vendredi 5 novembre 2010

Conspuez les pères Ubu !

Réjouissant spectacle que celui offert depuis deux jours par toutes les vieilles raclures maolâtres que compte encore ce pauvre pays, qui s'égosillent d'indignation parce que Nicolas “pirkitler” Sarkozy a osé recevoir le président Hu en visite officielle. Il y a encore vingt-cinq ou trente ans, les mêmes nous vouaient mentalement au camp de rééducation par le travail quand on osait laisser sous-entendre que, peut-être, la Chine communiste n'était pas tout à fait le paradis sur terre qu'ils essayaient de nous fourguer.

Et maintenant, ces pères Ubu à bedaines barbelées, au chapeau en forme de mirador, que font-ils ? Ils vont piaillant : droit-de-l'homme ! droits-de-l'homme !, avec la mine effrayée mais gourmande d'une communiante tâtant de sa première bite. Ça ne vous fait pas rire ? Moi si.

Cela dit, nos sépulcres blanchis ont au moins le mérite de la cohérence, dans leur arthrose morale et intellectuelle : ils n'en avaient rien à foutre des Chinois lorsque ceux-ci étaient embastillés et crevaient par millions pour le simple caprice de leur idole psychopathe, ils n'en sont pas davantage préoccupés aujourd'hui. En un sens ils ont raison : moi aussi, je m'en fous, du peuple chinois. Seulement, eux, ils manquent diablement de suite dans les idées. Car qui a braillé de République à Nation et retour pendant des décennies, en invoquant “le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes” ? Eh bien, ils disposent d'eux-mêmes, nos camarades chinois ! Ils ont un régime et ils ont l'air de s'en accommoder (sinon, ils s'en débarrasseraient, non ?). En plus, c'est un régime communiste ! Alors ? De quoi elles se plaignent, nos momies pékinophiles rescapées des temps héroïques ? Non, vraiment, je ne les comprends pas.

Certains jours, j'en arrive à me demander si nos amis maos, ex, présents ou à venir (et ne comptez pas sur moi pour donner des noms ou faire des liens...), ne seraient pas tout simplement de consternants imbéciles.

27 commentaires:

  1. Je ne suis pas certain que tous les "droits-de-l'hommistes" soient de gauche, ni qu'ils furent tous maoïstes. Voyez Ménard.

    Vous auriez pu rebondir plus tôt, du reste.

    Les écolos-nouveaux ont poussé des cris de bête lors des coulées de boue en Hongrie. Parmi ceux-là, nombreux étaient autrefois communistes ou sympathisants communistes. A une certaine époque, la Hongrie les intéressait beaucoup moins...

    J'en ai fait la remarque sans méchanceté à un membre de ma famille lors d'un repas récent (celui-ci est désormais converti à l'urgence écologique). Il a même nié avoir été communiste finalement. Cela dit, cette homme là n'est pas une raclure pour autant - d'autant plus qu'il se trouve être mon père et que sur bien des points, il nous donnerait des leçons d'intelligence (déjà, il ne passe pas son temps à dire n'importe quoi sur les blogs, un point pour lui).

    C'est très dur d'être véritablement en accord avec ce que l'on pense intimement, dur de ne faire aucune erreur et même très compliqué de ne pas en commettre d'autres.

    Cela vaut aussi pour vous.

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  2. Nous aussi, nous nous réclamons du fameux “ droit des peuples à disposer d'eux-mêmes” . Hélas, personne ne manifeste sa solidarité avec nous. Même le saucisson-pinard, avec ou sans ballons (sauf de rouge), on nous le refuse. C'est vraiment pas juste.

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  3. Moi je milite activement pour le droit de Nicolas a disposer de lui-même comme il l'entend, mais alors vraiment comme il l'entend. Je ne peux pas être sur tous les fronts à la fois, Carine, on s'occupera des Frenches plus tard, quand on aura laissé suffisamment de temps au temps pour que la question ne se pose plus. Croyez-moi, ce jour-là, le problème sera réglé.

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  4. Georges,

    Mon canard, j'appelle Didier comme témoin : j'ai fait le seul billet de la gauchoblogomachin expliquant que je n'avais strictement rien à cirer des droits de l'homme en Chine.

    En France, les crétins réactionnaires sont bien autorisés à commenter les billets de blog.

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  5. Nicolas : pas la peine, vous savez très bien qui j'avais en tête...

    Dorham : je n'ai parler que des ex-maos, d'abord. D'autre part, si votre père nie avoir été communiste, c'est qu'il doit plus ou moins obscurément en avoir honte. Or, la honte est un sentiment noble et humain. Surtout quand on a été maoïste, ce qui ne semble pas être son cas.

    Enfin, il y a une différence entre avoir été con (ou aveugle) et continuer de s'en vanter 30 ans après, tout en persistant d'ailleurs à s'agenouiller devant les Castro et autre Chavez qui nous restent.

