Affichage des articles dont le libellé est Nazibao. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Nazibao. Afficher tous les articles

mercredi 8 janvier 2025

Du “respect humain” à géométrie variable


 Comme prévu dès hier — ce n'était pas très difficile —, les antifascistes en chambre et les Jean-Moulin de boudoir s'en donnent à cœur joie dans le dépeçage de cadavre encore tiède. Au moins, pendant qu'ils gesticulent devant l'écran, ils ne sont pas à se ruiner la santé dans les bistrots : restons positifs. Il se passe pourtant de bien curieuses choses, il est des morts dont le pouvoir était jusqu'ici insoupçonné…

Ainsi, tout soudain, eux qui traitaient depuis des mois les Israéliens d'héritiers de Hitler, voilà nos amis gauchistes saisis par une sainte indignation devant l'antisémitisme de Jean-Marie Le Pen.

Autre chose divertissante : depuis des lustres, tous ces irréprochables concessionnaires à vie du Camp du Bien nous somment d'appeler, par respect humain (moi aussi je peux jargonner, quand je veux...), les nains des personnes de petite taille, les clodos des sans-abri, les aveugles des non-voyants, les sourds des mal-entendants et les culs-de-jatte des personnes en situation de non-jambisme, mais cela ne les empêche nullement de célébrer à son de trompes la mort du “Borgne”. 

De l'indignation réversible et du respect humain à géométrie variable...

vendredi 20 septembre 2024

Le Nazi et le Barbier

Edgar Hilsenrath, 1926 — 2018.

 Malgré ce que le béret pourrait incliner à croire, Edgar Hilsenrath n'était nullement français mais allemand ; juif de surcroît et, durant un temps, pensionnaire obligé de divers ghettos. Ce fut aussi un écrivain, ce qui explique qu'il resurgisse ici.

Très curieux roman que Le Nazi et le Barbier, où le macabre et le burlesque sont intimement liés, où la farce et l'horrible forment un mélange parfait, mais où l'insupportable est tempéré par l'exagération volontaire. C'est ainsi que le narrateur se fait enculer par l'amant de sa mère — lequel est doté d'une bite énorme — alors qu'il est âgé d'à peine une semaine. Plus loin, on rencontre une quinquagénaire allemande, affligée d'une jambe de bois, que les Russes, au moment de la prise de Berlin en 1945, ont violée 59 fois.

Ce narrateur, Max Schultz, n'est pas qu'une victime, loin s'en faut. Fils d'une putain aryenne “de souche”, on le voit s'engager dans la SS et devenir exterminateur dans un camp de la mort, où il massacre sans hésiter plus que cela Itzig Finkelstein, son ami d'enfance, juif indiscutable mais au physique de parfait aryen, tandis que son bourreau, lui, ressemble par une incompréhensible ironie génétique à une caricature de youpin publiée dans le Völkischer Beobachter.

Ce faciès outrancièrement typé va être sa chance ; ou, disons, sa planche de salut : en 45, à l'écroulement de ce Reich qu'il a servi avec zèle et conscience, Max Schulz endosse l'identité de son ami tué par ses soins, après s'être fait déprépucer par un médecin complaisant, un ex-nazi compréhensif. Devenu juif par ce tour de passe-passe, il choisit fort logiquement d'émigrer en Palestine, où il  reprend son premier métier, coiffeur, et devient un intransigeant sioniste. La suite ? La fin ? Je ne sais pas : il m'en reste à lire.

Si j'ai écrit plus haut les mots “bite”, “enculer” et “youpin”, ce n'est pas par puéril désir de choquer les prudes ni les antiracistes de profession, mais parce que Hilsenrath lui-même manie une langue sans périphrase ni litote, une langue souvent verte et roide, qui tressaute et rebondit, un peu à l'image de son effrayant et pitoyable “héros”. Il y a, dans ces quatre cents et quelques pages, un peu de Rabelais et pas mal de Père Ubu : on s'y amuse beaucoup.

Mais enfin, il faut admettre que c'est plutôt une boisson d'homme.

lundi 8 juin 2020

GdC, avec un G comme dans Géographie


Le délateur rabique Gauche de Combat, dans sa dernière giclée de fiel, postillonne à propos d'un site internétique belge – peu importe lequel, c'est totalement sans intérêt. Il conclut ses éructations toxiques par cette phrase : « Quoiqu’il en soit, ce sale type n’est définitivement pas un allié dans nos luttes, d’un côté comme de l’autre de la Meuse… » GdC, l'homme qui prend la Meuse pour une frontière, comme d'autres prenaient le Pirée pour un homme, ou la ligne Oder-Neisse pour un rail de coke… en plus de mélanger “quoique” avec “quoi que” – il est vrai que ce sympathique dénonciateur n'est plus à un couac près. 

