vendredi 29 janvier 2010

N'aie pas peur, ma grande !

À Polluxe, parce qu'on n'est pas chien...

Ce matin, entre premier et second cafés, j'ai trouvé ceci dans le journal des Goncourt, à la date du 14 février 1863, sans d'ailleurs que les deux frères ne semblent s'aviser que leur anecdote – à propos d'une demi-célébrité de l'époque dont la virilité partait sérieusement en quenouille – collait très bien, quoique par antiphrase si l'on veut, avec le saint du jour :

Nous citons le mot de Grassot à sa queue qui se dérobe : « Que t'es bête ! Viens donc, c'est pour pisser ! »

La citation intervient au milieu d'une conversation des plus raides entre nos deux frères, Sainte-Beuve, Flaubert, Claretie, Gavarni et quelques autres, comme il en fourmille dans le journal. On parle beaucoup de cul et de littérature, passant facilement de l'un à l'autre au gré des bouteilles qui se vident, dans ces fameux “dîners Magny”, tirant leur nom du restaurateur de la Rive Gauche qui abritait les agapes.

Le premier eut lieu en 1862, le 22 novembre très précisément, et Jules de Goncourt en rend fidèlement compte dans le journal qui nous occupe. Flaubert s'y adjoindra dès le 6 décembre (il s'agissait d'un dîner hebdomadaire). Plus tard y passeront Théophile Gautier, Hippolyte Taine, Renan, Tourgueniev, d'autres encore. Il s'agit de dîners d'hommes où l'on parle de femmes – comme dans la plupart des dîners d'hommes. La seule personne du sexe qui y fut jamais admise ne l'était qu'à moitié, femme, si l'on en juge par son nom : George Sand. On peut supposer que, lorsque la bonne dame de Nohant était présente, les autres mettaient tout de même un léger bémol à leurs propos obscènes et orduriers, mais rien n'est moins sûr : je vous tiendrai au courant, au fil de ma lecture...

3 commentaires:

  1. "La seule personne du sexe qui y fut jamais admise ne l'était qu'à moitié, femme, si l'on en juge par son nom : George Sand."

    Je m'insurge !

    (Mais ne t'inquiète pas que vu la personnalité de la donzelle, c'est plutôt elle qui devait remettre de l'huile sur le feu quand la conversation s'éteignait. )

    Ta neveu Stéphane.

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  2. Eh ! oh ! j'ai bien dit : "si l'on en juge par son nom" ! Pour le reste, je crois qu'elle a assez largement fait ses preuves...

    Ton tante.

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  3. On est chez les fameux "dégenrés" ici?

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