Cette micro-polémique autour du “hijab”(,en patois de Seine-Saint-Denis حِجَاب) mis en vente par un fabricant
d'articles de sport m'amuse beaucoup : elle me fait l'effet d'une sorte de pet furtif,
silencieux et inodore, un minuscule souffle de rien, mais qui permet aux
troupes constituées de rejouer avec un enthousiasme rajeuni leurs
vieilles scènes de prédilection, pourtant usées jusqu'à la trame : les
cohortes de l'ancienne France hurlent à l'invasion
mahométane-qui-a-encore-fait-un-pas-de-plus, pendant que, dans le
théâtre d'en face, les bataillons du monde d'après braillent au fascisme
et à l'islamophobie-qui-rappelle-les-heures-etc. Tout le monde salue, le
rideau tombe, puis se relève, mais personne n'applaudit car les deux
salles sont vides. Les deux directeurs se hâtent de retirer leurs
affiches et se mettent fiévreusement en quête du prochain “scandale” qui
leur permettra de ressortir leurs quatrains fourbus. Même la marchande d'esquimaux n'a pas daigné se déplacer.
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mercredi 27 février 2019
vendredi 8 janvier 2016
La démence Charlie ou les désarrois de l'élève Modernœud
Savourez ceci et dites-moi si la schizophrénie de Modernœud, d'autant plus niée qu'elle est galopante, ne finirait pas par vous inspirer quelque pitié, en plus d'une inquiétude bien légitime :
« Cela fait jour pour jour un an que je suis toujours Charlie. Il y a un an, je ne savais pas que ce 7 janvier n’était que le point de départ d’une année terrible. Depuis, je fus aussi Danois puis Tunisien (à deux reprises) avant de finir Paris et Bataclan. 2015, année schizophrène ? Au contraire, en étant Charlie, en étant Danois, en étant Sousse, en étant de la génération Bataclan, je me suis découvert moi, personnalité unique au sein d’une communauté universelle, la communauté du monde moderne et libre. »
Ne dirait-on pas d'un enfant des temps jadis, passant avec un enthousiasme attendrissant du costume de Zorro à celui de Ben-Hur en passant par le casque ailé d'Astérix ? En guise de bonus, cette phrase (c'est moi qui souligne) qui a fait mes délices pendant une minute pleine, voire un peu davantage, toujours à propos des rafales du 7 janvier :
« Je n’avais pas acheté leur hebdo depuis mes années d’étudiants et pourtant j’étais choqué. »
(On notera l's au bout d'étudiant, qui confirme le dangereux éparpillement de cette personnalité polymorphe.)
Le billet est ici : il est à lire, assurément, à condition de n'avoir pas à prendre le volant juste après, en raison de certains effets secondaires.
jeudi 25 septembre 2014
L'homme de gauche, immuable supplétif de la tyrannie
La lecture, à quelque vingt ans de distance, des éditoriaux et chroniques de Jean-François Revel* est éclairante à plus d'un titre – en plus d'être un vrai plaisir de l'esprit –, au moins en ceci qu'elles permettent de voir que le déni pratiqué par la gauche est resté absolument le même depuis au moins un demi-siècle, aussi massif et inentamable ; il a simplement changé d'objet.
Voilà encore vingt ou trente ans, les affidés du PCF, avec les socialistes comme idiots utiles, nous expliquaient, de ce ton péremptoire donné par la fausse bonne conscience, que les tyrannies et les carnages de masse ne pouvaient en aucun cas être attribués au communisme, mais à des formes dévoyées du communisme ; et que ceux qui mettaient en place ces tyrannies et perpétraient ces carnages (qu'ils avaient néanmoins approuvés et soutenues quelque temps auparavant) relevaient d'un stalinisme mal expurgé qu'un vrai communiste ne pouvait que condamner – ce qu'ils ne faisaient par ailleurs jamais. Le fait que nulle part dans le monde ne se soit jamais instauré un communisme qui ne présente pas automatiquement ces deux caractéristiques, jointes à une ruine économique irrémédiable, ne les troublait en aucune façon. Et l'on nous enjoignait fermement de ne pas confondre (on ne disait pas encore amalgamer à cette époque…) le brave ouvrier français encarté avec je ne sais quel tortionnaire tchékiste, barbudo cubain ou rééducateur de camp maoïste.
Aujourd'hui, alors qu'on les espérait enterrés à jamais, ils sont de nouveau là, un peu amochés et flageolants, certes, tels des zombis fraîchement sortis des nécropoles, pour nous expliquer – du même ton péremptoire – qu'il faut bien se garder de confondre islam et islamisme, que les musulmans ne sont que douceur et mansuétude, tandis que les terroristes sont des malades sanguinaires qui n'ont rien compris à leur propre religion, même quand ils semblent en réaliser à la lettre les textes fondamentaux et intangibles. D'ailleurs, nous affirment-ils encore, les vrais croyants – les pacifiques, les intégrés, ceux de chez nous, les musulmans à béret basque et à baguette sous le bras – ne vont pas manquer d'organiser des marches de protestation, afin de clamer au monde leur dégoût et leur révolte de ce qu'on fait en leur nom ; prenez patience, ça se met en place, c'est une affaire de jours, de semaines tout au plus ; ne soyez donc pas si impatients, par la barbichette d'Oulianov ! Et ils n'ont pas assez de mots flétrisseurs pour désigner ceux qui, comme leurs pères et grands-pères naguère et jadis, affirment calmement l'identité dangereuse entre leurs gentils et leurs méchants, ou du moins le probable enrôlement, plus ou moins contraint, de ceux-là par ceux-ci, dès que les circonstances leur seront devenues favorables ; ce à quoi s'emploient activement nos belles âmes, immuablement supplétives des tyrannies en vogue.
* Jean-François Revel, Fin du siècle des ombres, Fayard.
Tiroirs à chaussettes :
Fusillons les communistes,
Galéjihades,
Nauséabondage,
Progressistite,
Socialos de vaisselle
samedi 10 mai 2014
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