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lundi 21 décembre 2015

Fluctuat neeeeec mergitur


C'est le genre de nouvelles qui vous fait dire que tout n'est pas perdu ; que la France, à l'instar du Veau d'or, est toujours debout ; que la vaillance et la noblesse chevillent toujours le cœur des hommes de ce pays. Lorsque j'ai découvert ce titre, sur Atlantico, aussitôt les larmes m'ont perlé :

Les Français pourront finalement réveillonner
sur les Champs-Élysées

Ah, j'en connais qui doivent tirer des gueules longues comme un jour sans barbe, au fond de leurs déserts sinistres ! Ils pensaient nous avoir mortellement atteints avec leurs attentats, ces jaloux de notre culture de la tolérance et du miam-miam collectif ? Ils s'attendaient à ce que tous les Français se terrassent dans leurs demeures silencieuses au soir de la Saint-Sylvestre du changement de l'année qu'elle est finie ? La gifle ! Tout tranquillement, moderne Sainte-Geneviève-du-Vélib, Mme Hidalguette (promouvons la féminisation de ces insupportables noms à relents machistes) leur déclare droit dans leur face pileuse que, ce soir-là, guéguerre ou pas guéguerre, elle mènera ses moutons au pré comme d'habitude, et qu'elle leur servira un émouvant et bien français vidéo mapping pour célébrer le vivre-ensemble, auquel, chacun en est bien conscient, on n'accorde pas, le restant de l'année, toute la révérence qu'il mérite. Bien sûr, ce grand acte de résistance s'accomplira au centre d'une quadruple ceinture de policiers surarmés et nerveux, et je n'aimerais pas être le petit Mohammed qui, entre les rues de Berri et de Washington, va imprudemment plonger la main dans la poche de son blouson pour y prendre son paquet de cigarettes : il se pourrait qu'il se retrouve l'heureux bénéficiaire d'un “contrôle aléatoire accru”. Mais quoi : on ne fait pas de couscous sans bousculer un peu les grains de semoule ; et si, pour affirmer au monde qu'inaliénable est notre droit à descendre une avenue à date fixe, il faut prendre quelques risques, eh bien nous les prendrons ! Non mèèèè !

mercredi 13 novembre 2013

Blogueur de gauche traquant le fascisme, le racisme, la scarlatine, etc.


Grâce à tous les bons petits soldats de la République-en-danger-arrête-c'est-vachement-grave, les Max-la-menace nazis de Minute vont pouvoir vendre quelques exemplaires supplémentaires de leur follicule. Cela étant, il faudrait peut-être songer à prévoir des points “ravitaillement-antifascisme-santé” pour nos sonneux d'tocsin : on n'est encore que mercredi et ils ont déjà dû sauver deux fois la démocratie depuis le début de la semaine – des claquages sont à craindre d'ici samedi.

dimanche 12 mai 2013

À poil devant le polyprisu !


Grâce à l'esprit inventif et éclairé de M. Paul Kersey, digne quoique épisodique commentateur de ce blog, nous sommes en mesure d'annoncer d'ores et déjà que la vilaine et poussiéreuse polygamie a cessé de vivre et qu'elle sera désormais remplacée par le gentil et rutilant

mariage polymère.

En ce qui concerne les unions polypères, il semble que, pour le moment, leur revendication présente un caractère d'urgence moindre…