Ah, ils sont brillants, je vous jure, nos traqueurs de nazis virtuels, nos redresseurs de torts géographomanes, nos petits pères gestap'dur ! 

dimanche 27 octobre 2019

GdC, réveille-toi, les hordes sont là !


Voilà maintenant plus d'une semaine que le blog de l'irremplaçable camarade Gauche de combat est “en sommeil jusqu'à nouvel ordre”. Je commence à m'en alarmer sérieusement : en l'absence de cet infatigable traqueur de nazis, ce blogo-Klarsfeld, ce Wiesenthal de banlieue nancéenne, les hordes hitlériennes vont évidemment s'empresser de proliférer méchamment. Cet automne déjà gris va rapidement virer au vert-de-, et je ne serais qu'à moitié surpris de voir, ces jours prochains, une quelconque division Das Reich déferler dans ma rue pour aller prendre ses positions d'assaut dans celles des Courts Sillons ou de la Mare du Four. (En tout cas, s'il est question de rassembler tous les villageois dans l'église, sous prétexte de vide-sacristie annuelle ou de choucroute des anciens, moi je me casse illico.) 

Bref, si l'on veut conserver une chance de repousser ces nouvelles heures-les-plus-sombres qui se profilent, il faut à tout prix et urgemment réveiller notre flambeau antifasciste, probablement victime d'un maléfice auprès duquel celui subi par la Belle au bois dormant ferait figure d'anodine tisane vespérale. Seul un véritable électrochoc, je le crains, pourra tirer notre héros de cette ornière soporiforme. 

Un baiser de Marion Maréchal par exemple. Avé la langue.

mercredi 16 août 2017

La longue marche des rhinocéros


Pendant ce temps, tout ce que nos pays en phase terminale comptent de joyeux progressistes s'est levé comme un seul homme pour s'alarmer du raz-de-marée nazi qui, dans une ville du sud des États-Unis, a tué… une personne. Ils sont tellement occupés, ces gentils nounours en guimauve, à reformer les cohortes sacrées pour aller combattre l'hydre, qu'ils n'ont plus une seconde à eux pour enregistrer les voitures qui, en France, foncent droit sur les devantures des cafés, en tuant un homme par-ci, une fillette par-là. Il est vrai que ces véhicules-là ne sont pas conduits par des gestapistes mais par de simples “déséquilibrés”, naturellement plus à plaindre qu'à blâmer. D'ailleurs, avec un minimum d'effort conceptuel, nos angéliques racaillolâtres, nos antifas clavioteurs devraient réussir à établir que si, chez nous, certains malheureux en sont réduits à foncer sur les terrasses de bistrots pare-choc en avant, c'est parce qu'ils ont été littéralement rendus fous de terreur par la remontée du nazisme américain : coup double gagnant. 

Face à leurs envolées avortées de poules caquetantes, dont chaque paragraphe est une insulte à l'intelligence, on perd jusqu'à l'envie d'argumenter, par exemple en faisant remarquer que rien ne serait arrivé à Charlottesville si les pressions conjuguées des gauchistes décervelés et des noirs vociférants (on pourra sans dommage inverser les deux adjectifs) n'avaient conduit au déboulonnage de cet enstatué remarquable que fut le général Lee ; et si, d'autre part, ces mêmes gauchistes décerférants et vocivelés, ne s'étaient pas lancés dans une “contre-manifestation” qui n'était rien d'autre qu'une invitation pressante à la baston générale. À quoi bon discuter, objecter, contredire ? Affronter la bêtise à front de taureau armé de la simple muleta du verbe, voilà qui allait bien quand on était jeune. Aujourd'hui, les taureaux s'étant faits rhinocéros, il nous reste le rire qui finira bien par dissoudre leur corne ; et à passer loin d'eux pour éviter de marcher dans leurs bouses.

lundi 8 mai 2017

8 mai, journée superfétatoire


Il m'a semblé, tout au long de ce jour d'après, que commémorer en grande pompe la victoire de nos grands-parents sur le nazisme était cette année tout à fait superflu, et même un brin dérisoire, dans la mesure où, pas plus tard qu'hier, nous avons glorieusement écrasé le fascisme dans les urnes, sans même le secours des Américains ni des Russes, simplement sous le poids de nos cœurs pleins d'amour, de tolérance et d'arrières-pensées. 

