Tout le monde semble persuadé que Madame Éva Joly porte des lunettes cerclées de rouge : c'est faux. Éva Joly a des yeux cerclés de rouge, et c'est sa manière de voir le monde qui lui donne cette conjonctivite idéologique et mortifère.Madame Joly tient absolument à ce que la France lui ressemble – elle n'est pas la seule : les vieux trous du cul fripés de Ruminances, par exemple, applaudissent des deux mains lorsque la verrue scandinave s'élève contre l'épaisseur des siècles en prétendant remplacer le défilé du 14 juillet par une procession multicolore de décervelés citoyens. Mais on s'en fout : les Ruminants ont autant d'importance et font aussi peur que ces vieilles Bretonnes qui dansent sur la place du village avec leurs coiffes bigouden que personne n'identifie plus.
Madame Joly a raison, elle est dans le sens du vent : l'épaisseur des siècles n'a plus lieu d'être. Si on lui disait être d'accord avec elle, pour la suppression du 14 juillet, au prétexte que la France, ce pays dont elle ignore absolument tout, a vécu un millénaire et demi en ignorant l'existence du 14 juillet, elle pousserait de petits cris d'orfraie en nous traitant de tous les noms qui lui passeraient par l'esprit – c'est-à-dire assez peu, finalement, et pas forcément compréhensibles.
Madame Joly a raison parce qu'elle est l'avenir – elle est même le présent, ce qui est déjà moins glamour. Les yeux rouges de Madame Joly, c'est notre présent cerclé par l'avenir qu'elle entend nous imposer. Madame Joly n'a aucun passé – ni en Norvège, ni ici –, il est encore possible qu'elle n'ait pas d'avenir – ni en Norvège ni ici. Madame Joly est un excellent porte-parole des hordes arabo-africaines, décervelées et manipulables à l'infini, qui proclament que la France c'est eux, à la suite de leurs porte-voix auto-proclamés.
Madame Joly a raison parce qu'on ne peut pas dire que Madame Joly est une pustule posée sur le visage d'un pays fatigué de lui-même. Elle sait quelle est sa profonde laideur, et son pouvoir nécrosant, mais elle sait aussi que c'est de cette défiguration qu'elle tire sa légitimité destructrice. Du moins le croit-elle.
Car Madame Joly ne détruit rien, elle n'en a pas la force ; elle est l'exacte image d'une France exsangue qui, temps et chirurgie esthétique aidant, finira par lui ressembler tout à fait – sauf si les armes sortent de dessous la paille, un de ces matins.
Je l'ai déjà dit, il me semble : il va nous falloir réapprendre rapidement la rigidité morale et la cruauté de circonstance. Ou alors accepter d'avoir tous les yeux cerclés de rouge et ce sourire terrifiant de bonté aigre.


