lundi 6 décembre 2010

Serge Gainsbourg : procès en appel

Il fallait bien que j'y revienne, après ce que j'en ai dit hier. Et, surtout, ayant brandi cette période 1958-1963, qui serait celle où Gainsbourg aurait été vraiment Gainsbourg. Donc, ce soir, deuxième entorse, j'ai pris la peine d'écouter les disques de cette époque-là. Eh bien, oui, Serge Gainsbourg, à ses débuts, a étincelé. J'ai sans doute exagéré en poussant jusqu'en 1963 , car il a commencé à s'effondrer avant cette date (écoutez donc Viva villa...). Mais enfin, il fut durant trois ou quatre ans impérial, captant l'époque comme personne et avec une élégance suprême, même dans ses chansons les plus misogynes. Cette élégance se voit, s'entend “en creux” lorsqu'on écoute Ronsard 58, texte écrit par un abruti dont je ne tiens pas à me souvenir du nom et qui, grâce au Ciel, a disparu corps et bien. Cette chanson, qui tenait emphatiquement à témoigner d'une époque, est de celles qui ont le plus mal vieilli, que l'on “saute” dès qu'on a une zapette à portée de main. Bref : c'est de la merde.

Gainsbourg (Gainsbourg, auteur), lui, ne cherche pas à capter son époque, il veut juste gagner de l'argent avec ses chansons. Et c'est comme cela qu'il saisit l'époque. (Du reste, c'est en écoutant ce Gainsbourg-là, et en se souvenant de Trenet, que l'on comprend pourquoi on considère Nougaro comme une merde, ne connaissant à peu près du jazz que Dave Brubeck...)

Revenons à Gainsbourg, à celui de cette époque. Il s'inscrit – sans doute sans l'avoir voulu – dans une tradition. Son Poinçonneur des Lilas, c'est évidemment du Boris Vian (lequel vient d'entrer en Pléiade, ce qui dit bien à quel point la Culture s'est effondrée, mais comme dirait l'autre : c'est un autre sujet…). Saviez-vous, bonnes gens, que Vian et Gainsbourg avaient en projet un disque commun, en 1959, et qui ne s'est pas fait pour cause de mort du premier cité ? Bref.

Revenons à la tradition. Gainsbourg est très solidement inscrit dans les années cinquante, ne serait-ce que parce qu'il “musique” des poètes classiques (Musset, Hugo, Baudelaire, Arvers, etc.), comme le font Léo Ferré à la même époque, par exemple, ou Brassens. Gainsbourg oscille toujours entre l'extrême point de la modernité et la tradition la plus ancrée : des chansons comme Le Jazz dans le ravin font irrémédiablement penser à ces films en noir et blanc où évoluent Jean Gabin, Paul Frankeur et d'autres, sous la caméra d'un Decoin ou, en dessous, d'un Grangier.

En même temps, réécoutez cette chanson, Alcool, qu'on commentateur signalait hier ici même : elle annonce le Houellebecq d'Extension du domaine de la lutte.

Pour finir, il va de soi que les “auteurs-compositeurs-interprètes” ne valent pas forcément mieux que les interprètes seuls. C'est du reste une classification qui étonnerait beaucoup les Américains. Ainsi, Serge Reggiani est le meilleur interprète, ou traducteur, des années soixante-dix de ce qui s'appelle encore, mais pour peu de temps, la France. Il est l'interprète, et pour le coup au sens fort, de la France mise en image et “en sens” par Claude Sautet – ce pays disparu dont nous sommes quelques-uns, encore, à nous souvenir.

66 commentaires:

  1. Sur la querelle entre art mineur vs art majeur, Gainsbourg vs Schönberg, il me semble que tout a été dit par Baudelaire dès 1846 :
    "Un exemple entre mille. Plusieurs de ceux que j'aime et que j'estime s'emportent contre les popularités actuelles, - Eugène Sue, Paul Féval, - des logogriphes en action ; mais le talent de ces gens, pour frivole qu'il soit, n'en existe pas moins, et la colère de mes amis n'existe pas, ou plutôt elle existe en moins, - car elle est du temps perdu, la chose du monde la moins précieuse. La question n'est pas de savoir si la littérature du cœur ou de la forme est supérieure à celle en vogue. Cela est trop vrai, pour moi du moins. Mais cela ne sera qu'à moitié juste, tant que vous n'aurez pas dans le genre que vous voulez installer autant de talent qu'Eugène Sue dans le sien."
    Conseil aux jeunes littérateurs.
    Pour le reste, la carrière de Gainsbourg n'est qu'une lente dégringolade (je suis beaucoup moins sévère sur Melody Nelson) mais La chanson de Prévert, La javanaise et d'autres restent dans leur genre des petites perles.
    PS : C'est très mauvais Belle du Seigneur, ça suinte le sucre comme de la mauvaise graisse.