mercredi 5 décembre 2012

Some like it hotte


La semaine prochaine, en l'auditorium Jean-Prouvost, légitime fierté de l'entreprise qui m'emploie, le magazine Elle organisera un Marché de Noël solidaire. Évidemment, en recevant le choc de cette information,  la première question qui vient aux dernières personnes encore à peu près saines d'esprit est : comment un marché peut-il être solidaire ? La seconde, qui suit immédiatement, est plus intéressante : de qui ce marché entend-il se montrer solidaire ? Du Monoprix de la place Pompidou ? De l'épicerie arabe de la rue Anatole-France ? De l'échoppe à sandwichs de l'avenue de l'Europe ? Du restaurant d'entreprise qui se trouve au bout du hall ? Et, une fois acquise, comment cette solidarité va-t-elle se manifester ? Par un échange de bonnets rouges doublés de fourrure entre ces différents commerces de proximité ? Une location de traîneaux commune afin de casser les prix ? Un grand méchoui de renne autour d'un feu citoyen ? Rien de tout cela n'est bien sûr précisé sur l'affichette apposée dans tous les ascenseurs (qui eux-mêmes ont récemment introduit en haut lieu une requête afin d'être promus ascenseurs sociaux) : ces demoiselles d'Elle ne font rien, mais alors là rien, tu vois, pour apaiser les âmes inquiètes ni tempérer les esprits en surchauffe.

mardi 13 septembre 2011

Confit en dévotion

Malgré ses brevets d'athéisme dûment paraphés, et avec son petit autel portatif voué au culte de l'Autre, qu'il déplie dès que l'occasion s'en présente, tel un bateleur ses tréteaux, Modernœud n'est rien d'autre que la version abâtardie, chue hors de toute transcendance, d'un chrétien à la façon ancienne et point encore tout à fait disparue. Il ressemble à un chrétien comme un canard sans tête parvient encore à ressembler, un temps, à un canard.

vendredi 22 juillet 2011

La télévision selon Modernœud : le docu-fiction



C'est venu subrepticement, il y a quelques années. Dans la France d'avant, lorsque la télévision programmait un documentaire sur, mettons, l'affrontement de Louis XI et de Charles de Bourgogne, dit le Téméraire, ou bien sur les bâtisseurs de Notre-Dame de Chartres, on voyait des vues de la Bourgogne, des plans de Notre-Dame, des champs de bataille désertés depuis cinq siècles, des gargouilles et des carrières de pierre – et surtout des plans fixes (en général sur fond de bibliothèques bien fournies en riches reliures) sur des trognes d'agrégés mâles et femelles, tout frétillants qu'on les interroge sur la question à laquelle ils consacraient leur existence professionnelle, et plus si affinités.

Tout cela est terminé. Un beau jour (ou peut-être uuuune nuit…), les responsables des diverses chaînes proposées à notre convoitise se sont avisés qu'il s'adressaient à des cons festifs (que l'on orthografiera désormais : confestifs – création libre de droits, comme toujours) et qu'il convenait de descendre de trois ou quatre marches si on ne voulait pas les perdre. Car perdre Confestif, quand on est une chaîne de télévision, est ce qui peut arriver de plus terrifiant. Ils ont donc inventé cet hybride, glaçant ou burlesque selon votre humeur du moment : le docu-fiction. Je ne vais pas perdre de temps à vous expliquer ce qu'est un docu-fiction : vous en avez tous vu, par malheur, au moins une fois dans votre existence de téléspectateur passif. Pour faire bref, il s'agit d'un documentaire “à l'ancienne” où l'on a remplacé le discours d'un professeur d'université par le commentaire dramatisé d'un intermitttent du spectacle, sur le fond d'une musique envahissante et excessivement violoneuse dont la surenchère expressive ferait dégueuler un rat baroque – le tout emballé avec des images d'autres intermittents costumés en tailleurs de pierre ou en archers du roi (douze au maximum et en plans serrés : il faut tenir les budgets), filmés d'une truelle tellement plâtreuse qu'elle ferait passer Josée Dayan pour John Ford.

Il n'est désormais plus possible de prétendre être instruit par la télévision sur un sujet ou un autre sans devoir passer par ces monstruosités. Bien entendu, si on ne croisait ces bouses que sur TF1, France 2 et quelques autres chaînes du même acabit, elles ne vaudraient même pas qu'on leur consacre un billet de blog. Seulement, il faut se résigner à n'y échapper pas non plus sur Arte (dont le statut admis de chaîne culturelle dit assez l'effondrement de notre monde et la prise de pouvoir absolue d'une bande de professeurs incultes sur ce qui fut, naguère, une civilisation), et pas davantage sur les différentes chaînes officiellement vouées à l'histoire qu'il peut m'arriver de regarder.

