Affichage des articles dont le libellé est Polémiquer (mouse). Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Polémiquer (mouse). Afficher tous les articles

jeudi 17 mars 2011

Nucléaire : crash test japonais réussi


« Je viens de comprendre pourquoi, à la suite du tremblement de terre au Japon et des menaces de catastrophe nucléaire qu’il implique, les écologistes exigent que l’on ait un débat à chaud sur le sujet : le Japon, c’est le lopin de terre où il est le plus dangereux de construire des centrales nucléaires, il en est pourtant truffé, il vient d’être ravagé par l’un des plus violents tremblements de terre de l’histoire du globe et un tsunami gigantesque, les centrales ont été submergées par les flots, et nous nous acheminons peut-être vers un bilan de… zéro mort. Sans compter, naturellement, que nous en sommes à la préhistoire en matière de sécurisation des centrales, et que la sueur froide que se font ces jours-ci les Japonais va faire faire des bonds de géant à la discipline. Pour le dire autrement, les écologistes ont tout intérêt à se faire entendre, puisqu’ils n’auront bientôt plus rien à dire et devront renoncer à leur fantasme sur le nucléaire, sous peine de se faire renvoyer au crash test grandeur nature constitué par le tremblement de terre japonais de l’an 2011. (…) »


La suite de l'article d'XP est à l'endroit habituel.

mardi 27 juillet 2010

Pour une immigration (bien) choisie

C'est finalement un concept très intéressant que celui d'immigration choisie. Et je pense que nous devrions le faire nôtre, mais le faire vraiment. On sait bien – ou on devrait savoir – que, si la fameuse islamophobie dont on nous rebat les trompes d'Eustache n'est sauf rares exceptions (Chine, Inde...) qu'un pur fantasme, la christianophobie et la judéophobie qui règnent dans l'ensemble des pays assujettis à l'Islam sont une cruelle et sanglante réalité. Plusieurs millions de chrétiens arabes ou africains sont quotidiennement humiliés, abaissés, asservis – lorsqu'ils ne sont pas purement massacrés, ou contraints à l'exil, par les différentes dictatures islamiques qui pèsent sur leurs pays.

L'exil, justement. Puisqu'il paraît que l'on peut choisir ses immigrés, pourquoi ne pas choisir précisément ceux-là ? Ouvrir nos frontières à ces chrétiens arabes ou africains et à ces juifs orientaux persécutés, en grand danger de mort pour beaucoup d'entre eux, et faire d'eux des Français si jamais ils le souhaitent ? Justifier pour une fois noblement notre prétention à être Terre d'accueil ? Pour leur faire de la place, on pourrait imaginer de renvoyer dans leurs pays d'origine un nombre correspondant de “bons musulmans” qui, eux, ne risqueraient rien à y vivre et pourraient enfin s'épanouir pleinement, libérés qu'ils seraient alors du joug intolérable de notre constitutif racisme à tendances multiphobiques (comme un robot ménager est multi-fonctions...).

Il faudrait tout de même prendre garde à ne pas faire n'importe quoi, par exemple envoyer des musulmans africains dans des pays arabes, quand on sait le solide mépris dans lequel ceux-ci tiennent ceux-là. C'est une chose qui m'avait frappé, lorsque je fréquentais vaguement l'université d'Orléans : ce mépris des étudiants arabes pour leurs condisciples africains et, en retour, la haine que ces derniers vouaient aux Arabes. Je précise qu'à cette époque (1975 - 1976), tout fier et tout content de ma belle panoplie de progressiste d'extrême-gauche, je m'étais profondément attristé en constatant que même eux, les Arabes et les noirs, pouvaient être des agents propagateurs du racisme le plus obtus.

Car il va de soi que, dans ce que j'hésite à appeler mon esprit, le racisme ne pouvait être que le fait du grand méchant blanc et devait absolument demeurer son apanage. En attendant d'être implacablement éradiqué des cœurs et des cerveaux.

Oisive jeunesse,
À tout asservie...


En prime, je vous offre la réjouissante vidéo donnée en lien par Carine en commentaire :


Aldosterone donne son avis sur l'apéro saucisson-pinard
envoyé par enquete-debat. - Regardez les dernières vidéos d'actu.

mardi 6 juillet 2010

Liliane, fais les enveloppes, nos amis arrivent !

Je me rappelle un film de Luigi Comencini qui, en français, s'intitulait très élégamment L'Argent de la vieille (« Et pourquoi pas Le Pèze de la vioque ? », avait à l'époque raillé Jean-Louis Bory) – je n'ai aucun souvenir de ce qu'il pouvait bien raconter, d'ailleurs.

Ça vous intéresse tant que ça, vous, ce que Mme Bettencourt fait de son argent ? Qu'elle le distribue avec la même facilité que des petites bouteilles de lait chocolaté dans la cour de récréation de mes dix ans ? Moi pas. Je m'en fous absolument.

Et ça vous choque à ce point que tel ministre ou son épouse ait peut-être accepté de petits cadeaux sous enveloppe de la dite dame-aux-milliards, ou bien vous jouez la comédie de la vertu empourprée car vous pensez que tel est votre rôle ? Moi, ça m'est tout à fait indifférent : il faut bien que tout le monde s'amuse. J'entends ce qu'on va me rétorquer : Oui, mais, pendant ce temps, il y a des pauvres que et des pauvresses qui. Certes. Mais cela ne change rien : dites-vous bien qu'une Mme Bettencourt, en admettant qu'elle n'ait rencontré dans sa vie que des politiciens intègres et des ministres vertueux, n'aurait de toute façon jamais eu l'idée de faire des cadeaux à un pauvre. Jamais. Trop violent, trop pas dans sa nature, à cette femme, trop risqué sur le plan de son équilibre hormonal. Et puis, quoi ? Ce qu'elle a distribué, si distribution il y eut bien, ce n'était jamais que son argent. C'est son bas de soie qu'elle vidait, pas nos chaussettes à trous de petits contribuables envieux.

Tandis que quand le Premier ministre de la République s'en allait inaugurer, en grande pompe et respectueuse humblesse d'esprit, une mosquée en banlieue parisienne, pensez-vous vraiment qu'il avait payé de sa poche les petits fours halal et l'essence de la bagnole ? Pourtant, curieusement, l'événement s'est déroulé à bas bruit, comme aiment à dire les journalistes cultivés. On les a peu entendus s'indigner, les blogo-laïcards institutionnels, les chatouilleux de la bourse citoyenne. Étrange, non ?

Au fond, si j'étais le chef d'un gouvernement de droite, je sais bien comment j'agirais pour neutraliser mes adversaires de gauche, pour les empêtrer encore un peu plus dans les câbles de leurs contradictions, les contraindre à m'approuver ou à passer pour de gros réactionnaires nauséabonds : je multiplierais les actes d'allégeance à l'islam, les génuflexions imamiennes, les discriminations positives, les glorifications minaresques.

D'ailleurs, c'est ce qu'ils font.

lundi 8 mars 2010

Vous reprendrez bien un vers de vigile ?

Vous l'avez remarqué comme moi (ainsi que disait le professeur Rollin dans la série Palace), on parle beaucoup de la violence scolaire, ces temps derniers – alors, par parenthèses, qu'on ferait mieux de parler de “violence à l'école”, ou encore de “violence des écoliers”, car je ne vois pas du tout ce qu'un coup de surin dans le bide peut avoir de scolaire – mais bref.

