mercredi 17 juin 2020

De la supériorité des Juifs selon Gombrowicz


« […] Je dirai que le Juif qui exige avec trop d'insistance d'être traité “comme un homme” – comme si rien ne le distinguait des autres – me paraît être un Juif insuffisamment conscient de son état de Juif. C'est là, bien sûr, une exigence juste et combien compréhensible. Et pourtant, elle n'est pas à la mesure de leur réalité. C'est trop simple, trop facile…

« Il me déplaît de voir que des Juifs ne soient pas à la hauteur de leur mission. Combien de fois dans mes conversations, même avec des Juifs pleins de bon sens, ne me suis-je pas heurté avec stupéfaction à une pareille mesquinerie dans l'appréciation de leur destinée ? “Pourquoi donc cette détestation des Juifs ? – Parce qu'ils sont plus doués, qu'ils ont de l'argent, qu'ils font naître de la concurrence…” “Et pourquoi refuse-t-on d'admettre qu'un Juif est un homme comme tout le monde ? – Parce qu'il y a un abus de propagande, de trop nombreux préjugés raciaux, trop peu d'instruction…”

« Lorsque j'entends ces gens me dire que le peuple juif est tout à fait semblable aux autres peuples, c'est un peu comme si j'entendais Michel-Ange déclarer que rien ne le distingue de personne, Chopin demander pour lui-même une “vie normale”, ou bien encore Beethoven assurer qu'il a lui aussi plein droit à l'égalité. Hélas ! ceux à qui fut donné le droit à la supériorité n'ont plus droit à l'égalité.

« Il n'est pas de peuple plus manifestement génial que le peuple juif, et je le dis non seulement parce que les Juifs ont engendré et nourri les plus hautes inspirations dans l'univers, qu'ils ont marqué de leur sceau l'histoire universelle, et qu'un nom juif, à jamais illustre, éclot et naît à toute époque. Mais c'est par sa structure même que le génie juif est manifeste : à l'instar du génie d'un individu, il est intimement lié à la maladie, à la chute, à l'humiliation. Génial parce que malade. Supérieur parce que humilié. Créateur parce que anormal. Ce peuple – de même que Michel-Ange, Chopin et Beethoven – représente une décadence qu'il transcende en création et en progrès. Pour lui, la vie n'est jamais facile, il est en désaccord avec la vie, voilà pourquoi il se transforme et se tourne en culture…

« La haine, le mépris, la peur, l'aversion que ce peuple suscite chez les autres peuples rappellent les sentiments avec lesquels les paysans allemands regardaient le Beethoven malade, sourd, sale et hystérique qui se promenait en gesticulant dans la campagne. Le chemin de croix des Juifs, c'est le chemin de Chopin. L'histoire de ce peuple – comme d'ailleurs toutes les biographies des grands hommes – n'est qu'une secrète provocation : il a le don de provoquer le sort, d'attirer sur sa tête toutes les calamités qui peuvent, peuple élu, l'aider à remplir sa mission. Quelles obscures nécessités furent à l'origine du phénomène ? Nul ne saurait le dire… Mais que ceux qui en demeurent les victimes ne tentent pas d'imaginer fût-ce un instant qu'ils arriveront à se tirer de ces abîmes pour en sortir sur un terrain droit et plat…

«Il est curieux de noter que la vie du plus normal, du plus vulgaire des Juifs est dans une certaine mesure la vie d'un homme éminent : aussi normal et équilibré qu'il soit, et ne se distinguant en rien des autres, il s'affirmera pourtant différent ; il se trouvera, bien malgré lui, toujours en marge. Dès lors, on peut dire que même un Juif moyen est condamné à la grandeur, uniquement parce que Juif. Et pas seulement à la grandeur : condamné à une lutte désespérée, à un duel-suicide contre sa propre forme (en effet, comme Michel-Ange, il ne s'aime pas).

« Aussi, ne croyez pas “réparer” cette épouvante en vous figurant être “comme tout le monde” et en avalant l'idyllique bouillie des sentiments humanitaires. Que le combat pourtant qu'on vous livre puisse être moins vil ! Quant à moi, l'éclat dont vous resplendissez a plus d'une fois illuminé ma route – et je vous dois vraiment beaucoup. »

Witold Gombrowicz, Journal 1954, Folio, pp. 179-181.