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  2. Merci pour le texte de Baudelaire, dont j'ignorais tout.

    On est d'accord à propos de Gainsbourg (et de Belle du Seigneur...), sauf en ce qui concerne Melody Nelson.

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  3. Je me refuse à faire partie du jury de ce nouveau procès.
    J'espère simplement que le tribunal regardera favorablement bon nombre des titres de l'album "l'homme à la tête de choux" ainsi que sur ceux de "rock around the bunker".
    Qu'il aura un regard bienveillant sur l'album épo..., pardon, sur l'album Melody Nelson.

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  4. "PS : C'est très mauvais Belle du Seigneur, ça suinte le sucre comme de la mauvaise graisse."

    Le sucre ? Un livre sur l'amour qui échoue suinte le sucre ? Le désespoir humain suinte le sucre ?

    De la graisse et du sucre, je n'en vois que le conformisme obèse qui vous tient lieu de pensée anorexique.

    Psyché

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  5. Hou ! M. Maque : c'est la chanson qui est éponyme de l'album, la chanson a existé avant, donc c'est elle qui donne son nom à l'album, et non l'inverse, l'adjectif éponyme, a un sens actif, ( la déesse Athéna est éponyme de la cité d'Athènes ) .

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  6. Ce qui est curieux, c'est de constater comment un auteur aussi mineur que A.Cohen, s'il fallait qualifier sa littérature, on pourrait la ranger dans le genre littérature pour dames et jeunes filles, c'est de constater donc son caractère quasi intouchable, caractère dont ne bénéficient pas, me semble-t-il, des auteurs aussi importants que Proust, Joyce, Kafka ou Faulkner.
    Je dois avouer que ce phénomène reste pour moi assez étrange.

    PS : une forme littérature basée sur le désespoir humain peut suinter le sucre, je vous renvoie à l'expérience amère de Madame Bovary. Tiens ça pourrait être une bonne piste : Belle du Seigneur comme dernière émanation du bovarysme.

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  7. Hou, Emma, j'crois qu'il avions compris, le Maque…

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  8. « Du reste, c'est en écoutant ce Gainsbourg-là, et en se souvenant de Trenet, que l'on comprend pourquoi on considère Nougaro comme une merde »

    Pas mieux.

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  9. Enfin, M. le président, s'il fallait conclure je dirais que ces artistes que vous vous croyez autorisé à juger par contumace, (et pour cause...) apparaissent au regard de la production contemporaine comme d'immenses poètes, des virtuoses de la mélodie.

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  10. Fredi Maque : c'est bien possible, mais il se trouve que j'ignore tout de cette production contemporaine…

    (M'en lasse pas, moi, de ces trois points…)

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  11. N'est-ce-pas, c'est presqu'une friandise, ces trois petites crottes qui déboulent après une seule pression sur le clavier …

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  12. D'l'avis de Baudelaire6 décembre 2010 à 14:07

    Nougaro est une merde ! Certes oui ! Et un sacré étron ! De la plus extrême des engences même ! De l'inconsistant, du filandreux, du pas net, du foireux de partout avec des morceaux mal assimilés, des trucs pas racontables et qui bougent encore. Et je ne dis rien de Frédéric François, de Jean Sablon, de Serge Clair, de François Marceau ou même des Frères Jacques. Moi j'en sauve pas un d'la prétérition ! Allez hop !Pour le reste, j'suis assez d'l'avis de Baudelaire.

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  13. "Fredonner du Stockhausen" eh l'autre ! Et pourquoi pas du Georges hein, tant qu'on y est !

    "Didier ! Virez-nous ces anonymes"
    Da capo al fine

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  14. Désolé de perturber le concert de mes notes dysonnantes, mais moi, je l'aime bien, Nougaro... et le "Requiem pour un Con" de Gainsbourg aussi, même si comme le reste de son "opus", c'est plus assimilable à du recyclage qu'à de la composition.
    Mais j'ai la bêtise de penser que pour les ordures, le recyclage, c'est bien.