Donc, on en parle. Notamment chez nos bons amis les professeurs, c'est-à-dire, en clair, à gauche. Bien entendu, il n'est jamais question des causes de cette violence, puisque celles-ci sont en réalité une, et entendue d'avance : Nicolas Sarkozy. Du reste, si les électeurs de droite avaient l'esprit un tant soit peu malicieux, il me semble qu'ils devraient tout faire pour, en 2012, porter au pouvoir le candidat du Parti socialiste quel qu'il sera : juste pour le plaisir, ensuite, dans un pays qui, nul n'en doute, continuera de s'effondrer, de voir le peuple de gauche, amputé de sa prothèse sarkozienne, errer l'âme perdue et la démarche titubante, telle une armée de figurants grimés par George Romero. – Mais je m'égare une fois de plus.

Revenons à notre violence scolaire. S'ils restent le plus souvent muets sur ses causes – établies d'avance, par décret tacite et hautement reconductible –, nos amis de l'Éduc' Nat' sont en revanche très babillards sur comment (clin d'œil) il conviendrait de l'endiguer. En gros, deux pistes : “Plus de moyens !” et “Plus de personnel de surveillance !”, celle-ci découlant directement de celle-là, on l'aura compris.

Ah, ce personnel de surveillance ! Si j'ai bien compris, il doit s'agir de ce qu'on appelait jadis – et peut-être encore – les “pions”, soit de gentils étudiants ravis de se faire un peu d'argent de poche, souvent à peine plus âgés que les lycéens qu'on les chargeait de surveiller. Et que l'on peut aujourd'hui supposer nettement moins rompus au délicat exercice de la guérilla intra-scolaire. Par conséquent, j'aimerais que l'on m'explique comment cinq ou six étudiants de plus par établissement, postés séparément à la jonction des couloirs, s'y prendront pour s'opposer victorieusement aux cinq ou six zoulous armés qu'ils verront débouler en face d'eux avec des prétentions attilesques ? Mission impossible, non ? À moins que...

À moins que, s'inspirant de l'excellent exemple donné par les principales enseignes de la grande distribution, l'Éduc' Nat' ne se résolve enfin à embaucher des surveillants efficaces : les “grands frères” de ceux qui, etc. Les avantages seraient multiples, mais il suffira d'en citer un seul : ces pions new style connaissant parfaitement les dédales de l'établissement, ses passages secrets, ses sorties dérobées, depuis qu'ils y furent, quelques années auparavant, dealers ou racketteurs ou les deux, il sera bien difficile aux petits frères de les y semer, lors de leurs sympathiques affrontements.

On peut bien sûr toujours voir tout en gris (c'est volontairement que je n'ai pas écrit “en noir”) et songer que, de semi-délinquants à quart-de-vigiles (avec possibilité d'embauche ultérieure dans une société de surveillance et de gardiennage – promotion garantie), voilà des gens dont toute la vie se sera déroulée sous le seul signe de la force et de l'intimidation. Ce serait pécher par pessimisme, car oublier que promouvoir les grands frères est un moyen comme un autre, un moyen en plus des autres, d'achever de mettre à bas la statue du père – ce qui est toujours ça de pris.

samedi 20 février 2010

Faudrait voir à pas trop venir me chatouiller les coronaires, hein !

Voilà ce que c'est que de n'être pas très vigilant : vous vous absentez dix minutes de la Case, le temps d'aller prendre un café dans la maison principale, et quand vous revenez devant votre écran vous trouvez quoi, dans votre boîtamel ? Un tract du Parti antisioniste ! M'envoyer ça, à moi, qui ne cesse d'afficher mon soutien plein et entier aux Juifs en général et à l'État d'Israël en particulier : il faut être soit très con soit très pas-réveillé. Ou alors, ils balancent leurs ordures un peu au hasard, les pote d'Allahdonné M'Bala bis, je ne sais pas, moi... Enfin, bref, et pour que les choses soient bien claires :

Chers antisémites,

que vous soyez d'extrême-gauche ou d'extrême-droite – ce qui revient à peu près au même mais il ne faut pas le dire –, que vous vous camoufliez ou non derrière le grossier nez rouge de l'antisionisme, sachez que chaque matin je déverse mentalement sur vos trognes biaises les kilos de matière breneuse que mes intestins ont été capables de produire nuitamment ; que je suis votre ennemi radical, la viande cyanurée qui vous fera crever un jour ou l'autre, l'oxydant d'Occident qui rouillera les papattes de vos miradors cérébraux – et qu'il est par conséquent inutile de m'expédier en loucedé les petites fientes scripturaires de vos esprits incapables d'envol : étant par trop mal torchées, elles ne peuvent me servir de rien.

Je préfère ne vous saluer pas.

Didier Goux

mardi 26 janvier 2010

Chiens & chats, idées reçues (sans examen)

Suite à mon burlesque appel d'hier, L'Hérétique à eu la gentillesse et l'humour d'écrire ce matin un court billet dans le seul but de faire grimper La Meute des gâteux au classement zoophilo-wikiesque. Qu'il en soit remercié, d'abord : on n'est pas des bêtes, nous. Il y prend vigoureusement la défense des chats et, fatalement, ses commentateurs se ruent à poings fermés bouche-que-veux-tu couilles rabattues, enfin ils se précipitent dans l'éternel combat des cynophiles et des félinophobes – lequel inclut évidemment son exact contraire. Faisant partie des gens qui possèdent cadors et matous, je ne me suis senti nullement tenu d'y participer. D'autant que je le trouve de peu d'intérêt et le sais sans issue. Néanmoins, il ne me semble pas inutile de relever une idée reçue, au moins parce qu'elle est en fait une totale contrevérité.

Deux ou trois des commentateurs de L'Hérétique reprennent en effet la vieille antienne selon laquelle il serait “criminel” d'avoir des chiens en ville (je suppose qu'ils veulent dire "en appartement”), cependant que le chat, lui, y serait parfaitement adapté. C'est tellement peu vrai que c'est en fait tout le contraire.

Le chien est essentiellement un animal de meute – c'est même pour cela que ses détracteurs lui reprochent ce qu'ils croient être sa soumission quand ce n'est pas sa servitude volontaire : anthropomorphisme quand tu nous tiens... À ce titre, pour son équilibre, sa tranquillité et, soyons anthropomorphe nous-mêmes durant une seconde, son bonheur, il importe qu'il soit le moins possible éloigné de son “chef de meute”, en l'occurrence son maître bipède. Par conséquent, que ce maître vive dans un deux-pièces sur cour rue de Clichy (je fais misérable exprès...) ou sur trois mille hectares de prés, bois et étangs au cœur de Sologne, son chien s'en battra allègrement la truffe. Poussons jusqu'au paradoxe apparent : le chien de pauvre de la rue de Clichy sera plus épanoui et mieux équilibré – pour peu que son maître l'emmène partout avec lui dès qu'il sort – que le châtelain solognot que le sien laissera seul du matin à la nuit au milieu de ses hectares.

En revanche, s'il est un animal que la nature et le grand large fascinent, c'est bien le chat. Tout félinolâtre ayant déménagé de la ville à la campagne vous le confirmera : lorsque loisir lui est donné d'aller et venir à son gré, le petit bibelot de coussin se transforme rapidement en un coureur de bois et de granges – et il ne se passe généralement pas plus de trois mois avant que son maître ne le revoie plus chaque jour (et encore...) qu'à l'heure des croquettes. On notera du reste que le fait qu'il revienne quotidiennement mendier sa gamelle plaide assez mal en faveur de cette fameuse “indépendance” dont les chats sont censés faire preuve.

