Affichage des articles dont le libellé est Rions un peu. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Rions un peu. Afficher tous les articles

lundi 11 mars 2019

L'info qui fait s'esclaffer (avec allitération offerte)


Elle s'étale sur Atlantico, mais je suppose qu'on doit la trouver un peu partout ailleurs, tant elle est juteuse de bonne modernité sucrée et nourrissante. La voici :

Amputé d'une jambe, un ex-soldat de la Royal Navy a réalisé la traversée de l'Atlantique à la rame.

On suppose que si, demain, Lee Spencer – tel est le nom de ce modernœud échevelé – devait être amputé de sa jambe restante, il s'attaquerait illico à l'Everest, ou bien tenterait la traversée du Pacifique à la brasse papillon.

Cela étant, l'article d'Atlantico (qui n'a jamais aussi bien porté son nom, on l'aura noté) recèle une autre perle, au moins aussi ébouriffante que la première :

Lee Spencer avait déjà traversé l'Atlantique en décembre 2015 au sein d'un équipage de quatre anciens soldats possédant à eux quatre seulement trois jambes.

À quoi l'on voit que le journaliste n'a pas fait son travail à fond, poussé son enquête dans ses derniers retranchements : on aurait bien aimé savoir comment ces trois jambes étaient réparties. Le public a le droit d'être informé, nom d'une patte en bois !

samedi 16 novembre 2013

Heureusement, les blogueurs de gauche ne sont pas paranoïaques


Dans son dernier billet, le toujours réjouissant Babelouest écrit ceci, avec un imperturbable sérieux : « Il existe un lobby informel mais puissant, très malthusianiste, qui considère la population du monde comme beaucoup trop abondante et œuvre en sous-main pour la ramener à moins du dixième de ce qu'elle est : ce sont des paroles échangées entre ses membres devant des oreilles attentives qui, par recoupement, révèlent ce complot implicite. Les guerres, les épidémies, vraies et non traitées, ou fausses , mais donnant prétexte à des vaccinations plus que hasardeuses, les pénuries de nourriture artificielles par rétention, tout concourt insidieusement à ce résultat. »

Ce vieil et infatigable serpent de mer du vaccin-qui-tue-les-petits-nenfants, j'ai bien dû le voir resurgir cinq ou six fois, depuis que je suis en âge de m'intéresser à la démence des hommes. Les propagateurs de ces âneries trouvaient chaque fois une poignée d'imbéciles pour les croire et décider de ne pas faire vacciner leurs diverses progénitures, lesquelles avaient ensuite tout loisir de devenir poliomyélitiques, tétaneux ou variolés, puis de mourir dans d'atroces souffrances ou de végéter dans leur petite chaise à roulettes. Mais enfin, en dehors de cela, le délire restait bon enfant, si je puis dire ; on se contentait de nous expliquer doctement que cette gigantesque arnaque était perpétrée froidement par les grands laboratoires pharmaceutiques anglo-américains (voire judéo-anglo-américains), lesquels sont tous dirigés, comme nul n'en ignore, par d'anciens nazis même pas repentis et célébrant la Saint-Hitler tous les ans – l'affaire tournait gentiment quelques semaines avant de s'évaporer, cependant que les personnes vaccinées s'obstinaient à se porter comme des charmes. (Le charme est l'un des seuls arbres, en tout cas sous nos latitudes, à être immunisé contre toutes les maladies qui affectent les autres essences : d'où l'expression – fin de la digression.)

Cette fois, on évolue dans le grandiose. Cette société secrète invisible mais partout présente, qui a décidé d'éliminer 90 % de la population terrestre, et qui a un plan tout prêt pour cela, c'est du Roland Emmerich sous acide. Il n'y manque plus qu'un Godzilla bourré de virus, bactéries et autres souches microbiennes, venant se faire exploser la tripaille en plein cœur de Central Park. À mon humble avis, ce doit déjà être eux qui ont simulé une attaque contre les tours jumelles en s'arrangeant pour mettre ça sur le dos des pauvres Arabes. Et ils seraient mouillés dans l'affaire de Pearl Harbour que je n'en serais pas autrement surpris non plus.

(On notera que cette puissance mystérieuse se propose de mettre en œuvre la disparition d'environ cinq ou six milliards d'individus, et de le faire, d'après notre ami, insidieusement. C'est dire s'ils sont forts.)

lundi 20 juin 2011

Coluche, rebelle de confort – canal historique

C'est curieux comme les progressistes, tout pointés vers l'avenir qu'ils sont, adorent commémorer en pleurnichant. Certes leur mémoire ne s'exerce pas au-delà de la Seconde Guerre mondiale, puisque grâce aux vertus dissipatrices de l'Éduc' nat', ils ignorent désormais qu'il y a eu des siècles. Mais cette mince poignée de décennies entre la Bête immonde et nous est suffisamment poissonneuse pour que Modernœud y aille régulièrement de sa petite déploration lacrymogène.

