dimanche 5 décembre 2010

Accordez, accordez, accordez donc…

À tant faire que de transgresser, n'est-ce pas… de se risquer sur le bizarre… Puisque l'Irremplaçable m'a pour ainsi dire contraint à une reprise momentanée de l'apéritif (on est prié d'attendre le journal de décembre pour vraiment comprendre…), j'en ai profité pour faire une chose dont je ne me serais pas cru capable : réécouter Gainsbourg. D'abord L'Homme à la tête de chou, puis L'Histoire de Melody Nelson. Triste constat : comme tout cela est poussiérieux, obsolète, presque mort déjà ! Et quand je dis presque

Ce pauvre Gainsbourg, il a dû bien souffrir de ses admirateurs. Entre ceux qui le prenaient pour un poète au nom de ses jongleries verbales du premier concept album cité, et – pire, bien pire – ceux qui l'ont cru musicien à cause des nappes violoneuses de Jean-Claude Vannier épandues sur le second, sans même parler des acheteurs de ses derniers disques absolument vides, on entrevoit bien la douleur de l'imposture qui a dû être la sienne et qui…

Wof ! quelle importance ? Serge Gainsbourg, fausse valeur se sachant tel, a déjà disparu de ce monde, et c'est la moindre des choses. (Ici, l'écoutant, j'avais prévu un petit couplet à propos de Melody Nelson, qui est tout de même l'une des pires kitscheries que le second XXe siècle ait produites, dans ce domaine sans grand intérêt de la variété, et puis à quoi bon ?) Mais, juste après cette pure guimauve prétentieuse – que j'ai interrompue à mi-chemin, n'en pouvant plus de ces dégoulinades vanniéresques –, j'ai posé dans le chariot un disque de Juliette Gréco, et la première chanson disait : “ Accordez, accordez, accordez donc / L'aumône à l'accordé-accordéon ”. – Et peut-être Gainsbourg restera-t-il pour ces trois couplets vite troussés et cette mélodie évidente posée dessus. Parce qu'il me semble – je n'en sais rien, je subodore – qu'il n'y a rien de plus rare que de trouver une mélodie évidente pour habiller des vers de mirliton et néanmoins miraculeux (miraculeux dans leur conjonction avec la mélodie, mais aussi avec une époque – et de nombreuses chansons “idiotes” de Piaf possèdent cette vertu étonnante et fraîche).

Tenez, prenez ceci, ce simple titre : Que reste-t-il de nos amours ? Fredonnez-vous la mélodie qui va avec. Là, vous avez une chance d'accéder à l'intemporel. De même avec Parlez-moi d'amour : suprême et sublime bêtise. On n'en finit jamais avec la bêtise commune. Pour l'exprimer (au sens où l'on exprime un jus d'agrume ou de fruit), il y faut une forme de génie, lequel se révèle comme en passant et sans doute pas à coups de concept albums.

Serge Gainsbourg est mort et il ne ressuscitera pas, croyez-m'en. Et il me semble qu'il le savait.

44 commentaires:

  1. prem's super en avance même puisque ce billet est sencé sortir dimanche 5 decembre à 09h24
    De plus je le lirai plus tard parce la y a groland

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  2. Si j'avais des lecteurs, et si, parmi ces lecteurs, un lecteur se permettait de me parler de "groland", au lieu de commenter mon message, je te l'enverrais chier jusqu'en Patagonie.

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  3. bon, j'ai lu , si demain boom boom sous les cheveux tu pourras toujours te qualifier de l'homme à la gueule de bois,
    melody nelson est pour moi une oeuvre, pauvre con diras tu de moi et alors, j'assume.

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  4. moi je veux bien aller en Patagonie avec Fidel.

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  5. Surtout ne vous gênez pas, le train part dans une heure.

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  6. Vous êtes bien sévère je trouve.
    Connaissez vous "Alcool", Rock around the bunker, les déménageurs de pianos, la femme des uns sous le corps des autres?
    Variations sur marilou, exercice en forme de Z ?
    Tout ce que j'oublie?