Et c'est là que les points d'interrogation surgissent. Car si le docu-fiction n'était que l'ultime étron moulé par les modernœuds de l'audiovisuel pour grapiller quelques sous avec des sujets peu populaires, on comprendrait. On n'admettrait pas forcément, mais on comprendrait. Or, ce qu'il me semble, c'est que le docu-fiction joue à qui perd perd. Il devient évident – si j'en juge par mes propres réactions et la bave qui me monte chaque fois aux lèvres – que ce type de… comment dire ? De produit ? Oui, disons cela : de produit. Donc il me semble évident que ce genre de produit ne peut qu'indisposer et chasser au loin les gens qui, au départ, étaient fort bien disposés envers les combats de Louis XI contre Charles le Téméraire ou l'érection de Notre-Dame de Chartres (ça marche également avec la culture du riz en étages dans la Moyenne Thaïlande du XVIe siècle, ou le déchiffrage de l'écriture sumérienne, ou un aperçu rapide sur la vie de Léonard de Vinci). Mais cela ne gagnera pas non plus les bas-du-front incurieux, qui se foutent de toutes ces choses, ne savent même pas où se trouvent les chaînes en question sur leur zapette, et ont de toute façon prévu de regarder sur TF1 le quatrième épisode de La Revanche des oliviers de l'amour, avec Cristiana Reali dans le rôle de l'amour-qui-pleure-mais-qui-va-gagner-à-la-fin et Gérard Depardieu dans celui de l'olivier-millénaire-si-solide-malgré-son-apparence-fragile.

Demeure donc la question, finalement assez angoissante tellement on ne lui trouve aucune réponse satisfaisante : à qui sont destinés ces putains vérolées de docu-fictions de merde fumante et molle, si je puis me permettre cette explosion de haine fécale et misogyne ?

J'attends vos avis…

mercredi 13 juillet 2011

Il faut entrer plus vite dans l'avenir, mes frères – et l'entonnoir sur l'oreille

Ce qui est assez décevant, dans notre modernité modernœuse, c'est que rien ne va jamais assez loin ni assez vite. On se félicite des extraordinaires avancées qui s'opèrent presque chaque jour, mais on se rend bien compte que tout cela n'est que demi-mesures timorées, le plus souvent.

Ainsi, c'est une grande et belle chose que les fous qui se prennent pour des femmes ne relèvent plus de la psychiatrie lourde, mais soient devenus des femmes à part entière, emprisonnées par inadvertance du Créateur dans des corps d'hommes, et que chacun ait à cœur d'accompagner et de soutenir leur juste combat pour une reconnaissance énamourée. Mais soudain tout s'arrête, le bel élan modernœud retombe bientôt, alors qu'il reste tant à accomplir.

C'est donc pour apporter ma pierre au saut dans l'avenir que je propose à mes frères et sœurs un nouvel axe de mobilisation citoyenne. Faisons en sorte, tous ensemble, qu'à partir de demain matin huit heures vingt-cinq les fous se prenant pour Napoléon ne soient plus stigmatisés par cette appellation bassement discriminante mais deviennent enfin ce qu'ils méritent d'être : d'authentiques empereurs post-révolutionnaires malencontreusement ficelés dans des corps d'employés de banque du XXIe siècle. Les femmes leur feront la révérence et les hommes leur offriront, en gage de soumission respectueuse, des volées de ballons multicolores en les appelant Votre Majesté.

