mardi 17 décembre 2013

Veillée d'armes



Demain, nous partirons. Nous serons de retour à la nuit, si tout se passe normalement, mais on n'est plus sûr de rien. Entre ces deux franchissements du portail, la journée aura été fort longue, probablement pénible dans son essence, mais avec de minces trouées de bonheur, et même quelques rires, je suppose, des bouffées de chaleur en approchant tel ou telle : à partir d'un certain seuil de durée, dans les familles, on ne se revoit plus qu'aux enterrements et on a tendance à en profiter pour se donner des nouvelles, vérifier en quelques mots qu'on s'aime toujours bien – c'est ce qui va se passer.

La route du retour sera pénible, parce qu'elle est connue, sans surprise, et qu'elle nous fera retomber dans une sorte d'habitude morne, mais à laquelle il manquera quelque chose. De plus, ce sera le premier moment de la vie d'après, où il n'y aura plus de nouvelles à attendre. Peut-être bien que mon frère viendra dormir à la maison : ça fera toujours un peu d'agitation factice, pour lui comme pour moi.

17 commentaires:

  1. Courage amitié pensées et tout ça.

    Avec un peu de chances, il y aura un gamin qui fera le con, comme mon neveu qui avait 18 mois (ou 30, je ne sais plus), pour l'enterrement de ma grand mère, il n'a pas arrêter de faire le con pour l'enterrement de ma grand mère. Cela étant, vous pouvez aussi lui donner une baffe. À l'enterrement de la grand mère en question, les croque morts n'arrivaient pas à faire rentrer le cercueil dans la tombe. On avait bien rigoler quand ils tapaient dessus pour le faire entrer. Avec un peu de chance, le soir, vous prendrez une légère cuite avec votre frangin.

    Je ne dis pas ça pour vous remonter le moral. Les jours suivants seront les plus pénibles. Il faudra que votre mère revienne dans la vraie vie et gère les papiers, le notaire,...

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    1. J'ai bien peur qu'avec le genre de fautes que vous vous obstinez à faire, vous ne soyez en mesure de remonter le moral de qui que ce soit.

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    2. Mildred vous êtes dur avec la troupe!

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  2. Ouvrant cette page à l'instant, je me rends compte avoir rêvé de vous la nuit dernière. Le seul souvenir qu'il m'en reste est que les circonstances étaient tristes. Il n'y a pas de hasard, il n'y a que des retards.

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  3. L'autre jour, moi, j'ai fait croque mort.
    Parce que les vrais ça coûte cher, alors si on peut rendre service, hein.
    Ben c'est vrai que c'est pas facile à faire entrer.
    Le cercueil de la tata tout léger quand on est quatre à le porter dans l'allée, ben il prend du poids quand on est le dernier, de la main gauche, en équilibre sur un tas de boue bien mouillée.
    Mais après, c'est le contentement du travail effectué. On le crie pas, pas choquer les affligés, mais quand même, pour une fois que je fais quelque chose qui sert à quelqu'un ...

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    1. qui est le "quelqu'un" à qui cela a servi? Au défunt? Il s'en fiche.

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  4. On n'est sensible aux enterrements qu'à partir d'un certain âge; avant, pour les enfants, ce n'est pas un événement majeur (" Ben oui, il était très vieux, il approchait de la cinquantaine; il est mort, c'est bien naturel").

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  5. C'est vrai que vous avez l'art pour décrire ces instants très particuliers, qui font partie du quotidien. Un peu moins quotidiens que l'apéro quand même. Heureusement.
    Soyons optimiste, il se passera sans doute quelque chose qui arrivera à vous surprendre, et que vous aurez peut-être envie de conter.
    Personnellement, j'ai tendance à redouter l'événement tant que je n'y suis pas rendu, mais très vite vient le moment de boire un (10 mais chut) coup et j'ai alors la formidable impression d'être au milieu d'un moment unique. Je ne cache pas que j'essaie aussi de me recueillir sincèrement à l'église, LE moment spirituel en quelque sorte.
    C'est un enterrement donc l'ambiance est à priori morose, et au final, il s'avère agréable. Sans le vouloir, ou sans agir sciemment, on célèbre peut-être mieux le départ de quelqu'un avec de la joie et des retrouvailles qu'avec de la tristesse, qui parfois confine au pathos.
    Je ne vous dis pas bon courage, sans doute que ça se passera bien.
    Nicolas je dois avouer que votre anecdote m'a fait rire.

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  6. Joli commentaire de Nicolas à 21 h 34. Tout le monde a quelque chose à dire de sa pauvre peine et compatit.

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  7. Quelqu'un a prononcé un jour devant moi, une phrase qui m'avait choquée, mais dont par la suite et à maintes occasions, j'ai pu vérifier l'exacte vérité :
    "Une mort, quelle qu'elle soit libère toujours un espace !"

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  8. Je viens de lire la nouvelle et j'en suis triste.
    Je vous adresse des pensées amicales, ainsi qu'à Catherine, à votre mère et à tous vos proches.
    Ces moments-là, il faut les passer...
    Je pense qu'il ne vous sera d'aucun secours de vous dire que cela est l'ordre naturel, que les enfants doivent voir partir leurs parents pour vivre leur mort, après que les parents les aient vus partir du cocon, pour vivre leur vie..

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  9. Lors de l'enterrement de mon père, un de mes anciens camarades d' école me confondit avec mon beau-frère, il fallait voir le visage de ce dernier outré que l'on puisse le croire assez vieux pour être moi.Le mari de ma sœur ayant dix ans de moins, j'aurais bien laissé mon ancien camarade se fourvoyer mais mon jeunot de beauf rétabli derechef la vérité.

    Mon fils qui avait juste 4 ans trouva que le jardin était très joli, il parlait du cimetière, je me demande si les défunts ne sont pas des farceurs en réun qui ne sont point réunissant des gens qui ne sont point vu depuis des décennies.

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    1. Hep granpas ! on s'en tape de tes histoires ! Tu peux pas te taire des fois ?

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  10. On se demande pourquoi toutes ces condoléances pour le décès de quelqu'un qu'aucun commentateur n'a rencontré, au risque d'être de "monstrueux connards"

    "Je vous confirme que j'attache beaucoup plus d'importance à la mort d'un chien dont j'ai partagé la vie durant quatre ans qu'à celle d'un homme que je n'ai jamais rencontré et dont la vie n'a eu rigoureusement aucune influence sur la mienne. Je pense d'ailleurs que les vertueux qui prétendent le contraire sont soit des menteurs, soit de monstrueux connards".

    Emily

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    1. Si ne vous saute pas aux yeux la différence entre ces deux situations, je crois que personne ne peut plus rien pour vous, ma pauvre fille.

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  11. Vous côtoyant depuis plus de deux ans, en lisant votre blog, sachez que je compatis à votre peine dans l’épreuve que vous vivez ces jours-ci.
    L’absence, pour votre maman va être terrible et elle va avoir besoin de vous plus que jamais.
    Sachez que je suis de tout cœur avec vous.

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