    Injuste et jaloux je vous trouve.

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  7. Variété nous sommes d'accord.
    Mais de la meilleure!
    Et on s'en fout si le bonhomme ne donnera jamais son nom à un quelconque lycéee à l'instar de Brassens. (que j'adore pareillement et plus encore).

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  8. Quant à savoir ce qu'il faudrait sauver de la variété, voilà un sujet intéressant.
    Il serait composé de quoi votre Panthéon de la variétoche Didier?
    Qui mettriez vous bien au-dessus du lot?

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  9. j'ai posé dans le chariot un disque de Juliette Gréco, et la première chanson disait : “ Accordez, accordez, accordez donc / L'aumône à l'accordé-accordéon ”. – Et peut-être Gainsbourg restera-t-il pour ces trois couplets vite troussés et cette mélodie évidente posée dessus. Parce qu'il me semble – je n'en sais rien, je subodore – qu'il n'y a rien de plus rare que de trouver une mélodie évidente pour habiller des vers de mirliton et néanmoins miraculeux (miraculeux dans leur conjonction avec la mélodie, mais aussi avec une époque – et de nombreuses chansons “idiotes” de Piaf possèdent cette vertu étonnante et fraîche).

    Oui.
    Tout celà est vrai.
    Mais il m'est personnellement, intrinsèquement impossible, je suis définitivement incapable, de renier ce que j'ai aimé.
    J'aime la poussière.
    Fausse valeur...mais il l'avouait lui-même ! art mineur disait-il.
    Bon.

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  10. Cher monsieur Goux, connaissez-vous cette anecdote que raconte Marcel Landowki? Etudiant au conservatoire, au sortir de la guerre, et passant par hasard devant l'Olympia, il est interloqué et attiré par les quatre lettres P.I.A.F. : "J'entre, le rideau se lève, je vois une petite femme assez laide, de noir vêtue. Elle chante, pas très juste, des paroles banales, sur une mélodie des plus médiocres. Et l'ensemble m'arrache des larmes ... Et la petite femme, je ne sais comment, est devenue immense et très belle."
    Vous avez évidemment raison quant à Gainsbourg. Il a écrit quelques belles chansons dans les années cinquante, quelques belles chansons, c'est-à-dire quelques miracles improbables (même chose pour Léo Ferré), puis il s'est laissé gâter par une forme d'autocomplaisance dont il était conscient (Ferré se laissant gâter par une sorte de grandiloquence emphatique, une boursoufflure dont il ne semblait pas avoir conscience).
    Pauvre Gainsbourg! Vous entendez son ratage; que n'a-t-il été entendu plus tôt! Ce doit être terrible de se savoir faussaire, d'espérer que vos victimes vous démasqueront et vous obligeront à vous taire ou à parler vrai! Mais le succès n'a pas lâché Gainsbourg, l'obligeant sans doute à toujours plus de mépris, et des sourds qui l'admiraient, et de lui-même, contribuant à augmenter leur surdité.
    D'une certaine manière, ces artisans honnêtes,artistes mineurs, mais artistes tout de même (comme Brassens), ont été perdus par la liberté que l'époque (les années soixante et suivantes) les a autorisés à prendre : au début de leur carrière les formes de la chanson carrée qu'ils étaient tenus de respecter les préservaient contre eux-mêmes.

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  11. Chantée par Gainsbourg elles sont mauvaises, chantées par Greco, elles sont bonnes ça viendrait pas de l 'interprète par hasard?

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  12. Qu'est-ce qui vous prend, Didier ?
    Vous ne croyez pas que le dilettantisme assumé de Gainsbourg vaut mieux que l'art de ce fabricant de Pikachus ?

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  13. Ben voila, fallait que cela arrive: etre en total désaccord avec Didier Goux !