    Laurent l'Anonyme

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  15. Je ne sais pas en parler, mais Gainsbourg, j'ai toujours aimé l'écouter. Puisque vous offrez la question je trouve que L'hippopodame résume tout. Est-ce utile de le dire, je ne sais pas non plus.

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  16. Bah moi j'aime bien Gainsbourg. Pas tout, mais globalement je trouve ça incroyablement génial. D'ailleurs son style mélodique continue d'irriguer activement et ouvertement les popeux du monde entier. Il avait un incroyable sens de l'arrangement, un génie du phrasé particulièrement calculé derrière son apparente désinvolture, etc.
    Parmi ses chansons tardives, j'aime beaucoup "La nostalgie camarade" ou "Bad news from the stars".
    Voilà, c'est mon opinion, et je trouve vachement important que les gens connaissent mon opinion. Et toc ! Na !

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  17. Ce que vous écrivez (en une phrase au détour d'un sentier bien sinueux) sur Nougaro n'a aucune importance puisque Nougaro (bien que je n'en sois pas non plus un auditeur zélé), vivant puis défunt, est et a été adopté par la grande majorité des jazzmen au sein de leur milieu. Reconnu comme l'un des leurs.

    Vous auriez cette discussion avec un des frères Belmondo par exemple, vous auriez le droit à une explication de texte et peut-être la menace d'un bourre-pif.

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  18. « puisque Nougaro (bien que je n'en sois pas non plus un auditeur zélé), vivant puis défunt, est et a été adopté par la grande majorité des jazzmen au sein de leur milieu. Reconnu comme l'un des leurs. »

    Il ne nous en épargnera aucune, ce pauvre Dorham.

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  19. Archibald Haddock7 décembre 2010 à 21:28

    Dans 30 ans, Guy Goux nous dira que finalement Houellebecq, c'est du caca même pas fumant, tout bien réfléchi et tout vite relu.

    « La vieillesse est un naufrage », disait le général Alcazar à Tintin...

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  20. Ce pauvre Georges non plus. Mon pauvre, vous êtes d'une connerie (ah non, pardon, vous êtes humble, j'avais oublié) à faire peur...

    Résumons. Vous nous avez d'abord gratifié d'un texte splendide narrant la rencontre de Nabe avec un Miles ayant la chiasse.

    Ensuite, nous avons eu le droit à une ébouriffante anecdote (enfin, esquisse d'anecdote) : Monsieur Georges aurait porté la contrebasse d'un Mingus affligé d'un lumbago. (vous auriez dû lui dire ce que vous pensez des noirs, il aurait peut-être joué avec votre colonne vertébrale).

    On comprend mieux pourquoi Georges a du mal à y comprendre quoi que ce soit : il n'est pas spécialisé Jazz, il est spécialisé dans la Médecine du travail.

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  21. Moi, porter la contrebasse de ce gros nègre raciste ? Et puis quoi encore, vous la tenir ?

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  22. "Moi, porter la contrebasse de ce gros nègre raciste ? Et puis quoi encore, vous la tenir ?"

    A votre grand âge, porter des objets lourds n'est pas recommandé !

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  23. Pauvre petit roquet, c'est tout ce que tu trouves, c'est toute ton inspiration, l'âge de ceux qui n'ont pas le bon heur de t'admirer et de te prendre au sérieux ? Pauvre clown triste, pauvre pantin à l'horizon rabougri. Une vie entière à "aimer le jazz", à être "adopté par la grande majorité des jazzmen au sein de leur milieu", en être, Mon Dieu, quelle ambition démesurée, ça sent le grand large, hein ! M'étonne pas que tu parles complaisamment d'un Belmondo, mon pauvre petit Dorham…

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  24. "Pauvre petit roquet, c'est tout ce que tu trouves, c'est toute ton inspiration, l'âge de ceux qui n'ont pas le bon heur de t'admirer et de te prendre au sérieux ?"

    (laule)

    Ah parce que maintenant, ça veut parler d'inspiration ? Après avoir commencé à ramener le débat au niveau de ma queue ? C'est là l'horizon de Georges : Ma queue ? Je comprends, elle est plutôt jolie et bien fichue ma queue, mais tout de même... (enfin, bref, n'insistez pas, je suis hétérosexuel).