Mais, évidement, chacun a compris depuis longtemps que lorsqu'il trouve le chat attirant, mystérieux, fascinant, indépendant, fier, voire rebelle, c'est en réalité lui-même que son maître contemple dans le miroir, mon beau miroir.

mercredi 20 janvier 2010

Bounty toi-même, connard !

Quoi qu'il se passe, arrive, advienne, l'affaire est entendue : nous avons tort. Je le savais. Je savais qu'on allait me balancer ça à travers la tronche. Quoi ? Un truc comme le commentaire de ma trollette, Passante, à lire ici. Passante est très bien, indispensable même : quand elle s'est exprimée, on sait ce qu'on DOIT penser.

Par exemple, là, elle est furax. Qu'un Africain, un véritable Africain, dise des choses qui lui défrise le poil des jambes (et je reste correct), ça, elle ne supporte pas. Ce serait juste moi, tout irait bien : je serais simplement un gros con raciste, idiot, nauséabond, aussi nauséabond que les heures nauséabondes de notre histoire la plus nauséabonde-qui-ne-la-concerne-pas. Du coup, la Passante du perpétuel Sans-Souci resterait assez zen, je la conforterais dans l'image amusante qu'elle a de moi, d'elle, du monde qui l'a enfantée.

Malheureusement, ces immondices que j'ai reproduits ici même, c'est un Africain qui les a écrits. Et un ambassadeur en plus ! et un intellectuel, en plus plus. Merde ! C'est qui, ce gros con qui ose prétendre que toute la faute n'incombe pas toujours, peut-être, à ce fameux homme blanc si pratique ? Sans déconner, qui est ce trublion très foncé qui, se foutant visiblement des trémulations génitales de Passante, Céleste, OH ! et d'autres, ose s'adresser à ses frères africains (si tant est qu'il les considère comme ses frères, ce qui est rien moins que prouvé) en les secouant comme des pruniers indolents, en leur jetant à la face des choses désagréables – et qui doivent être aussi désagréables pour lui-même ?

Mais qui est-il, ce sale con de nègre ? Comment peut-il oser contredire nos vaillantes passantes, qui savent de tout temps la vérité du monde ? De quel droit, ce salopard, stigmatise-t-il ces pauvres noirs que, nous autres, parce que nous continuons à les mépriser comme nos arrière-grands-pères à casque colonial, exonérons systématiquement de tout ce qui peut leur arriver ? Est-ce qu'il ne voit pas, le gars André, que, du petit négrillon toujours enfantin de Tintin au Congo, jusqu'à la figure pseudo-christique de l'Africain d'aujourd'hui, il n'y a finalement aucune solution de continuité ? Eh, si, justement, il le voit très bien ; et il le dit. Et c'est bien ce que personne ne lui pardonne. Il est trop con, ce nègre : il ne tape pas sur l'homme blanc ! il essaie de réfléchir, de voir un peu plus loin ! Si on le connaissait personnellement (et on serait assez pour), on se dirait qu'il n'existe que pour renvoyer aux poubelles de l'histoire nos Passante, Céleste, OH !...

Mais il y a peu, très peu de chance que notre ambassadeur ait connaissance de l'existence de ces trois petits crétins. C'est logique : il a autre chose à faire dans sa vie que de dorloter ces trois connards. Il a notamment à faire ceci : écrire un texte par lequel il appelle ses "frères africains" à se lever, il lance un appel à la fierté ; pas mal, non ?

Eh bien, si, c'est très mal. Passante trouve que c'est très mal. Passante n'aime pas du tout qu'un Africain dise du mal de l'Afrique. Passante aime que les Africains s'expriment à condition qu'ils disent ce qu'elle attend d'eux : que tout est de la faute de l'homme blanc.

De l'homme blanc, mais pas de la femme blanche, attention ! Si le monde avait été bidouillé par cette crétine de Passante, il va de soi qu'il n'y aurait jamais eu la moindre guerre !

Et alors, Passante, cette conne malheureuse, a le mot : Bounty. C'est très pratique, "bounty" : c'est un homme (ou une femme) noir à l'extérieur et blanc à l'intérieur, si j'ai bien compris. Soit, un noir qui, parce qu'il dit une certaine vérité, devient un allié des blancs. Ça permet, cette notion absurde, aux petits crétins blancs, de se faire croire à eux-mêmes qu'il peut en effet y avoir des hommes noirs à l'extérieur et blancs à l'intérieur ; idée stupide, idée de crétin d'hommes de gauche. C'est très utile pour les connards du genre Passante, ou Céleste, ou n'importe qui d'autre. Ça permet de renvoyer tout le monde, noir ou blanc, dans les poubelles de l'histoire, d'une histoire que ces cons ne veulent même pas voir.

samedi 16 janvier 2010

Droit de vote des étrangers : et c'est reparti pour un tour !

Pourquoi donc changerait-on une vieille recette, si elle est toujours appréciée et conserve l'essentiel de ses vertus ? C'est bien ce qu'a dû se dire la piteuse Martine Aubry en nous ressortant de son chapeau le joli lapin du droit de vote accordé aux étrangers, dans les élections locales.

D'abord, pourquoi dans les élections locales seulement ? Le seul argument que ressasse la gauche ad nauseam depuis trente ans au moins est que, puisqu'il travaillent et paient des impôts en France, il est normal qu'ils puissent prendre part aux décisions qui les concernent. Soit. Seulement, ils ne paient pas d'impôts que locaux, il me semble. Par conséquent, ne nous arrêtons pas en si bon chemin et accordons-leur un droit de vote complet et général. À toutes les élections.

On se doute de ce que je pense de cette histoire. Elle est absurde, et même plus qu'absurde : aporétique. Le vote est l'un des droits inaliénables du citoyen d'un pays, en tout cas lorsque celui-ci est une démocratie. Or, qu'est-ce qu'un étranger ? C'est précisément un homme qui n'est pas citoyen ; en tout cas pas citoyen du pays dans lequel il réside. Par ailleurs, vouloir leur accorder le droit de vote au motif qu'ils paient des impôts, cela porte un nom : le suffrage censitaire. Y revenir serait consentir à un bond en arrière de plus d'un siècle, et c'est pourtant la gauche qui défend ce système parfaitement réactionnaire et rétrograde.

Mais tout le monde a bien compris, au fond, que Martine Aubry et ses petits camarades se moquent pas mal que les étrangers votent ou non. Seulement, ils savent bien que les Français y sont majoritairement opposés et que le simple fait de lancer l'idée suffit généralement à rendre de bonnes joues au Front national... et donc à emmerder un peu l'UMP, voire à créer quelques petites triangulaires dans certaines régions, lesquelles seraient ravageuses pour la droite. Toujours bon à prendre, ça...

mardi 12 janvier 2010

Le petit Nicolas se fait épingler (façon papillon) par le prince Ygor

Le Stalker a eu la riche idée d'accueillir en ses colonnes mon ami Ygor Yanka et sa lettre ouverte à Nicolas Sarkozy. J'encourage vivement tout un chacun à aller savourer ce superbe texte (on ne parle plus de billet, à ce stade...) : je ne me souviens pas avoir jamais lu un aussi noble et implacable réquisitoire sur aucun blog ; on est très loin des coups d'épingle des vigilants – très loin au-dessus. Personnellement, ça m'a passé l'envie de devenir Nicolas Sarkozy quand je serai grand. Enfin, bon : grands, vous l'êtes assez pour vous faire votre opinion, hein...

jeudi 17 décembre 2009

Bouc & rhinos ou la zoologie des blogs de gauche

Le balayage optique des blogs de gauche (je ne dis pas la “lecture”, il ne faut pas exagérer non plus la bonne volonté des uns et des autres) est souvent riche d'enseignements. Notamment les jours où se fait jour (“les nuits où se fait nuit” marche moins bien), chez eux, la propension à se ruer tous ensemble dans la même direction, jouissant de leur martèlement lourd et synchrone, tels les rhinocéros immortalisés par Ionesco. Il suffit de leur jeter un os en pâture, avec si possible un peu de chair autour.

