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vendredi 24 juillet 2015

Après Paludes…


Puisque j'ai appelé Paludes le roman de moi qui devrait paraître (aux yeux éblouis) en début d'année prochaine, et qui ne se nommera évidemment pas ainsi, je viens de décider que le prochain – qui m'occupe fort depuis quelques jours – sera désigné sous le nom de Pot-Bouille. Pour l'élémentaire raison qu'il y sera question d'un immeuble et des gens qui l'habitent. Si jamais je parviens à l'écrire et qu'il est adapté au cinéma, j'espère que j'aurai droit à une distribution aussi glamour que celle qui me sert d'illustration. Mais ça m'étonnerait.

Cela dit, je m'en fous, car je n'ai jamais compris ce qu'on pouvait trouver à Gérard Philipe.

lundi 6 juillet 2015

Soigne ta clausule, Ursule !


La dernière phrase d'un livre est importante ; c'est celle qui donne au lecteur l'impression sur laquelle il va rester (à condition toutefois que les trois ou quatre cents pages la précédant n'aient pas été sabotées par l'auteur). L'idéal est bien sûr qu'elle soit dans la tonalité qui a ouvert le livre. Ce qui revient à dire qu'une clausule ne doit pas être insipide (et encore moins incipit, sous peine de mettre votre livre sens dessus dessous), sauf si, justement, vous avez voulu composer votre roman en insipide dièse mineur. L'exemple le plus rebattu est bien sûr celui de Proust, commençant sa Recherche sur le mot “Longtemps” et la finissant sur le mot “Temps” (les deux avec majuscule initiale). Quoi qu'il en soit, on tâchera que la dernière phrase ait le plus de résonance possible, afin de prolonger l'effet donné par le livre – si effet il y a bien eu (sinon, inutile de se fatiguer pour cette fucking clausule).

La dernière phrase d'une introduction ou d'un avant-propos répond à d'autres exigences : elle doit inciter fortement ll'hypothétique lecteur, toujours prompt à se défiler, à poursuivre sa lecture, à entrer dans le vif. Dans ce genre, celle qui clôt l'introduction à La Cabale des dévôts de Jean-François Revel me semble parfaite ; la voici :

Ce livre est entièrement négatif ; si vous aimez les pensées positives, ne l'ouvrez pas.

jeudi 2 juillet 2015

Et maintenant… que vais-je fai-reu ?


Aujourd'hui, à midi trente-cinq, j'ai posé le point final à Paludes.

samedi 18 octobre 2014

Tous morts

Effet secondaire d'un apéritif imprévu ? Probable : il arrive, dans un vieux couple, que l'on se mette à évoquer le passé commun ; ce qui, au moins, prouve qu'on en a un. Dans notre cas, il peut arriver que ce passé commun prenne les allures criardes de cette couverture, qui nous a non seulement nourris mais bien occupés – et durant une vingtaine d'années, ce qui crée des liens.

Des liens désormais défaits, dans la vie “de tous les jours”, mais renforcés tout de même, dans la mesure – et ce fut la découverte de ce soir – où je suis momentanément le seul survivant de cette histoire.

La Brigade mondaine a été inventée (initiée, dirait-on aujourd'hui) en 1975 par trois hommes : Jean-Paul Bertrand, alors directeur financier (ou quelque chose d'approchant) des Presses de la Cité, Gérard de Villiers qu'on ne présente pas, et Bernard Touchais, chef du rewriting de France Dimanche et premier auteur de la glorieuse série.

Morts tous les trois.

À cette époque reculée dont je parle, chaque “opus”, pour parler comme les cons actuels, était relu par Maurice Vincent, ancien policier de la véritable Brigade mondaine, dont le travail consistait à vérifier que l'auteur ne racontait pas tout à fait n'importe quoi. Je me souviens avec un rien d'émotion des remarques que je recevais de ce Vincent-là, à chaque livre que j'écrivais.

