jeudi 18 novembre 2010

Le blanc, le noir, la baleine, la race et le gentil dauphin

Contrairement à certaines rues, la plupart des mots n'a jamais eu un sens unique, en tout cas cela ne devrait pas être. C'est pourtant bien une tendance qui me semble à l'œuvre en notre époque, principalement sous l'influence non de la science elle-même mais du pouvoir qu'elle a pris sur les cerveaux chancelants. Chaque énoncé plus ou moins scientifique dans son allure prend aussitôt la force d'un diktat, et de cette puissance les mots sont victimes comme le reste, devenant univoques et monocolores quand qu'ils étaient chatoyants et multiples. Dès qu'un mot entre dans le champ magnétique de la science, le sens qu'il y prend tend à éliminer tous les autres, à les frapper officiellement d'obsolescence ; même si, en fait, souterrainement pour ainsi dire, ses autres significations, anciennes et éprouvées, restent en vigueur, mais contraintes de se faire discrètes, de marcher sur les bas-côtés du progrès. Prenons trois exemples.

1) À l'époque de Jonas, la baleine était un poisson – c'était même le plus gros d'entre eux, capable de se bouloter un petit prophète en un seul morceau –, le gentil dauphin aussi. Rien de plus logique, puisqu'ils naissaient, vivaient, se nourrissaient, se reproduisaient et mouraient à l'intérieur des océans. Puis les savants sont venus et, le poumon faisant preuve, ont décrété que ces poissons devenaient des mammifères. Depuis, si vous avez le malheur de dire “poisson” en évoquant le dauphin, vous vous faites foutre de votre gueule par tous les demi-connaissants alentour. Or, si la baleine et le dauphin sont indubitablement des mammifères au sens des naturalistes, ils n'en restent pas moins des poissons dans l'ordre de l'imaginaire, lequel à autant droit de cité que l'autre, pourrait même faire valoir son ancienneté et sa plus profonde imprégnation. Faites l'expérience, réunissez cent personnes et demandez-leur de penser à un mammifère. Si leurs pensées pouvaient être projetées sur écran, on verrait apparaître divers animaux à poils, nantis de quatre pattes, gentiment assis au pied d'un arbre à l'orée d'une forêt, ou à la rigueur couchés dans la niche de la cour, mais je prends les paris que pas un dauphin ni pas une baleine.

2) Amusez-vous à parler de la couleur blanche ou de la couleur noire : c'est le plus sûr moyen de faire naître quelques sourires supérieurs entendus : tout le monde sait bien depuis Newton que le blanc n'est que la réunion de toutes les couleurs du spectre, et le noir une simple absence de couleur, voyons ! Sauf que non, pas tout le monde. Et même presque personne. Juste les physiciens et les desservants de leur culte. Pour tous les autres (à commencer par les peintres : allez donc dire à Soulages qu'il a consacré sa vie à une absence de couleur...), le noir a toujours été une couleur à part entière, le blanc également. Et ils le demeurent. Ce qui n'empêche pas, bien sûr, que le blanc soit aussi la réunion des couleurs du spectre : sainte Polysémie, ne laissez pas nos sens et nos esprits s'appauvrir. Du reste, petite parenthèse, ce ne sont pas les découvertes de Newton qui ont, un temps, affaibli les positions du noir et du blanc en tant que couleurs, mais l'invention de l'imprimerie : le noir et le blanc étant les deux seules teintes qui pouvaient être reproduites dans un livre imprimé, leur statut de couleurs s'en est trouvé amoindri, ils devenaient des sortes de couleurs par défaut ; impression prolongée quelques siècles plus tard par la photographie puis le cinéma. Mais sans jamais perdre leurs charges symboliques de couleurs.