Ainsi, ces derniers jours, c'est Nadine Morano qui fait l'os. Quinze ou vingt blogueurs, d'un même élan, ont écrit exactement le même billet, quasiment à la même heure, avec la même indignation de commande, se recopiant les uns les autres, comme de vulgaires journalistes du Monde et de Libération. Non, en réalité, je suis encore trop optimiste à leur sujet : leur pensée est tellement formatée, leurs indignations si pavloviennes qu'ils n'ont même plus besoin de se lire pour écrire exactement les mêmes sottises, reproduire à l'identique les mêmes contre-vérités : les blogueurs sont presque tous des Pierre Ménard qui s'ignorent, comme ils ignorent tout le reste.

Donc, cette fois,, c'est la Morano qui fait fonction de bouc émissaire. Peu importe que, comme l'a très bien montré L'Hérétique, elle n'ait pas du tout dit ce qu'on lui reproche : eût-elle déclaré exactement l'inverse que cela n'aurait pas eu davantage d'importance. Le principal, le jouissif, c'est de pouvoir lapider en cercle et rien d'autre.

(Je précise non seulement que je n'aime pas du tout cette quintessence de la vulgarité modernante déguisée en femme qu'est Mme Morano, mais qu'en plus je ne parviens pas à comprendre pourquoi les left blogueurs ne lui érigent pas une statue en pain d'épices : elle leur ressemble tellement...)

Dans deux jours d'ici, plus personne ne sera capable de dire pourquoi il était si urgent de tomber sur le dos de cette pauvre insignifiante à coups de chaîne de vélo. Pas grave : on aura bien cogné, tous ensemble, non ? Allez, c'est ma tournée, tiens !

Il arrive régulièrement que l'on me conchie publiquement, parce que je me suis mêlé de souffleter tel ou telle. Si l'on ne me conchie pas, on me morigène, ou on tente de me prendre par la douceur – on est parfois à deux doigts de me rééduquer. Je suppose que l'intention est louable. Je vous ferai tout de même observer que, dans ces cas où la bête immonde exhibe ses chicots, elle le fait – comme on disait quand j'étais enfant – “à un contre un”. Jamais en cercle, jamais en un autre nom que le mien propre. – Je suis celui qui lapide en solitaire.


PS : j'offre un livre à qui trouve le pourquoi de l'illustration...

lundi 14 décembre 2009

Le sida ? C'est la faute à Sarko !

Aaaah ! je m'étais pourtant promis, de ne plus en parler, de cet imbécile ! C'est à croire qu'il le fait exprès... qu'il me cherche... qu'il a besoin d'un relais (& châteaux). Enfin, bon, je tombe sue ce monumental étalage de sottise auto-satisfaite. De quoi ça parle, au juste ? D'un type hyper-moderne, bien dans sa tête, bien dans son corps, qui va faire son petit check-up mensuel. Il est habitué. Ça fait dix ou quinze ou vingt ans que ça dure, c'est devenu une seconde nature. Pendant 29 jours, je baise comme un lapin, je vous le raconte sur mon blog, je vous mets des photos pour vous dire à quel point je suis libéré et cool.

Et le trentième jour, je me pointe au centre Machin. C'est super, c'est propre, on n'attend presque pas, on peut retourner baiser presque tout de suite. En plus, ça ne coûte rien : le contribuable paie pour les lapins. Or, soudain, horreur, la dictature d'extrême-droite pointe le bout de son nez, Pinochet ricane, les heures les plus sombres dansent la gigue devant le guichet, mais que se passe-t-il ? Notre ami découvre qu'il y a VINGT personnes devant lui, imaginez-vous ! Vingt ! C'est le fascisme ! On pourrait lui faire remarquer que les files d'attente de dix-huit heures, c'est plutôt une caractéristique des régimes politiques qu'il chérit, mais ce serait mesquin : il est pressé, ce garçon, quoi, merde !

Car s'il est obligé de passer vingt minutes au lieu de huit dans ce centre médical, notre vertueux lapin, savez-vous qui est responsable de cette odieuse torture qu'on lui inflige ? Hmm ? SARKOZY, évidement ! Cet ignoble salaud qui s'est arrangé pour détourner des médecins spécialisés dans les lapins et les envoyer se soucier de connards ayant jugés bon d'attraper cette grippe à la con, là, qui nécessite des assistances respiratoires, et encore tout un tas de conneries.

Il va de soi qu'il faut absolument lapider d'urgence un président aussi immonde, qui préfère s'intéresser à une maladie contagieuse et vaguement exponentielle, qu'à un bon vieux truc qui ne l'est pas, qui suit son petit chemin pépère, qu'attrape qui veut, en somme. Et, naturellement, il va de soi que Nicolas Sarkozy en personne s'est employé, durant le week-end (pendant que les hétéros dormaient et que les autres baisaient comme des lapins : non, je rigole, c'est juste pour agacer...), à déplacer personnellement les trois médecins qui auraient permis à notre castriste en tutu de ne pas faire la queue à son dispensaire comme n'importe quel salaud de soviétique. – Vraiment, ce président, je ne le souhaiterais pas à mon pire ennemi.


Bon, je viens de rigoler, évidemment, c'était juste pour énerver un peu les malfaisants. Il n'empêche que, si on me poussait à être sérieux, je pourrais dire ce que je pense du sida. Non, ce que je viens de dire est absurde : c'est les cons qui me poussent à employer ces expressions toutes faites. Je ne pense rien du sida. Un être humain ordinaire ne pense rien d'une maladie. S'il est normal, il aimerait mieux qu'elle n'existe pas. Seulement, il constate qu'elle existe. S'il est normal, il n'accuse pas les pouvoirs publics de l'existence d'une maladie. Mais plus personne n'est vraiment normal de nos jours. S'il ne craint pas d'être désagréable, il peut à la rigueur faire observer qu'une maladie non contagieuse ne menace pas réellement l'humanité. Notamment à notre époque, l'attrape qui veut bien. Il fera à la rigueur observer, si jamais il se sentait momentanément une fibre tiers-mondiste, que cette maladie, répandue à une vitesse foudroyante sur toute la planète par des pédés occidentaux ivres de voyages et de baise pas chère (efficacement relayée par des hétéros de même acabit, il faut le dire), touche essentiellement des gens qui n'ont rien demandé à ces mêmes lapins, et qui eux vont assurément en mourir, sans même songer à se plaindre que, lors de leur petit contrôle dominical, il y avait VINGT personnes devant eux.

Bref, s'il était vraiment ricanant et de nature méchante, le gars-qui-cause ferait remarquer qu'il n'y a pas plus occidentalo-égoïste que ces petits crétins angéliques dont il est en train de parler. et il finirait par avouer qu'il ne s'intéresse pas plus aux malades du sida de chez nous qu'aux lépreux qu'il lui a été donné de voir, il y a déjà longtemps, en Afrique, et dont tout le monde se fout, alors qu'eux seraient parfaitement guérissables, pour trois francs six sous, ici et maintenant.