    Mais tant mieux, parlons-en, de l'inspiration, Humilité faite Georges, toi qui grimpes inlassablement les sommets de la connaissance !

    Comment vous dire : je ne désire pas qu'on m'admire, que l'on abonde en mon sens et n'ai aucun problème avec la contradiction, d'où qu'elle vienne. Que l'on ne me prenne pas au sérieux ne me dérange pas non plus puisque je vous le rends bien : vous êtes selon moi une sorte d'imposteur sans éclat.

    Quand "l'opposition" vient de vous, elle manque bien souvent de classe et d'élégance (et de consistance) mais cela ne me dérange même pas d'y répondre de temps à autre.

    "En être", oui, Georges, c'est une partie importante du cursus. Cela fait de vous un exclu, c'est triste, mais c'est ainsi, il faut s'y résoudre.

    Il n'y a pas que cela, c'est l'évidence, mais il n'est pas possible de correctement comprendre le jazz de l'extérieur. Le jazz n'est pas qu'une musique d'auditeur, de conservateur de partitions.

    Nombre d'intellos blancs européens qui se sont emparés d'elle l'ont très vite travestie, dévoyée, souhaitant qu'elle corresponde à leur image, mais cela n'a duré qu'un temps. L'Histoire est en passe de les reléguer au rang de vieilles momies poussiéreuses (tant ceux-là se sont trompés - il suffit de relire certaines notes derrière de vieux disques).

    De nombreux rats de conservatoire confondent hélas jazz et mathématique, ils ont bien tenté de confisquer cette musique pour la foutre dans le formol mais ils ont échoué et sont désormais tout ce que les jazzmen détestent. Oh, certes, cela les a flatté un temps, rendez-vous compte, Miles, le nègre, à coté de Bach, cela en jette (d'autant plus que Miles n'a jamais tout à fait composé quoi que ce soit de sa vie) cela leur a donné une belle et jolie image d'eux-mêmes, trois pages après les deux milles consacrées aux grands compositeurs blancs et morts mais ce n'est pas là, et ce ne sera jamais là, l'essence de cette musique.

    Les murs de ce musée vous tombent sur la gueule. Et ils tombera bientôt sur la gueule des instutionnalisés de l'ONJ s'ils n'y prennent garde.

    Je ne parle pas complaisamment des Belmondo. Il se trouve en effet que je connais personnellement nombre de jazzmen. Je n'ai fait que rappeler une évidence. je pense que leur jugement vaut dix fois le vôtre (et le mien, bien évidemment) parce qu'ils savent absolument ce qu'est cette musique, qui la comprend, qui la fait.

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  25. Du reste, je suis en effet de petite taille. Cela a un avantage certain : les insultes me passent bien au-dessus de la tête. Vous vous escrimez donc en pure perte.

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  26. « vous auriez dû lui dire ce que vous pensez des noirs »

    Toute votre bêtise, profonde, lourde, indigeste, héroïque, en un sens, tient là, pour moi. Mais que cela ne vous empêche pas de mettre une majuscule à Noirs.

    Quand à la musique (que ce soit le jazz ou le reste), vous m'excuserez, mon pauvre petit Dorham, de n'avoir aucune envie d'en parler avec vous.

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  27. Mais c'est absolument parfait, ne parlons jamais de rien ensemble georges (sans majuscule).

    Vous en aviez du reste pris il y a quelques temps l'engagement. Que ne l'avez-vous tenu...

    Hélas, puisque vous manquez de constance, il me faut en avoir pour vous.

    Je vais donc vous ignorer consciencieusement, dès à présent, comme votre intelligence le mérite.

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  28. Tiens Dorham, puisqu'on parle de Jazz, vu hier soir en concert Manu Katche et sa formation. Magnifique.
    Pour le reste, je te délègue le combat avec l'autre, le fantôme du conservatoire.
    Je lui ai demandé aussi qu'il m'ignore. Mais en fait, la caricature de combat qu'il mène avec certains d'entre-nous est peut-être sa seule et unique façon d'exister.

    Duga

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  29. Piteux insecte minuscule qui s'enorgueillit de plier la typographie à ses formidables et intrépides diktats, la règle avec un vers de terre comme toi est que l'on décide unilatéralement de son caprice. S'il me prend de vouloir t'insulter, je le ferai autant qu'il me plaira, et si je veux t'ignorer, ce sera selon le même principe.