3) Le troisième exemple est le plus délicat à manier : la race. Au XXe siècle, des gens qui n'avaient jamais eu la moindre existence dans les millénaires précédents, les généticiens, ont décidé que ce mot était dorénavant dépouillé de tous ses sens, de toutes ses épaisseurs de sens, pour ne plus concerner que le strict domaine qu'ils venaient de se créer, celui des chromosomes et des gènes. Modernœud s'est engouffré comme un seul zombi scientiste dans cette brèche, ne se contentant pas de prescrire ce sens désormais unique, mais rayant tous les autres et flétrissant ceux qui s'obstineraient, par une sorte de fidélité langagière, de nostalgie d'un vocabulaire ondoyant et divers, à les employer encore. Moyennant quoi, tout le monde continue de se rendre compte, à l'œil nu, que les races s'obstinent à exister au sein de l'espèce humaine, à se foutre qu'il ne s'agisse pas de races pures, et même à trouver tout à fait normal que ce mot serve aussi à nommer des choses n'ayant rien à voir avec la race des scientifiques. Ainsi Bernanos lorsqu'il parle des enfants de sa race pour désigner les petits écoliers de l'Artois, ou Brassens qui, dans une chanson évoque La race des chauvins, des porteurs de cocarde : l'un comme l'autre, il me semble, doivent bien se douter qu'un gamin d'Arras ou un nationaliste va-t'en-guerre ont le même patrimoine génétique qu'un collégien de Toulouse ou qu'un “citoyen du monde”. Et quel Parisien n'a pas un jour pensé, après vingt minutes de poireautage nocturne sous la pluie, que les chauffeurs de taxi étaient vraiment une sale race ?

On devrait pouvoir facilement trouver d'autres exemples, mais je ne veux pas lasser l'auditoire : les lecteurs de blogs ne sont pas une race patiente.

52 commentaires:

  1. Vous voudriez que j'explique à Tonnégrande que ce n'est pas un homme de couleur ?

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  2. Dider, vous faites preuve d'une "demi-connaissance" de la science assez typique de ce que l'on peut lire et entendre en France.

    "Puis les savants sont venus et, le poumon faisant preuve, ont décrété... "

    "Juste les physiciens et les desservants de leur culte."

    Combien de fois faudra-t-il le dire ? Les scientifiques ne décident de rien, ils observent et cherchent à comprendre. Cela peut d'ailleurs déranger des philosophes auto-proclamés tels que Luc Ferry.

    Se complaire dans l'obscurantisme, taper systématiquement sur les scientifiques, tout en bénéficiant 24h/24 des *techniques* dérivées de la science, c'est bien facile. Oui mais voilà le résultat:

    "Scientifique, la France, tu la quittes ou tu la quittes."

    A bon entendeur, salut.

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  3. "Pas de noir pour Monet, le noir n'est pas une couleur", Clémenceau. Et Pastoureau, il en dit quoi ?

    Je n'avais pas compris que l'on tapait ici sur les scientifiques, mais que l'on suggérait plus l'utilisation de travers de leur travail d'observation. 'Fin ce que j'en dis...

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  4. Didier: on arrive à des retournements amusants, quand les arabes blancs appellent les français "blancs" quand ils veulent dire blancs racistes, sales blancs, ennemis, etc. Si j'ai envie de décrire quelqu'un, je pense en "types". Type méditerranéen, type nordique, type africain noir, avec le type africain de l'ouest et le type éthiopien, type hindou noir de peau, etc. C'est la sauce qui accompagne le mot race qui donne le goût de la phrase, non ?

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  5. je sais bien, je réponds au gaz.

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  6. J'adhère, j'adhère, si ce n'est que la moderne répugnance concernant la race ne me paraît pas être née de la science. C'est au contraire la science qui l'a validée a posteriori, alors qu'il était déjà entendu qu'il valait mieux éviter d'employer le concept pour quelques siècles, disons tant que tout un chacun répugnera tout aussi bien à appeler son fils Adolphe. Ce que je comprends. Moi-même, ça m'embêterait de m'appeler Adolphe.

    Comme le dit Suzanne, tout est ici affaire de connotation. La dénotation scientifique n'est venue que plus tard.

    Le cas de la baleine est plus neutre, symboliquement parlant.