Je comprends très bien que tout le monde se foute des lépreux – moi-même je ne suis pas atteint, ni personne de ma famille. Et, pourtant, c'est quelque chose, je vous jure, un lépreux en "phase terminale" ; j'en ai eu devant moi. Mais, dans ce cas, accordez-moi de me foutre pareillement des gens atteints du sida – y en a pas dans ma famille non plus : on ne se drogue pas, et quand on s'encule, on se protège.

lundi 7 décembre 2009

Les cons à sourire festif grimpés dans les miradors

En fait, j'aurais mieux aimé une carte de petit con. Ou encore de "petit con malfaisant". Ç'aurait mieux correspondu au profil. Bon, on fera avec : gros con ira très bien.

Voilà deux jours que ça dure. Sur tel blog hier, sur tel autre aujourd'hui. Toujours les mêmes d'ailleurs : les alter-ménopausées et les folles mondialistes – les malfaisants, en un mot. Une chose les réunit : le mirador, celui où ils se voient juchés, la bave aux dents et la kalachnikov au côté, scrutant le déviant qui grenouille en bas, dans le camp.

Ils veulent absolument séparer le bon grain progressiste de l'ivraie nazie. Du coup, ils ne comprennent plus rien. Et surtout pas pourquoi un Nicolas et un Didier sont capables de se taper dans le dos en se souciant d'eux comme d'une cerise avariée et dépourvue de noyau. Du coup, ils éructent des phrases de ce type :

« La féministe fait la belle chez le réac misogyne qui n’hésite pas à copiner avec le gauchiste mou ou avec l’écolo -bayrouiste. Tout est bon pourvu qu’on ait des liens. »

Le réac misogyne, c'est moi, le gauchiste mou c'est Nicolas. Pour la féministe, j'ai aussi mon idée... Le rire, la nonchalance, le remettez-nous-ça-patron : voilà bien ce qu'il ne supporte pas, ne comprend pas, ce gros bloc de gelée sans madère. Pas plus que le castriste en tutu. Pour eux, il faut choisir son camp, une fois pour toutes. Pas de déviance ! pas un pas de côté ! tout le monde dans le rang ! Preuve qu'ils aiment les camps, pas une tête qui dépasse. Et le gauchiste qui se laisse aller à boire une bière avec le mec qu'ils ont placé de l'autre côté des barbelés, devient un gauchiste “mou” – à surveiller, donc. Peut toujours trahir la cause, celui-là...

Parfois, ils menacent, ils somment, ils mettent en demeure : lui ou moi, bordel ! Choisis ton camp, camarade ! (le camp, toujours le camp...) En face, ils trouvent un type qui les renvoie gentiment dans les cordes dont ils sont empêtrés. Dans ces cas-là, ils sourient vil, ils courbent l'échine, présente la croupe, assouplissent les sphincters, se beurrent le sourire : mais non, mais non, bien sûr, tu as le droit d'être ami avec qui tu veux, n'est-ce pas ? Je n'ai jamais voulu dire ça, tu penses bien !

N'empêche que leurs dents grincent, à nos petits malfaisants, la bile se fait acide...

lundi 30 novembre 2009

Sont-ils pas mimis, nos gentils démocrates ?

Mon bons amis, ce matin (mais la fête va durer toute la journée), si vous voulez vous offrir une bonne tranche d'hilarité saupoudrée d'ironie, il vous faut absolument aller traîner sur les blogs de gauche – en sélectionnant habilement ceux qui parlent de la Suisse (je ne mets pas de liens, vous vous débrouillerez très bien). L'impression dominante est que Père Ubu vient de réussir un putsch et prendre le pouvoir dans le camp des progressistes progressants.

D'abord, il y a l'attendrissant désarroi : mais comment les Suisses ont-il pu nous faire ça ? De là, on passe facilement à l'insulte et au mépris : 57 % des Helvètes sont pis que des Waffen-SS, des waffenculo (cet approximatif jeu de mots italo-nazi est dédié à Dorham) de leur race. Ensuite, on arrive au meilleur.

Le meilleur, c'est l'espoir fou qui saisit nos modernants depuis ce matin : grâce au ciel, d'ici 5 ans, on pourra faire revoter les Suisses sur la même question et effacer le résultat-de-la-honte d'hier. Car nos modernants sont certains d'une chose : cette votation dominicale (qui rappelle les heures les plus sombres de notre histoire de la Suisse), c'est une sorte de petit coup de calcaire que nos voisins ont pris derrière la nuque. Dès qu'ils auront retrouvé leurs esprits placides et débonnaires, ils s'apercevront que, comme tout le monde autour d'eux, il désirent ardemment voir des minarets hérisser demain leurs cantons.

Donc, nos avenirophiles commencent déjà à bouillir d'impatience en attendant cette rebelote qu'ils appellent avec des accents chateaubriannesques (Levez-vous, votations désirées !). Tellement enthousiastes qu'ils ont apparemment oublié avoir récemment poussé des cris d'orfraie lorsqu'on a fait revoter les Irlandais sur la constitution européenne, et d'horreur quand Méphisto Sarkozy a contourné le “non” des Français pour le faire transformer en un “oui” par ses laquais du palais Bourbon et de l'hôtel de Lassay réunis.

Et c'est pour ne rien dire du tracsir intense qui saisit nos futurolâtres lorsqu'il songent que l'on pourrait poser la même question au peuple français. Grâce au Ciel, et dans le but charitable de ne point troubler la dormition de nos vierges laïques, il ne lui sera rien demandé, à ce connard de populo populiste.

vendredi 16 octobre 2009

Les red necks d'Europe

Prix Nobel, donc. Jean Daniel, le patron du Nouvel Observateur (cet hebdomadaire dans lequel on vante les livres de Jean Daniel : on voit tout de suite ce que vont devenir les petits journalistes qui acceptent de se livrer à ce genre de grotesque manipulation : tant pis pour eux) – Jean Daniel, disais-je, trouve merveilleux que Barack Obama obtienne le prix Nobel de la Paix. En principe, Jean Daniel devrait savoir ce que représente le prix Nobel de la Paix : zéro. Nada. Nichts. Nothing. Exactement comme le prix Nobel de Littérature. Ou même d'économie. Ce sont des prix inventés pour que les Africains en aient parfois quelques-uns. (Là, je vais vraiment passer sous les fourches caudines...)

Personnellement, si j'étais M. Obama, je me sentirais humilié par ce prix. J'aurais l'impression qu'on me l'a attribué juste parce que je suis noir. Et j'aurais horreur de ça, qu'on m'attribue un prix (même sans signification) uniquement pour me féliciter de ma couleur de peau.

Mais nos petits post-modernes, eux, trouvent ça super. Vraiment super. Ils ne voient pas ce qu'ils sont en train de fabriquer : un monde où l'ethnique prime sur tout le reste. C'est-à-dire un monde de violence déchaînée. Ils ne voient pas davantage, tous ces petits Jean Daniel, qu'ils mettent en avant des choses dont on pensait être débarrassé : la couleur de peau, l'origine raciale, et toutes ces sortes de choses.

Jean Daniel est un vieux con – il n'est malheureusement pas le seul. Toute une troupe se presse derrière ce sépulcre blanchi, qui pense en effet qu'il est important d'accorder un prix Nobel à ce président des États-Unis qui n'a rigoureusement rien fait (mais qui excite les filles de gauche de chez nous), pour la simple raison que le temps ne lui a pas encore été accordé.

Au fond, nos petits cerveaux déliés européens voient Barack Obama de la même manière que les red neks du middle west : en fonction de sa couleur de peau. Ici, on crie victoire, là-bas on se désespère de l'Amérique : deux faces d'une même connerie. Connerie absolue et définitive, je le crains.

Faut-il supprimer le droit de grève aux fonctionnaires (et plus si affinités) ?

