lundi 23 mai 2022

Les bons conseils de l'Irremplaçable


 Cet après-midi, Catherine a rendez-vous chez le kinésithérapeute de Saint-André-de-l'Eure : suite à un genre de “tour de reins” qu'elle s'est fait en se livrant à je ne sais plus quelle activité superfétatoire, elle marche depuis quelques jours un peu comme une centenaire en très petite forme. C'est pourquoi, avec la générosité de cœur qu'on me connaît, je me suis (et lui ai) proposé de faire le chauffeur.

Elle : « Mon pauvre ! tu risques d'attendre un moment ! Pense à emporter un livre… »

Moi, aussi sec : « La recommandation est à peu près aussi superflue que si tu me disais : “N'oublie pas de mettre un pantalon.” »

À la réflexion, elle l'est peut-être même davantage : quand il prendra à Herr Alzheimer la fantaisie de me ravager les connexions cérébrales, je suis persuadé que je sortirai me promener cul nu dans les rues du Plessis avant de partir baguenauder sans un livre sous le bras. 

Mais enfin, il ne faut jurer de rien…

18 commentaires:

  1. Vos chaussettes sont à chier, en attendant.

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    1. Je les ai tricotées moi-même, dans les vieilles cravates d'un pote…

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    2. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  2. Rassurez donc Catherine en lui disant qu'on n'a pas l'air d'une centenaire quand on marche comme un octogénaire ( et cela, même si les reins ne jouent pas aux derviches tourneurs)

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    1. D'autant que j'ai connu des centenaires qui marchaient fort droits.

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    2. Le père Dupanloup, dans son cercueil ?

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  3. Est ce que le monsieur sur le trottoir d’en face est venu vous aborder ?
    « On dit que Didier a de jolies gambettes 🎶... »

    Hélène

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    1. Absolument ! Il est gentiment venu me signaler que mes lacets étaient défaits…

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  4. Eh bien c’est du propre !
    Vous allez chercher des mannequins Anglais pour illustrer vos billets.
    Ça ressemblerait à de la traîtrise ça.
    Il faudra que j’en parle à Alexandre D.
    Hélène

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  5. À mon avis, ce billet mériterait quelques séances de psychanalyse...

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  6. Une chose est sûre : on n'aperçoit pas la fameuse « tête à Didier »...

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  7. Voilà une tenue qui aurait tout fait plu au marquis de Saint-Loup, à l'ombre des jeunes filles en fleurs !
    "Il était d’ailleurs très bien habillé avec une grande recherche et une sobriété qui semblait s’interdire plutôt que ne pas aimer la couleur.
    Une petite ligne violette à son pantalon répétée dans sa chaussette et dans sa cravate, semblait la timide concession au plaisir ......" ;)

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    1. C'est d'ailleurs exactement comme ça que je me le suis toujours représenté, ce bon Saint-Loup-en-Bray !

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    2. Sauf erreur de ma part, la description en question est celle de Charlus plutôt que de Saint-Loup. Ma lecture date quelque peu, mais je me souviens du passage de la ligne de couleur sur les chaussettes (les joies de la mémoire sélective).

      Après une petite recherche, je suis dubitatif car le passage en question n'est pas le même :
      "la sobriété qu’ils laissaient paraître semblait de celles qui viennent de l’obéissance à un régime, plutôt que de manque de gourmandise. Un filet de vert sombre s’harmonisait dans le tissu du pantalon à la rayure des chaussettes avec un raffinement qui décelait la vivacité d’un goût maté partout ailleurs et à qui cette seule concession avait été faite par tolérance, tandis qu’une tache rouge sur la cravate était imperceptible comme une liberté qu’on n’ose prendre."
      Une recherche sur le mot "sobriété" dans les trois premiers tomes ne me ramène pas ce passage.
      Et pourtant, une étude sur les rayures (on ne rigole pas) l'attribue bien à Charlus (https://books.openedition.org/ledizioni/7257).
      Une feuillet écrit mais non retenu par l'auteur ?

      K.

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  8. « Mon pauvre ! tu risques d'attendre un moment ! Pense à emporter un livre… » je vous envie de consacrer votre temps si précieux à des choses si futiles... reste que le peu qu'il me reste je le consacre à vous lire, vous et vos intervenants, en attendant de pouvoir, si dieu me prêtes vie de me consacrer à cette passion commune, guidé par vos conseils, surpris par vos interventions, pouvoir partager vos expériences littéraires, merci de me faire languir M.Goux

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La boutique est rouverte… mais les anonymes continueront d'en être impitoyablement expulsés, sans sommation ni motif.