dimanche 3 mai 2020

Les Wolfe ne se mangent pas entre eux


J'ai dit ici, il y a huit jours – Dieu comme le temps file quand on est bien claquemuré au chaud ! –, tout le bien que je pensais des quatre romans de Tom Wolfe, 1930 – 2018, même si j'ai dû rabattre un peu de mon enthousiasme premier en relisant Bloody Miami, moins réussi que dans mon souvenir. Qu'importe, je pensais en avoir terminé avec les Wolfe…

Guillaume C., par himmel, me signale que Tom Wolfe a eu un aîné homonyme, Thomas Wolfe, 1900 – 1938, qui a lui aussi écrit quatre romans, à côté desquels il serait, selon lui, bien dommage que je passasse. Son signalement n'était d'ailleurs pour moi qu'un rappel, puisque j'avais découvert l'existence de cet Américain du Kentucky, justement à l'époque où je m'étais intéressé à Wolfe-le-cadet (c'est bon ? Tout le monde suit ?). Je ne sais plus trop pourquoi je n'avais acheté aucun livre de lui, alors. Peut-être parce qu'on ne les trouvait que d'occasion, et à des prix un peu trop élevés pour mon goût. Néanmoins, j'y retournai voir, à tout hasard…

Petit miracle : alors que Guillaume C. me recommandait tout particulièrement le premier roman de Wolfe-l'aîné, Look Homeward, Angel, je tombai pile sur lui, rebaptisé en français Aux sources du fleuve et affichant crânement ses 16,50 € – port en sus. Commande fut promptement passée.

Bien sûr, il va falloir attendre que le volume arrive jusqu'à ma thébaïde héberto-plessiste, ce qui, en ces temps asilaires, risque de prendre, tout comme le fût du canon pour refroidir, un certain temps. Je m'en bats l'œil : j'ai commencé hier à relire Les Fous du roi de Robert Penn Warren, grand roman “sudiste” dont j'ai naguère tenté de dire le bien que j'en pensais ici même. Et j'ai encore deux autres romans de Warren qui n'aspirent qu'à être relus, si bien que même si Thomas Wolfe fait le voyage à dos de mulet, j'ai de quoi l'attendre sans me languir ni m'impatienter.

Je me demande bien ce que je pourrais exiger de plus de l'existence.

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