Les fonctionnaires sont-ils des “travailleurs” comme les autres ? À l'évidence, non. Doivent-ils avoir les mêmes droits, n'ayant pas les mêmes contraintes ? (J'ai dit “pas les mêmes”, je n'ai pas dit “moins”, on le notera...). Comme élément de réflexion, le texte ci-après.

(Parmi une multitude d'autres, j'ai choisi cette photo non seulement en fonction de son puissant ressort comique, mais aussi parce que la banderole illustre très bien, résume même, le malentendu concernant les fonctionnaires, qui ne sont naturellement pas au service du peuple mais bien à celui de l'État.)


« Comme l'indiquent les diverses expressions qui servent à la désigner, Fonction publique ou Civil Service, l'administration appartient à la sphère du public, mais les fonctionnaires sont dans une situation très spéciale, voire discordante, suivant qu'on les considère comme serviteurs de l'État ou comme salariés revendiquant les mêmes droits que les autres salariés. Logiquement et politiquement, ils ne sont pas des travailleurs comme les autres, puisqu'ils gèrent le bien commun et que de ce fait ils doivent se plier aux impératifs de la relation publique, mais en fait, et de plus en plus de nos jours [ce texte date de 1965...], ils réclament l'assimilation aux employés et aux travailleurs du secteur non public. Il en résulte toutes sortes de chocs et de conflits qui ne peuvent que s'aggraver avec l'extension de la bureaucratie, le développement de certains services techniques nouveaux et éventuellement de nouvelles étatisations. Chose plus curieuse, la croissance en effectifs et en étendue des services publics s'accompagne d'une privatisation croissante des rapports entre les fonctionnaires et l'État. Il est hors de doute que la constitution de syndicats de fonctionnaires, possédant un pouvoir de décision autonome, renforce les possibilités d'intervention de l'autorité privée dans le secteur public, au même titre que les autres groupes de pression. Si l'on avait adopté divers points du programme de l'anarcho-syndicalisme, que continue à agiter encore de nos jours l'un ou l'autre leader syndicaliste, on en serait venu à livrer l'État, qui est le bien de tous les citoyens, à des organismes politiquement irresponsables, parce que de nature privée. En tout cas le fait demeure qu'une grève générale et totale des services publics réduirait le gouvernement à l'impuissance et suspendrait effectivement l'existence de l'État. Somme toute, l'intrusion du privé dans le public n'a jamais eu tant de chances qu'à notre époque caractérisée d'autre part par une extension indéfinie de la sphère publique. De ce paradoxe de la société moderne, il est impossible d'évaluer les conséquences, parce que nous n'en avons même pas encore pris la mesure. »

Julien Freund, L'Essence du politique, p. 324.


Encore Freund écrivait-il cela à une époque où les facteurs et les gardes-champêtres portaient encore un uniforme distinctif ; où, lorsqu'on se rendait au bureau des PTT (cette Poste désormais à l'agonie que d'aucuns prétendent “sauver”, alors qu'elle s'est suicidée de volonté pleine), on avait affaire à une “demoiselle de la poste”, c'est-à-dire à une institution, et non, comme aujourd'hui, à de quelconques Josiane ou Nadine dont le prénom semble désormais être la seule raison sociale, le seul lien contractuel avec le public, au service duquel elles sont pourtant censées être toujours.

J'ajoute que les cinq ou six pages qui suivent l'extrait que je viens de transcrire mériteraient de l'être également. Mais bon...

mardi 13 octobre 2009

Peut-on être engagé à gauche sans être complètement con ?

À Olivier Bonnet...


Bon, c'est vrai qu'il a une tête de con, une coiffure à jouer dans un sitcom, un sourire faux, un regard torve. Et qu'il est probablement (mais rien n'est jamais certain) ce qu'annonce son image. Néanmoins...

Néanmoins, mes bons amis pourfendeurs, vous me faites rire, depuis deux ou trois jours, avec vos indignations à l'hélium, vos gonflements de pétomanes institutionnels. On crie au scandale, au népotisme. (J'aimerais savoir combien d'entre vous connaissent (sans chercher sur Yahoo) le sens exact de ce mot – passons.) On hurle, on s'égosille, parce que ce petit Sarkozy n'a que 23 ans ! Et qu'il est seulement en deuxième année de droit !

Et alors ? Depuis quand les études de droit conduisent-elles à la carrière politique ? Les études de droit conduisent au droit, period. Vos grands-parents,mes drôles, ânonnaient à la suite de Lénine (oui, vos grands-parents ont adoré les dictateurs du siècle récemment mort) qu'une cuisinière devait pouvoir diriger l'État. Et pas un étudiant en droit ? Et je me permets de vous rappeler que vous hurlez depuis des décennies contre l'oligarchie des énarques, la confiscation du pouvoir par une élite des grandes écoles...

Vous-mêmes, avec le racisme inconscient (un bon racisme efficace se doit d'être inconscient) de votre génération, ne perdez jamais une occasion de traîner dans la merde toute personne de plus de soixante ans qui prétend rester encore un peu vivante (voir vos moqueries ignobles concernant VGE par exemple) : vous devriez donc, si vous aviez un brin de logique (mais je rêve) trouver fort bien qu'un jeune homme de 23 ans grimpe les marches quatre à quatre, et envoie à la maison de retraite un vieux ridicule de 65 ans comme Balkany Devedjian. Non ? 65 ans c'est trop vieux mais 23 c'est trop jeune ? Ah, il faudra m'expliquer cela, à l'occasion !

Non, non, ne hurlez pas tout de suite : j'ai bien compris ce qui vous choque, dans l'ascension du blondinet grotesque. Et croyez bien que je trouve cela aussi choquant... Non, à la réflexion, ça ne me choque pas : ça me fait rire, juste rire. Parce que, en effet, la situation est risible. Nicolas Sarkozy est risible ; son fils est risible ; la manière dont papa promeut fiston est risible. Du reste, Lionel Jospin aussi était hautement risible – notamment sa tête de constipé, un certain 21 avril. Mais c'est votre époque, mes drôles ; celle que vous chérissez, qui vous semble meilleure que toute autre dans le passé – une époque de transparence absolue, où chacun est avant tout soi-même, décomplexé, transparent. Et vous n'avez jamais de mots assez moqueurs pour ceux qui vous disent que, peut-être, il conviendrait d'être un peu moins, un peu moins brutalement soi-même.

Au fond, mes petits frères, Nicolas Sarkozy est vraiment votre président. Celui que vous avez souhaité, celui que vous méritez, celui que vous avez véritablement élu – même si vous avez voté contre lui.

lundi 12 octobre 2009

Les Pinard nouveaux sont arrivés !

Dans Maîtres et complices, paru en 1994, Gabriel Matzneff parle de ses écrivains de chevet ; ce sont ses Exercices d'admiration à lui – du reste Cioran en fait partie, c'est même lui qui clôt le volume. Dans le chapitre qu'il consacre à Baudelaire, Matzneff écrit ceci :

« Si Baudelaire a été inculpé, jugé et condamné, c'est en effet à la suite d'une campagne de presse haineuse, calomniatrice, qui voulait le faire passer aux yeux du public pour un pervers et un débauché, donner de lui une image odieuse. À Paris comme à Bruxelles, des journalistes se sont conduits envers lui comme d'abjects sycophantes, principalement un certain Bourdin dans le Figaro et, huit jours plus tard, toujours au Figaro, un nomme Habans. (...)