Mort. 

Ensuite, le nombre de titres se multipliant chaque année, à mesure que les ventes baissaient, on engagea d'autre auteurs. Le premier fut Philippe Muray.

Mort.

Le suivant fut Didier Goux, très provisoirement vivant.

C'est par Didier Goux qu'arriva le troisième, Jean-Philippe Chatrier, dont j'ai déjà parlé

Mort.

Il y en eut d'autres ensuite, deux ou trois, dont j'espère, la collection étant elle aussi morte, finalement, qu'ils lui ont survécu.

Là-dessus, après ces évocations funèbres, Catherine et moi passâmes à table.

(J'ai choisi comme illustration ce numéro 200, que j'ai écrit, une histoire caverneuse (me semble-t-il) et à base de chant lyrique, dont je ne me souviens plus du tout. Et c'est, de plus, le seul numéro qui manque à ma collection. Mais, bon Dieu, qu'est-ce qui a bien pu arriver à ce pauvre castrat ?)


Rajout de samedi matin : Catherine me fait remarquer à juste titre, en commentaire, que j'ai oublié Loris, l'homme qui dessinait les couvertures.

Mort.

jeudi 6 mars 2014

On parle de moi, dites donc !


M. Daniel Fattore a lu mon livre, et je trouve qu'il en parle fort justement. C'est ici.

vendredi 1 novembre 2013

Salut, patron !

Gérard de Villiers, 1929 – 2013

Bon, si je comprends bien, mes sept mille euros, je peux m'asseoir dessus ?

jeudi 31 janvier 2013

Session de rattrapage condensée pour les nouveaux arrivants


La maison a fait un réel effort, puisque ce livre de plus de deux cents pages ne vous coûtera que la modique somme de 9,95 € (plus les frais de port, tout de même…), alors qu'il s'agit là d'un concentré encore jamais vu de pensée française ! Il comporte environ soixante-dix textes (sur près de mille cinq cents billets…) publiés ici même entre novembre 2007 et décembre 2009.  En voici la table des matières, à titre indicatif :

– De la vie privé................................................... p. 11

– Dans les livres .................................................. p. 41

–L'Enfer aux lapins ............................................. p. 75

– Chemins de Travers ......................................... p. 87

– De ma fenêtre ................................................. p. 119

– La Comédie des horreurs ............................... p. 139

– En territoire ennemi ....................................... p. 155

– Côté femmes .................................................. p. 191

– À tous les kékés ............................................. p. 201

Un ouvrage absolument indispensable pour toute personne n'ayant découvert ce blog à nul autre pareil qu'à partir de janvier 2010…

samedi 3 novembre 2012

Prenez les patins, le Salon est tout neuf !


Même si, bien entendu, je continuerai de tambouiller ma petite cuisine ici, ce n'est pas sans une certaine émotion que je me suis vu admettre au Salon, malgré la grossièreté hélas naturelle de mes manières, et autorisé à déposer mon premier bibelot sur le dessus de la cheminée.

jeudi 23 août 2012

Non, non, non, Saint-Aubin n'est pas mooort ! (Air connu.)


C'est Nicolas qui m'a remis sur sa piste. Évidemment, il a fallu qu'il tombe sur le roman qui comportait “la comète” dans son titre, alors qu'il avait le choix entre dix, même si le site sur lequel je suis arrivé en tapant “Didier Saint-Aubin” dans le moteur de recherches n'en propose que six à la convoitise des foules.

C'était notre fameuse rubrique : L'Année où, sous un faux nom, Didier Goux a failli devenir immensément riche ; mais en fait non.

jeudi 22 décembre 2011

L'avalé des à-valoir


La différence essentielle entre un écrivain et son confrère en bâtiment : lorsqu'il a terminé un roman, le premier remet son ouvrage sur le métier ; le second se contente de le remettre à son éditeur.

mercredi 20 juillet 2011

Maman, ça y est ! j'ai finiii !