Ces jours-ci, c'est Coluche. Que l'on célèbre selon deux modes différents, soit en exaltant le rebelle-comme-on-n'en-fait-plus, soit en génuflexant devant l'image de sous-abbé Pierre qu'il s'était bricolée les derniers mois de sa vie, en réinventant la soupe populaire. On n'insistera pas sur le second mode : que nos petits deophobes autoproclamés éprouvent à ce point le besoin de s'inventer des saints laïques, et qu'ils soient contraints d'aller les chercher si bas, est suffisamment pitoyable et drôle en soi pour qu'il n'y ait besoin d'insister. Le premier mode est plus intéressant.

Je me souviens bien, moi, des débuts de la vague coluchienne, en 1974. Sur qui tapait-il, ce chevalier Bayard de la rebellitude pour qui Modernœud, près de quarante ans plus tard, reste tout pantelant de révérence ? L'armée, la police, l'Église catholique, les anciens combattants, c'est-à-dire des corps, constitués ou non, qui, déjà à cette époque, n'avaient plus les moyens, ni même sans doute le désir, de riposter. Après tout, Brassens cognait déjà sur les mêmes vingt ans plus tôt – en y mettant un peu de talent, lui.

Mais surtout, Coluche tapait sur le Franchouillard. C'est-à-dire le “beauf” inventé quelques années plus tôt par son ami Cabu, autre rebelle de confort insubmersible. Le Franchouillard de droite (bien sûr), raciste (ça va de soi), stupide (mais pourquoi le préciser ?), etc. – je ne vous fais pas un dessin. Le Franchouillard qui, en outre, est naturellement un fervent supporter des cibles secondaires de “l'artiste”, que l'on a rapidement énumérées plus haut. Très logiquement, lorsque l'officine crypto-socialiste SOS-Racisme est sortie des limbes, notre mutin de Panurge en fut aussitôt l'une des plus enthousiastes caisses de résonance.

Il me semble par conséquent que pleurnicher aujourd'hui que Coluche nous manque et qu'il n'a pas été remplacé est une double erreur. D'abord parce qu'il ne me manque nullement, à moi ; et ensuite parce qu'il a moult petits disciples, sur les ondes et les écrans, qui continuent après lui de taper sur tout ce qui promet de ne pas se défendre ni même de se fâcher : les petits Guillon, les minuscules Morel, les infinitésimaux Porte, les infra-moléculaires Aram, etc. : vous complèterez la liste mieux que moi.

En ce sens – la férocité vulgaire exercée contre qui ne peut ou ne veut se défendre en rendant coup pour coup, la posture de rébellion contre des idées ou des mœurs déjà réduites en miettes, le profond respect des lubies idéologiques en vogue, etc. –, Coluche fut en effet bel et bien un précurseur de ce qui n'en finit pas de proliférer sous nos yeux : le conformisme à nez rouge.

Pour la peine, pour avoir créé Coluche, ce personnage avec lequel on nous concasse encore les burettes vingt-cinq ans après sa mort, Michel Colucci subira donc ce tourment cruellement raffiné de reposer pour l'éternité sous une ignoble tombe en forme d'abribus banlieusard.

dimanche 13 mars 2011

vendredi 16 octobre 2009

Les red necks d'Europe

Prix Nobel, donc. Jean Daniel, le patron du Nouvel Observateur (cet hebdomadaire dans lequel on vante les livres de Jean Daniel : on voit tout de suite ce que vont devenir les petits journalistes qui acceptent de se livrer à ce genre de grotesque manipulation : tant pis pour eux) – Jean Daniel, disais-je, trouve merveilleux que Barack Obama obtienne le prix Nobel de la Paix. En principe, Jean Daniel devrait savoir ce que représente le prix Nobel de la Paix : zéro. Nada. Nichts. Nothing. Exactement comme le prix Nobel de Littérature. Ou même d'économie. Ce sont des prix inventés pour que les Africains en aient parfois quelques-uns. (Là, je vais vraiment passer sous les fourches caudines...)

Personnellement, si j'étais M. Obama, je me sentirais humilié par ce prix. J'aurais l'impression qu'on me l'a attribué juste parce que je suis noir. Et j'aurais horreur de ça, qu'on m'attribue un prix (même sans signification) uniquement pour me féliciter de ma couleur de peau.

Mais nos petits post-modernes, eux, trouvent ça super. Vraiment super. Ils ne voient pas ce qu'ils sont en train de fabriquer : un monde où l'ethnique prime sur tout le reste. C'est-à-dire un monde de violence déchaînée. Ils ne voient pas davantage, tous ces petits Jean Daniel, qu'ils mettent en avant des choses dont on pensait être débarrassé : la couleur de peau, l'origine raciale, et toutes ces sortes de choses.

Jean Daniel est un vieux con – il n'est malheureusement pas le seul. Toute une troupe se presse derrière ce sépulcre blanchi, qui pense en effet qu'il est important d'accorder un prix Nobel à ce président des États-Unis qui n'a rigoureusement rien fait (mais qui excite les filles de gauche de chez nous), pour la simple raison que le temps ne lui a pas encore été accordé.

Au fond, nos petits cerveaux déliés européens voient Barack Obama de la même manière que les red neks du middle west : en fonction de sa couleur de peau. Ici, on crie victoire, là-bas on se désespère de l'Amérique : deux faces d'une même connerie. Connerie absolue et définitive, je le crains.

mardi 28 juillet 2009