Et bientôt les antiques et sombres z'asiles seront vides, puisque nous serons tous dans la rue.

jeudi 7 juillet 2011

Gloire à Annecy ! Le communiqué que j'aurais aimé écrire


Il émane du parti de l'In-nocence, fondé par Renaud Camus, et a pour sujet une nouvelle dont je me suis bruyamment réjoui hier soir, devant mon poste de télévision et la tronche d'endive mal cuite de Pujadas nous l'annonçant :


« Le parti de l'In-nocence exprime ses vives félicitations aux habitants d'Annecy, à tous les amis du sport, à tous les adversaires de l'affairisme mondialiste, de la tricherie institutionnalisée et du Spectacle global, à toutes les associations comme aux individus qui ont lutté avec courage et dignité pour que les Jeux olympiques d'hiver de 2018 soient épargnés à la Savoie, et qui sont aujourd'hui récompensés de leurs efforts par la désignation de l'infortunée Pyeongchang. Après le succès de Paris qui pareillement était parvenue à échapper au détriment de Londres aux Jeux olympiques d'été de 2012, il semble que voilà enfin un domaine où la France soit habile à tirer son épingle du jeu. C'est une grande joie de la voir soustraite, et ce qui reste de ses paysages, à l'humiliation de servir de théâtre à ce triste spectacle. »


J'en profite pour présenter mes plus sincères condoléances au peuple coréen – lequel a déjà les yeux bridés et n'avait donc pas besoin de cette tuile supplémentaire.

mercredi 15 juin 2011

Modernœud des villes, modernœud des champs


Le dimanche 26 juin – que ce jour soit à jamais maudit dans nos mémoires –, pour la première fois de son histoire, Le Plessis-Hébert va s'offrir une véritable fête des voisins. Chacun va préparer son propre panier-repas pour venir en ingérer le contenu, le cul dans l'herbe humide, sur le semblant de terrain de football dont nous sommes dotés.

Rien de ce qui fait l'aliénation urbaine ne sera épargné aux culs-terreux que nous sommes.

lundi 30 mai 2011

La halte-garderie de la Bastille (fait aussi maison de retraite)


Le Tiers-État a repris la Bastille ! Même si personne ne semblait avoir prévenu nos modernœuds à cocarde que la forteresse avait été dans l'intervalle transformée en opéra, c'était tout de même beau à voir. Et la révolution s'est terminée sur la même sentence que le Falstaff de Verdi : Tutto nel mondo è burla

Voici les deux derniers paragraphes d'un reportage sur place, qui est à lire ici :

« On verra si la poignée de journalistes qui avaient renoncé à leur repos dominical pour couvrir « l’événement » auront été séduits par ce lyrisme de bazar. C’est qu’en fait d’événement, on a pu observer un attroupement de jeunes fumant un joint une bière à la main et chantant un refrain à la gloire de Che Guevara, un atelier « dessine-moi ton monde » où des gamins, indifférents à la gesticulation carnavalesque, peignaient arbres et fleurs, sans oublier les irrésistibles cahiers de doléances, dont les initiateurs se voyaient déferler dans les rues de Paris, en héroïques héritiers des sans-culottes de 1789 et des Communards.

« On ne pouvait s’empêcher de penser à la remarque de Marx sur l’Histoire qui, après la tragédie, revient sous forme de farce. Alors que les morts égyptiens, tunisiens, yéménites et syriens jonchent les sentiers de la liberté arabe, les indignés de la Bastille rejouaient hier le remake burlesque de leur sacrifice. Ces candides de la révolution post-adolescente donnent envie de voter à droite. Ça leur fera les pieds. »


mercredi 13 avril 2011

Une insupportable atteinte aux doigts de l'homme

Chez l'ami Plouc, je tombe sur ceci :

« Le parlement français examine en ce moment le texte visant à adapter nos lois aux directives européennes relatives au commerce des armes. Ces directives stipulent notamment que les pays vendeurs doivent s’assurer que le matériel militaire ne risque pas de nuire aux Droits de l’Homme. »

