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dimanche 6 février 2022

Avis à tous les netflicards et toutes les netfliquettes

Il est possible, mes bons amis, que cette information capitale vous ait échappé : depuis quelques semaines, Netflisque offre à ses bienheureux abonnés l'occasion de (re)découvrir l'œuvre de Robert Rodriguez, cinéaste génial – doué – honnête (j'ai décidé, moi aussi, de pratiquer désormais le “rythme ternaire décroissant”, si cher à la vieille marquise de Cambremer), ou plutôt de s'y initier par le truchement d'un film et non de ses moindres ; j'ai nommé : Planète terreur, Dans le billet exécrable – mauvais – passable que j'ai déjà consacré à Rodriguez, voici ce que, il y a cinq ans presque jour pour jour, je disais de ce film-là :

« Comme le titre le suggère, il s'agit d'un hommage aux séries B des années soixante et soixante-dix, que l'on projetait dans les cinémas dits “de quartier” (rappelons pour les moins de 50 ans qu'à l'époque le mot “quartier” s'employait au singulier et n'était nullement synonyme de casbah ou de village nègre). 

« L'hommage est aussi réaliste que possible, puisque l'image a tendance à trembler un peu (par moment…) et à être traversée de zébrures et de points lumineux intempestifs (là encore, à certains instants judicieusement choisis). Le clou est, aux deux tiers du film, lorsque la pellicule prend carrément feu et qu'un panonceau intercalaire nous prévient qu'une bobine est manquante ; moyennant quoi, effectivement, on se retrouve avec un gros “blanc” dans le déroulement de l'intrigue, des personnages qui étaient séparés se retrouvent au même endroit, d'autres qui vaquaient sur leurs deux jambes agonisent sur un grabat, etc., sans qu'aucune explication ne soit donnée, ce qui est rigoureusement sans importance, vu le côté foutraque du scénario. 

« Dans cette joyeuse pochade, où un gaz secret fabriqué par un ignoble militaire (Bruce Willis) transforme les gens en monstres pustuleux, avides de bouffer votre cervelle (et davantage si gros appétit), on retrouve le petit Freddy Rodriguez, qui n'a pas de lien de parenté avec Robert et que connaissent bien ceux qui ont regardé la série Six feet under ; il y a aussi l'indispensable Quentin Tarantino, en violeur psychopathe. 

« On notera que, pour accroître encore le côté “séance de quartier”, Rodriguez propose, au début du film, une bande-annonce, avec Danny Trejo ; laquelle bande deviendra le film intitulé Machete trois ans plus tard : c'est probablement le seul cas, dans l'histoire du cinéma, où une bande-annonce a entraîné la réalisation du film lui correspondant, et non l'inverse. »

Après en avoir lu une critique aussi alléchante, si vous ne vous précipitez pas sur votre zapette pour savourer ce chef-d'œuvre, c'est vraiment que vous êtes irrécupérables – stupides – légèrement diminués.

samedi 28 janvier 2017

Tu reviendras à Robert Rodriguez


N'hésitons pas à le dire liminairement (Catherine devrait rapidement m'appeler son liminaire céleste, je pense) : Robert Rodriguez est le meilleur cinéaste vivant ; en tout cas celui qui donne naissance aux films les plus réjouissants – ou jubilatoires, pour jargonner comme mes ex-confrères. Par Wikipédia, j'apprends qu'il a vu le jour en 1968 et mesure 1,87m : cela lui fait un point commun avec votre serviteur, je vous laisse deviner lequel, hélas. On apprend aussi que, né à San Antonio, Texas, il est d'ascendance mexicaine, ce qui ne surprendra personne, au vu de son nom ridicule (on ne peut pas s'appeler Robert Rodriguez, bon sang ! pas plus que Marcel Kurosawa ou Karl-Heinz Perrichon).

Depuis un quart de siècle, notre Chicano-texan a œuvré dans différents genres. Les deux où il réussit le mieux sont d'une part ce que j'appellerais le burlesque horrifique, et d'autre part une ultra-violence volontairement outrancière, qui n'est pas sans rappeler Bip-Bip et Vil Coyotte, ou encore certains dessins animés de Tex Avery. Dans ce dernier genre, je recommanderai le diptyque Machete et Machete kills, avec Danny Trejo, qui est par ailleurs le cousin de Robert. Comme souvent chez Rodriguez, on y croise d'assez nombreuses vedettes (De Niro, Steven Seagal, Don Johnson, Bruce Willis, Quentin Tarantino et d'autres), visiblement ravies de venir camper de véritables ordures durant deux ou trois scènes. On peut aussi se risquer du côté de Desperado, dont la vedette est Antonio Banderas.

