mardi 28 décembre 2010

La cartouche fumigène et le fût à bière : anatomie d'un calvaire

Écrire un billet, écrire un billet… Vous êtes drôles, vous. Et pour dire quoi ? Raconter quelle anecdote passionnante ? Vous avez déjà essayé, mes bons apôtres, de remplacer, simultanément ou presque, les alcools les plus massifs par l'eau du robinet, et les volutes gitanes par l'air ambiant ? Eh bien, tentez donc l'expérience, et on verra si vous avez encore assez de cœur au ventre pour venir faire le guignol sur votre blog !

Côté biberon, encore, on pourrait s'arranger : aucun manque n'est à signaler, pas de tremblures intempestives ni d'énervements incontrôlables – juste une difficulté à l'allumage pour ce qui concerne l'inspiration jaillissante. Évidemment, on pourra toujours me rétorquer que l'inspiration est parfaitement inutile en l'espèce, et que la plupart des blogs en sont d'ailleurs la plus flagrante des preuves…

Par contre, pour ce qui est des champs fumigènes, alors pardon ! Là, il y a belle et bien mobilisation totale et sauvage de l'appareil neuronal, lequel semble baigner du matin au soir dans une fumée absente, clapoter dans des goudrons introuvables, et se montre incapable de fournir le moindre travail productif raisonnable. La catatonie cotonneuse et l'hébétude critique atteignent de tels seuils que j'en viens à envisager la possibilité – notamment au réveil, lorsque le jour hésite à poindre – d'avoir brutalement mué pour me retrouver emprisonné dans le crâne d'un militant socialiste, sans possibilité d'en ressortir autrement que par la cartouche de Camel et le fût à bière.

Comment voudriez-vous, dans ces conditions extrêmes, ushuaïennes, que je réussisse en plus à faire tourner la planche à billets ? Soyez humains, merde !

38 commentaires:

  1. Ouaip,
    privé de clopes, c'est dans les premières semaines comme une sorte de tétanie. On ne s'en remet jamais en plus, c'est terrible... 50 ans de fierté pompiériste et le reste à molester une âme souffreteuse... Terrible... Vous ne faites plus de promenade cher stacle ?

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  2. Par "promenades", vous voulez dire des marches quotidiennes ? C'est une chose à laquelle je dois me remettre incessamment. Mais j'attends que le ciel se montre un peu plus clément.

    Sinon, je n'en suis qu'à neuf jours de sevrage et, en fait, c'est pour l'instant plutôt moins dur (à part les premières 48 heures) que je ne le croyais. Mais il est vrai que j'ai la béquille Champix...

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  3. Et même pas de zoopsies indésirables ! Vous avez une sacrée force de caratère cher ami ! Pour la planche à billets, vous êtes pardonné...

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  4. Didier,

    Oui, ce sentiment du "moins dur que prévu" est tout à fait authentique. C'est assez facile d'arrêter, ce qui est compliqué, c'est de décider d'arrêter...et de ne pas reprendre...

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  5. Arrêter de boire et de fumer, ok. Mais arrêter d'ecrire des conneries, hein ? Même pas chiche !

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  6. Pluton : non, les zoopsies ne sont pas le genre de la maison. comme toutes les choses tremens, du reste.

    Dorham : c'est exactement ce dont je m'aperçois depuis environ trois jours : le danger ne doit pas venir du manque, des "pointes" de manque, lesquelles sont très supportables et brèves, mais de leur morne et interminable répétition au fil des semaines. Le fait qu'elles soient toujours là et donnent l'impression de devoir ne jamais cesser.

    Nicolas : Ben… la preuve.

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  7. Tenez bon! Y'a un moment va poindre le moment fabuleux où l'odeur de la fumée de clope va vous donner envie de vomir... Donc vous aurez le choix entre mal au plexus= manque OU envie de vomir... Puis ensuite tout reviendra à la normale.. Quand ? Au bout d'un certain temps.... ;-))

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  8. Ah oui, mais le certain temps, quand y en a un ça va : c'est quand ils sont nombreux que ça pose des problèmes…

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  9. "Soyez humains, merde !"
    Humains, nous?
    Bon courage, tenez bon.

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  10. Ben moi j'ai abandonné la lecture de Ruminances, et je n'ai aucun effet retard, aucune nostalgie, rien. Pourtant je les fumais sans filtre.

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  11. N'empêche que les BM ne s'écrivent pas avec du champomy cuvée grand siècle et une pipe en sucre.
    Non ?

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  12. Catherine a dit...
    Fredi, shame on you !

    Je suis le diable !

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  13. Tiens, Suzanne ! Il faudra que je raconte, un jour, comment ils m'ont trainé dans la merde, ces cons...

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  14. Quel salaud je fais tout de même...(et trois petites crottes pour Emma)

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  15. Catherine: une idée de cadeau pour votre homme: Itinéraire spiritueux
    Le cul des bouteilles m'a servi de lorgnette et les verres à cocktails de kaléidoscopes. Disons que ma vision du monde est un peu trouble. Une chance ! Quand je verrai les choses comme elles sont réellement, il sera temps de fermer boutique."
    Gérard Oberlé

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  16. Carine : pour l'instant, ça va...