Eh bien voilà. Depuis environ cinq minutes, mon 101e Brigade mondaine est prêt à mettre sous presse. Je ne mérite ni compliments ni condoléances, ni lauriers ni couronne mortuaire ; juste un pastaga impérialement dosé lorsque l'heure sera venue. Puisque j'avais dès son titre (et uniquement là d'ailleurs…) placé mon pensum sous haut patronage baudelairien, il serait logique que je conclue ce mini-billet par un extrait des Métamorphoses du vampire. Seulement, allez savoir par quels méandres, c'est le premier quatrain du Voyage qui, durant ces deux semaines d'écriture à la truelle, sont revenus presque chaque jour me titiller la pensarde.


Pour l'enfant, amoureux de cartes et d'estampes,
L'univers est égal à son vaste appétit.
Ah ! que le monde est grand à la clarté des lampes !
Aux yeux du souvenir que le monde est petit !

samedi 9 juillet 2011

Les gothiques, c'est tout un roman (enfin ça le sera…)

L'écrivain en bâtiment, en ayant un peu marre d'être toujours tout seul sur le chantier, décida un matin de faire profiter les passants de l'avancement des travaux. En se disant que la période estivale avait toujours été propice aux lectures idiotes.


Deux grosses gouttes de pluie vinrent s’écraser, l’une sur le verre gauche des lunettes d’Aimé Brichot, l’autre sur l’arête de son nez busqué.

Il ne manquait plus que ça… Durant un mois, tout le monde s’était mis à entonner – et spécialement les journalistes de la télévision, bien entendu – le grand air de la sécheresse, et voilà que l’une des premières pluies tombant depuis plus d’un mois, elle était pour sa pomme !

En maugréant, Brichot releva le col de sa veste et continua de remonter la rue du Terrage. Plus sinistre que cette rue-là, c’était difficile, à part peut-être la fameuse rue Watt du treizième arrondissement, immortalisée par Boris Vian. C’est en tout cas l’impression qu’Aimé avait eue lorsque le taxi l’avait déposé à l’angle du faubourg Saint-Martin. D’un côté elle aboutissait aux voies du chemin de fer de la gare de l’Est ; de l’autre au canal Saint-Martin. Entre les deux, un alignement d’immeubles anciens mais sans caractère aucun et aux façades considérablement noircies. À présent, il ne lui restait plus qu’à trouver la rue Jean-Didier Jaigou, où se trouvait la discothèque Aimez-vous Bram ? – si possible avant qu’il pleuve “à boire debout”, comme aiment à dire nos cousins québécois. Car, bien entendu, il avait négligé de se munir du plan de Paris qui dormait bien tranquillement dans un tiroir de son bureau, aux Affaires recommandées…

Alors que les gouttes se faisaient de plus en plus nombreuses et pesantes, il avisa un homme d’une cinquantaine d’années, vêtu d’un pantalon de velours côtelé et d’une ample chemise grise, qui, malgré l’heure relativement avancée de la matinée, était occupé à sortir deux grosses poubelles vertes d’un immeuble un peu plus présentable que ses voisins. Il s’en approcha, tout en notant que l’homme avait des cheveux grisonnants, étonnamment longs sur la nuque.

- Pardon, mon brave : est-ce que vous pourriez me dire si je suis encore loin de la rue Jean-Didier Jaigou ? demanda Aimé Brichot bien poliment.

Le type se redressa brusquement, tourna vers lui un visage sanguin et rond, le regarda avec des yeux agrandis par la stupeur, avant d’éclater d’un gros rire sonore qui lui fit trembler tout le corps jusqu'aux tréfonds de l'armature :

- Non mais dites, qu’est-ce qui vous prend de me parler comme si on était deux acteurs d’une mauvaise série télé française – ce qui est d’ailleurs un parfait pléonasme ? Vous vous croyez sur TF1 ou bien ?