    (Quant à la couleur, je vais faire mon demi-sachant ici : dire que le blanc n'est pas une couleur n'a pas plus de sens, scientifiquement parlant, que de dire que le bleu klein ou le jaune pipi en sont. Toutes les couleurs, exceptées les fréquences pures correspondant aux couleurs de l'arc-en-ciel (et qui aurait donc envie de peindre ces horreurs ?), sont additions de couleur, et perçues comme telles par notre oeil, qui se sert de trois différents types de cellule pour les identifier (alors qu'un suffirait dans le cas de l'arc-en-ciel). D'ailleurs, même nos deux yeux seraient infoutus de se mettre précisément d'accord sur un ensemble de teintes. L'analogie parfaite est musicale : les couleurs de l'arc-en-ciel correspondent aux fréquences pures, vous savez, ces bruits très désagréables et qui chatouillent l'intérieur des oreilles, du genre diapason à 440. Ajoutez le timbre d'un instrument, le bois dont il est fait, le boyau des cordes, la forme de sa caisse, la longueur de son piston, et tout un spectre de fréquences vient s'ajouter à la dominante. La fréquence pure est alors perdue pour l'oreille, qui n'entend qu'additions. La musique n'est pas plus faite de pureté (au sens de la fréquence, du moins) que la peinture ne peint d'arcs-en-ciel.)

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  7. Nicolas : non, justement.

    Gas : mais enfin, c'est moi qui m'exprime mal ou vous qui comprenez de travers ? Je ne critique absolument pas la science ni les scientifiques ! je parle de la tendance moderne à considérer que, dès que la science s'empare d'un mot, son acception devient la seule recevable par l'ensemble de la population. Du reste, je ne dis pas non plus que les scientifiques, avec tout de même leur facilité à se transformer en oracles, n'y sont pour rien, mais enfin, ce n'était pas eux qui étaient visés dans ce billet. D'ailleurs, personne n'était visé.

    Boulouc : Pastoureau dit la même chose que moi ! Étonnant, non ? Et je vois que toi, au moins, tu m'as compris : ça rassure...

    Suzanne : mais votre mot "type" correspond précisément à l'un des sens du mot "race", et même l'un des plus courants jusqu'à ce que les officines se mêlent de vouloir l'ostraciser.

    Tcheni : Pour la race, il faudrait voir, la chronologie, les antériorités, tout ça...

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  8. Tcheni,

    Vos connaissances scientifiques sont réjouissantes.

    Vous nous expliquerez ce que sont les fréquences pures, en matière de couleur, s'il-vous-plait ?

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  9. Boulouc, je sais bien aussi, je disais ça pour rassurer les lecteurs : )

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  10. Didier, merci pour votre réponse. C'est bien ainsi que j'ai compris le premier paragraphe du billet - et que j'approuve sans réserve aucune.

    Mais la suite dément:

    "Puis les savants sont venus et, le poumon faisant preuve, ont décrété... "

    "Juste les physiciens et les desservants de leur culte."

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  11. Sur les couleurs et les NOMS de couleurs : Brøndäl et Hjemslev: en gros ( mais dit comme ça, ça va vous paraitre un évidence de concierge -suédoise ici donc) : les noms de couleurs dans les différentes langues recouvrent des réalités différentes: bleu finlandais et bleu lapon, c'est pas le même bleu ( y'en a un qui est vert ;-) et pour ce qui est des lapons, ils ont 18 mots différents pour désigner la neige , dont un certain nombre Pour ses différents blancs... Non pas de ref précise: flemme.

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  12. Nicolas,

    scientifiquement, les couleurs pures sont des ondes électromagnétiques vibrant à une fréquence unique déterminée (par exemple, une onde de fréquence 440 000 GHZ sera interprétée par l'oeil comme du rouge -- googlez "spectre électromagnétique" et vous verrez que ces fameuses ondes sont à l'origine de bien des choses, de la lumière visible aux ondes radio et aux rayons gamma). Comme la fréquence est unique, on parle de couleur monochromatique. En pratique, ce que nous observons n'est jamais de cette sorte, excepté de rares cas expérimentaux. Nous voyons plutôt des "panachés" de fréquence, tout un spectre qui se décompose en une fréquence fondamentale (qui détermine la "teinte" et vous fait dire "c'est jaune", alors qu'en réalité, c'est un mélange de vert et de rouge), et en tout un tas d'autres fréquences, auxquelles il faut ajouter des valeurs comme la luminosité (sur une échelle allant du blanc au noir) et la saturation (du vif au terne) avant d'aboutir à une description partielle de ce que l'oeil observe.