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  14. "D'une certaine manière, ces artisans honnêtes,artistes mineurs, mais artistes tout de même (comme Brassens)"

    J'ai dû faire un cauchemar ou j'ai bien lu ça ?
    "Artisan honnête", Brassens ne se qualifiait pas autrement, un peu comme notre écrivain en bâtiment.
    Même si je ne les mets pas au même niveau (non mais rêvez pas…).
    Mais "artiste mineur", là je rue dans les brancards et j'insulte le brancardier.

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  15. Fidel : même pas de gueule de bois ! J'ai été très raisonnable. Et tu as tout à fait le droit d'aimer Melody Nelson, comme j'ai celui d'aimer d'autres âneries.

    Mère Castor : n'oubliez pas l'appareil photo et évitez de croiser Florent Pagny !

    Fredi Maque : je connais toute l'œuvre de Gainsbourg, jusqu'à ses errances reggae exclusivement. Car je l'ai beaucoup aimé et continue de trouver souvent excellentes les chansons qu'il a produites disons entre 1958 et 1963.

    D'autre part, je ne renie rien (il m'arrive, quand je suis seul, de réécouter Léo Ferré, c'est vous dire…).

    Johannus Marcus : nous sommes à peu près d'accord, je pense.

    Geargies : Gainsbourg n'a jamais enregistré Accordéon. Il n'en existe qu'une version télévisée, où il la chante e duo avec Philippe Clay, tous deux déguisés en clodos – pardon : en sans-abri.

    Gerbille : j'ai oublié de cliquer, je reviens de suite…

    Corto : être en désaccord avec moi est souvent un signe de bonne santé mentale.

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  16. Fredi Maque : au-dessus du lot, je mets Trenet. Tout seul, à cette altitude. L'équivalent (pour moi) d'Hergé dans le domaine de la bande dessinée. Et quelques noms au-dessous, assez loin au-dessous : Piaf, Aznavour, Ferré (par pur sentimentalisme), Félix Leclerc. Sans doute trois ou quatre de plus, mais dont les noms ne se présentent pas pour le moment.

    Carine : qu'est-ce qui vous choque dans “artiste mineur” ?

    Gerbille : évidemment, si on plonge dans ces tréfonds...

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  17. « Fredi Maque : au-dessus du lot, je mets Trenet. Tout seul, à cette altitude. L'équivalent (pour moi) d'Hergé dans le domaine de la bande dessinée. »

    Je signe.

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  18. Je mets Georges (Brassens) au-dessus du lot des auteurs-compositeurs-interprètes, a fortiori du lot des variéteux, pour toujours c'est-à-dire jusqu'à ce que quelqu'un atteigne ses chevilles, ce qui à mon sens ne risque pas d'arriver au train où se défont les choses.

    Pour moi, il est l'auteur d'une oeuvre majeure. Bien sûr, ce n'est pas le Requiem de Mozart, si c'est ce que vous appelez une oeuvre "majeure".
    Brassens se voulait l'auteur de chansonnettes. Mais ces dites chansonnettes touchent au plus profond de l'âme, en larmes ou en risette.
    J'ai grandi en entendant ses chansons, car mes parents l'aiment aussi beaucoup. Disons qu'il est sans aucun doute ma petite madeleine…
    Brel aussi, mais Brel m'attriste, me rend dingue (pas difficile), alors que Brassens, même lorsqu'il me fait pleurer, me met en joie et me réconcilie avec l'humanité.
    Je ne sais pas si j'arrive à me faire comprendre.

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  19. Ah, le "Requiem de Mozart"… On va bientôt nous parler de "Belle du Seigneur", c'est certain…

    Ce n'est même pas qu'on mette Trenet bien au dessus du lot, mais c'est vraiment le seul qui demeure écoutable aujourd'hui.

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  20. Je ne sais pas si j'arrive à me faire comprendre.

    Si si.
    Très bien.
    D'ailleurs DG ne l'a pas cité car il se situe ailleurs que dans la variété.
    Dans la poésie sans doute.