Aimé Brichot prit conscience du ridicule de sa formulation, se sentit rougir d’un coup et tenta plus ou moins de se raccrocher aux branches :

- Euh… veuillez me pardonner, je pensais juste que vous…

- Vous pensiez que, comme je suis concierge, il fallait me parler comme à un gogol léger, c’est ça ?

Du coup, Aimé Brichot perdit pied totalement et préféra se taire : ce qu’on appelle “capituler en rase campagne”. Il devait avoir l’air si misérable que son interlocuteur éclata de rire une seconde fois, avant de s’exclamer :

- Allez, faites pas cette tronche de gamin puni, mon petit vieux ! Je disais ça juste pour rigoler un peu ! Dans le fond je m’en fous, de la manière dont les gens s’adressent à moi. De toute façon, la plupart du temps, je n’écoute même pas ce qu’ils peuvent bien me raconter, les gens, alors…

- Donc, pour la rue Jean-Didier Jaigou… reprit Brichot avec un petit sourire amusé.

- Hein ? Ah, oui, bon… ben c’est pas très compliqué en fait, vu que c’est celle qui prend là, à gauche, juste après mon immeuble. Je la connais bien : c’est là que donnent les deux fenêtres de ce qu’on appelle ma “loge”, sans doute pour essayer de me faire croire qu’on est à l’opéra tous les jours, nous autres. Moi, je dirais plutôt : mon taudis, mais bon… Et vous allez y faire quoi, dans cette rue sinistre, si c’est pas indiscret ni abuser de votre temps ?

- Je vais à un endroit qui s’appelle Aimez-vous Bram ?

Le concierge en resta muet quelques secondes, avant d’éclater de rire pour la troisième fois, faisant sursauter la vieille dame à cheveux mauves qui passait à leur hauteur, traînant au bout d’une laisse un mini-chien aux allures de rat chlorotique.

- Aimez-vous Bram ?, voyez-vous ça ! D’abord, laissez-moi vous faire observer que si vous comptez vous encanailler, vous choisissez plutôt mal votre heure ! À moins que vous soyez là en repérage ? En tout cas, vous avez des goûts un peu bizarres, excusez-moi d’être franc, mon petit vieux. Moi, de mes fenêtres, je les vois passer, les filles qui vont s’entasser là-dedans. “Gothique”, on appelle ça, il paraît. Moi je dirais sinistre, ou même lugubre, oui ! Elles sont toujours tout en noir, avec des mines de déterrées et des maquillages immondes. Sans parler de leurs fringues informes et de leurs bijoux à vous coller le tracsir ! Moi, je pourrais pas tirer une de ces nanas-là : j’aurais trop peur qu’elle en profite pour me sucer le sang pendant que je dors ! Sucer, je suis plutôt pour, notez ; mais mon sang je me le garde ! Enfin, c’est chacun son goût, hein ? D’ailleurs, je reconnais que sur toutes celles que je vois passer, il y en a quelques-unes de vachement bandantes quand même !

Aimé Brichot avait dressé l’oreille, soudain intéressé par le bavardage du concierge. Tandis que l’autre achevait sa péroraison, il sortit de la poche intérieure de sa veste la photo de Marie-Pierre Bouvillon, qu’il avait reçue par mail juste avant de quitter le 36 et qu’il avait pris la peine d’imprimer. Il la mit sous le nez de son interlocuteur :

- Dites voir, mon brave, vous n’auriez pas vu cette fille-là, récemment, passer devant vos fenêtres ?

Sans daigner jeter le moindre coup d’œil à la feuille de papier A4 sur laquelle était imprimé le portrait de Marie-Pierre Bouvillon, le concierge lui envoya en revers une autre question :

- Seriez pas flic, vous, des fois ?