Je suis comme vous : mon premier réflexe a été d'éclater de rire (à la relative surprise de mes compagnons de chaîne levalloisiens). Mais en y réfléchissant, je trouve que tout cela part d'une excellente intention et devrait être étendu à d'autres ustensiles, voire généralisé. Les quincailliers notamment, mais aussi les mercières (elles vendent des ciseaux), les marchands de bonbons – on peut étouffer quelqu'un avec le sac en plastique –, les vendeurs d'encyclopédies très lourdes et bien d'autres encore vont désormais avoir intérêt à se pencher sérieusement sur l'attachement de leur pratique aux droits de l'homme. Sinon, leur licence, on la leur taillera en pointe et…

On peut même aller plus loin et, dès l'âge de raison, faire signer à tous les enfants de la terre un document solennel, que l'ONU nous concoctera, par lequel il s'engageront à ne jamais étrangler ni même gifler qui que ce soit au moyen des deux dangereuses armes préhensibles qu'ils portent aux poignets. Ceux qui refusent, tant pis, on leur coupera les mains (mais sans souffrance et proprement) : les droits de l'homme avant tout.

mercredi 23 mars 2011

Le Conseil d'État donne un p'tit coup d'pouce à Marine Le Pen


Trouvant probablement que le Front national n'est pas encore au top du top et qu'il devrait pouvoir faire mieux dimanche, le Conseil d'État a décidé de lui venir en aide entre les deux tours. En prescrivant que, désormais, les immigrés clandestins en passe d'être expulsés en soient avertis une semaine à l'avance, pour leur permettre de rentrer sagement chez eux par leurs propres moyens, et en refermant soigneusement la porte derrière eux. C'est expliqué très clairement ici.

Ce que je ne comprends pas c'est pourquoi on devrait limiter cette mesure aux seuls clandestins. Il est d'une timidité, ce Conseil ! Et discriminant avec ça ! Ç'aurait pourtant de la gueule d'entendre un juge déclarer en plein tribunal : « Monsieur Machin, vous êtes condamné à vingt-huit ans de prison pour le viol, le meurtre et le dépeçage suivant les pointillés de Ginette Lacaze, votre voisine de palier. Par conséquent vous disposerez, à compter de ce jour, de trois semaines pour vous présenter à la centrale de Saint-Modernœud-le-Haut, dans le but de vous y faire incarcérer. N'hésitez pas à sonner plusieurs fois, le gardien est un peu dur d'oreille. »

mardi 1 mars 2011

La musique qu'on mérite


Le 20 novembre 1856, à Saint-Gall, chef-lieu du canton helvétique portant le même nom, a lieu un concert en deux parties. Lors de la première, Franz Liszt dirige l'orchestre pour deux de ses propres poèmes symphoniques, Orphée et Les Préludes. Après l'entracte, les spectateurs pourront entendre la troisième symphonie de Beethoven, encore appelée Héroïque, donnée par Richard Wagner.

Sinon, le XXIe siècle peut vous proposer la troupe des Enfoirés exécutant des numéros en costumes au profit des gargotes coronariennes : c'est bien aussi.

lundi 17 janvier 2011

Hier soir, j'ai entendu Muray se marrer


C'est que je me suis contraint à une expérience devant laquelle je renâcle le plus souvent, parce que je suis un garçon assez douillet : j'ai regardé – et même pis : écouté – le journal de huit heures proposé par France 2. On y a parlé assez longuement du chaos tunisien, avec interviews complaisantes de jeunes révolutionnaires enthousiastes qui, le cul bien au chaud dans notre belle France, encourageaient vivement leurs frères restés au pays à aller toujours davantage au casse-pipe (je résume, hein…). Ensuite une ou deux minutes sur le congrès du Front national, parce qu'il était difficile tout de même de s'en abstenir totalement (le présentateur du journal a parlé dans son “chapeau” de la prise de pouvoir de Marine Le Pen…).