    Suzanne : ah, moi, je continue, le Ruminant sans filtre ! Je ne peux pas tout arrêter en même temps…

    Fredi Maque : pour Oberlé c'est trop tard : je l'ai déjà lu !

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  17. rien à voir avec ce post, monsiegbeur, mais j'ai passé queklques minutes divertissantes en parcourant un des blogs de votre superbe blogroll:

    http://lestroisgrobills.blogspot.com/2010/12/deux-skinheads.html#comments

    les nouveaux FTP!

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  18. OOOhhhh !! parce que vous avez aussi arrêté de fumer ?

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  19. Bravo cher Didier.
    Comme tu le sais j'en suis à 40 jours sans tabac ; sevrage brutal : 30 Gitanes sans filtre à rien, sans patche ni Champix. Ce n'est pas d'avoir envie de fumer le plus dur, cette envie passe assez rapidement, c'est de n'avoir plus de cerveau, de ne plus pouvoir enchaîner les phrases, de rester devant le rayon des pâtes alimentaires et d'hésiter une heure durant entre coquillettes et nouilles... pour finalement prendre du riz. Attention : l'arrêt du tabac rend con ; mais c'est parait-il momentané... Un "certain temps" dont nul ne connait la durée...

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  20. Je vous souhaite de bien tenir les quelques semaines nécessaires pour ne plus penser à tout ce qui vous manque, pour le moment, après vous allez voir : le goût en particulier revient au galop, et c'est une merveille.

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  21. Prout !!! A la vodka, au clopes belges, aux filles délurées, aux chiens puants ! Je me meurs mais en toute fierté ! Prout ! Prout ! prout !

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  22. Nicolas
    Ca m'étonne pas, vu les cravates ;)

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  23. On arrête ceci et cela. On arrête, c'est décidé, bonne résolution! On arrête, pourquoi pas, d'écire, de se torlogner l'ego, de se boursouffler les méninges, de se torchuffer les gaufres, de se gonfler la ventrouille... On arrête de vivre, c'est plus rapide, plus court, plus sûr.Mais c'est pas un discours de modernoeud!Le modernoeud est éternel, il a l'avenir radieux et fait chier le monde avec son éternité! Mais il fait rire. Prenez le comme vous voudrez!

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  24. Vous devriez faire attention Monsieur Goux, le Champix a une histoire qui a commencé en 2007, il y a eu plein d'accidents et il a été demandé son retrait. Compte tenu de l'efficacité de l'Afssap, je serais de vous, je me renseignerais.

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  25. Juliette : tant qu'à faire, n'est-ce pas...

    Joseph Vebret : là, tu noircis le tableau ! Durant notre dernier déjeuner, il m'a semblé que tes propos étaient presque cohérents...

    Emma : personnellement, la perspective de voir un goût arriver au galop me fout une pétoche pas possible.

    Clotaire : reprenez-en une petite, vous n'êtes visiblement pas à la bonne dose, là.

    Hermès : je le prends très bien. On est tous frères, abattons les frontières, tendons la main à l'autre, et tout ça.

    Sinon, z'auriez pas un clope et un fond de bock, des fois ?

    La Pecnaude : sauf votre respect, vous voulez que je vous dise où je me le mets, le principe de précaution ?

    Et comme m'a dit le médecin qui me l'a prescrit : il y aura toujours moins de contre-indications pour le champix que pour le tabac...

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  26. Le plus dur, ce n'est pas cela, c'est de se dire qu'on y touchera plus jamais, et là en général ça coince. Du coup, on y retourne quelques temps après, comme ça pour voir,...
    Sinon, la photo, c'est qui ?

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  27. Didier Goux: dites-vous que vous vous permettrez de reprendre le tabac le jour où vous serez à la Kolyma (ou son équivalent).

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  28. Ah, ah, ah.
    Moi, je veux bien vous soutenir, mais je ne suis peut-être pas le coach adéquat ?

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  29. Ce n'était pas une forme de principe de précaution. Un homme qui avait conduit sur plusieurs millions de kilomètres sans accident aucun, veut arrêter de fumer, prend du champix, effectue un trajet sur autoroute dégagée, sans aucun autre véhicule dans le même sens que lui. Son fourgon part à gauche, heurte la glisière, repart sur la droite dans un ravin, fait des tonneaux. Et meurt.
    Son véhicule, vérifié, en parfait état, AUCUNE RAISON A CET ACCIDENT.
    Depuis trois ans, je me pose des questions, c'était mon mari.

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  30. La Pecnaude,

    On ne doit pas être nombreux devant nos PC, ce soir, et je passe là par hasard.

    Je souhaitais juste vous adresser un message d'amitié, aussi con qu'il puisse être !

    Des fois, je me tape des centaines (440 !) de bornes pour rentrer voir ma mère à Loudéac et je me demande comment je peux être encore vivant arrivé au bout. La fatigue, la cuite de la veille, le stress du boulot...

    L'habitude de rouler est mauvaise, elle fait oublier.

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  31. La Pecnaude
    Vraiment désolée du drame qui vous a frappés, votre époux et vous.
    Didier devrait en effet tenir compte de l'avis que vous lui avez donné.

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