- J’appartiens effectivement à la police judiciaire de Paris, répondit Aimé Brichot, un peu plus sèchement. Et je vous répète ma question : est-ce que vous avez vu, récemment, cette personne entrer dans la discothèque ?

- Non, désolé, je ne l’ai pas vue y entrer, répondit l’autre après un rapide coup d’œil à la photo.

Brichot affichait déjà une mine déçue lorsque le concierge se fendit d’un large sourire satisfait et ajouta :

- Par contre, je l’ai vue en sortir !

- Vous en êtes sûr ?

- Caïman ! C’était avant-hier, si ma mémoire ne me joue pas de tours. Ou peut-être bien il y a deux jours. Enfin, dans ces z’eaux-là, comme dirait Émile. Je l’ai remarquée, cette greluche, d’abord parce qu’elle serait assez mon genre si j’avais vingt-cinq ans de moins et que je bandais encore à la commande, mais surtout parce qu’elle était complètement bourrée et que j’ai eu peur qu’elle ne s’affale sur le trottoir juste sous mes fenêtres – ce qui m’aurait moralement obligé à aller la ramasser, et j’en avais pas plus envie que ça. Mais finalement, non, elle a réussi à s’emporter un peu plus loin.

- Et elle est partie dans quelle direction ? voulut savoir Aimé Brichot, qui se sentait des impatiences.

- Ben vous alors ! Elle est partie dans le sens de circulation de la rue, cette blague !

- Dans le sens de la circulation ? s’étonna Brichot. C’est idiot : vous venez de me dire qu’elle était à pied !

- Elle était à pied en sortant de la boîte – ce qui est bien le moins ! corrigea l’autre. Juste après être passée en chaloupant devant mon taudis, elle a été accostée par un type à moto – une grosse cylindrée bleue, genre japonaise. Votre pochtronne gothique est montée tant bien que mal en croupe et ils se sont tirés. Voilà, j’en sais pas plus, M’sieur l’agent !

Aimé Brichot ne releva même pas la petite pique finale et demanda très vite :

- Vous avez pu voir le visage du pilote ?

- À travers un casque intégral à la visière fumée ? Et pourquoi pas ses tatouages et la marque de son vaccin anti-tuberculeux sous la combinaison de cuir, pendant que vous y êtes ? Non mais j’vous jure, les flics des fois…

Devant l’air plus ou moins exaspéré d’Aimé Brichot, il se dépêcha d’ajouter :

- Bon, en tout cas, votre motard, il avait l’air plutôt pas très grand et pas bien baraqué non plus. Je me suis même demandé comment il faisait pour maîtriser son “gros cube” avec son gabarit de moineau weight watcher

Aimé Brichot remercia le concierge pour sa contribution au recul de la criminalité et l'abandonna à ses poubelles. Ce n’est qu’en tournant le coin de la rue Jean-Didier Jaigou qu’il prit conscience de ce que la pluie n’avait pas cessé de tomber durant toute la conversation, et qu’il était désormais trempé.

Il eut tout de même un petit sourire satisfait, sous sa moustache irisée : au moins, il ne s’était pas fait mouiller pour rien. Il n’y avait peut-être aucun lien entre le motard “weight watcher” qui avait embarqué Marie-Pierre Bouvillon deux ou trois jours plus tôt et la mort par égorgement de celle-ci, mais c’était une piste qui méritait d’être suivie.

Et au moins, s’il chopait une pleurésie, il pourrait toujours se dire que c’était pour le bien de la France.


Michel Brice, Les Métamorphoses du vampire, p. 53-60 du document Word.


vendredi 8 juillet 2011

Quoi, ma goule ? Qu'est-ce qu'elle a, ma goule ?


Comme j'avais besoin d'une boîte de nuit fréquentée par des “gothiques” adeptes du vampirisme, afin de déposer dans son arrière-cour une pauvre fille nue et salement égorgée, j'en ai créé une dans le troisième arrondissement de Paris et l'ai appelée : Aimez-vous Bram ?