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  13. Didier: mais c'est qu'on met tant de choses dans ce mot "race", comme s'il fallait le redéfinir à chaque fois. Est-ce qu'on ne sent pas bien quand il y a sous-entendu "échelle des races" ou pas ? Dans les neuf dixièmes des cas, il n'y a que les racistes du Cran ou des Indigènes de la République qui vous chercheront des poux dans la tête. Si je dis que dans la classe de mon fils il y a trois asiatiques et cinq noirs, et qu'il est dans une classe multi raciale, je ne vois pas qui va contester le terme "multi racial". Enfin si, je vois bien, mais je tiens pour une fieffée race d'emmerdeurs ceux qui le feront.

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  14. Maître des lieux :

    "le poumon faisant preuve"...

    C'est pas le poumon, qui fait preuve. C'est la mammelle, d'où le nom. Les voizo et les crapo ont des poumons, et c'est pas des mammifères.

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  15. Tcheni,

    Un gros ce sont les couleurs qui sont pures, pas les fréquences...

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  16. Gas : mais je dis pas que les scientifiques ont tort dans leurs "décrets" ! Du reste, la baleine est bel et bien et bien un mammifère, donc ils ont eu raison de de le "décréter". Pareil pour les physiciens, qui ne sont pas (ou pas entièrement)responsables du "culte" dont je parle.

    Pakounta : merde, vous avez raison, j'ai écrit une grosse connerie !

    Shame on me...

    Sinon, j'en arrive à ne plus rien comprendre à ce qui se dit sur mon propre blog, c'est quand même bien la misère...

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  17. Feintez.
    Ecrivez "rasse" et puis voilà. Personne ne vous emmerdera.

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  18. Nicolas,

    oui et non. Les couleurs sont pures parce que les fréquences le sont. Essayez de taper un la avec un diapason, puis la même note avec un piano. Il s'agit de la même fréquence mais, dans le cas du diapason, aucune autre fréquence ne vient enrichir la note (je simplifie, en fait si, mais bon), alors que dans celui du piano, beaucoup d'autres s'ajoutent. Vous obtenez toujours un la (la fréquence fondamentale), mais vous avez en fait beaucoup plus (le timbre).
    Pareil dans le cas des couleurs. Une fréquence pure, unique, générée par exemple par le rayonnement d'un atome seul, vous donnera une couleur pure (si la fréquence est dans la partie visible du spectre, du moins). En revanche, le moindre composé d'atomes ne pourra pas générer de fréquences pures. Il y aura des phénomènes de résonance, de réfraction, de diffusion, de dispersion, et boum, d'autres fréquences en résulteront. Vous n'êtes plus dans le pur.

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  19. rasse comme crasse, comme rassis?
    C'est triste quand Dorham nous montre sa vraie nature.

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  20. Ou comme brasse.
    C'est mignon, ça, "brasse". Pensez à ces petits enfants qui brassent en buvant la tasse. Voyez ? C'est apaisant.

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  21. C'est une évolution dans l'air du temps, sans doute. Quand j'étais petit, on écrivait plutôt "grognace". Maintenant, c'est "grognasse"... Même s'il s'agit du même mammifère.
    Alors qu'on ne parle pas encore de "rapasse", même si ça reste des voizo.

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  22. Dorham,

    Brasserie, ça vient de brasse ?

    Tcheni,

    Oui, mais chaque fréquence est nécessairement unique...

    Cela dit, causez avec Georges, il est intelligent, lui.

    Hein Suzanne ?

    Didier,

    Comment pouviez-vous dire que vous ne comprenez rien alors que Dorham n'était pas encore intervenu ?

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  23. Didier, je m'excuse de provoquer une tempête dans un verre d'eau. En fait, peu importe, il ne s'agit que de définitions, dont beaucoup totalement arbitraires voire farfelues.

    Avez-vous par exemple goûté à ce dessert FRUITE, la tomate au chocolat fondant ? C'est très... euh... indescriptible.

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  24. J'ai passé de longues année dans le traitment de signal et d'autres en colorimètrie, je me garderai donc d'intervenir dans la bagarre.
    En fait j'attends qu'on parle de la note émise par un métronome pour ne pas intervenir.