« Il y avait aussi une Belge surexcitée qui, au nom de l'ordre moral, s'indignait de ce que cet ogre, ce mangeur de petits enfants, ne fût ni censuré ni jeté en prison :

“Dans un poème particulièrement insoutenable, Delphine et Hippolyte, on voit une femme débaucher, pervertir, une innocente collégienne de treize ou quatorze ans. De telles pages ne relèvent pas de la critique littéraire mais de la brigade des mœurs. Que fait la Justice ? L'impunité dont, sous prétexte de littérature, semble jouir M. Charles Baudelaire scandalise tous les Français honnêtes.” »

Que fait la Justice ? Ce cri, cette plainte pleurnicheuse, on n'entend désormais plus que cela, en particulier dans la blogosphère qui menace de se transformer en le greffe des tribunaux à venir, toujours plus nombreux, drainant un public toujours plus enthousiaste, puisque, selon la prédiction de Bernanos, notre soif de justice a déjà commencé de ravager le monde. Quant à la “Belge surexcitée”, on voit très bien se dessiner sa silhouette. On arrive même sans peine, à travers ses propos, à lui restituer les différents pseudonymes qui sont désormais les siens dans notre virtuelle Inquisition.

Je sais bien ce qu'on va me dire : Mais Polanski n'est pas Flaubert ! Et encore moins Frédéric Mitterrand Baudelaire ! Sans doute. Mais je ferai observer qu'en 1857 Baudelaire lui-même n'était Baudelaire que pour une à peine poignée de gens. Pour les autres, les innombrables autres, il n'était qu'une sorte de monstre crachant à la face du Bien communément admis comme tel.

Encore une fois, je ne prends pas la défense du cinéaste ni du ministre, pour la bonne raison que je m'en fous. Je me borne à constater, en rapprochant les envolées, en comparant les indignations, que les âmes des bigots du XIXe peuvent reposer en paix et satisfaction : leurs rejetons semblent être à la hauteur de l'héritage reçu.

mercredi 30 septembre 2009

Polanski dans le grand bain

C'est donc la polémique du jour, ou de la semaine à la rigueur. C'est bien : ça va permettre à Sarkozy et à Hortefeux de souffler un peu. Roman Polanski au trou ! Chacun y va de son petit couplet, les tauliers de blogs ouvrent leurs portes en grand et sortent les seaux à champagne, la clientèle afflue.

Le fond de l'affaire m'intéresse peu – et même, je m'en fous complètement. Coupable, pas coupable ? Condamné, pas condamné ? Droguée, pas droguée ? Consentante à demi, aux trois quarts, pas du tout ? M'en bats l'œil. En revanche, les commentaires sont amusants.

Il y a évidemment l'escouade des vertueux qui trouve là une merveilleuse occasion de repasser son refrain anti-pédophilie, qui fait toujours bien dans un CV citoyen. Que l'on émette l'idée – oh ! timidement : on n'est pas des fondus non plus... – que coucher avec une fille de 13 ans ayant déjà franchi le Rubicon de la puberté n'est pas précisément de la pédophilie, et l'on se retrouve voué aux gémonies, viré comme un malpropre, au plus bénin accusé de “provocation” : c'est classique.

Plus étrange est le déferlement de sarcasmes à l'encontre de ces malheureux cinéastes français qui ont cru bon de signer une pétition de soutien à Roman Polanski. On brocarde, on flétrit, on daube, on anathémise, au motif que tout cela sent un peu trop le serrage de coudes, la petite chapelle, les copains-z'et-les-coquins. Or, qu'ont fait les pétitionnaires, sinon exprimer leur solidarité avec un des leurs ? Moi, j'avais cru comprendre, à la longue j'avais réussi à me fourrer dans le crâne, qu'être solidaire c'était ce qu'il y avait de mieux. Qu'il fallait fait preuve de solidarité active, toujours, immédiatement, y compris quand on ne savait rigoureusement rien à propos des tenants et des aboutissants. C'est particulièrement vrai dans le cas des expulsions : l'expulsé a toujours raison.

Eh bien, tous nos petits pétitionnaires n'ont rien fait de plus que d'exprimer leur solidarité de principe avec un homme menacé d'expulsion – on devrait donc tous se réjouir hautement de leur initiative. Car, enfin, arrêter et extrader un juif, ça rappelle quand même les heures-les-plus-sombres et le nauséabond-ventre-encore-fécond, non ?

Mais je suppose qu'on va encore venir me dire que je mélange tout. C'est que c'est pas simple, la bonne pensée. Pas facile de s'y retrouver quand on est nouveau dans le quartier. Personnellement, j'aimerais pas y habiter.

lundi 13 juillet 2009

Orelsan vs Ernest Pinard

Remarque liminaire : je ne sais pas qui est ce garçon (avachi sur l'escalier menant à mon blog), je ne l'ai jamais entendu, ne souhaite pas que telle expérience m'échoie, ne l'écouterai sans doute jamais. En vérité, pour les lambeaux de vers de mirliton tombés de sa plume que j'ai pu lire çà ou là, il me semble à la lettre ne rien dire – comme le font la plupart de ses camarades chanteurs. En revanche, les gens qui parlent d'Orelsan ad nauseam depuis des semaines et des mois me paraissent singulièrement bavards sur eux-mêmes. L'affaire devient donc intéressante.

Je ne m'attarderai pas sur l'entrée en francofanfare de l'inénarrable Ségolène dans cette affaire. Que l'on puisse s'étonner d'une quelconque attitude moralo-répressive venant de cette terrifiante greluche, voilà ce qui, moi, me surprend. Passons-la par pertes et profits comme l'histoire contemporaine, dans sa sagesse, l'a déjà fait.

Je vois deux axes, deux pistes dans cette affaire Orelsan, chacune illustrée par sa troupe de blogueurs – certains jouant les transfuges sans même s'en apercevoir, par faute de neurones ou manque d'habitude de les utiliser. Le moins que l'on puisse dire est que ce garçon cristalise un max, si l'on veut bien m'accorder le relâché de l'expression.

Il y a la piste “bouc émissaire”, assez correctement illustrée aujourd'hui par le camarade Dagrouik (que je salue au passage). Le titre de son billet dit tout, dévoile les intentions cachées : « Orelsan, aussi homophobe ». En effet, depuis un moment, on sentait que ça manquait ; que le garçon n'était pas complet, pas fini d'habiller-pour-l'hiver. Être gynophobe (je préfère ça à “misogyne”, plus dans l'air du temps, voyez...), c'était déjà bien, pour bricoler un petit monstre, mais il lui fallait une dimension supplémentaire : dans le cas d'un bouc, on ne charge jamais assez la mule, si je puis dire – Dagrouik s'en est vaillamment chargé, on peut le remercier. On ne serait pas étonné que ce malheureux décervelé (je parle d'Orelsan...) accède dans les jours prochains au rang enviable d'islamophobe, de judéophobe (la bouc-émissairisation ne craint pas la contradiction amusante : c'est un de ses signes distinctifs), voire de crypto-pédophile.

Dans son long billet, tout émaillé de sottises que je n'ai ni le courage ni le temps de relever ce soir (mais le lien ci-avant n'est pas fait pour les chiens), Dagrouik lâche cette perle magnifique, qui dit tout (pas sur Orelsan, sur lui-même) : Peut-on faire confiance à un con comme lui pour éduquer les gens par la chanson ? [J'ai rectifié la syntaxe originale.] On apprend donc, au passage, que la chanson a été inventée pour éduquer les gens (ce qui surprendrait beaucoup Charles Trenet, je pense). Et donc, forcément, les éduquer dans le bon sens, dans le sens de l'histoire, dans le sens de Dagrouik et consort. Comme Orelsan ne le fait pas – ni n'y prétend, à ma connaissance –, on va donc en faire un monstre et empiler sur sa tête toutes les ---phobies qu'on pourra trouver, et Dieu sait s'il en pousse de nos jours. Ça lui apprendra à ne pas éduquer les gens, ou au moins – autre reproche du camarade – à ne pas préciser qu'il s'agit de deuxième, troisième, quatrième degré.