    Enfin, je préfère réserver mon estime à tous ceux qui ont parfaitement vu ce qu'était le communisme dès les années trente ou quarante et qu'on a traîné dans la boue à cause de cela, plutôt que de la gaspiller pour des semi-repentis qui, aujourd'hui, font preuve du même aveuglement imbécile dès qu'il s'agit d'Europe ou d'immigration massive.

    Carine : vous, vous êtes Française et blanche, vous n'avez droit à rien : circulez, je vous prie, ou j'appelle un agent !

    Nicolas : je vous accorde volontiers ce point, en effet. Et, en plus, à ma connaissance, vous n'avez jamais été maoïste.

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  6. Didier,

    J'ai bien compris, et je vous donne en majeure partie raison, mais des maos, il n'y en avait pas beaucoup à l'époque et aujourd'hui, devenus ex-maos, il en reste encore moins ; ça limite quand même le spectre.

    C'est un peu comme si on s'attaquait aux néo-nazis. Ils sont combien ? Trois ?

    (Pour mon père, non, je crois qu'il est sincère, il considère qu'on est d'un parti que lorsqu'on y milite, ce qui se défend - il n'y a rien de plus terrifiant à maints égards qu'un militant, de quelque bord qu'il soit (cette servitude volontaire dont ils font preuve me glace d'effroi).

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  7. Didier,

    "Et, en plus, à ma connaissance, vous n'avez jamais été maoïste." ! Tiens ! Il faudra que je raconte, à l'occasion, pourquoi je ne le suis plus...

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  8. Ben mon pauvre, vous revenez de loin...

    Ou de profond, c'est selon.

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  9. Bah, Didier, qui n'a pas eu des idées politiques débiles à 18 ans ?

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  10. Oui, je sais bien : j'ai moi-même cru bon de me déclarer anarchiste, entre 16 et 19 ans à peu près. Mais enfin, mao, même à l'époque, c'était quand même le fond du sac...

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  11. Bah ! Avec des parents communistes (à l'époque), il fallait bien que je sois plus extrême qu'eux... (je n'étais pas spécialement virulent, non plus, c'était plutôt une posture, un peu comme maintenant avec mon blog... C'est plus pour m'occuper avant d'aller au bistro).

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  12. Ah non, si vous aviez vraiment voulu vous démarquer et faire chier vos parents, vous auriez milité pour Chirac ou Barre...

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  13. Hé ho ! Pourquoi pas Mitterrand, non plus ?

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  14. Ah non, là, vous pouviez être inculpé de mauvais traitements à ascendants directs.

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  15. Didier:
    "vous, vous êtes Française et blanche"
    Mais qu'en savez-vous d'abord?
    Jamais je ne renierai mes origines aborigènes de Walkabout Creek! Même si on me force à écouter du Christophe Willem ou à manger du cochon.

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  16. Carine, moi je la vois nègre albinos.

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  17. Georges
    Me dites pas que vous n'aimez pas mes chants et danses!

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  18. A dix-huit ans j'ai renoncé à explorer le communisme rien qu'à cause du Mur. Bien plus tard, j'ai rencontré des communistes français de base et c'était la première fois que je rencontrais en France tant de simplicité dans la générosité. Il faudrait distinguer, il me semble, entre ceux qui font du vent ou qui détournent à leur profit et ceux qui pratiquent.

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  19. Et vlan ! Une recharge de bonne humeur pour le week-end ! Merci Didier pour votre verve !!

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  20. De toute manière, Emma aurait dit la même chose...

    Pluton

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  21. À quatre ans, j'étais communiste. À six ans, j'étais existentialiste. À huit ans, j'étais anarchiste. À dix ans, j'étais structuraliste. À douze ans, j'étais monarchiste. À quatorze ans, j'étais pacifiste. À seize ans, j'étais cycliste. À dix-huit ans, j'étais bordiguiste. À vingt ans, j'étais dodécaphoniste. À vingt-deux ans, j'étais buraliste. Dorénavant, je me contente d'être bloguiste.

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  22. (Quand je serai vieux, je serai fasciste.)

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  23. " Il faudrait distinguer, il me semble, entre ceux qui font du vent ou qui détournent à leur profit et ceux qui pratiquent."

    C'est essentiel! Entre les éternels cocus et ceux qui se tapent leur femme (il s'agit là d'une métaphore, bien entendu), il faut faire la différence. Les premiers sont sincères et purs, les seconds récoltent leurs votes.

    Tant que les cocus continueront d'y croire, il y aura de l'avenir pour les petits facteurs et les Mélenchons.

    Vivent les cocus!

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  24. Finalement, c'est Georges qui a raison. D'ailleurs, moi aussi je finis bloguiste.

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  25. Ceux qui pratiquent !
    Je crois qu'on a suffisament pratiqué pour se faire une idée du machin et des lendemains qui chantent.

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