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dimanche 24 mars 2024

L'homme à la charrue


 À l'instigation de Nicolas, qui l'a déniché je ne sais comment, je viens de découvrir un blog jusqu'ici ignoré de moi : Les carnets de Cincinnatus. Après avoir lu quatre ou cinq de ses (assez longs) billets, j'ai trouvé que le Romain à la charrue méritait bien les douteux honneurs de ma blogoliste, où il vient donc de prendre place. 

J'encourage chacun, courtoisement mais non sans une certaine fermeté, à l'aller lire…

dimanche 3 septembre 2023

Croissez et multipliez… mais sans dispersion !

Le blogueur prénommé Denis, qui se trouve être également maire de son village de l'Eure, déclare solennellement, dans son dernier billet, que jamais, lors d'une élection, il ne votera pour un candidat n'ayant pas d'enfant ou… ayant un jour fréquenté les boites échangistes. 

Deux observations : d'abord je vois assez mal le rapport entre le talent politique, les capacités administratives, etc. d'un individu et le fait qu'il ait engendré ou non, que sa femme et lui se livrent ou se soient livrés à des galipettes inter-couples. 

Ensuite, notre bon maire ne semble pas s'apercevoir qu'il réagit exactement de la même façon impulsive, irraisonnée, “viscérale” qu'un homme qui affirmerait ne jamais pouvoir voter pour un pédé ou bien qui refuserait d'embaucher un Arabe dans son entreprise, deux choses qui susciteraient à coup sûr la vertueuse indignation, voire la fureur tonnante du Denis en question. 

Qu'on me comprenne bien : je ne trouve absolument rien de choquant à ce qu'il refuse de voter pour un partouzard sans progéniture… de même que j'accorde volontiers à quiconque le droit de ne pas embaucher d'Arabe ou de refuser son vote à un homosexuel : chacun doit ou devrait être libre en ces domaines. Mais il me semble fort difficile de prôner la première attitude tout en se scandalisant de la seconde : question de cohérence intellectuelle et morale, pour employer les mots-qui-font-joli-dans-la-phrase.

Enfin, si j'étais d'un naturel moqueur, ce qu'à Dieu ne plaise, je ferais peut-être bien remarquer que brandir ainsi la famille et les vertus conjugales comme conditions sine qua non de la respectabilité électorale a comme un léger parfum, suranné mais pas déplaisant, de bigoterie fin de siècle (le XIXe bien entendu) : chassez les ligues de vertu par la porte du garage, elle rentreront un de ces jours par la fenêtre de la mairie.

lundi 8 juin 2020

GdC, avec un G comme dans Géographie


Le délateur rabique Gauche de Combat, dans sa dernière giclée de fiel, postillonne à propos d'un site internétique belge – peu importe lequel, c'est totalement sans intérêt. Il conclut ses éructations toxiques par cette phrase : « Quoiqu’il en soit, ce sale type n’est définitivement pas un allié dans nos luttes, d’un côté comme de l’autre de la Meuse… » GdC, l'homme qui prend la Meuse pour une frontière, comme d'autres prenaient le Pirée pour un homme, ou la ligne Oder-Neisse pour un rail de coke… en plus de mélanger “quoique” avec “quoi que” – il est vrai que ce sympathique dénonciateur n'est plus à un couac près. 

Ah, ils sont brillants, je vous jure, nos traqueurs de nazis virtuels, nos redresseurs de torts géographomanes, nos petits pères gestap'dur ! 

mardi 14 novembre 2017

Exécution d'un garçon coiffeur par un chauve triomphant

Ygor Y. en villégiature perchée au Plessis-Hébert

Je viens de retomber, à la suite de déambulations qu'il serait vain de reconstituer, sur un magistral texte que, en 2012, ses yeux enfin dessillés, l'ami Ygor Yanka consacrait à Juan Asensio, dont je vous entretenais naguère. Il est certes assez long, mais mérite d'être savouré dans son entier. Si l'on n'en a pas encore assez, on lira aussi avec jubilation et profit le texte que, de son côté, l'excellent Pierre Cormary consacrait au même as de la brillantine, et que Yanka donne en lien dans son propre billet ; lequel se trouve ici.