(Plat du jour : l'écrasée de fascisme et sa farandole de petits bulletins macronbiotiques à peine saisis.)

mercredi 22 octobre 2014

jeudi 22 août 2013

La vraie vie du baron Metastaße Von Scanner



Le jeune baron Von Scanner (1917 – 2005) vint au monde en Bavière, ce qui n'est pas donné à tout le monde, juste avant la guerre de 14, à laquelle il échappa en raison de son jeune âge. Il en conçut, durant toute son enfance, une frustration sourde : le casque à pointe l'attirait, le fracas des combats et le silence des morts également – on le disait généralement, notamment Friedrich Glockengumpen, son percepteur acnéique et pédé rentré, très en avance pour son âge. En avance, il le fut pour son adhésion au parti nazi, puisqu'il n'avait que 18 ans lorsque la commotion de ces parades en uniformes lui fit prendre sa carte. Peu de temps après, il rejeta violemment son père, à qui il reprocha, en des termes que nous ne rapporterons pas ici, de lui avoir donné ce prénom de Metastaße, par référence déliquescente à un pseudo-poète d'un siècle oublié et décadent. Il se rebaptisa lui-même Ernst, par déférence envers Röhm, dont il admirait le côté guerrier, la moustache hitlérienne, et cette énorme bite qui circulait sur certaines photos que l'on se passait de main en main, à une époque.

Lorsque le vieux baron Dietrich Von Scanner mourut, en 1938, d'une fistule particulièrement pénible et lente à le tuer, Metastaße comprit qu'il lui revenait de relever sa maison, laquelle, tout de même, avait été distinguée par Frédéric, le grand Hohenstaufen, juste après je ne sais plus quelle reconquête de la Sicile. C'est à ce moment qu'il opta pour les études de médecine, le Reich tout neuf voyant d'un bon œil, et se montrant généreux en bourses pour eux, les jeunes espoirs de la chirurgie de demain.

Metastaße Von Scanner déchanta assez vite. Lorsqu'il fut nommé médecin-chef du camp de Treblinka, il comprit presque tout suite que la chirurgie outrancièrement intrusive telle que la pratiquait un peu plus loin son camarade d'université, Josef Mengele, était vouée à l'échec. Von Scanner reconnaissait qu'il était intéressant et instructif de séparer des frères siamois à vif, mais il voyait bien que ça ne menait à rien, d'un strict point de vue médical. Malgré les consignes aboyées de Heinrich Himmler, son saint patron à lunettes, il prit sur lui – car la science l'exigeait – de ne plus découper les siamois, mais de les envoyer au four tels que la nature aberrante les avait créés. Il s'en sentit beaucoup mieux.

Lorsque la clinique de Treblinka fut brusquement fermée, sur ordre suprême et pour des raisons de politique assez incompréhensibles, Von Scanner se retrouva marri, craignit la disgrâce, trembla pour Else, sa femme, et pour Tennis et Elbo, leurs deux enfants, crut que l'Allemagne allait s'écrouler ; connaissant le régime qu'il servait, il se vit mort et s'y résigna. Or, errance de l'administration, au lieu de l'éviscérer dans une arrière-cour de la gestapo, on lui confia la direction d'un laboratoire secondaire de Düsseldorf, ce qui l'humilia et le rassura tout à la fois.

À ce moment, et on peut le comprendre, la période était rude, le baron avait tout à fait perdu de vue le fait que sa famille avait surgi de l'anonymat à l'époque du Hohenstaufen : il songeait à survivre au régime en place et, croyez-moi, ce n'était pas si facile. En plus, ses enfants étaient entrés dans l'adolescence et avaient tendance à raconter n'importe quoi à voix trop haute. Malgré les éclatantes victoires sur le font de l'est, qui remplissaient chaque jour les communiqués, il lui semblait qu'il allait devenir urgent de trouver un moyen de se tirer de ce merdier vociférant qu'était le IIIème Reich. Il comprit très vite qu'il n'avait qu'une seule alternative : disparaître dans les pampas lointaines, ou devenir un génie.