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  21. Brassens, moui... Je l'ai beaucoup écouté et énormément aimé (je dois encore être capable de vous chanter sans une faute la moitié de son répertoire). Puis, aux environ de la trentaine, il s'est mis à m'ennuyer et j'ai cessé de l'écouter. Je m'y suis un peu remis ces derniers temps, lorsque je suis seul dans ma voiture. Et je trouve sa prosodie un peu trop appliquée, presque scolaire. Du coup, pas "poétique" du tout.

    Pour Brel, c'est nettement plus violent : j'ai adoré et je déteste. Je le trouve profondément ridicule. Jusqu'à son phrasé qui me hérisse le poil des bras.

    Dans la catégorie "auteur-compositeur, il ne reste guère que Trenet, en effet. Qui est le plus profond mais a la suprême élégance de masquer ses profondeurs pour l'auditeur qui ne souhaiterait pas les voir, d'entourer les gouffres de petites fleurs des champs.

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  22. Didier : sans domicile fixe ! Fais gaffe la halde va protester.

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  23. Vous allez me faire pleurer...
    Tirer ainsi sur mes idoles!

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  24. Trenet adapte sa profondeur (réelle, en effet) à l'art qui est le sien. Il fait de la chanson, il le sait, il utilise donc les moyens et les effets de la chanson, en les portant à une sorte d'incandescence légère, et il le fait avec une élégance qui n'a jamais été approchée. C'est du grand art adapté à un art mineur.

    Les autres font l'inverse, ils essaient d'incorporer à cet art mineur les moyens d'arts majeurs qui n'ont rien à faire là, et qui puent immédiatement le rance et boursoufflent le propos, quand ils ne le ridiculisent pas définitivement. Trenet parle parfaitement sa langue, sans mièvrerie, sans ostentation, sans lourdeur, et il a l'art suprême de savoir appareiller texte et musique sans que jamais l'un ne nuise à l'autre.

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  25. Et puis il y a la variété confidentielle, de niche.
    Gérard Manset par exemple.
    Exellent Gérard Manset.

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  26. Le Requiem, je l'ai chanté, dans une chorale, comme tout le monde, ne vous déplaise, Georges.
    Je n'ai jamais plus ressenti quelque chose de pareil, ni même d'approchant.
    En musique, s'entend.

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  27. En musique, s'entend.

    Faites bien de préciser.

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  28. Fredi:
    Ne pleurez pas et laissez-les tirer !
    Gone with the wind…

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  30. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  31. Mais enfin, Carinette, je n'essaie pas de dire que le Requiem de Mozart vaut tripette ! Il a seulement le malheur de faire partie de ces œuvres… comment dire ? qu'on a du mal à aimer tout à fait à cause de ceux qui proclament leur inconditionnelle affection à ces œuvres-là uniquement. C'est pourquoi je le rapprochais de Belle du Seigneur, qui est, à mon avis, un très grand roman, mais qui fait indéniablement partie de ces romans qu'aiment ceux qui ne lisent pas.

    Ah, la grande musique, le Requiem, l'Hymne à la joie ! Ah, la littérature, Belle du Seigneur… [je laisse un blanc pour ceux qui auraient plus d'inspiration que moi]

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  32. Bah ya bien le Gloria de Vivaldi que je connais aussi, Georges. Et Offenbach.
    J'ai de la culture, moi…
    Et je lis Guillaume Musseau. Et Marc Lévy. Et les Bodnanoff. J'apprends! Laissez-moi le temps.