46 commentaires:

  1. Le texte antisémite par excellence, parlant d'une "mission" et d'une "destinée" (décidées par qui ?) communes à TOUS les Juifs, et de la grandeur à laquelle était voué le petit tailleur ou le petit boucher kasher Juifs de Belleville... Je ne tomberai pas dans le travers que je dénonce dans ce texte en tirant des conclusions du fait que son auteur est Polonais... mais je suis stupéfait qu'il ne se rende pas compte qu'il nous démontre que Michel-Ange, Chopin et Beethoven étaient forcément Juifs ( Gombrowicz ne devait pas aimer Bach ni Mozart).

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    1. Ce qui est bien c'est qu'on n'est jamais déçu, avec vous : vous me donnez exactement le commentaire que j'attendais de vous… et que j'aurais été un peu déçu de ne pas voir apparaître.

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    2. Merci de cet hommage sinon à la justesse de ma vision du "problème Juif"( mais je crois qu'ik s'agit plutôt du "problème antisémite") , du moins à sa cohérence.
      (et, bien sûr, de l'hommage rendu à " la grandeur de ma mission")

      EA

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    3. (suite) Enfin, ça fait toujours plaisir d'apprendre que l'on a été à la hauteur d'une mission aussi universelle que specifique et exceptionnelle, même en ayant ignoré en quoi elle consistait.

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    4. Ce qui est bien avec vous, Monsieur Goux, c'est qu'on n'est une fois de plus, jamais déçu.
      Vous ne transmettez ces très beaux écrits que pour attendre les réactions comme celles d'Anonyme. De ces très beaux écrits que vous nous proposez, on en retire, à la lecture de votre réponse au contributeur de votre blog, que vous-même finalement, n'en comprenez pas le sens.
      Gombrowicz, ne parle que pour lui et de la manière dont il essaie de comprendre ce qu'est, pour lui, "être juif en-soi". Et si ce qu'il dit est juste pour lui, ne l'est pas nécessairement pour tous le juifs.
      Ëtre juif relève beaucoup plus il me semble, d'un questionnement sur ce qu'on a reçu comme tradition et comment on l'interprète, que de l'affirmation d'une vérité incontestable. Les juifs ne sont pas une sous-culture. Ceux qui se réclament et se réfèrent à leur judéité peuvent avoir mille interprétations différentes de ce qu'est "être juif". Les juifs, ou ceux qui se revendiquent comme tels, continuent encore et encore à essayer de comprendre ce qui leur a été transmis alors que d'autres, qui se revendiquent aussi comme juifs utilisent cette judéidé comme un simple désir de conquête.
      Si je me permets de dire ça, c'est parce que n'étant pas juif moi-même mais chrétien, et très sensible aux écrits de Jacques Ellul (protestant), pour qui la foi relève bien plus du questionnement que de la croyance, je peux me sentir proche de cette interrogation : et pourquoi nous ?.
      Mais je sais, pour vous lire très souvent, et avec beaucoup de plaisir, que vous aimez les racisés et finalement, pourquoi pas les juifs. Et là, vous allez être de plus en plus nombreux. Mais vous vous en foutez, parce que vous n'avez qu'une envie, celle de rigoler.

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    5. Comme vous faites à la fois vos questions et mes supposées réponses, je ne vois pas ce que je pourrais ajouter.

      Sinon ceci que proposer un texte à la lecture ne signifie pas forcément qu'on l'approuve dans ses moindres lignes… ni qu'on le désapprouve.

      D'ailleurs, c'est un peu lassant, cette idée que, face à une parole quelconque, écrite ou orale, lapidaire ou développée, on devrait absolument et tout de suite, prendre position pour ou contre, la glorifier ou la discréditer.

      Est-ce qu'on ne peut pas simplement la prendre en compte ? L'examiner en silence ? Quitte, ensuite, à lui apporter ses menus correctifs personnels ?

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    6. @ pastis

      Vous oubliez une catégorie de Juifs (mais sont-ils Juifs?): ceux qui avaient des parents non-croyants, auxquels rien de "juif " n'a jamais été transmis,qui ont toujours été athées et n'ont jamais eu d'interrogations religieuses,qui ne fréquentent pas spécialement des Juifs... et qui ne le sont que parce que trop de gens leur disent qu'ils le sont pour pouvoir en discuter avec tout le monde.
      Il est facile de cesser d"être catholique,il suffit de se convertir à une autre relihion;mais comment fait-on pour cesser d'être Juif quand on est athée et que l'on ne se sent pas juif ?