Si l'on n'en a pas encore assez (bis), je ne peux qu'encourager à se plonger dans la masse des commentaires, et notamment, bien entendu, ceux du shampooineur himself.

samedi 15 octobre 2016

Parlez-vous petit-lyonnais ?

Il y a  un certain temps que n'avais pas plongé tête en avant dans le grand marécage de la blogoboule, où s'ébattent les principaux penseurs politiques de notre temps, avec une insouciance langagière qui fait plaisir à voir. J'ai pu constater, sans en être autrement surpris, que la créolisation de notre langue – qui fut commune – y allait bon train. Mais, après tout, l'exemple vient de loin à ces impeccables jeunes gens, puisque même le pidgin élyséen n'entretient plus que des rapports assez souples avec le français tel qu'on l'enseignait naguère. Pour éviter les babéliennes confusions, je propose d'ailleurs que l'on cesse de parler de “français”, et que l'on baptise ce blogocréole : le petit-lyonnais ; dont voici tout de suite un premier exemple : 

« Dans un décor de téléréalité, TF1 avait réuni jeudi dernier des convives pour une joute verbale. Au menu, une vielle recette déjà sur la carte (politique). Un « diner de cons »? Peut-être, bien qu’il n’était pas question de désigner le « François Pignon » de la soirée, quoi que. »

Que tente de dire l'auteur de ce début de billet ? On ne sait ; que dit-il réellement ? Rien. Mais quelques-unes des caractéristiques du petit-lyonnais se donnent déjà à voir dans ces trois lignes : utilisation aléatoire de l'italique, des guillemets et de la parenthèse ; “bien que” rétrogradé du subjonctif à l'indicatif ; “quoique” faisant sécession, tel un vulgaire Pakistan se séparant de son Bangladesh ; mots employés au petit bonheur, comme ce “téléréalité” qui ne correspond nullement à ce que chacun a pu voir sur son écran de télévision. Cela étant, il ne faudrait pas s'imaginer que le petit-lyonnais n'est pratiqué que par les sympathiques habitants de l'ancienne capitale des Gaules : il sévit également aux marches de Lorraine. Preuve :

« Je tiens à saluer ici personnellement la probité exceptionnelle de ces cabinets d’expertise qui exercent à leur manière leur devoir d’alerte. Chacun(e) pourra en effet juger par lui-même de l’extrême-gravité des faits qu’ils ont constatés, et à quel point, contrairement aux discours dominants en la matière qui cherchent de manière systémique à rejeter la cause des suicides dans le cercle privé des victimes,  l’organisation du travail est bien l’origine essentielle de ces suicides. Pour être réellement prévenus, cette structuration pathologique doit être modifiée de toute urgence. »

Là encore, on notera la propension du petit-lyonnais à remplacer un mot par un autre qui lui ressemble vaguement (“systémique” prenant la place de “systématique”), à en glisser d'autres de manière inutile (“l'origine essentielle des suicides” ou le fait de saluer personnellement), à former des attelages incertains (“le cercle privé des victimes” ou cette étonnante “structuration pathologique”, qui, en effet, mériterait bien d'être “modifiée de toute urgence”) ; tout cela englué dans la mélasse de phrases dont, à l'instar de certains animaux, on serait bien en peine de déterminer où se trouve la tête et où, la queue. À moins que le petit-lyonnais n'ait été forgé que dans le but de donner un semblant d'existence à des propos n'ayant justement ni queue ni tête : cette possibilité étant encore à l'étude, nous y reviendrons dès que les cabinets d'expertise auront rendu leurs devoirs d'alerte.

lundi 27 juin 2016

L'histoire de la Grande-Bretagne vue de Lyon


Entre Rhône et Saône, on connaît à merveille son histoire de l'Europe en général, et celle de l'actuel Royaume-Uni en particulier ; on le prouve tous les jours. Voici ce qu'écrit ce matin un Croix-Roussien pur jus, à propos d'un récent référendum et de ses conséquences (les errances typographiques et syntactiques sont de son fait) :