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  25. Je ne cherche pas à insinuer que les batteurs sont des musiciens, qu'on ne me prête pas de mauvaises intentions...

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  26. J'avais pensé à détendre l'atmosphère avec une blague qui déchire sa race du genre: une blanche vaut deux noires. Mais j'hésite...est-ce approprié...l'est-ce bien ? On a si vite fait de mal interpréter un bout long de Miles des visses.

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  27. "une blanche vaut deux noires"

    Vous remplacez "blanche" par "bleue" et ça marche pour les baleines en tout cas.

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  28. Excellent, je ne la connaissais pas.

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  29. Ainsi Bernanos lorsqu'il parle des enfants de sa race pour désigner les petits écoliers de l'Artois,

    Race est aussi synonyme de "caractère" (pas forcément raciaux d'ailleurs mais aussi de personnalité) et je crois bien que Bernanos l'employait dans ce sens.

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  30. Didier,
    Il me semble vous faites une confusion entre trois registres qui bien que proches sont toutefois différents.
    1) Noir : il s'agit ici de donner une définition du terme qui soit la plus précise possible (la question de la définition des couleurs est une des plus complexes) afin d'éviter toute subjectivité et toute polysémie. La réponse apportée a été celle de rapporter la notion de couleur à la notion de longueur d'onde (un corps noir n'émet aucune longueur d'onde, un corps blanc réfléchit toutes les longueurs d'onde). on pourra noter par ailleurs que tout tout le travail de Soulages par est de jouer sur cette définition. Les peintures de Soulages ne sont justement pas noires mais jouent sur des effets de lumières.
    En l'occurrence, cette définition n'est pas un diktat mais la recherche d'une définition commune qui essaye d'éliminer toute subjectivité et toute polysémie
    2)La baleine. La question posée est celle de la classification. Tout ce qui vit dans l'eau n'est pas un poisson (Aristote le croyait) et même si c'est le cas de la baleine, cette dernière a plus de points communs avec les autres mammifères. Et même si je ne pense pas à la baleine de prime abord à la baleine comme un mammifère, il n'en reste pas moins, jusqu'à preuve du contraire, que c'en est un. Dire le contraire est tout simplement faux.
    3) Race. La question est un peu plus complexe en raison justement de la polysémie du terme. Le mot à l'origine désigne ce qui est de la même famille (Tout l'espoir de sa race en lui seul renfermé, Racine)puis par extension un groupe humain présentant des caractéristiques communes. D'autre part compte tenu de l'emploi du mot en des circonstances fâcheuses, il a finit par être quelque peu connoté défavorablement. Quant à l'existence ou pas de "races humaines" (on en revient aux problèmes de classification) la question d'un point de vue scientifique est loin d'être résolue (les différences constatées suffisent-elles, là est tout le problème).
    Pour conclure, si j'observe la course du soleil, la première idée qui me viendra à l'esprit est que le soleil tourne autour de la terre (les hommes y on cru pendant très longtemps) et pourtant...
    Sur ces sujets, je me permets de vous conseiller le maitre ouvrage d'Alexandre Koyré, Du monde clos à l'univers infini, collection TEL Gallimard.