C'est alors, poussé au cerveau par la trouille, dans les bombes russes et alliées ensevelissant Berlin, que le baron Metastaße Von Scanner eut l'illumination. Mengele, ce génie, s'était trompé : l'avenir était à l'observation externe. il fallait se diriger vers l'étude du corps humain de l'extérieur. Ce qui, en plus, aurait l'énorme avantage de ne plus impliquer la vivisection de tous ces juifs qui encombraient les parloirs, et dont le baron sentait bien qu'elle n'était pas très populaire.

Il commença à y réfléchir, dans les fracas d'avril ; il prit quelques notes, à propos d'un appareil circulaire dans lequel on introduirait le corps entier du malade pour le découper tranche à tranche, mais sans lui faire de mal (lors de leur dernière entrevue, le baron s'ouvrit à Josef Mengele de son idée ; celui-ci le regarda comme s'il était fou et courut tout aussitôt voir si son billet pour Montevideo était prêt) : on le prendrait en photo tranche à tranche et on verrait bien ce qui se passerait, là-dedans, de pas normal.

Le baron Metastaße Von Scanner ne vit jamais l'invention qui porte finalement son nom. Le lendemain du suicide d'Hitler – qu'il ignora –, trois nègres américains armés et en uniforme pénétrèrent dans sa chambre. Il se leva pour les accueillir, avec cette raideur prussienne qui était celle de son enfance. Pensant qu'il était animé de mauvaises intentions, ou ne pensant rien du tout, les trois nègres tirèrent en même temps.

Le scanner devrait attendre encore un peu.

mardi 2 juillet 2013

Ensemble, découvrons les pré-nazis du Moyen Âge


La nauséabonderie va parfois, cette grande vicieuse, se nicher en des refuges où nul ne s'attendrait à la trouver. Ainsi, hier, je relisais l'excellent livre de Michel Pastoureau, Bleu – histoire d'une couleur,  pour des raisons qui n'ont pas à être révélées ici (se reporter au journal de juillet, parution prévue le 31 août, pensez à réserver dès maintenant votre exemplaire). Comme s'en doute déjà le lecteur, même légèrement embourbé du bulbe, il y est question de la couleur bleue, de sa perception à travers les âges ; de son destin, n'ayons pas peur des grands mots-qui-brillent. A priori, donc, un petit parcours tranquille, qui ne devrait pas risquer de nous faire retomber dans la profonde ornière des heures les plus sombres (hi ! hi !) de notre histoire.  Or voici que, soudain, au détour de la page 72 de l'édition originale (Seuil), je tombe sur le paragraphe qui envoie tout en l'air. Voici ce qu'on y lit (c'est moi qui souligne) :

« Cette étroite spécialisation des activités de teinture n'étonne guère l'historien des couleurs. Elle doit être rapprochée de cette aversion pour les mélanges, héritée de la culture biblique, qui imprègne toute la sensibilité médiévale. Ses répercussions sont nombreuses, aussi bien dans le domaine idéologique et symbolique que dans la vie quotidienne et la civilisation matérielle. Mêler, brouiller, fusionner, amalgamer sont souvent des opérations jugées infernales parce qu'elles enfreignent l'ordre et la nature des choses voulus par le Créateur. Tous ceux qui sont conduits à les pratiquer de par leurs tâches professionnelles (teinturiers, forgerons, alchimistes, apothicaires) éveillent la crainte ou la suspicion, parce qu'ils semblent tricher avec la matière. »

Aversion pour les mélanges ? La fusion comme opération infernale ? L'affaire est jugée : nos ancêtres médiévaux, je suis au regret de vous le dire, étaient des nazis. Ils se tenaient à carreau (mais pas à rayures : encore une invention du diable, les tissus rayés !) parce qu'on n'avait pas encore inventé Adolf Hitler, mais ils n'en pensaient pas moins ; ils se tenaient là, dans le repli des siècles, attendant leur heure, élevant des cathédrales gothiques pour s'occuper les mains en attendant de pouvoir bricoler des fours.