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  33. "ces oeuvres…qu'on a du mal à aimer tout à fait à cause de ceux qui proclament leur inconditionnelle affection à ces œuvres-là uniquement."
    Georges:
    je déteste votre phrase.
    Si je la comprends bien, ce qu'à Dieu ne plaise, vous semblez dire qu'une oeuvre (musicale, littéraire, picturale), aussi belle soit-elle, perd de sa valeur sentimentale (ce n'est pas le bon mot, mais je crois que vous comprendrez quand même) quand elle est partagée par le plus grand nombre? Quand elle est rendue accessible au plus grand nombre, pour ne pas dire aux "masses". Elle est salie quoi, en quelque sorte.
    Oui, peut-être.
    C'est sans doute la raison pour laquelle je me suis disputée aussi souvent avec un professeur de musique qui, voulant avoir la paix dans ses classes et qui se serait senti ridicule s'il avait fait ce pour quoi il était payé (enfin, c'est ce que je croyais encore à l'époque…) se faisait un point d'honneur à faire écouter du rap à ses ouailles (qui ne connaissaient que ça).
    Finalement, c'était sans doute pour ne pas salir Mozart et les autres. Vous avez raison.
    Et j'ai compris depuis qu'il était rétribué pour faire de la garderie.

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  34. Carine a dit...
    quand elle est partagée par le plus grand nombre? Quand elle est rendue accessible au plus grand nombre, pour ne pas dire aux "masses". Elle est salie quoi, en quelque sorte.

    La publicité fait ça très bien.
    Oui je crois que c'est exactement celà.

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  35. Ce qui nous ramène à l'éternel sujet de CAPES (de toutes les matières) : qu'est-ce que la création artistique ?
    L'artiste crée-t-il pour lui ou pour le happy few, ou a-t-il un dessein universaliste ?
    Je parle des vrais, pas des imposteurs merdiques actuels, les gagne-fric.
    Je ne suis pas capable de répondre à cette question et je doute que quelqu'un le puisse.
    Chaque réponse est personnelle, jamais universelle. Ce qui laisse à penser que…

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  36. Carine, calmez-vous, respirez un bon coup, et relisez ce que j'ai écrit.

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  37. Georges, calmez-vous, respirez un bon coup, et relisez ce que vous avez écrit.

    Psyché

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  38. Freddy-Rik François5 décembre 2010 à 16:58

    M'enfin, c'est tout de même Gainsbourg qui a composé le Requiem de Mozart ! Quelle ingratitude envers ce pur génie des alpages et des arpèges !

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  39. Stone-Aïcha Redenne5 décembre 2010 à 19:15

    Ce qu'il y a de bien avec les chanteurs de variété (la variété au sens un peu noble du terme s'arrête pour moi à l'aube des années 80, avec la fin des arrangements et la mort de la mélodie), c'est qu'ils prétendent assez peu être autre chose que des chanteurs de variété, soit les représentants d'un genre très mineur et populaire - mais je sais que « populaire » est un mot qui rappelle les Heures les Plus Sombres de Notre Histoire, donc je n'insiste pas. On trouve à côté de ça des compositeurs contemporains fort imbus de leur génie forcément méconnu : ils ne risquent pas qu'on les oublie, puisque nul ne les connaît en dehors de quelques élites frottées de pur modernisme et de formes pour la forme.

    Mauvais procès que de reprocher à Gainsbourg, justement lui, de n'être que..., vu que lui-même en était cruellement conscient. On remarquera cependant que celui-là au moins composait ses musiques (inspirées souvent d'airs pianotés sous Chopin et compagnie) et les paroles de ses chansons. Et il le faisait plutôt avec originalité et talent, pour lui-même et pour d'autres. Il sera oublié ? À partir de quand ? Que je sache, chaque jour, un peu partout, des milliers de gens fredonnent des chansons de Gainsbourg et d'autres. Qui fredonne du Stockhausen ou du Boulez ? C'est fredonnable, ça ? Hm...

    Nous sommes d'accord que Gainsbourg n'est pas Brel ni Brassens (qui eux-mêmes n'étaient pas Baudelaire ni Villon), mais faut-il être toujours en smoking et parler avec la bouche en cul de poule tout en se délectant de compositeurs tellement grandioses qu'ils en sont inaudibles pour une personne normalement équipée d'oreilles humaines ? Ne peut-on éprouver aussi un peu de plaisir avec des riens, des trucs qu'on fredonne spontanément parce que l'on est simplement de bonne humeur ?

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