      EA



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    7. Mais cesse-t-on réellement d'être catholique (de penser en catholique) lorsqu'on se convertit ? C'est à voir…

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    8. Je crois que ce n'est pas l'appartenance à la religion catholique qui fait "penser en catholique", mais le fait d'avoir été élevé dans un pays qui a été si longtemps catholique, fût-il aujourd'hui laïc, anticlérical, majoritairement athée (56% je crois), ou y fût-on élevé dans n'importe quelle autre religion. Qu'on le veuille ou pas, on y baigne dans des valeurs catholiques, quelle que soit la religion que l'on affiche et dont on croit faite partie.

      EA

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    9. Je souscris entièrement à la réaction de M. Arié, c'est même embarrassant d'avoir à écrire de telles évidences (L'idée d'un génie juif autonome, génétique en quelque sorte... Sartre paraîtrait presque plus intéressant sur le sujet, c'est tout dire). Mais de toute façon Witold Gombrowicz, fascinant à sa façon ultra-tarabiscotée m'a souvent paru confus et finalement illisible. (Donc peu importe...)

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  2. Si vous arrivez à reconnaitre les anonymes par leur discours, bravo !
    Un petit mot :"Supérieurs parce qu'humilés" dit Gombrowicz, n'est ce pas en contradiction avec la politique dominatrice d'Israël ? Israël ne serait elle pas elle même la négation ontologique du peuple juif ?

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    1. M. Arié est assez facile à reconnaître…

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    2. D'autant que, n'arrivant plus à mettre mon nom dans mon compte Google, je signe mes commentaires de mes initiales, mais il m'arrive d'oublier de le faire.

      EA

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  3. Superbe texte.
    Merci de l'avoir porté à ma connaissance.

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    1. Un raisonnement faux peut être exposé en un texte superbe.

      EA

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    2. @EA

      Relisez.

      Ce n'est pas un raisonnement, ni une explication.
      Ce sont des observations personnelles, du début à la fin (Je dirai ..., je vous dois vraiment beaucoup.)

      Gombrowicz ne tentes pas de résoudre le "problème juif", comme vous dites.
      Je crois même pouvoir affirmer que le problème EA le laisse froid.

      Il observe, et rapporte ses observations dans un style magnifique, et avec une profondeur proprement stupéfiante.

      Grand texte, vraiment.

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    3. Relisez ...

      Gombrowicz tente bien d'EXPLIQUER ce qu'est la judéité, en généralisant son ressenti personnel.
      Et, finalement, la beauté indiscutable du texte tient en grande pzrtie au fait qu'il s"agit d'un délire.

      EA

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  4. Superbe texte (aussi).
    Merci d'avoir porté à ma connaissance que le Juif est un Zèbre.
    « Le Juif, ce drôle de zèbre. »

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  5. La question que tout le monde se pose (si, si!) c'est: peut-on dire à M. ARIE "« Elie, Elie, lama sabachthani ? » (j'ai mis un "e" exprès)

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  6. En y réfléchissant: est-ce que la "force" de cette démonstration ( car c'en est nien une, même dans un style inhabituel) ne vient-elle pas du fait que l'image qu'il cherche à donner de la judéité est subrepticement introduite comme postulat d'emblée ?

    Prenons un domaine quelconque, auquel aucun d'entre nous ne connaîit rien : en quoi un Einstein est-il plus génial et universel qu'un Max Planck, un Niels Bohr, etc ?

    Et maintenant, prenons la question à l'envers : si, des documents avaient prouvé qu'un Albert Camus ou qu'un Dostoïevski étaient Juifs, Gombrowicz ne s'exclamerait-il pas " Je m'en doutais bien! "?

    EA

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    2. dsl : M. Maque ayant supprimé son commentaire, le vôtre n'avait plus lieu d'être non plus…

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  8. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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    1. Je supprime mes commentaires bourrés de fautes, désolé.

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  9. Emmanuel Todd disait une chose très juste, me semble-t-il. Pour lui, toutes les petites communautés, basques, corses, juives, ont besoin de se distinguer fortement. C'est une question de survie. La spécificité des juifs, la spécificité des basques, la spécificité des corses, tout cela conduit à un processus 'hautement ordinaire'.
    Là où les juifs se distinguent, leur spécificité (l'Arche d'Alliance, j'imagine) a fini par imprégner les autres cultures. Elle est le fruit de la Révolution Néolithique survenue autour du croissant fertile. Du côté de l'Inde, au même moment, une autre Révolution Néolithique se déroulait sur les contreforts de l'Himalaya. Je me demande si les Hindous en ont quelque chose à faire des juifs puisqu'ils sont le résultat d'une autre révolution ?
    Pareil pour les chinois avec leur Révolution Néolithique le long du fleuve jaune.

