mardi 16 novembre 2010

Ça, un trou noir ? Mon œil !


Discussion s'est amorcée et quelque peu développée, hier, entre Duga, Antoine et moi – moi un peu moins car j'avais école (du crime) –, à propos de Dieu, de la science, du Big Bang et autres menus petits détails constituant la vie quotidienne de l'humanité souffrante. Le tout à la suite de mon billet écrit à partir du livre de Paul Veyne, Les Grecs ont-ils cru à leurs mythes ?. Une fois de plus la religion s'est trouvée opposée à la science, en des termes qui m'ont paru un peu trop simplistes et radicaux ; radicaux parce que simplistes ou peut-être l'inverse. J'ajoute une nouvelle pièce au dossier, tirée du même ouvrage de Veyne (Points-essais, p. 125) :

« Si l'on y réfléchit un instant, l'idée que la vérité n'existe pas n'est pas plus paradoxale ou paralysante que celle d'une vérité scientifique qui est perpétuellement provisoire et sera falsifiée demain. Le mythe de la science nous impressionne ; la science ne retrouve pas des vérités, mathématisables ou formalisables, elle découvre des faits inconnus que l'on peut gloser de mille manières ; découvrir une particule subatomique, une recette technique qui réussit ou la molécule de l'ADN, cela n'a rien de plus sublime que de découvrir les infusoires, le cap de Bonne-Espérance, le Nouveau Monde ou l'anatomie d'un organe. Ou la civilisation sumérienne. Les sciences ne sont pas plus sérieuses que les lettres et, puisqu'en histoire les faits ne sont pas séparables d'une interprétation et qu'on peut imaginer toutes les interprétations que l'on veut, il doit en être de même dans les sciences exactes. »

3 commentaires:

  1. A propos des excellents titre et illustration de ce billet, voir aussi l'étonnant "False mirror" de Magritte, 1928. Bonne journée.

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  2. "Une fois de plus la religion s'est trouvée opposée à la science"
    Oui, chez nous, mais pas partout : j'avais été frappée, en lisant le texte d'une rencontre du Dalaï Lama avec des scientifiques sur la nature de la réalité, par ce dialogue souriant, que je reproduis de mémoire :
    Un scientifique : Comment pouvez-vous savoir cela, vous qui ne connaissez pas la physique quantique ?
    le Dalaï-Lama : et vous, comment pouvez-vous le savoir, vous qui n'avez pas lu (nos textes) ? (le nom exact m'échappe, désolée)

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  3. Je suppose que le radical simpliste, c'est moi bien sûr.
    Puis-je vous demander de me relire attentivement ? Je sais, je suis un peu long et vous êtes déjà passé à autre chose. Si je résume le résumé de ce que j'ai écrit, je dis que la science est parfaitement consciente de ses limites, surtout en ce qui concerne la création de l'Univers. La science est parfaitement consciente que le Big Bang n'est en aucun cas l'instant zéro de la vie de l'univers. La science n'hésite pas à avouer qu'elle n'a pas encore eu la capacité d'élaborer une théorie du Tout qui concilierait les 2 théories sur lesquelles elle se fonde, la quantique et la relativité. On ne peut pas faire preuve de plus d'humilité. Et s'il y a bien des gens qui sont conscients de la complexité du monde, ce sont bien les scientifiques. Alors, être accusé de simplisme quand on est aussi conscient de la complexité relève du mauvais procès. Qui sont les simplistes radicaux, sinon les athées qui nient bêtement l'hypothèse démiurgique alors que les scientifiques eux-mêmes ne l'excluent pas, conscients des limites de leur discipline ?
    Qui sont les simplistes radicaux, sinon les croyants qui affirment dur comme fer que leur dieu a tout fait en 8 jours, sur la base de textes contenus dans de vieux grimoires, textes contenant une kyrielle de légendes et d'élucubrations invraisemblables, dignes (?) de Walt Disney ?
    Même si la science donne parfois l'impression d'être péremptoire, elle se remet en cause constamment et cherche toujours à prouver et éprouver ses théories. La science n'a pas hésité à dire qu'Einstein s'était trompé sur certains sujets, preuve que ce milieu n'hésite pas à bousculer ses icônes. La religion est loin d'en faire autant. La vierge est toujours immaculée, son fils marche toujours sur l'eau et multiplie les petits pains. A ce propos, en fait de "lutte" entre science et religion, il s'agit plutôt de comparer la pensée rationnelle à la pensée magique. Et chacun choisit son camp.
    Quoiqu'il en soit, je suis conscient qu'en ce lieu, je ne suis pas dans le bon camp. Il y a des "fidèles" à ménager je pense. Quoique, si je suis vraiment un simpliste radical, je ne me sens pas ici complètement hors cadre.

    Duga

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