samedi 6 novembre 2010

Les grands épistoliers ne courent pas les rues

Au Père B., qui saura pourquoi...


Publiée en France sous le titre L'Habitude d'être, la correspondance de Flannery O'Connor s'annonce comme un pur régal, un chatoiement d'intelligence, d'acuité, de douleur et d'humour. Humour sans cesse présent, tour à tour ironique, saugrenu, moqueur – parfois tendre, toujours lucide. En voici deux brefs exemples, tirés de la même lettre adressée au début de 1952 (elle n'est pas datée) à ses amis Sally et Robert Fitzgerald :

« Je m'amuse beaucoup en lisant La Réforme en Angleterre de Philip Hugues. On s'y croirait. J'ai montré le livre à la bibliothécaire de l'Université pour lui conseiller de l'acheter. Parfois il arrive, par erreur, qu'un étudiant choisisse un bon livre ; mais, d'après elle, c'est plutôt rare. Ils font très attention. »


« J'ai dû aller me faire photographier comme m'en priait mon éditeur. Toutes les photos sont mauvaises. Sur celle que j'ai envoyée, on dirait que je viens de mordre ma grand-mère et que c'est un des rares plaisirs qui me restent au monde. Mais toutes les autres sont encore pires. »

À propos de ce dernier extrait, il faut se souvenir qu'à cette époque, Flannery O'Connor souffrait déjà du lupus érythémateux qui allait la tuer à 39 ans, que cette maladie lui faisait perdre ses cheveux par plaques et boursouflait son visage de manière irrégulière et imprévisible.

6 commentaires:

  1. Il y a des écrivains qui sont très différents dans leur journal ou leur correspondance et dans leurs oeuvres, mais pas elle.

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  2. Chouette, et en même temps, je découvre les éditions Léo Scheer.

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  3. Il est vrai que, sur cette photo, elle est particulièrement laide.

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  4. Il est tout aussi vrai que bien peu de gens auront vu la réelle beauté de Flannery O'Connor.

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  5. Mais je la trouve bien sur cette photo, souriante, l'œil pétillant, le visage n'est pas boursouflé, elle a un petit air désuet qui ne trompe personne...

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  6. D'accord avec vous, Chère Comtesse...

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