jeudi 5 décembre 2013

Que sont nos merles devenus ?


Depuis onze ans que nous nous sommes posés sur ce coin de terre, notre petit jardin a toujours été occupé par un ou deux couples de merles – pas toujours légitimes, je le crains. Il en allait de même dans celui de Roberta, ainsi que nous avons baptisé notre voisine “de droite” (lorsqu'on regarde le portail). Dans le verger des “de gauche”, ils étaient bien six ou huit, tous sexes confondus, et il y en avait aussi de l'aut' côté d'la rue, ainsi que le chantait Piaf, ce qui est de circonstance. En une décennie, le merle étant un volatile rigoureusement sédentaire, il était facile de voir que cette population était restée parfaitement stable.

Or, cette année – mais je serais incapable de dater la première observation que nous en fîmes –, ils ont tous disparu. J'ai beau me transformer en statue de sel devant la porte de la maison, ou au contraire courir d'une fenêtre à l'autre pour embrasser du regard l'ensemble des jardins, rien : plus un merle, plus une merlette nulle part.

Que leur est-il arrivé ? Un suicide collectif ? Une reconduction massive aux frontières pour ces passereaux, dont un fonctionnaire pertinent se serait avisé qu'ils étaient clandestins ? Une épidémie de tremblante du mouton ? Une déferlante de vache folle ? Ou bien ils se seraient découverts migrateurs et, le froid survenant, auraient traversé la Méditerranée, tels de vulgaire bipèdes retraités ? On ne sait. Mais les mésanges, chardonnerets, verdiers, pinsons et rouge-gorge ont beau s'évertuer à maintenir l'animation – et les tourterelles le flon-flon – autour de la cabane à graines, le jardin semble étrangement vide, presque inhospitalier, sans ses merles.

Et comme c'étaient traditionnellement eux qui sonnaient le réveil au matin et envoyaient tout le monde au nid le soir, on peut craindre, de leur disparition, qu'apparaissent, chez les autres, la troupe, la piétaille, d'importantes dissonances du sommeil, à terme dommageables à la survie des différentes espèces.

On prend sur soi, mais quand même on s'inquiète.

15 commentaires:

  1. Ici, ça regorge de merles (attirés par les pommes qui pourrissent doucement sous l'arbre et dont ils sont friands). En revanche, à part des cohortes de moineaux (qui finissent de repeindre de fientes le camélias où ils attendent que des places se libèrent au restau) , les habituelles tourterelles et de rares mésanges peu de diversité. Les chardonnerets comme les verdiers semblent nous bouder au point d'avoir négligé de manger les graines d’œillets d'Inde. Pourrions-nous envisager des échanges ?

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    1. Oui, c'est curieux, tout cela. D'habitude aussi, il y a pas mal de merles dans le verger des voisins, à cause des pommes. Et là, pas un.

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  2. Si vous avez vu des pies dans votre jardin, vous savez qui décime les jeunes merles au nid...

    T.Fellman.

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    1. Il y a parfois une pie ou deux chez les voisins, mais jamais chez nous. Et elles aussi sont là depuis plus de dix ans, sans jamais avoir génocidé les merles…

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    2. C'est pas Golo, au moins?
      ;-)

      T.Fellman.

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    1. Golo s'attaque de préférence aux mésanges qui s'aventurent dans la haie au pied de laquelle il passe des heures tapi…

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  4. Le climat de l'année a été particulièrement défavorable à la nidification, à la fructification, au butinage des abeilles et à la présence des insectes. Je parle du climat normand, bien sûr. Ces facteurs sont pénalisants pour les oiseaux.
    D'autre part, la plupart des oiseaux de petite taille nichent dans des épineux, genre aubépine ou prunellier, afin de se protéger des prédateurs.Plantez une aubépine, on dit que ça porte bonheur.

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    1. Ah, mais, ceux de petites tailles sont là, eux ! Pour l'instant, en moindre quantité, il est vrai.

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  5. Ce matin, entre deux lauriers, un merle sautillait....

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    1. Encore une chance qu'ils n'aient pas disparu de partout !

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  6. Y'a des années comme ça... c'est tout.

    Commentaire paysan.

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  7. Sont ce les merles qui vous manquent ou leurs moqueries?

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  8. LeVertEstDansLeFruit6 décembre 2013 à 10:56

    Ou une soudaine pénurie de grives ?

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  9. Après des années de négligence, j'ai entrepris de maîtriser (drastiquement) mes haies : lauriers, noisetiers, lilas, érables champêtres, thuyas, cyprès ... .

    Les merles aiment les couverts bas ; j'ai détruit beaucoup de vieux nids au pied des lauriers notamment, et il en reste encore au pied des thuyas et des cyprès.

    La population (importante) de merles a déjà fortement diminué, au bénéfice des rouges-gorges et mésanges . Malins les rouges-gorges, ils sont toujours les premiers à trouver les sources de nourriture que je leur destine aux temps froids, quitte à s'approcher, mais ils doivent presque toujours céder devant les moineaux et les merles.

    Les deux couples de tourterelles sont toujours là, dont un apparrement reconstitué, après sans doute un acccident cet été, après presque un mois de veuvage.

    Je couve aussi quelques merveilles, j'ai compté cinq pics-verts dans mon jardin l'année dernière. Bien qu'un peu inquiet de ne pas les entendre, j'espère les retrouver cet hiver.

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