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  31. Didier,
    Il me semble vous faites une confusion entre trois registres qui bien que proches sont toutefois différents.
    1) Noir : il s'agit ici de donner une définition du terme qui soit la plus précise possible (la question de la définition des couleurs est une des plus complexes) afin d'éviter toute subjectivité et toute polysémie. La réponse apportée a été celle de rapporter la notion de couleur à la notion de longueur d'onde (un corps noir n'émet aucune longueur d'onde, un corps blanc réfléchit toutes les longueurs d'onde). on pourra noter par ailleurs que tout tout le travail de Soulages par est de jouer sur cette définition. Les peintures de Soulages ne sont justement pas noires mais jouent sur des effets de lumières.
    En l'occurrence, cette définition n'est pas un diktat mais la recherche d'une définition commune qui essaye d'éliminer toute subjectivité et toute polysémie
    2)La baleine. La question posée est celle de la classification. Tout ce qui vit dans l'eau n'est pas un poisson (Aristote le croyait) et même si c'est le cas de la baleine, cette dernière a plus de points communs avec les autres mammifères. Et même si je ne pense pas à la baleine de prime abord à la baleine comme un mammifère, il n'en reste pas moins, jusqu'à preuve du contraire, que c'en est un. Dire le contraire est tout simplement faux.
    3) Race. La question est un peu plus complexe en raison justement de la polysémie du terme. Le mot à l'origine désigne ce qui est de la même famille (Tout l'espoir de sa race en lui seul renfermé, Racine)puis par extension un groupe humain présentant des caractéristiques communes. D'autre part compte tenu de l'emploi du mot en des circonstances fâcheuses, il a finit par être quelque peu connoté défavorablement. Quant à l'existence ou pas de "races humaines" (on en revient aux problèmes de classification) la question d'un point de vue scientifique est loin d'être résolue (les différences constatées suffisent-elles, là est tout le problème).
    Pour conclure, si j'observe la course du soleil, la première idée qui me viendra à l'esprit est que le soleil tourne autour de la terre (les hommes y on cru pendant très longtemps) et pourtant...
    Sur ces sujets, je me permets de vous conseiller le maitre ouvrage d'Alexandre Koyré, Du monde clos à l'univers infini, collection TEL Gallimard.

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  32. Didier,
    Il me semble vous faites une confusion entre trois registres qui bien que proches sont toutefois différents.
    1) Noir : il s'agit ici de donner une définition du terme qui soit la plus précise possible (la question de la définition des couleurs est une des plus complexes) afin d'éviter toute subjectivité et toute polysémie. La réponse apportée a été celle de rapporter la notion de couleur à la notion de longueur d'onde (un corps noir n'émet aucune longueur d'onde, un corps blanc réfléchit toutes les longueurs d'onde). on pourra noter par ailleurs que tout tout le travail de Soulages par est de jouer sur cette définition. Les peintures de Soulages ne sont justement pas noires mais jouent sur des effets de lumières.
    En l'occurrence, cette définition n'est pas un diktat mais la recherche d'une définition commune qui essaye d'éliminer toute subjectivité et toute polysémie
    2)La baleine. La question posée est celle de la classification. Tout ce qui vit dans l'eau n'est pas un poisson (Aristote le croyait) et même si c'est le cas de la baleine, cette dernière a plus de points communs avec les autres mammifères. Et même si je ne pense pas à la baleine de prime abord à la baleine comme un mammifère, il n'en reste pas moins, jusqu'à preuve du contraire, que c'en est un. Dire le contraire est tout simplement faux.
    3) Race. La question est un peu plus complexe en raison justement de la polysémie du terme. Le mot à l'origine désigne ce qui est de la même famille (Tout l'espoir de sa race en lui seul renfermé, Racine)puis par extension un groupe humain présentant des caractéristiques communes. D'autre part compte tenu de l'emploi du mot en des circonstances fâcheuses, il a finit par être quelque peu connoté défavorablement. Quant à l'existence ou pas de "races humaines" (on en revient aux problèmes de classification) la question d'un point de vue scientifique est loin d'être résolue (les différences constatées suffisent-elles, là est tout le problème).
    Pour conclure, si j'observe la course du soleil, la première idée qui me viendra à l'esprit est que le soleil tourne autour de la terre (les hommes y on cru pendant très longtemps) et pourtant...
    Sur ces sujets, je me permets de vous conseiller le maitre ouvrage d'Alexandre Koyré, Du monde clos à l'univers infini, collection TEL Gallimard.

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  33. Pascal : en fait vous abonder dans mon sens, en montrant que la polysémie se maintient et que le sens scientifique d'un mot de doit pas éliminer tous les autres. Ainsi, dans votre exemple du soleil, le fait de savoir qu'il est immobile n'empêche nullement de continuer à dire qu'il se lève ou se couche.

    Pour ce qui est des races (humaines), vous dites que la question est loin d'être résolue d'un point de vue scientifique. Je le sais bien. Le fait est que je m'en fous. C'est-à-dire que je serais évidemment curieux de savoir à quelles conclusions (provisoires, toujours provisoires) la science va arriver un jour, mais quelles qu'elles soient elles n'empêcheront personne de voir, de constater, qu'un Africain, un Thaï et un Danois sont à l'évidence de trois races différentes. Que ce soit scientifique ou non.