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    1. Je poursuis ma lecture du journal de Gombrowicz : dès que je tombe sur un passage concernant les Basques ou les Corses, promis, je viens le recopier ici !

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    2. Vous n'en trouverez pas ...
      (Pour 'lire' le cosmos des Basques ou des Corses, voyez plutôt du côté de l'ETA ou du FLNC).

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    3. J'ai passé 18 ans en Martinique, et je disais aux nouveaux arrivants "de France" Attention, il y a un mot à connaître, c'est "spécificité" !! On l'entend plusieurs fois par jour…

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  10. Ce qui est assez mystérieux chez les Juifs, comme religion, c'est l'absence de l'idée de Paradis ou assez peu identifiable. Chez les Musulmans, 50 putes et des dattes, chez les Chrétiens le Royaume de dieu, bonheur éternel, ceux qu'on aime etc...Chez les Juifs, pas grand chose, rien d'immédiat d'aussi identifiable. Cette "absence", il doit bien y avoir quelque chose, (faut pas désespérer Billancourt), doit pouvoir expliquer pas mal de choses...Terrain à creuser. Comment vit-on sans l'idée de Paradis, d'espoir d'un monde meilleur? L'absence de Paradis chez les Juifs explique-t-elle ce désespoir qu'on leur attribue...ou le paradis est-ce la Terre Promise? Je devance tout de suite, même chez les incroyants, comme moi, qui suis de culture catholique, l'idée de paradis existe (comme celle du péché originel et donc de la culpabilité dont je me détache assez aisément...). Si quelqu'un peut développer, je suis vraiment intéressé.

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    1. « Si quelqu'un peut développer, je suis vraiment intéressé. »

      Joker…

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    2. « ... Terrain à creuser »

      Je creuse.

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    3. Pour la faire courte :
      Pas de Paradis.
      Pas d'Enfer non plus.
      Parce que pas de vie après la mort.

      La Kabbale parle bien de réincarnation (Guilgoul néchamoth), mais c'est une littérature mystique, pas un texte religieux.

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    4. Cretinus Alpestris19 juin 2020 à 17:51

      Il existe le Sheol, le grand trou où séjournent les morts, sans distinction. On ne sait pas ce qu'ils y font à part tomber en poussière ou contempler les oeuvres d'Hanouna jusqu'à la fin des temps.

      Néanmoins, il arrive parfois que YHWH, dans sa grande bonté, fasse ressortir des âmes de cet endroit paumé. (Psaume 86:13)

      C'est plutôt rare et cela n'empêchera pas le gars d'y retourner un jour, de toute manière.

      Bref. Une bonne fin de journée à tous.

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    5. Pas de Paradis.
      Pas d'Enfer.
      Pas de Purgatoire.
      Le trou, quoi !
      Pour savoir comment trépasser dans un trou: le SYK model !
      Un fermion (un grain de matière qui a une masse) tombe dans un trou-noir, il est annihilé, produisant au passage une 'information', un photon (un grain d'information car pas de masse donc pas de matière). Le photon se promène dans le trou noir, et là, paf, spontanément, il se transforme en un quark et un anti-quark (deux grains de matière, un avec une masse et un avec une 'non-masse').
      Donc, un Juif, tombant dans son trou-noir, est annihilé. Il produit alors une information (le photon), laquelle génère spontanément un Corse et un Basque !
      Le processus est appelé métempsychose confocale.
      Bien entendu, les Corses et les Basques communiquent entre eux, en yiddish.
      D'ailleurs, à Dijon aussi : les Tchétchènes et les Maghrébins communiquent en yiddish.
      Dans le trou-noir, tout le monde parle yiddish.
      Gombrowicz en serait tout retourné dans sa tombe.

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    6. Mais on vit très bien avec l'idée de "pas de vie après la mort", qui, en réalité, n'est que le refus de la mort!