    Mais je vois que déjà tes semblables te rejoignent avec leur breneuse bannière au vent. Manu Katche… Oui, c'est ça, continuez sur cette lancée-là, surtout, ne déviez pas, vous seriez capable d'entendre de la musique sans vous en rendre compte.

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  30. "insecte minuscule". Mais c'est énorme, à côté d'une bactérie, d'une cellule, que dis-je, d'une molécule, d'un atome, que dis-je d'un neutron (pas un étron hein, ne confondez-pas), d'un quark.
    Votre discours me rappelle un peu certains dialogues dans Tintin, ce dont mes petits enfants se régalent en ce moment. Comme vous, ils sont à l'age du Pipi Caca Boudin. Je pense souvent à vous en ce moment.
    Vos imprécations relèvent d'un mélange de Capitaine Haddock et de Général Alcazar. Mais vous n'êtes qu'un petit caporal posté à la guérite de ce blog. Carramba encore raté !
    Bien sûr que vous pouvez éructer à votre guise car je n'en suis pas encore à souhaiter la disparition des spectres.
    A part ça, je me réjouis que vous connaissiez Manu Katche. N'étant pas servile, je ne lui ai rien porté. Même pas une baguette (de batterie bien sûr).
    Allez, je vous rend à votre noble tache en ces lieux.

    Duga

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  31. Duga, mon ami, j'ai fait voeu de silence. C'est tellement grotesque. Je regrette presque ce cher 93bis ! Le marigot de l'époque était en fait un sommet de poésie et d'intelligence comparé à cela (sans majuscule).

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  32. Ah, j'en oublie de te répondre à propos de Katche. J'avoue avoir à son propos tous les préjugés possibles. C'est sans aucun doute idiot puisque cela m'a incité à ne rien écouter de chacune de ses productions.

    En ce moment, je supporte ardemment les jeunes saxophonistes françaises qui s'essaient brillamment au trio : Géraldine Laurent et Sophie Alour. Ainsi que le puant mais très bon Thomas Savy qui toujours en trio ressuscite la clarinette basse à lui tout seul et reprend magnifiquement "Lonnie's lament" (ce qui lui vaut sans doute ce melon qui l'empêche de descendre par l'escalier du "Sunside" au "Sunset" ; ça lui passera, comme à d'autres).

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  33. Gérard Goux devrait au moins aimer, de Gainsbourg, son « Nazi rock ». Non ?

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  34. Pardonnez-moi, messires : est-ce que le jazz n'est pas avant tout une musique de drogués ? Je précise : faut-il être soi-même sous l'emprise de stupéfiants pour apprécier le jazzzzzzz ?

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  35. "Pardonnez-moi, messires : est-ce que le jazz n'est pas avant tout une musique de drogués ?"

    Absolument. Culturellement même. Le gin aussi. Mais cela ne constitue ni un gage de bonne écoute ni un gage de bonne pratique. A part si vous pensez qu'il est possible de jouer avec des moufles.

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  36. Pas D'accord avec le taulier sue Mélody Nelson et l'homme à la tête de choux, mais bon, je ne les ai pas écouté depuis longtemps, peut-être que ça a vieilli...

    Ce que je trouve de mieux dans le gainsbourg première période, ce sont les trucs pas très connus comme "vilaines filles et mauvais garçon", plus que les standard.

    En plus de l'oeuvre, je trouvais le personnage vraiment attachant, mais j'ajouterais une chose:on sent, surtout vers la fin, le baclé en une heure, la tête dans le sceau, le mal de crâne, la fatigue...

    Nougaro, et je suis bien content de voir que je ne suis pas le seul... Comment dire... C'est inexpliquable, je déteste le parsonnage, la voix, la façon de bouger, les vers ampoulés, le public, la gueule du mec...

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  37. Trop d'honneur, Dugaz ! Archibald est mon cousin par alliance et je m'en flatte.

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  38. Katche, c'était un peu des retrouvailles. Je l'avais vu pour la première fois il y a plus de 20 ou 25 ans quand il accompagnait Jonasz. A l'époque, il y avait aussi Jean-Yves d'Angelo qui a fait son chemin aussi. Devant un public "de province", Katche s'est montré humble, chaleureux et intelligent. L'anti-georges quoi. Non j'lai pas dit. Quant à son jeu (de Katche), c'est subtil, rapide, nuancé, varié, tout en sachant frapper quand il le faut. Un peu trop sophistiqué peut-être. C'est vrai aussi que les morceaux interprétés n'avaient rien de génial.
    Tiens, au fait, Katche a été formé au Conservatoire National Supérieur de Paris. Comme quoi, ceux qui en sortent, ne finissent pas tous misérablement leur existence à vomir des insanités sur des blogs.