Et, enfin, LE sujet du jour, appartenant à cette catégorie dans laquelle la télévision adore barboter sans fin : l'émotion pure, tournant à vide, se contemplant elle-même. C'était bien sûr à l'occasion du retour des corps des deux jeunes hommes tués au Mali il y a quelques jours. Avec l'obscénité compassée qui est la sienne en ces circonstances, la télévision nous a montré à satiété et sous les angles les plus avantageux la douleur “de toute une ville” (mensonge ! je suis bien certain que, dans ce bled dont le nom m'échappe en ce moment, il se trouve de mauvais esprits dans mon genre pour n'en avoir strictement rien à battre de la mort de deux types qu'ils ne connaissaient ni d'Ève ni d'Adam).

Mais bref. À la toute fin de ce torrent de guimauve mortuaire, on nous a appris que, en guise d'hommage aux disparus, les familles avaient souhaité que la traditionnelle et digne minute de silence soit remplacée par une minute de bruit.

C'est à ce moment que le fantôme de Philippe Muray a passé dans les cintres de notre petit théâtre d'éploration, et que je l'ai très nettement entendu ricaner.

dimanche 16 janvier 2011

PENSEZ BIBI ! (Comme dirait l'autre nase.)


Je sais, c'est mal de se moquer. Mais si on ne peut plus rire le dimanche… Et puis, celui-là est tellement réussi qu'on le croirait inventé par un nauséabond dans mon genre pour dauber sur nos frères africains. Plusieurs perles précieuses par ligne : relisez-moi tout ça et tâchez de n'en manquer aucune !

Merci à Carine, pour ce joyau.

vendredi 31 décembre 2010

On s'en paie une tranche grâce à Dame Tartine


Le camarade Corto, en bon militant socialiste qu'il est (air de la calomnie, en fond…), nous rappelle opportunément que 2011 va être l'année de l'une des plus belles rigolades politiques que l'on puisse imaginer : les primaires socialistes. Et, dans la foulée de son enthousiasme, il nous en détaille les modalités. L'affaire est suffisamment importante pour que je relaie ici. Ce qui est important, c'est que tout électeur inscrit aura le droit de participer à la pantalonnade, après avoir rempli un petit papier de sa belle main, par lequel il affirmera sur l'honneur être béat d'admiration pour les idées socialistes et sanglotant de gratitude à la simple évocation du programme du parti. Ensuite, il n'aura plus qu'à glisser son petit bulletin dans la petite urne. Et c'est là que le spectacle commence.

Les gens qui verraient sans déplaisir le PS se ridiculiser doivent représenter environ 70 % de l'électorat, de l'extrême-droite à l'extrême-gauche, en passant par les Verts qui ne sont nulle part et entendent y demeurer. C'est à tous ceux-là que je lance à nouveau un appel solennel et tonitruant : nous devons, tous, absolument participer à ce vote-pour-rire, en prenant soin de faire porter notre choix sur le plus saugrenu, le plus échevelé, bref, pour dire les choses sans affèterie : le plus dément parmi ceux qui brigueront nos suffrages – et, bien entendu, en écartant impitoyablement les “ténors” autoproclamés. Pas une voix ne doit manquer à Guignol. Ensuite, il n'y aura plus qu'à attendre le dépouillement, que l'on suivra avec gourmandise.

De plus, pour le même prix modique, nous aurons eu, en remplissant notre déclaration de sympathie pour les idées socialistes (ah ! la splendide aporie que voilà !), le plaisir suprêmement raffiné et rare de nous faire du même coup félons et parjures : ça ne se refuse pas.

vendredi 12 novembre 2010

Le onzième commandement de Modernœud

Hier, dans son billet du jour, l'excellent Amalrik disait que, dans nos consciences célestines, l'amour du prochain avait été perverti en amour du lointain. Il a, je crois, parfaitement raison. C'est pourquoi, à sa suite, je me permets d'enrichir un peu la formule en proposant à Modernœud le onzième commandement suivant :

Aime ton lointain comme tu te détestes toi-même.

Et n'oublie pas de passer au Super U en rentrant du boulot.

dimanche 5 septembre 2010

50 000 modernœuds selon les organisateurs ; 4 zombis d'après la police.