      Voir comment les chrétiens ont transformé le Paradis en une vie commençant aussitôt après la mort, ce que ne dit pas du tout leur religion, qui ne parle que d'un Jugement Dernier après une résurrection qui n'aura lieu qu'à la fin des temps, peut-être après des millions (des milliards?) d' années après leur mort... une proposition qui ne répond pas à leur demande de "pas de mort du tout".

      Voir aussi comment tous (absolument tous) ceux qui croient à une vie après la mort sont certains d'aller au Paradis ; car ces gens sont exigeants: ils veulent non seulement une vie aussitôt après la mort, sans attendre, (contrairement à ce que dit leur soi-disant religion), mais aussi qu'elle soit agréable !

      Faut-il donc être athée pour éprouver,à partir d'un certain âge, ce sentiment si rassurant que l'on a assez vécu ?

      EA

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    7. je comprends pas trop bien le deal, j'ai l'impression que vous vous êtes fait avoir? Quel intérêt de croire en un Dieu qui ne te promet pas de calmer l'angoisse existentielle par excellence la mort? Tu m'étonnes le niveau d'angoisse s'il n'y a même la promesse d'une vie après la mort.

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    8. Je n'ai pas le souvenir d'avoir jamais été croyant (je n'ai jamais pu gober l'histoire du père Noël, c'est dire!), mais avez-vous vraiment l'impression que la promesse d'une vie après la mort supprime l'angoisse existentielle, chez les croyants? Moi, j'ai l'impression que plus on est croyant,plus on est angoissé.

      EA

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    9. (suite)) En fait, je suis persuadé que les croyants ne peuvent pas croire à cette histoire de vie après la mort qu'ils se sont inventée: comment croire à ce que l'on sait avoir inventé soi-même pour se rassurer ? (et qui, à évidence, ne marche pas; ils sont bien placés pour le savoir !).Je suis certain que les croyants savent qu'ils ne croient pas, d'où leur besoin de se retrouver entre eux dans des offices en général hebdomadaires, pour entendre des gens leur dire qu'ils croient; mais ça m'étonnerait que ça marche.

      EA

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    10. Dans tous ces efforts que vous faites, ce qu'on entend – comme presque toujours chez les dévots de l'athéisme – ce sont les grincements de dents de celui qui sait que, face à lui, les croyants sont "gagnants" à tous les coups :

      1) Dieu existe : dans ce cas le croyant reçoit l'éclatante confirmation qu'il voyait juste, tandis que l'athée a l'air d'un con ;

      2) Dieu n'existe pas : l'athée ne peut pas savoir qu'il avait raison, ni le croyant qu'il avait tort.

      Votre dernier commentaire, notamment, oscille, de ce point de vue, entre le risible et le pitoyable.

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    11. Je vous rappelle que

      -ce dont nous discutons ici, c'est de la croyance d'une vie après la mort;

      - que je faisais remarquer que la majorité des catholiques rejettaient ce que leur en dit leur religion; une résurrection générale qui n'aura lieu qu'après un long délai de mort provisoire, le jour du Jugement Dernier;

      -qu'ils ont remplacé de leur propre chef cette version par celle, toute personnelle,d'une vie éternelle (et paradisiaque) faisant aussitôt suite à leur mort... parce qu'ils ne veulent pas de la mort - mais version que l'Eglise n'a jamais ratifiée;

      -et qu'il me paraît impossible de croire à un faux qu'on a soi-même fabiqué.

      EA

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    12. "Discuter" de la vie après la mort est d'une complète futilité, et c'est pourquoi je ne participe pas.

      Tout ce qu'il nous est loisible de faire c'est d'y croire ou non. Puis se taire et attendre de voir.

      (En dehors de ça, je crois que vous mélangez allègrement la survie de l'âme et la résurrection des corps – mais c'est pas grave.)

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    13. Pour votre parenthèse finale: vous devez avoir raisoon. Je n'ai jamais bien compris ce qu'est une âme. En tous cas, je suis certain de ne pas en avoir une.
      EA

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  11. Je suis athée et ce qui me fait "grincer des dents" ce sont pas des questions philosophiques (qui a raison) mais que les religieux font chier AU QUOTIDIEN.

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  12. Cretinus Alpestris21 juin 2020 à 09:15

    A l'opposé, je doute que Dieu ne croie encore en l'Humanité.

    Il a dû rendre sa carte du parti depuis bien longtemps.

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La boutique est rouverte… mais les anonymes continueront d'en être impitoyablement expulsés, sans sommation ni motif.