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lundi 11 janvier 2010

L'immigration de peuplement prend des proportions

Lors de notre dernier recensement officiel, les chardonnerets bénéficiant des aides sociales dans la fraternité autonome du Plessis-Hébert étaient, on s'en souvient, au nombre de cinq. Ils sont désormais huit. L'ACC, (Action Solidarité Chardonnerets) est une association à but non lucratif mais dûment subventionnée, nouvellement créée dans le but de rendre illégal et passible des tribunaux le comptage des chardonnerets, lesquels n'ont pas à être discriminés puisque chacun sait qu'il n'existe ni race ni espèce chez les volatiles, ainsi qu'il est solennellement stipulé dans la Déclaration des Droits du Piaf. Tout au plus, et dans un premier temps aussi court que possible, sera-t-il toléré d'évoquer une ethnie chardonneret, afin que ses représentants puissent demeurer légitimement fiers de leurs racines buissonnières – mais sans en abuser. Il est fortement recommandé de s'habituer dès maintenant à les appeler tout simplement “oiseaux”, en prenant conscience que, loin de toute plumophobie malsaine et nauséabonde, les chardonnerets représentent une véritable CPJ – Chance Pour nos Jardins.

L'ACC envisage d'autre part d'étendre son action en faveur du becqueter-ensemble afin que d'autres composantes du conglomérat-à-plumes (anciennement appelé “peuple”) puissent en bénéficier. Dans ce souci d'apaisement et de tolérance de toutes les volatitudes qui ont fait la richesse de notre jardin, elle préconise que les verdiers, trop souvent stigmatisés en raison de fumeux fantasmes de violence, soient désormais appelés “oisillons”, cependant que les mésanges bleues deviendront des mésanges de couleur.

Prenez-en de la graine.

vendredi 8 janvier 2010

Invasions barbares (mais que fait Besson ?)

“C'est une invasion !”, pépie la mésange bleue ; “On n'est plus chez nous !”, trille le pinson ; “Qu'est-ce que c'est que ces bariolés de merde qui viennent bouffer nos graines de tournesol ?”, s'étrangle la sitelle ; “ Un ça va, c'est quand ils se multiplient que ça pose des problèmes...” , conclut doctement le rouge-gorge – et même ces petits cailleras de verdiers semblent n'en pas mener très large face au péril tout neuf.

Les autres hivers, dans les périodes de froid rude, nous avions le plaisir de la visite d'un, voire deux chardonnerets. Il y a deux ans, je me souviens en avoir recensé trois, et nul n'avait fait mine de s'inquiéter. Mais ce matin, ils étaient cinq à prendre d'assaut la mangeoire : la contre-colonisation est en marche, plus rien ne semble en mesure de l'arrêter.

De plus, observez bien leur tête, pauvres volatiles méfiants et apeurés : ce sont des rouges !