    A propos de 93bis, il a disparu subitement du Wizzz sans laisser d'adresse. Tu as raison, finalement, c'était le bon temps.

    Je ne connais pas Savy et son trio. Je vais essayer de trouver un moyen de l'écouter.

    Pour en revenir à notre (mal) conservé local, c'est vrai que l'ectoplasmie ne mérite que le silence. Et encore, quand je dis "mérite", c'est trop flatteur pour son objet.


    Duga

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  39. Pardonnez-moi, messires : est-ce que le jazz n'est pas avant tout une musique de drogués ? Je précise : faut-il être soi-même sous l'emprise de stupéfiants pour apprécier le jazzzzzzz ?

    Vous en êtes encore là ? messire paolo ? C'est stupéfiant ! Je vous conseille de vous rapprocher d'un certain georges. A moins que cela ait déjà été fait. Vous aurez sûrement quelques simplismes à échanger.

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  40. Au dessus c'est Duga

    Duga

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  41. A XP

    Ah si Nougaro eut été parisien...
    Venez tenir ces propos en Gascogne et vous verrez. J'espère que vous savez courir vite.
    Bien sûr, vous n'êtes pas le seul à détester Nougaro. Vous êtes au moins deux, voire trois.
    Mais toute la Gascogne est éternellement avec lui. Et ce soutien vaut bien le rejet de quelques snobinards parisiens ou assimilés.

    Duga

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  42. Là j'crois qu'on approche du prix Nobel. Les œuvres complètes de Dugaz, ça va chercher dans les combien, aux puces de Vanves ?

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  43. @Duga

    "Venez tenir ces propos en Gascogne et vous verrez. J'espère que vous savez courir vite"

    Ah vous voyez-bien que j'ai raison de dire qu'il est détestable. La preuve, il a un public de crétins.

    Parce que pour "aimer Nougaro parce qu'il est gascon comme nous", jusqu'à perdre le contrôle de soi et agresser physiquement ceux qui n'aiment pas, avouez qu'il faut être un taré congénital.

    Quand on va en Gacogne, il faut donc faire semblant d'aimer Nougaro? Alors raison de plus pour les détester, lui et son accent de chiotte.

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  44. " vous n'êtes pas le seul à détester Nougaro. Vous êtes au moins deux, voire trois"

    C'est à se demander pourquoi ce verbeux a passé les trois-quart de sa carrière à chanter devant des salles vides.

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  45. "Tiens, au fait, Katche a été formé au Conservatoire National Supérieur de Paris."

    Duga, je connais peu de musiciens de jazz qui ne sortent pas de conservatoire(s). Quand ce n'est pas le cas, ils ont commencé tout jeune à jouer dans un big band faisant office d'enseignement sur le tas.

    Evidemment, il y a beaucoup d'aspirants, peu d'élus, beaucoup d'artistes forcément incompris et donc maudits. Les élus dont je parle ne sont pas forcément les meilleurs, c'est une évidence.

    Cela me fait penser à une jeune pianiste bourré de qualités : Vincent Bourgeix. Un gentil garçon, mais il s'étonne encore que le monde ne lui tombe pas tout seul dans sa cuillère. Je pense aussi à un guitariste très doué qui s'appelle Jérôme Barde. Il se définit sans doute lui-même comme un génie - ce n'est peut-être pas loin d'être vrai tant ce type est plein d'idées. Mais aujourd'hui, à force de supporter ses jérémiades, personne ne le supporte plus et il multiplie les cachets pourris.

    La Musique, quand on veut en vivre, il faut bien souvent (sauf exceptions) savoir s'assoeir sur son amour propre et fermer sa gueule.

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  46. Vincent Bourgeix a beau être bordelais, je ne l'ai jamais entendu. Je le croyais disparu d'ailleurs.
    Quand je parlais des "ratés" du conservatoire, je faisais allusion à quelqu'un d'autre; notre ami commun d'ici si tu vois ce que je veux dire...

    Duga

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  47. Duga,

    J'avais compris. (voeu de silence) J'élargissais donc le spectre !