On s'amuse comme on peu…

mercredi 6 juillet 2011

Le parodontologue a les dents longues


Ce matin, l'écrivain en bâtiment a passé sa robe de bure et s'est enfermé dans sa cellule monastique pour tenter de bâtir – et de faire tenir debout – un nouveau chef-d'œuvre immortel, sans espoir de défroquer avant deux semaines. Cela devrait raconter la terrifique et pitoyable histoire d'un parodontologue, maboule mais aux dents longues, et s'appeler Les Métamorphoses du vampire : titre baudelairien pour un livre qui, on peut d'ores et déjà l'affirmer, ne le sera en rien. Mais je m'en sortirai, ne vous faites pas de mauvais sang.

lundi 2 mai 2011

Désolé, Nicolas, mais la bière de mars n'est plus de saison…


En revanche, dans le même millésime, il y a toujours mon journal.

Je sais, c'est pas pareil…

vendredi 29 avril 2011

C'est l'histoire d'un écrivain en bâtiment, vieillissant et paisible…

À Mildred, qui s'impatiente…

Il n'était ni très doué ni bien vaillant, mais il était consciencieux. Comme il avait un méchant ouvrage de 240 pages à rendre le 15 mai, il avait prévu deux semaines à ne rien faire d'autre qu'à l'écrire, du 17 avril au 2 mai – et on notera qu'il se gardait encore une soupape de sécurité, constituée par le week-end du 8 mai, envisageant de travailler pendant que d'autres commémoreraient, qui la libération générale, qui celle d'Orléans.

Or, il advint qu'une lointaine princesse, encore appelée assistante de l'éditeur, appela un matin notre écrivain en bâtiment au secours et, tout en pleurs, souffrant mille morts, lui demanda s'il ne pourrait pas, des fois, comme ça, par hasard, terminer d'édifier son mur plutôt vers le 3 ou le 4 de ce joli mois de mai s'annonçant, le maçon littéraire dont l'arrivée était prévue le 15 avril ayant produit un mot de sa maman disant qu'il serait à la bourre grave – comme aurait dit Victor Hugo. N'écoutant que son vaillant cœur – et aussi parce qu'il est un peu con sur les bords – le vaillant scripteur promit tout ce qu'on voulut. Puis, le téléphone à peine raccroché, il s'aperçut que tenir ses engagements impliquait de ne rien faire d'autre durant les six jours à venir que de travailler sans relâche, telle la bête de somme qu'il avait au fond toujours été (on remarquera que, dans ce cas précis, bête de somme et animal de sieste s'excluent formellement l'un l'autre malgré leur trompeuse parenté syntactique).

Ne rien faire d'autre, se promit-il donc fermement, de toute façon un peu coincé. Et surtout pas de billet de blog, bon sang de bois : l'heure des écritures gratuites était passée, il s'agissait à présent de faire tomber la monnaie. C'est vrai, quoi.

lundi 18 avril 2011

Double compte rond au 36 quai des Orfèvres


Tout à l'heure, en tapant les mots-qui-dépriment, à savoir “chapitre premier”, en tête du prochain Brigade mondaine, 325e du nom, je me suis brusquement avisé qu'il correspondait à un anniversaire. Il y a en effet tout juste un quart de siècle (sans doute à quelques semaines près, mais on ne va pas ergoter), je sortais du siège des Presses de la Cité, rue Garancière, derrière la place Saint-Sulpice, avec des paillettes dans les yeux et un chèque de quarante mille francs (un peu plus de six mille euros, pour mes lecteurs au biberon) dans la poche, lequel correspondait à mon tout premier roman de cette mirifique série. Il portait le dossard 77 et s'intitulait Le Rodéo du plaisir – une histoire qui n'était pas de mon fait et se déroulait dans le milieu des passionnés de voitures de collection.

