vendredi 19 novembre 2010

Le boulet de ce canon n'est pas passé loin

À André, qui comprendra...

On ne se méfie jamais assez de Jean-Paul Lancelot. Notamment l'Irremplaçable et moi qui, si l'on vivait encore sous l'autorité de ses Institutiones iuris canonici, publiés à Venise en 1563, n'aurions pu nous marier religieusement – comme nous l'avons fait le 23 octobre dernier, je le rappelle pour les distraits, ainsi que pour M. Fredi Maque qui n'est jamais au courant de rien.

En effet, lorsque Jean-Jacques, le premier mari de Catherine (qui l'était toujours aux yeux de l'Église), a défunté, elle et moi vivions déjà ensemble ; elle était donc en état d'adultère. Or, ce bon Lancellotti (rendons-lui son nom de Ritalalacon) est formel : devenue veuve, Catherine pouvait en effet se remarier, mais en aucun cas avec moi. Notre professeur des deux droits à l'Université de Pérouse examine pourtant trois possibilités.

1) Catherine aurait pu m'épouser, si elle et moi n'avions rien tenté pour nous débarrasser de Jean-Jacques (ce qui est le cas, je le jure solennellement) et si nous n'avions échangé aucun consentement : c'est là que le bât blesse, puisque, mariés civilement, consentements il y avait bien eu.

2) Nous aurions également pu nous marier par échange de consentements, à condition de ne pas consommer le dit mariage avant la mort du titulaire : caramba, encore raté...

3) Si Catherine avait essayé de (et réussi à) me prendre pour un con en me cachant l'existence de mon prédécesseur afin de se faire épouser, ce mariage serait devenu valable après la disparition du premier impétrant. Manque de chance, j'étais au courant.

Comme on peut voir, le XVIe siècle, c'était pas dimanche tous les jours.

8 commentaires:

  1. Bref, vous etiez bien condamné à épouser l'irremplaçable, Grand bien vous fasse et tant pis pour les canons obsolètes de notre bonne vieille Eglise

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  2. Je ne trouve pas très moral que l'on puisse se marier après un gros mensonge ou plutôt omission. Si l'Église incite les femmes à mentir, on est pas sorties du bois !

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  3. Vous êtes en quelque sorte "Out of Nowhere", je trouve !

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  4. Mais alors! Votre bon curé s'est tout planté?!Il n'a pas lu Jean Paul?! Rhaa.

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  5. ainsi que pour M. Fredi Maque qui n'est jamais au courant de rien.

    Oh vous savez moi...
    Je suis l'inattention incarnée.

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  6. "Le boulet de ce canon n'est pas passé loin"

    Les canons liturgiques sont devenus bien inoffensifs de nos jours.
    Vous ne risquiez rien.
    Et puis le dieu chrétien est un dieu méséricordieux et vous le saviez bien avant d'aller le rencontrer le jour de votre mariage.
    Vous êtes un peu "ficelle" vous deux.

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  7. Ce serait des canons à eau bénite ? Pourquoi ne les utilise-t-on pas rue Myrrha, le vendredi ?

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  8. Quel talent, ça fait vraiment chier, enfin, à la longue.
    Catherine Deneuve = contraction (vaginale ?) de "Catherine devenue veuve" ? À méditer (pendant la sieste).

    Kalle

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