Le métissage comme infraction à l'ordre et à la nature des choses : on se demande où ils allaient chercher des aberrations pareilles, et surtout comment, au XXIe siècle, âge de toutes les lumières tamisées, d'aucuns peuvent perpétuer une vision aussi répugnante des choses. À moins que, comme le prétendait le Général, les Français soient tous des médiévaux.

dimanche 16 juin 2013

Toi aussi, joue à te faire peur avec tes petits camarades antifascistes

Photo prise cet après-midi dans le quartier des Halles (on reconnait, dans le fond, le cul de Saint-Eustache)
Les antifascistes, c'est un peu comme les enfants : quand approchent les vacances d'été, on se demande avec terreur et accablement comment on va bien pouvoir s'y prendre pour les occuper pendant les deux mois qui viennent. Heureusement, pour les seconds il y a les centres aérés de la mairie et les colonies de vacances du comité d'entreprise de papa ; pour les premiers, on se dépêche de redescendre du grenier les dangers imminents, les montées de périls, les ventres féconds, les bêtes immondes, les manifestes, les engagements solennels et les sentiments d'urgence. Ce qui donne ceci :

« Le fait que la montée impétueuse de l’extrême droite et l’émergence d’un néofascisme ultra-violent de masse ne soit plus l’exception à la règle européenne, oblige les antifascistes de ce continent à affronter ce problème à sa juste dimension, c’est-à-dire en tant que problème européen !
Mais, dire ça ne suffit pas, il faut ajouter que la lutte contre l’extrême droite et le néonazisme est d’une  urgence absolue. En effet, dans plusieurs pays européens la menace néofasciste est déjà si directe et immédiate qu’elle transforme la lutte antifasciste en combat de toute première priorité,  dont l’enjeu est la vie ou la mort de la gauche, des organisations ouvrières, des libertés et des droits démocratiques, des valeurs de solidarité et de tolérance, du droit à la différence. Dire qu’on est engagé dans une course de vitesse contre la barbarie raciste et néofasciste correspond désormais à une réalité vérifiée chaque jour dans les rues de nos villes européennes… »

Je sais que l'italique est pénible à lire, mais c'est comme ça que l'on écrit (enfin, je me comprends…) sur le site merveilleux de la Ligue des droits de l'homme – section de Loudéac centre Bretagne ; caverne d'Ali-Baba que je ne peux que vous encourager à fréquenter assidûment, car les fumeroles qui s'en échappent perpétuellement sont du genre qui rend euphorique dès la première inhalation.

Donc, c'est un fait désormais avéré : l'Europe est la proie d'un néofascisme ultra-violent de masse. Au passage on se demande à quoi pourrait bien ressembler un néofascisme bisounours et ne réunissant que douze personnes dans le jardin du führer, mais bon. La lutte est donc d'une urgence non pas relative, comme les naïfs dormeurs du val que vous êtes auraient pu le croire, mais bel et bien absolue : si vous ne faites rien avant la fin de la semaine (oui, toi, qui fais semblant de ne pas voir l'urgence absolue ! et toi aussi, qui feins de croire que ça peut attendre juillet !), la gauche va vomir ses tripes dans le caniveau, les syndicats vont calancher velu, les organisations ouvrières seront pendues aux réverbères et les droits démocratiques iront se faire voir chez Plumeau.

C'est pour ça que ce visionnaire de Bertrand Delanoë a installé des Vélib partout et subventionné à poches retournées les associations de rollers : il la prévoyait depuis longtemps, la course de vitesse contre la barbarie raciste et néofasciste ! Ah, fallait pas lui en promettre, à Bertrand ! Il le savait, lui, que cette réalité allait bientôt pouvoir se vérifier chaque jour (sauf en cas de verglas, à cause du principe de précaution) dans les rues, et même, si ça se trouve, dans les bistrots, les sanisettes et les bonneteries.

Donc, surtout, n'oubliez pas : à partir de demain, on avance tous notre réveil d'une demi-heure, afin de pouvoir lutter contre la barbarie avant d'aller bosser. Car, est-il besoin de le rappeler ?, il s'agit d'une priorité première. Or, déjà, une priorité ordinaire, ça urge plus ou moins ; mais alors, quand elle est première, ça devient limite fout-la-trouille. 

Antifafounettes et antifafounets, je compte sur vous.

mercredi 2 mai 2012

Vivons-nous un temps dramatique ?


« Quand nous parlons d'un temps dramatique, ce mot a un sens précis : il veut dire que nous sommes pris dans une alternative qui ne nous permet plus d'exister médiocrement ; il nous faut vivre plus puissamment, ou bien disparaître, nous surpasser ou nous abolir. (…) La tragédie essentielle n'est pas de savoir quels dangers nous menacent, mais de définir d'abord ce qu'ils menacent en nous, car il importerait assez peu que nous fussions détruits, si nous avions rendu cette destruction légitime en ne valant presque rien. »

(Abel Bonnard, Les Modérés, Grasset, 1936.)