    ---

    Bourgeix est toujours vivant, mais il répugne à courir les jams, à proposer ses services, à se vendre. Entre temps, il se plaint... C'est tellement triste tu comprends, toute cette incompréhentude !

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  48. Nougaro a un phrasé parfois énervant, comme... Brel, Brassens, Barbara, Ferré ! De l'emphase, ouais. Comment peut-on détester complètement un chanteur ? Pas nougarophile pour un sou, mais j'aime certains titres comme « Brésilien » ou « Locomotive d'or », « le coq et la pendule » et même « Tu verras ». Je devrais être pendu, non ?

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  49. Je devrais être pendu, non ?"

    Ah non, pourquoi? N'Inversez pas les rôles, ce sont les fans de Nougaro qui sont généralement des sectaires abrutis, qui prennent pour une attaque personnelle le fait qu'on ne partage pas leurs gouts; moi je suis pour la liberté, vous aimez ce que vous voulez.

    Comment peut-(on détester un chanteur? On le déteste parce que tout chez-lui vous agace prodigieusement: son rapport au mot, le bruit que fait son accent, ses prétentions...

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  50. Pendu non, juste passé en commission de discipline.
    Nougaro a un accent, Nougaro a un phrasé, celui des faubourgs ouvriers de Toulouse où on "aime le castagne". Ben, heureusement qu'il a tout ça, on ne peut tous naitre dans le 16ème.
    C'est toujours mieux que tous ces chanteurs à la Benabar, à la Delerm ou à la Fersen qui chantent tous la même chanson sur le même ton, de la même façon, presque avec les mêmes notes, les mêmes rimes et quasiment les mêmes paroles.
    Il se trouve qu'à sa mort, j'étais à Toulouse. Il y avait une émotion immense dans la ville, une queue pas possible au registre de condoléances, des milliers de personnes Place du Capitole.
    Vous avez raison de citer ces titres, il y en a de moins connus, de plus discrets, de plus poétiques moins médiatisés mais de qualité autant.
    Que les simplistes et faiseurs de clichés achètent le recueil de ses paroles et les lisent attentivement avant d'énoncer leurs clichés.
    Non, Nougaro n'avait pas l'accent pointu. Mais il avait beaucoup mieux que ça.

    Duga

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  51. @Duga

    "Non, Nougaro n'avait pas l'accent pointu. Mais il avait beaucoup mieux que ça."

    Intéressant. Ceux qui ont l'accent pointu ont quelque chose de moins, donc? Ils sont donc inférieurs?

    Moi cet accent me fout la gerbe, et j'ai le droit de le dire.

    Voilà, c'est ce qui est détestable, chez Nougaro, et qu'il charrie avec lui: il attire pour l'essentiel des gens gens comme Duga, sectaires, qui ne supportent pas qu'on partage ne leurs choix.

    Moi, voyez-vous, j'aime Joy Division. Ca ne me viendrait pas à l'idée de me sentir blessé si des gens n'aiment pas et de les insulter.

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  52. Je me demande comment on peut voir de l'emphase ampoulée chez Brassens…
    On ne doit pas avoir les oreilles fabriquées de la même façon.

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  53. Voilà, c'est ce qui est détestable, chez Nougaro, et qu'il charrie avec lui: il attire pour l'essentiel des gens gens comme Duga, sectaires, qui ne supportent pas qu'on partage ne leurs choix.

    Ah, c'est vous XP l'Anonyme ?
    Bref, détester un chanteur à cause de son accent, je trouve cela excessif. Ce qui me rend sévère et non sectaire. Moi je n'oppose pas Nougaro à Gainsbourg. Je les aime tous les 2 autant, pour des raisons différentes.
    J'espère pour vous que vous supportez quand même l'accent picard, alsacien, lyonnais, charentais et j'en passe. Raoul de Godeswarwelde avec l'accent chti, c'est formidable.
    En tous cas, je ne vois pas bien le rapport entre l'appréciation de Nougaro et le sectarisme. Ce serait plutôt sa détestation pour un motif futile qui en serait la preuve. Vous n'aimez pas non plus Lalanne à cause de son accent du Lot et Garonne je suppose ?

    Moi, voyez-vous, j'aime Joy Division. Ca ne me viendrait pas à l'idée de me sentir blessé si des gens n'aiment pas et de les insulter.
    Je suis content pour vous. D'autant que je découvre à l'instant l'existence de cette immense artiste. Cette Division nous rassemble !