Pour ce qui est du burlesque horrifique, deux titres s'imposent ; d'abord Une nuit en enfer, film de vampires totalement à l'ouest (du Pecos) mettant en scène George Clooney, Harvey Keitel, Juliette Lewis et Quentin Tarantino (avec une brève mais commotionnante apparition de Salma Hayek), qui se retrouvent coincés dans une sorte d'immense “bar à sang” où ils doivent tenir jusqu'au lever du jour ; ensuite, on ne manquera sous aucun prétexte Planète terreur. Comme le titre le suggère, il s'agit d'un hommage aux séries B des années soixante et soixante-dix, que l'on projetait dans les cinémas dits “de quartier” (rappelons pour les moins de 50 ans qu'à l'époque le mot “quartier” s'employait au singulier et n'était nullement synonyme de casbah ou de village nègre). L'hommage est aussi réaliste que possible, puisque l'image a tendance à trembler un peu (par moment…) et à être traversée de zébrures et de points lumineux intempestifs (là encore, à certains instants judicieusement choisis). Le clou est, aux deux tiers du film, lorsque la pellicule prend carrément feu et qu'un panonceau intercalaire nous prévient qu'une bobine est manquante ; moyennant quoi, effectivement, on se retrouve avec un gros “blanc” dans le déroulement de l'intrigue, des personnages qui étaient séparés se retrouvent au même endroit, d'autres qui vaquaient sur leurs deux jambes agonisent sur un grabat, etc., sans qu'aucune explication ne soit donnée, ce qui est rigoureusement sans importance, vu le côté foutraque du scénario. Dans cette joyeuse pochade, où un gaz secret fabriqué par un ignoble militaire (Bruce Willis) transforme les gens en monstres pustuleux, avides de bouffer votre cervelle (et davantage si gros appétit), on retrouve le petit Freddy Rodriguez, qui n'a pas de lien de parenté avec Robert et que connaissent bien ceux qui ont regardé la série Six feet under ; il y a aussi l'indispensable Quentin Tarantino, en violeur psychopathe. On notera que, pour accroître encore le côté “séance de quartier”, Rodriguez propose, au début du film, une bande-annonce, avec Danny Trejo ; laquelle bande deviendra Machete trois ans plus tard : c'est probablement le seul cas, dans l'histoire du cinéma, où une bande-annonce a entraîné la réalisation du film lui correspondant, et non l'inverse.

Si après ça vous n'êtes pas convaincu de vous y précipiter, vous pouvez toujours vous rabattre sur l'un ou l'autre de ces films français “de fille”, mettant en scène des trentenaires-qui-s'interrogent-sur-leur-couple-et-leur-désir-d'enfant : c'est tout ce que vous aurez mérité.

dimanche 16 décembre 2007

La Tournée des blogpotes

Ça nous est tombé dessus sans prévenir. Vendredi dernier, 7 décembre, vers cinq heures, j'étais tranquillement plongé dans Notre jeunesse, de Péguy, avec, devant moi, la perspective d'un week-end des plus tranquilles. Une demi-heure plus tard, c'était le branle-bas de combat des bagages et des choses-à-ne-pas-oublier. Et, le lendemain matin, neuf heures, les chiens dans le coffre, nous partions pour le Gard, sans l'avoir crié (oui, oui, je sais...), sans même avoir pris la peine de téléphoner pour réserver un quelconque gîte - mais, en plein mois de décembre, le risque était mesuré.

Du trajet lui-même il n'y a guère à dire. J'étais au volant, l'Irremplaçable voyageait en Corée l'absente, à ma droite, me relisant les passages les plus drôles, n'hésitant pas à houspiller l'auteur lorsqu'il avait négligé de réserver des chambres dans tel ou tel hôtel écossais. Le tout ponctué de pauses café, d'arrêts pipi-de-chiens, de haltes restaur'hâtives : l'autoroutine, en somme.


I
Chez Georges

Le dimanche a démarré très fort, puisqu'on a inauguré la journée en paumant Swann et Bergotte dans la garrigue environnant Malataverne, le hameau dépendant de Lussan, où nous avons nos habitudes depuis une dizaine d'années. Après les avoir récupérés, on a roulé jusqu'au superbe village où vit Georges. Superbe village qui compte au moins un restaurant acceptable, ce qui tombait bien puisque nous projetions de déjeuner en compagnie de notre hôte, ce qui fut fait, pour le plus grand profit de chacun. Repas arrosé d'eau claire, il me semble important de le préciser car ce fut le seul...

