mercredi 20 novembre 2013

Camus en verve (et en imperméable)


« […] Et certes le malheureux garde des Sceaux a été confronté à des abominations de bêtise, de bassesse et de méchanceté — l’In-nocence a été parmi les premiers à les dénoncer sans réserve. Mais, même sur ce point qui ne fait pas débat (au moins parmi les gens que je connais), les antiracistes, si attachés à la plus rigoureuse logique scientifique, prétendent-ils, pour expliquer que les races n’existent pas (scientifiquement), se montrent tout à coup d’un laxisme syllogistique incomparable.  

» Ainsi, comparer Mme Taubira à une guenon, c’est « l’expulser de son humanité » — fort bien. Mais si l’on avait dit, et je crois bien qu’on l’a dit, qu’elle avait défendu sa loi (sur le mariage homosexuel) comme une lionne, ou en véritable lionne, personne n’y aurait rien trouvé à redire. Pourtant la ministre n’en aurait pas moins été « expulsée de son humanité » : mais si c’est vers les lions, ça va. C’est une fameuse discrimination raciste à l’encontre des singes. »

Renaud Camus, Journal, lundi 18 novembre 2013.

21 commentaires:

  1. Il se comporte comme le premier réactionnaire venu. C'est bien.

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    1. Ah, mais il n'est pas le premier réactionnaire venu ! Il y en a eu bien d'autres avant lui et il y en aura encore…

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  2. il écrit bien pour un épouvantail.

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    1. S'il vous plaît, pas de critiques nauséabondes envers les vieux imperméables !

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  3. Jean-François Brunet20 novembre 2013 à 13:02

    Renaud Camus tortille du cul de façon lamentable. Et du faux cul, en plus: "Au moins parmi les gens que je connais" précise-t-il. Il ne doit pas très bien "connaître" nombre d'intervenants sur son forum qui n'ont eu de cesse de minimiser l'épisode. "Bêtise", "bassese", "méchanceté" mais surtout pas "racisme", hein, ce mot qui ne veut plus rien dire. Et si Mme Taubira défend sa loi comme un lion, elle fait quoi comme une guenon? Encore un effort de rigueur "logique", M'sieur Camus.

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    1. « Il ne doit pas très bien "connaître" nombre d'intervenants sur son forum qui n'ont eu de cesse de minimiser l'épisode. »

      À commencer par moi.

      Sinon, vous demandez ce que Mme Taubira peut bien faire comme une guenon : se raccrocher habilement aux branches, peut-être ?

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    2. Jean-François Brunet20 novembre 2013 à 21:28

      "A commencer par moi"
      Commencer, commencer, je ne sais pas. Vous, au moins, vous êtes mal vu sur ledit forum.

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    3. J'espère qu'elle a du courage et que les branches sont solides, alors, parce que vu le poids de l'animal (je parle de l'espèce des gorilles bien sûr).

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    4. Ah ça, pour être mal vu…

      Vous noterez d'ailleurs que je m'y fais très rare. Mais ce qui continue de m'amuser beaucoup, c'est de constater le silence dédaigneux qui suit chacune de mes interventions, lorsqu'il m'arrive d'en faire une.

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    5. Le plus extraordinaire sur ce forum, c'est la constance, l'impassibilité, le stoïcisme impeccable (ou le masochisme ?) de Jean Marc du Masnau, qui, depuis des années, se fait régulièrement écharper à chacune de ses interventions ! Comme le canard de Robert Lamoureux, il est toujours vivant.

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    6. Mal vu ? Encore plus nauséabond que nauséabond, c'est possible, ça ?

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    7. Je dois confesser un faible marqué pour du Masnau. Ce qui ne devrait pas améliorer ma cote là-bas…

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  4. Cher Didier,

    je suis personnellement mal à l'aise, pour le coup, avec ce grand coup de relativisme qui balaye le réactionnariat, et voilà que Camus m'étonne, ignorant ou semblant ignorer à son tour qu'il y a eu des siècles, et que ces siècles ont vu, ont connu des insultes précises, que les Noirs y ont été massivement et scientifiquement comparés et assimilés à des singes, et beaucoup moins à autre chose ; qu'il n'est donc pas neutre, pour peu qu'on ait un peu de perspective historique, de reproduire cette assimilation-là, et pas une autre. Dire que comparer un Noir à un singe, à un lion ou à un lamantin revient au même me paraît trop naïf pour être honnête. Comme lorsqu'on compare un Juif à un rat.

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    1. Entièrement d'accord avec vous, tcheni et Suzanne ; je suis également étonné que Camus ne voit pas cela (ou qu'il fasse semblant de ne pas le voir), la connotation raciste de cette comparaison-là, que les siècles ont imposée, et qui bien sûr n'est pas neutre, comme vous le dites fort bien.

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    2. La référence historique démontre la méchanceté de l'insulte aujourd'hui, mais pas le racisme dans le sens qu'on donnait à ce mot il y a "des siècles" ou moins.

      Amike

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  5. Au fond, vous savez bien que ce n'est pas pareil... Tous ceux qui disent cela savent que ce n'est pas équivalent de dire que tel noir est vif comme une ablette, paresseux comme un loir, courageux comme un lion ou malin comme un singe en parlant de Taubira MAINTENANT, après l'histoire de "la peau de banane pour la guenon". Et Renaud Camus le sait bien aussi, qui joue sur les mots, là. C'est de la petite guéguerre à fleurets mouchetés entre contempteurs rompus à ce genre de joute d'un bord et de l'autre, et chacun apporte du grain à moudre à l'autre avec ses indignations excessives.

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  6. Suzanne et Tcheni : il ne faut pas laisser le monopole de la mauvaise foi à la gauche, bordel !

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  7. Bien sur que Camus "tortille du cul" (nice one, Brunet).
    Bien sur que comparer Taubira à une guenon est raciste.
    Bien sur que la comparer à une lionne ou à tout autre animal de la création ne l'est pas.

    Et alors ?

    Est-ce la première fois qu'une remarque raciste est émise dans l'histoire de l'humanité ?
    Sera-ce la dernière ?

    Si Taubira avait touité "Ta gueule, petite conne, moi au moins j'ai les pouces des pieds préhensiles" au lieu de rameuter Dieu et son cousin pour les prendre à témoin de son "expulsion de l'humanité", ça aurait eu un certain panache.

    Mais bon, c'est sans doute cette époque médiocre qui veut ça.

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  8. (d'accord avec Suzanne) vous l'avez dit vous même, ce n'est que de la mauvaise foi.

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  9. Quand on voit comment Bébé Doc, Bokassa et autres démocrates éclairés de paradis exotiques ont pu être éjectés de leurs douillets sièges d'autocrates même pas éclairés, on ne peut qu'arriver à une conclusion : l'expression "malin comme un singe" ne veut plus rien dire.

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