    Duga

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  54. " D'autant que je découvre à l'instant l'existence de cette immense artiste."

    Voilà de l'ironie qui tombe à plat: Joy Division doit bien avoir cent fois plus de fans que Nougaro.

    "En tous cas, je ne vois pas bien le rapport entre l'appréciation de Nougaro et le sectarisme."

    C'est le problème des blogs, ça:les gens s'autorisent à commenter avent d'avoir appris à lire. Le sectarrisme, mais ceux qui savent lire l'auront compris, consiste à être agressif avec ceux qui ne partagent pas ses choix, et à vouloir forcerles gens à les aimer à les aimer.

    "J'espère pour vous que vous supportez quand même l'accent picard, alsacien, lyonnais, charentais et j'en passe"

    Je suis tout à fait en droit de ne pas aimer tous les accents possibles et imaginables.

    Quant à Lalanne, je n'aime pas parce que c'est de la merde, comme la presque totalité de la variété Française. Bon, il faut dire que j'écoute surtout Metallica et Slayer.

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  55. Ah mince, comment ai-je pu oublier Metallica et Slayer ? Je suppose que vous aimez aussi Megadeth et Anthrax ? A moins qu'il y ait des nuances fondamentales dans le groove et le staccato ?
    Z'êtes plutôt heavy metal, black métal, death métal,power métal ou gothic métal ? Moi, je serais plutôt Usinor vous voyez.
    En tous cas, le métal, ça dérouille grave.

    Duga

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  56. Bon, jusqu'à Nougaro, je suivais à peu près. Mais ensuite...

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  57. Moi aussi j'aime Joy Division, et pas un peu ! Pour les ceusses qui connaissent pas et qui de toute façon s'en foutent, ce n'est pas un chanteur, mais un groupe dans le genre cold-wave, dont le chanteur, Ian Curtis, un vrai génie désespéré, s'est suicidé en pleine gloire à l'âge de 23 ans, en 1980 (il souffrait d'épilepsie). Le reste du groupe a créé New Order.

    Brassens, que j'aime beaucoup, a un côté bien ridicule à maints endroits et un phrasé mono-syllabique qui fait penser à un hoquet. Et sa rythmique est un chouia répétitive. Rien de plus facile à imiter avec la voix. Il est moins énervant toutefois que Ferré qui suçait les mots et que Barbara qui les aspirait/soupirait.

    Manset n'a pas une belle voix, mais c'est une icône pour moi. Dans le genre prétentieux du gosier, on trouve aussi Rodolphe Burger (ex-Kat Onoma), surtout quand il chante en anglais (prononciation pédante). Pourtant, j'aime ce qu'il fait, pour lui-même et d'autres (Balibar, F. Hardy, Bashung).

    Nougaro, c'était tout de même quelqu'un ! Je conçois qu'il déplaise à certains ici : il n'est pas né le cul bordé de nouilles et une cuiller en or à la bouche. Crime capital en effet.

    Où Goux est passé ???

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  58. J'aime Serge Lama, moi, celui d'avant Napoléon, et je m'étonne qu'on fasse si peu de cas de ce grand chanteur ? Parce que Guy Lux le recevait ?

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  59. Bon, je crois que le terrain est prêt pour recevoir Patrick Sansano, avec les honneurs dus à son rang...

    Georges, vous ne voulez pas aller nous le chercher ?

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  60. Napoléon Zitraun9 décembre 2010 à 20:29

    Guy Lux, ah ! Ça c'était un artiste !

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  61. " il n'est pas né le cul bordé de nouilles et une cuiller en or à la bouche. Crime capital en effet."

    C'est amusant les gens qui font les questions et les réponses. Si on n'aime pas Nougaro, c'est soit parce qu'on lui reproche d'être né pauvre, soit qu'on est Parisien et qu'on méprise la province.

    La bêtise à l'état pure.

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  62. Quoi,on demande Sansano ?

    Enfin un peu d'air frais. Ça nous changera de l'auguste Dorham.

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  63. « La bêtise à l'état pure.»

    C'est l'état qui est pur, pas la bêtise, donc PUR et non PURE. Soit dit en passant.

    XP, vous êtes quelqu'un de très agréable et j'apprécie vos jugements à leur juste valeur, croyez-moi.

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  64. La bêtise à l'étal PUR consiste aussi à relever les fautes de congugaison sur les forums. Tout est donc normal.

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