Ils z'ont, les zombis, manifesté, donc. Hier, toute la journée et partout en France. Contre la xénophobie, cette plaie purulente de notre pays qui continue d'attirer sur nos rives les étrangers par bateaux entiers. Pas n'importe quels étrangers, attention. Jamais ceux qui envisagent de redresser chez eux une situation catastrophique et qui, pour cela, se sortent un peu les doigts du cul, comme on dit dans cet élégant français post-moderne qui est désormais notre seule langue. Non, non : les autres. Ceux qui viennent nous faire profiter d'une culture tellement forte, tellement pregnante, tellement... Enfin bref.

Mais les zombis ont défilé. Tellement clairsemés et peu assurés sur leurs guiboles que nul n'en a entendu parler. Faites l'expérience, si vous avez envie de rire un peu. Parcourez les billets écrits par nos blogrolleurs de gauche jeudi et vendredi : ça trompettait à tous les carrefours pour vous appeler dans la rue. Il s'agissait de sauver la liberté, la république, les droits de l'homme, la main de ma sœur et d'autres choses encore, au moins aussi précieuses. Il s'agissait d'abattre la xé-no-pho-bie, ce mal sans cesse renaissant – tel le sida chez les enculés de profession. Allez lire les mêmes aujourd'hui : rien. Pas un mot, de billet point. Pas un compte rendu, pas une allusion, que dalle. Il ne s'est rien passé, circulez.

Et c'est vrai qu'il ne s'est rien passé. Nulle part. Ces clowns se sont vu administrer la preuve que le pays était contre eux. Même pas : sans eux. Qu'ils pouvaient brailler tant qu'ils le voulaient, aucune oreille ne tressaillait dans les contrées fertiles. Ils piaillent encore, nos célestes volatiles, mais ils sont probablement déjà morts – ils ne tiennent plus que la télé, c'est dire.

Donc, pas de grand élan d'indignation populaire, pas de manifestation, pas de soulèvement contre notre racisme intrinsèque et constitutif. Tout juste quelques lâchers de ballons multicolores pour se faire croire qu'on existe et pour faire patienter les gosses qui s'emmerdent et qui commencent à avoir faim.

Pauvres cons.

lundi 3 mai 2010

Et in Ikéarcadia Lego

J'avais décidé de me taire. Oh ! ne vous réjouissez pas trop vite : seulement pour ce soir. Mais enfin, au moins jusqu'à demain, je voulais vraiment laisser M. Finkielkraut seul maître à bord de ce taudis qui me sert d'espace détente. Or voilà que, soudain, sur un blog par ailleurs considérablement dénué d'intérêt – en tout cas pour moi – où je m'étais comme égaré, je tombe sur ce titre :

Des chômeurs grévistes occupent l'immeuble Domino

Relisez-le... lentement... mettez-vous bien chaque mot en bouche... Vous les sentez comme il convient, ces chômeurs grévistes ? Tanniques, non ? C'est pas de l'oxymore qui gouleye, ça ? On avait déjà les clandestins revendicatifs, place aux chômeurs grévistes. Aux chômistes gréveurs. Aux gromistes rêveurs. Aux chimistes graveurs. Aux agronomistes ravers. À un laton raveur en prime. À tout ce que vous voulez, pourvu que ça bouge, pourvu que ça danse – que ça avance, que ça progresse dans le bon sens au lieu de régresser vers l'arrière.

Ce que ne nous dit pas le titre, mais qu'on découvre dans l'article dont je vous ai épargné l'éprouvante lecture, c'est que nos chineurs thomistes occupent le Pôle-Emploi. Lequel se trouve donc installé dans l'immeuble Domino. Le Pôle-emploi de l'immeuble Domino... Plus une petite armée d'inoccupés qui cessent brusquement de ne rien faire. Comme ça, sans préavis. Qui prennent l'immeuble Domino en otage. C'est Jules Grévy au pays des Schtroumpfs. Avec Dame Tartine repeinturée en Dolorès Ibarruri.

Et in Ikéarcadia Lego.

Devise du monde.