Ma toute première entrevue avec Jean-Paul Bertrand, qui n'était pas encore le patron des éditions du Rocher qu'il n'est plus, mais déjà le vrai créateur de la série (et accessoirement quelque chose comme directeur financier des Presses), mon entrevue avec lui avait été brève et rentable. Il savait que Gérard de Villiers m'avait demandé d'écrire un roman et c'était tout. Après que nous eûmes échangé quelques phrases dont l'histoire n'a pas cru bon de conserver la teneur, il a pris mon manuscrit – tapé sur ma petite Olivetti portative – et, sans y jeter le moindre coup d'œil, l'a remisé dans un tiroir de son bureau. D'un autre tiroir, il a sorti un chéquier, l'a ouvert et a dévissé le capuchon d'un stylo à plume – triple opération qui augurait assez bien de la suite.

– Gérard vous a dit combien vous alliez être payé ?

Ah, la saloperie de question piège ! Allez, réponds donc, jeune et gros abruti !

– Eh bien… il m'a dit que c'était entre trente et cinquante mille francs, selon le…

– C'est quarante mille ! m'a interrompu JPB, qui ne semblait pas du genre à vouloir perdre trop de temps avec des apprentis écrivains en bâtiment – des gâcheurs de plâtre – dans mon genre.

J'ai opiné avec une certaine allégresse : réfugié en Sologne, chez mes parents, dans ma chambre d'adolescent, j'avais mis huit jours à écrire ce truc ; et voilà qu'on me l'échangeait sans barguigner contre environ cinq mois de mon salaire net de rewriter. J'allais pouvoir creuser allègrement mon découvert bancaire chronique – ce que je n'ai pas manqué de faire dans les années suivantes.

C'était donc il y a a tout juste 25 ans : un compte rond qui méritait d'être célébré ici, m'a-t-il semblé. Pour que ce billet soit complet, j'ai eu l'idée, avant de commencer à l'écrire, de recenser combien j'avais écrit de Brigade, un quart de siècle plus tard. Je me suis aperçu que, sans compter la trentaine de romans “hors collection”, j'en étais à 99 parus.

Ce qui signifie que je viens de commencer mon 100e “opus”, comme se plaisent à dire les plumitifs de presse, ce qui constitue un deuxième nombre rond. Et ce sera le dernier, car je n'irai ni au demi-siècle, ni à deux cents titres.

lundi 11 avril 2011

Je me sens prêt à bouffer le monde, moi !


Je tiens une forme, par ce beau temps, que c'en est à peine croyable !

Ça tombe bien puisque c'est en principe ce matin que j'attaque le nouveau BM.

En principe…

lundi 7 février 2011

À question du jour, réponse facile



Mais qui est donc ce mystérieux Didier Saint-Aubin ?



mercredi 26 janvier 2011

Le vaillant petit tailleur (de haies)

C'était pour ce matin, pas la moindre place pour le jeu du doute. Après un rapide tour de mes blogo-étables habituelles, sous le titre choisi depuis plusieurs semaines déjà et à dix heures et demie tapantes j'aurais dû écrire le premier mot de la première phrase du premier chapitre. J'aurais dû…

Déjà mon inconscient a très bien rempli son office en ne me faisant percevoir ni le lever de Catherine ni la sonnerie du téléphone un peu plus tard. Résultat de cette vigilance morphéique : je me suis levé à neuf heures et demie dépassées. Mais enfin, en se bousculant un peu, tout restait possible…

Et c'est alors que, bénis des dieux soient-ils, les tailleurs de haie ont débarqué au Plessis, harnachés d'imperméable vert foncé (il pleut à boire debout), tout armés de leurs engins bruyants et rotatifs. Très bruyants : vous avez déjà essayé de commencer un Brigade mondaine tandis que trois inconnus déclenchent un vacarme de tous les diables dans votre jardin, c'est-à-dire à quelques mètres de votre si délicat cerveau créateur ? Non ? Eh bien moi non plus.