vendredi 28 février 2014

Le maurrassisme et le mot racisme


« Quand plusieurs races distinctes sont mises en présence, obligées de se fréquenter, bien loin de s'unir par la sympathie, elles se détestent et se combattent au fur et à mesure qu'elles croient se connaître mieux. »

La phrase est extraite de l'une des Lettres des Jeux olympiques, que Charles Maurras publia dans La Gazette de France, dont il était l'envoyé spécial à Athènes à l'occasion des premiers Jeux de l'ère moderne, en 1896. De fait, la position de Maurras face au sport (qu'il semble découvrir pour l'occasion…) et à cette forme de compétition qui se met en place aux J.O., cette position est tout à fait ambivalente. D'un côté, le futur “patron” de l'Action française voit dans la mondialisation du sport un véhicule du cosmopolitisme, sous l'égide des États-Unis et de leurs alliés naturels, les Britanniques. Il inaugure ainsi un antiaméricanisme de droite dont les effets se prolongent de manière vivace jusqu'à nous. À propos des anglo-saxons, il écrit : « L'ère qui va s'ouvrir à Athènes ne fera qu'apporter un nouvel élément de vitalité et de prospérité à nos ennemis éternels. Le vocabulaire du sport contribuera à propager une langue dont la planète entière est déjà infestée. »

Mais, d'un autre côté, le sport lui apparaît bénéfique en ceci qu'il devrait être un puissant vecteur du nationalisme. Et c'est en cette optique qu'il note la phrase par quoi j'ai commencé. Phrase intéressante dans la mesure où elle va radicalement à l'encontre du lieu commun actuel, qui veut que le “racisme” ne puisse être engendré que par l'ignorance, et que si les peuples, les nations, les races se connaissaient mieux, l'animosité et la méfiance qui règnent entre eux tomberaient tout seuls.

Mais, évidemment, aller à l'encontre d'un lieu commun ne signifie pas automatiquement que l'on ait raison. C'est même assez fréquemment l'inverse.

14 commentaires:

  1. Magnifique lucidité, extraordinaire prescience de Maurras.
    Il est clair que les Américains (et leurs alliés les Britanniques) ont toujours été nos adversaires, et parfois nos ennemis. Cela n'enlève rien à leurs qualités. Dans la mesure où ils sont impérialistes ils sont même les ennemis du genre humain. Il serait donc tout à fait logique de se lier davantage avec les Russes, comme un Chauprade l'a compris.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Marco, vous allez encore nous mettre Marchenoir de mauvaise humeur…

      Supprimer
    2. C'est un peu calibré pour, je l'avoue...

      Supprimer
    3. "Dans la mesure où ils sont impérialistes ils sont même les ennemis du genre humain. Il serait donc tout à fait logique de se lier davantage avec les Russes"

      Les russes ne sont pas impérialiste ? Vous regardez ce qu'il se passe en Ukraine ou pas ? Vous connaissez l'histoire de la Russie ou pas ? Il n'y a pas plus impérialistes que les russes et les russes détestent cordialement et culturellement les occidentaux que nous sommes.

      S'il y a des ennemis du genre humain se sont les russes et leurs relents totalitaristes hérité du communisme, lui même "hérité" des tsars. Un totalitarisme capitalistique et étatique, répondant dans l'histoire aux totalitarisme socialo-communiste, répondant lui même au totalitarisme des tsars de l'ancienne Russie.

      Se lier avec d'anciens communistes.... C'est vous l'ennemi du genre humain !!!

      Supprimer
    4. "Il est clair que les Américains (et leurs alliés les Britanniques) ont toujours été nos adversaires, et parfois nos ennemis."

      C'est aussi ce que disait De Gaulle à Radio Moscou, dans son fameux appel depuis le sol russe, en juin 40...

      Supprimer
    5. Sir Emmanuel, vous avez trop bu : de Gaulle n'a jamais mis les pieds en Russie en 1940.

      Supprimer
    6. Les Russes n'étaient pas les alliés de De Gaulle ?

      Supprimer
    7. Heu Didier, je crois pouvoir dire avec certitude qu'Emmqnuel fqisqit de l'ironie... Bon, peut etre que vous aussi, mais ce n'est pas très clair. Voilà, vous pouvez continuer.

      Supprimer
    8. Ben, mon grand, vu votre orthographe, vous devez être à peu près aussi bourré que moi ! Et c'est pour ne rien dire de Messire Emmanuel…

      Supprimer
  2. Et si ne pas connaitre les autres crée du racisme, les connaitre crée du culturalisme...

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Non, il faut connaître les autres. Absolument. Il faut surtout rejeter ce mot imbécile et non signifiant : racisme.

      Supprimer
  3. La remarque sur le "vocabulaire du sport" est assez prémonitoire.
    Pour le reste, disons qu'il est toujours bon de citer Maurras,ne serait-ce que pour faire hurler les démocrates.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Faire hurler les démocrates est toujours amusant, non ?

      Supprimer
  4. Beaucoup de civilisations devenues puissantes ont des tendances impérialistes voire hégémoniques et puis cette critique récurrente des américains devient pénible à force.

    Lors de la guerre de sept ans, c'était le royaume de France qui se disputait avec celui d' Angleterre l'hégémonie de ce monde et pour cela on entraînait l'empire russe, le royaume de Prusse et la double monarchie austro-hongroise.

    A chaque époque, ces colosses qui veulent dominer le monde.

    RépondreSupprimer

Les commentaires anonymes seront systématiquement supprimés, quel que puisse être leur contenu, voire leur intérêt.