avions rien tenté pour nous débarrasser de Jean-Jacques (ce qui est le cas, je le jure solennellement) et si nous n'avions
échangé aucun consentement : c'est là que le bât blesse, puisque, mariés civilement, consentements il y avait bien eu.
2) Nous aurions également pu nous marier par échange de consentements, à condition de ne pas consommer le dit mariage avant la mort du titulaire : caramba, encore raté...
3) Si Catherine avait essayé de (et réussi à) me prendre pour un con en me cachant l'existence de mon prédécesseur afin de se faire épouser, ce mariage serait devenu valable après la disparition du premier impétrant. Manque de chance, j'étais au courant.
Comme on peut voir, le XVIe siècle, c'était pas dimanche tous les jours.