Car la chanson doit être morale. L'art doit être moral. La parole doit être morale. Tout doit être moral. Et il est bien naturel que Donatien Alphonse François de Sade soit enfermé à Charenton (actuellement Saint-Maurice), ça lui apprendra : enfermé pour défaut de signalisation de troisième degré. C'est précisément là que notre piste “bouc émissaire” rejoint l'autre, et que Dagrouik prend la queue de cortège de nos amies féministes (de certaines de nos amies : j'en connais qui renâclent un peu à crier haro sur ce baudet-là...).

Là, on arrive dans le lourd. Car si les palinodies de Dagrouik amusent plus qu'autre chose, parce que ne débouchant finalement sur rien (il y a beau temps que les boucs émissaires ont perdu leur efficacité de résolution violente), nos féministes sont moins folkloriques, moins poum-poum-tralala-pride : ce qu'elles visent ce sont les marches du Palais de Justice. Elles veulent faire taire ce petit crétin boutonneux, elle n'ont pas honte de le dire. Et si elles n'ont pas honte, c'est parce que leur cause est juste : Orelsan bafoue la dignité des femmes, elles se battent pour la dignité – qui pourraient leur en vouloir ? Ne pas être d'accord ? Orelsan traite les femmes comme des chiennes, elles refusent d'être considérées comme des chiennes (sauf “de garde”, mais c'est un détail) : qui ne s'embarquerait derrière cette noble bannière, cette oriflamme incontestable ? La cause des femmes est juste et bonne, elle mérite d'être défendue, on ne peut tolérer qu'elle soit salie. Fort bien.

Il fut une époque où l'Église et la Famille tenaient le rôle enviable de causes nobles. Où s'en prendre à elles revenait à exhiber sa vilenie en plein jour. Pis : à humilier des centaines de milliers de gens dans ce qu'ils avaient de plus précieux, de plus pur, de plus porteur d'avenir. C'est pourquoi l'on chargea le procureur Ernest Pinard de poursuivre et de condamner les Charles Baudelaire et les Gustave Flaubert qui, avec des ricanements insupportablement cynique, prenaient plaisir à piétiner ces valeurs partagées par tous – partagées parce que vraies.

Et les ligues de vertus applaudirent bruyamment à la condamnation de Baudelaire ; et les ligues de vertu se désolèrent à juste titre qu'au nom de je ne sais quelle liberté de l'art, Flaubert échappât à l'infamie qu'il méritait. Et il y eut bien sûr des esprits fins et élevés pour noter que, au fond, toute cette affaire avait été une excellente publicité à leur dépravation morale – que l'on avait sanctifié les prospérités du vice.

Il n'aura manqué qu'un Dagrouik pour accuser Charles et Gustave d'homophobie : ils ne perdaient rien pour attendre.

dimanche 5 juillet 2009

La République sauvée de justesse à Valmy-Beaumont

Mais qu'ils sont donc mignons, dans leurs jolis uniformes tout chamarrés de conscience républicaine ! Comme ça leur va bien, ce rose d'émotion aux joues ! Tellement fiers ils sont, on voit bien qu'ils n'ont pas fini de raconter l'épopée à leur descendance. Et, pour commencer, de se la rappeler entre eux, demain, autour de la machine à lavasse du couloir.

– T'as fait quoi, toi hier ?
– Ben... le matin, je me suis réapproprié les berges de la Seine avec mes potes du roller club, et l'après-midi, j'ai emmené Céleste et Babarine, mes jumelles, à un spectacle de danses Mbuties, pour les ouvrir à la diversité – la routine, quoi. Et toi ?
– Moi, mon gars, j'ai fait front républicain dans le Pas-de-Calais et j'ai sauvé la patrie en danger !
– Ah, ouais, quand même ! Trop cool...

Donc, tous, de la gauche première communiante à la droite rosière, ces derniers jours, ils se sont arrimés par les bras, telles des barrières de sécurité un jour de défilé militaire, et ils ont arrêté le tsunami brun qui affichait une méchante envie de déferler sur... sur... sur Hénin-Beaumont ! Voilà. On est tellement vigilants sur le chapitre du fascisme, nous autres modernes, que désormais on te monte des fronts républicains pour sauver des trous de 25 000 habitants, où personne n'aurait l'idée de mettre les pieds – même pas Dany Boon, mais lui c'est parce qu'il est trop loin et qu'il n'avait pas de correspondance à New York.

Tiens, on va faire des comptes rapides ; comme ça, pour rire, à la louche. Sur 25 000 habitants de cette improbable commune, on enlève déjà 30 % d'étrangers qui, on se demande bien pourquoi, sont momentanément privés du droit de vote : restent 16 000 pékins, d'où il faut déduire les moins de 18 ans, les débiles profonds, les abstentionnistes chroniques, ceux qui n'étaient pas au courant parce qu'ils avaient du sommeil en retard. Il doit nous rester 6000 personnes pour être allées voter aujourd'hui. Là-dessus, environ 45 % vont avoir choisi le Front national, soit 2700 personnes. Si l'on examine les motifs de leur vote, on devrait s'apercevoir que 99 % l'ont décidé pour exprimer leur écœurement face au bandit de grand chemin socialiste qu'ils se sont coltinés toutes ces années, et leur profond découragement face à l'incurie, la mauvaise foi et la bonne conscience (elles sont mariées, ces deux-là) des autres candidats sur un certain nombre de problèmes, que ces abrutis de franchouillards moisis (avant on disait : le peuple, c'était plus court mais moins clair) ont le mauvais goût de trouver importants, voire préoccupants.

Il reste donc, à Hénin-Beaumont, 27 fascistes. La moitié de la France – dont la quasi totalité de la presse – et 500 m2 de Los Angeles, avec piscine et tennis, garage pour cinq voitures, ont donc constitué un bouleversant front républicain pour barrer la route à 27 fascistes. Et après une si éclatante démonstration de bonne santé mentale, magnifique mais épuisante ô combien, certains parmi ces patriotes que rien n'abat, les plus en vue, les plus exposés, ceux qui se sont vraiment mis en danger, t'vois, ceux-là auront encore suffisamment de courage, d'énergie et de pugnacité pour aller s'auto-congratuler en couronne chez Ruquier ou Ardisson, en faisant de grands jean-moulinets avec les bras pour bien marquer leur irremplaçable rôle de sémaphores idéologiques, de gardiens du bon goût citoyen, de ludions vertueux montant dans le tube en verre de l'avenir : c'est La Nursery guidant le Peuple, avec “Bébé à bord” sur la lunette arrière.

Les plus purs, les plus exaltés iront jusqu'à lancer une souscription pour le futur tombeau de Dany au Panthéon, mais ils ne seront pas suivis ; car, en France, voyez-vous, c'est triste à dire, on est des tièdes et des mous de la tige de jade. Ces héros se consoleront en montant une association subventionnée, un comité de vigilance antifasciste auquel ils trouveront un nom destiné à claquer au vent de l'Histoire et à inscrire leur glorieux combat parmi tous ceux du passé et ceux, encore plus nombreux, à venir.

Pour les enfants de demain, ils resteront comme Les Révoltés du Boon ch'ti.