« Quitter l’Europe et peut-être bien perdre ses alliées historiques (Écosse, Irlande du Nord), c’est une autre conséquence que Londres n’avait pas envisagé. »

Donc, de Bellecour à Perrache en passant par les Terreaux (Les Terreaux : place scandaleusement genrée…), on considère que l'Écosse est un “allié historique” de l'Angleterre, ce qui risque fort de surprendre les deux peuples situés de part d'autre des monts Cheviot. C'est faire assez bon marché de l'Auld Alliance, signée à la fin du XIIIe siècle entre la France et l'Écosse, contre l'Angleterre. Tenons-nous en là : détailler les tensions, luttes, conflits qui, depuis plus de mille ans, ont formé l'essentiel des rapports entre Anglais et Écossais demanderait au bas mot dix fort volumes, que je n'ai guère le temps d'écrire en ce moment.

Il est par ailleurs très sot, ou très fat, de s'imaginer que les soubresauts à venir (éventuellement) n'ont à aucun moment été “envisagés” par le gouvernement britannique, et qu'on est donc le premier à en formuler l'hypothèse.

Mais les Lyonnais, ça ose tout ; c'est même à ça qu'on les reconnaît.

samedi 1 août 2015

Se garer des cloaques de la blogoboule


Il y a tout juste une semaine, je publiais ici même (ayez la bonté de remonter un peu le courant de ce blog…) un billet intitulé assez pompeusement Physiologie du gauchiste ; j'aurais aussi bien pu le nommer Silhouette du malfaisant ou encore Anthropologie du nuisible. C'était ma façon de prendre congé. Aussitôt après, j'ai supprimé de mes liens (mes liens invisibles) trois ou quatre fâcheux, dont je ne comprenais plus, soudain, quel plaisir j'ai longtemps pris à aller patauger dans leurs cloaques : inutile de citer des noms, chacun trouvera facilement de qui je parle. Il faut dire que, de simplement stupides qu'ils étaient et demeurent, ils sont en train de virer au méchant. Par je ne sais quel phénomène de métamorphoses n'ayant rien du tout d'ovidiennes, ou simplement portées par les vents dominants,  les bécasses se sont fait hyènes, et on les voit désormais, l'écume aux babines, hanter les tribunaux, rameuter les juges et exiger des châtiments. Ils les obtiendront ou non, peu m'importe : je ne veux plus aller barboter dans leurs marécages. – Et je m'en sens fort bien.

lundi 4 mai 2015

Comment les écrivains écrivent…

M. Claude Carron est écrivain ; c'est ce qu'il proclame. Il est surtout commentateur attitré à l'enseigne de Sarkofrance, où il tient le rôle du gauchiste envieux et aigri, mais entortillé dans un indéfectible amour du peuple dont le drapé évoque davantage le plomb que le satin. À la suite d'une envolée particulièrement abstruse – mais l'homme en est fécond –, je lui avais adressé la remarque suivante :

« Vous faites de si méritoires efforts pour coller à l’image que j’ai de vous que c’en devient touchant. »

Bien entendu, tout en me disant inexistant, il n'a pas manqué de me répondre à son tour. Et ça donne ceci :

« Mister mes goûts : J’ai au moins cet avantage sur vous, que je ne cherche même plus à tenter de percevoir une quelconque image pour essayer de vous représenter. Vous êtes tout bonnement inexistant. Un non citoyen qui se pavane dans une curieuse jouissance passive de spectateur fabriquant la tuile qui va lui arrive en pleine tronche. Un « malgré-nous » de la citoyenneté qui essaie d’exister en déposant son mépris de la chose publique, comme un constipé larguant son laborieux caca dans un mépris libérateur,quoi. PDR. ARAMIS »

On notera que M. Carron est, à ma connaissance, le seul blogobouliste qui signe chacune de ses interventions de son véritable nom ET d'un pseudonyme, lequel lui va aussi bien qu'à moi un tutu de danseuse étoile. L'avantage de ses commentaires est qu'ils nous dispensent de lire ses livres, dont on suppose qu'ils doivent être écrits à peu près dans la même langue. Merci pour ce temps gagné, donc.