Je sais bien ce qu'on va dire : que je ne cite un collaborateur notoire que dans l'espoir taquin de réveiller Léon de son sommeil de Juste. On n'aura qu'à moitié tort mais, partant, qu'à moitié raison aussi. Il me semble que Bonnard pose là un diagnostic qui vaut exactement pour nous, Européens et, avant tout, Français. Ou alors, c'est moi qui paranoye…

Pour terminer sur une note plus joyeuse et délicatement nauséabonde, rappelons que, en la double vertu de ses mœurs et de ses sympathies pro-allemandes, Galtier-Boissière avait surnommé Abel Bonnard la gestapette…

jeudi 1 décembre 2011

Les républicains français, ces négationnistes à bonne conscience

Le Massacre des Lucs-sur-Boulogne, vitrail de l'église paroissiale

L'étude de Reynald Secher sur le génocide/mémoricide vendéen (je n'en suis encore qu'à la partie “génocide”) est absolument terrifiante : on voit là se mettre en place tout ce que les nazis et les communistes – sans parler des Turcs de 1915 – réaliseront un siècle et demi plus tard : l'élimination systématique d'une population donnée – femmes, enfants et vieillards compris – avec effacement des traces de ce crime froidement programmé, ces massacres d'une sauvagerie inouïe ne semblant pas être le fruit de “débordements” de soudards ivres de sang, si l'on en croit les pièces produites par l'auteur, mais le résultat d'une politique voulue, planifiée et bruyamment applaudie à mesure de son exécution par les membres du Comité de salut public, Robespierre en tête – ces mêmes membres qui, pour beaucoup d'entre eux, trois ou quatre années plus tôt, signaient bravement notre fameuse Déclaration des droits de l'homme. Et on reste béant de constater qu'un Carnot a encore sa rue, son boulevard ou sa place dans pratiquement toutes les villes de France, qu'un boucher ignoble comme le général Haxo a la sienne à Paris, etc. Un peu comme si Himmler possédait son avenue à Berlin ou Eichman sa mignonne placette dans le vieux Düsseldorf – mais on va me dire que j'exagère, que les deux choses ne sont pas comparables. Malheureusement, non seulement elles le sont, mais il semble assuré que, de ces deux “choses”, la première a très largement inspiré la seconde : on a tiré, à Berlin, les leçons des erreurs et des approximations commises à Paris par les vertueux membres de la Convention. Au fond, la seule vraie différence entre ces deux génocides est que celui perpétré par les nazis a été montré au grand jour dès la fin de la guerre, et que ses négationnistes sont généralement poursuivis et condamnés. Dans le cas de la Vendée, nous sommes tous, plus ou moins, des négationnistes à bonne conscience.
 

lundi 1 août 2011

Soirée nauséabonde et bruits de bottes à la Comète


« Ça avait pris des mois pour organiser ce simple diner ! Des pléiades d'échanges de mails, de commentaires, de coups de téléphone, de sms. Les plus réacs d'entre nous, les coriaces, s'obstinaient même à ne communiquer que par lettres manuscrites – calligraphiées quoi – sur papier bible. Le plus têtu imposa jusqu'à l'envoi par la poste de bristols d'invitation. Le lieu proposé récolta très vite tous les suffrages. D'ailleurs, rien que ce point aurait dû me conduire à la méfiance : suffrage, vote, volonté générale, démocratie. Comment n'ai-je pas deviné le cauchemar qui s'annonçait ? Le lieu donc, la Comète. On présenterait ça comme une victoire sur le terrain de la Gauche. On camouflerait notre total manque d'imagination : Feignons de vaincre ce qui nous a déjà battu. Le menu ? Du cochon bien sûr. C'est des filles comme Carine ou Dx qui l'ont imposé (je ne citerai plus aucun autre nom dans ce billet, la peur et la honte, voyez-vous). Elles avaient bien précisé : “un cochon mâle, et les rognons seront servis avec !”, dévoilant ainsi leur féminisme exacerbé jusqu'au cannibalisme. L'arrivée des convives, déjà, semblait chargée d'électricité. » (…)


Merci à Pierre Robes-Roule pour ce compte-rendu scrupuleusement conforme à la triste réalité des faits.

Notre document : photo de classe à la Comète…