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  34. le fait de savoir qu'il est immobile
    Caramba, encore raté: vitesse du soleil dans la galaxie, 230 km/s.
    (Je me permets d'en parler puisque ce n'est pas mon domaine).

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  35. Didier,
    Le fait de savoir que la matière est composée principalement de vide ne m'empêche de m'asseoir sans une trop grande appréhension sur un chaise. Mais le fait de m'asseoir sans une trop grande appréhension sur une chaise n'implique pas que la matière ne soit pas composée de vide (dire le contraire est tout simplement faux, il ne s'agit pas de polysémie mais de vérité).
    Vous semblez dire qu'il existe plusieurs degrés de vérité, je ne le crois pas. Tous savoirs ne débouchent pas nécessairement sur une vérité. En ce sens je suis plus platonicien que vous.

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  36. "une blanche vaut deux noires"

    Ca ne doit pas être simple dans les conservatoires de musique.
    En modernoeud, cela doit donner:
    ""une euh... "comme le lait" vaut deux euh..."comme ma boite free". Ah la vôtre n'est pas euh... "comme le charbon de bois"? Elle est grise? Ah non, la grise, ça n'existe pas en solfège. Ma box à moi, elle est euh..."comme le téléphone" disait jean Raspail, au temps où les téléphones étaient noirs. Enfin euh..."

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  37. Et j'ai habilement esquivé le problème des rondes...euh... notes à légère surchage pondérale.

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  38. C'est vrai que le poumon m'a fait lever le sourcil, mais j'ai appris des tas de choses sur les couleurs et la vitesse du soleil. Merci !
    Senghor avait mis en honneur la "négritude", c'est plus joli que la noiritude, mais ça va être coton de traduire ça en langage politiquement correct.
    On pourrait aussi voir des gens et pas des couleurs, dans ce dernier cas, ce qui permettrait de garder le joli mot de Senghor.

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  39. Dans Gouverneurs de la Rosée, Jacques Roumain utilise un mot qui le ferait pendre aujourd'hui, ici. Lorsque son héroïne dit son amour à son mari, "mon nègre" est son petit mot doux préféré et ça ne choquait aucun Haïtien. Aujourd'hui, vu d'ici, cela donnerait banalement mon chéri ou mon euh...Là bas, je crois qu'on dit encore un nègre, sans que cela choque. Il faut dire qu'on a d'autres chats à fouetter.

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  40. Le mot nègre en créole veut dire homme : ka ou fè nèg = Comment ça va mec, mon nègre = mon homme.
    Par ailleurs, il n'y a rien de pire que l'emploi du mot "black" (en français bien entendu) qui pour le coup pue l'hypocrisie.

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  41. "Là bas, je crois qu'on dit encore un nègre, sans que cela choque."

    Ils se le serv' eux-mêmes avec assez de verve
    Mais ne supportent pas qu'un autre le leur serve...

    L'apostrophe, c'est pour conserver l'alexandrin...(c)Rostand

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  42. Ajout: les habitants des Saintes (petites îles dépendantes de la Guadeloupe) qui sont blancs de peau (ce sont des descendants de bretons) s'apostrophent par des "nèg" de façon courante.

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  43. Pakounta,
    Ajout 2. Puisque vous faites allusion à Rostand, toute la tirade du nez est construite sur ce principe. Cyrano s'approprie le quolibet à propos de son nez. Il se le sert à lui-même avec assez de verve Mais ne supporte pas qu'un autre le lui serve.

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  44. Merci P/Z, j'avais pô remarqué. Do you take me for a jambon ?

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  45. ce type de billet par un écrivain de race est plaisant. C'est scientifiquement prouvé.

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  46. Pakounta,
    On n'est jamais trop prudent.
    P.R-R
    Clap, clap, clap

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  47. Didier
    seriez vous en trin de nous dire que vous avez enfin compris ce qu'est un mot ?

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  48. Franssoit, je ne ne sais plus, je ne sais plus rin...

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  49. Franssoit,

    Encore ?

    Je résume les démonstrations : Georges est intelligent. Les noirs sont cons. Suzanne est métissée.

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