J'avais naturellement oublié à Malataverne les cinq ou six CD apportés exprès pour Georges, ce qui nous a fourni l'occasion de repasser brièvement chez lui, deux jours plus tard, avant de quitter le Gard. Car, entre notre départ du Plessis et ce déjeuner, notre emploi du temps s'était mis à métastaser velu...


II
Avec la princesse des vents

Comme nous étions partis sans avertir personne, nous avions bien entendu envisagé la possibilité que Georges ne fût point là. "Pas grave, avait alors décrété l'Irremplaçable, on n'aura qu'à aller faire deux ou trois bizettes à Mélina Loupia." Laquelle Mélina vit, comme on sait, dans la région de Carcassonne. Le fait d'avoir vu Georges ne nous a cependant pas empêchés de mener à bien ce projet adventice. Et, mardi matin, nous voilà partis, avec les chiens, en direction de la joyeuse cité chantée par Trenet. En faisant un large détour par la Montagne Noire, histoire de se pourrir la journée avec ses trois mille cinq cents soixante-deux virages pénibles.

Carcassonne est actuellement une ville en pleins travaux, autant le savoir : pour aller du point A au point B, le touriste ignorant de la ville se retrouve passant par toutes les autres lettres de l'alphabet. Et c'est au bord du nervous breakdown qu'ils finissent par poser leurs bagages et leurs clébards dans leur chambre de l'hôtel du Donjon, sis intra muros comme on semble ne pas dire ici.

Pour dîner, nous avons rendez-vous avec Mélina et son Copilote dans un restaurant qu'ils ne connaissent pas plus que nous et dont le nom est Robert Rodriguez. La première surprise est de constater que la porte de la gargote en question est fermée à clé et que nous sommes invités par voie d'affichette à sonner, afin qu'on vienne nous ouvrir. "C'est un restau d'échangistes ! " s'exclame tout de go l'Irremplaçable.

En fait, non. C'est plutôt un restau désert puisqu'il n'y aura pas d'autres clients que nous quatre, ce soir-là. Si j'ai un conseil à vous donner, c'est bien, lorsque vous passerez par Carcassonne, de casser votre tirelire (oui, on n'est pas tout à fait dans le "premier prix"...) et d'aller goûter les saveurs des somptueux produits apprêtés par ce Rodriguez-là. Moi, je retournerais volontiers à Carcassonne rien que pour lui. La soirée fut animée, bavarde, arrosée, prolongée autant que la décence le permettait.

Le lendemain, ayant dû refuser une invitation à déjeuner chez Mélina Loupia, pour cause d'emploi du temps de président de la République française, nous devions tout de même passer chez elle pour y prendre un café.

Pour aller chez Mélina, c'est tout simple. Vous voyez où se trouve le trou du cul du monde ? Ben, encore plus loin. Trente kilomètres de Carcassonne, une plombe et demie de virages. Mais, à l'arrivée, la récompense de découvrir un très joli village, installé le long d'une petite rivière enjambée par un pont romain. À l'entrée du dit village, sur une butte où soufflent à l'année longue des vents à écorner les boeufs, la maison de Mélina Loupia. Après le café et la traditionnelle promenade dans la rue principale (et à peu près unique) du village, nous remettons le cap sur Malataverne, avec crochet par chez Georges, pour y déposer les CD oubliés l'avant-veille. Car la tournée des blogpotes n'est pas terminée...


III La branche franc-comtoise

Au cours du voyage aller, le samedi, l'Irremplaçable s'était soudain avisée que l'autoroute A 6 ne passait qu'à 80 kilomètres de Besançon, où vit depuis peu sa soeur cadette, Nathalie. Ce qui constitue une sorte de retour aux sources, puisque le patronyme Goux est originaire du Jura : là-bas, il en pleut autant que de la cancoillotte, c'est dire. Durant une journée et demie, on a fait le plein de cholestérol, des fois qu'on aurait de la peine à en trouver sur le chemin du retour. Pour contrebalancer (ou tenter de), on s'est appuyé la grimpette à la citadelle fortifiée par Vauban, où je me suis chopé un vertige assez carabiné. On est même allé faire les imbéciles devant les petits singes du zoo qui s'y trouve logé. Vous trouverez plus de détails chez notre hôtesse.

Je ne sais pas pourquoi, mais après ces agapes en rafales et les quelque 2200 kilomètres passés au volant, je me sens un peu fatigué, ce jour. Au départ, je voulais vous gratifier de quelques-unes des cent cinquante photos prises par l'Irremplaçable, mais vous avez aussi vite fait d'aller les voir chez elle.

Voilà, demain boulot.