lundi 5 novembre 2007

Portrait du taulier en Misanthrope

Et ne faut-il pas bien que Monsieur contredise ?
À la commune voix veut-on qu'il se réduise,
Et qu'il ne fasse pas éclater en tous lieux
L'esprit contrariant qu'il a reçu des cieux ?
Le sentiment d'autrui n'est jamais pour lui plaire ;
Il prend toujours en main l'opinion contraire,
Et penserait paraître un homme du commun,
Si l'on voyait qu'il fut de l'avis de quelqu'un.
L'honneur de contredire a pour lui tant de charmes,
Qu'il prend contre lui-même assez souvent les armes ;
Et ses vrais sentiments sont combattus par lui,
Aussitôt qu'il les voit dans la bouche d'autrui.


Mais, on s'est connu où, au juste, ce Poquelin et moi ?

dimanche 4 novembre 2007

Ah ! le crétin bête...

Évidemment, comme le précédent blog s'appelait Didier Goux habite ici, j'ai trouvé amusant de nommer le nouveau Didier Goux déménage, jouant à la fois sur la réalité de la chose et sur le double sens du verbe.

Là-dessus, je fais un mail personnalisé à chacune des dix ou douze personnes que j'aimerais continuer à voir me fréquenter (c'est français, ça ?). Tout ça pour me faire signaler que, ayant remis mon nom dans le titre du blog, je me retrouve, au bout de 24 heures à peine, "référencé" par ce connard de Google.

Bien sûr, je pourrais toujours niquer la race de ce nouveau blog et en rouvrir un troisième, sans mon nom dedans. Mais, là, ça deviendrait vraiment grotesque...

Tant pis... On verra...

Les connards sont toujours debout !

Sur un blog, dont je vous recommande chaudement la lecture, si vous voulez voir à quoi ressemble un militant de gauche quand il a la bave aux lèvres, je viens d'apprendre que l'avortement était "un dispositif culturel joyeux".

J'en suis encore tout sourire...

On accommode les restes

Ce n'est pas parce que j'ai explosé sa race à l'ancien blog qu'il a totalement disparu. Et je ne vois pas pourquoi je devrais m'interdire d'aller y puiser, de temps en temps, quelque vieillerie afin de vous la resservir. C'est ce qu'on inaugure pas plus tard que tout de suite. Désormais, lorsque vous verrez un texte apparaître en bleu, ce sera du réchauffé...


jeudi 3 mai 2007

Vos âmes pareilles


Mon très jeune et très vieux Bergouze, une image étrange m'occupe l'esprit depuis quelques jours. Elle te concerne, tu es dedans - et vivant. Mais il va de soi que tu es toujours vivant dans mes images - il n'est pas impossible que les images servent à cela, d'ailleurs, je laisse à plus intelligent que toi et moi d'en statuer.

Tu es ici, au Plessis-Hébert, chez nous. Ce n'est pas la première fois que tu viens. Tu es presque chez toi. Tu es déjà ami avec l'Irremplaçable (et c'est très important, dans l'image).

C'est l'été, probablement, puisqu'on est installé dehors, sous le tilleul. Il me semble que c'est la fin du repas. Tu es confortablement carré dans ton fauteuil de plastique blanc (oui, je sais, M. Camus, mais c'est une histoire qui ne vous concerne pas : Philippe Bernalin (tiens, j'ai dis son nom en entier, pour la première fois...) se foutait totalement des fauteuils dans lesquels on le priait de s'asseoir), je suppose que tu as allumé un Café Noir ou un Café crème, l'un ou l'autre de ces petits cigares que tu aimais (et dont je ne sais même pas s'ils existent encore).

Il doit rester un peu de vin dans la bouteille, sur la table (de toute façon, il y a de la réserve dans l'arrière-cuisine, ne t'inquiète pas, je veille, ton ivresse m'est chère).

Nous ne parlons pas. Catherine parle. Je ne sais pas ce qu'elle te raconte. Car c'est à toi qu'elle s'adresse. Ce doit être (ce doit, au sens de "il faut" - pour la beauté de l'image) une chose sans importance, un petit fait de la vie quotidienne, un fragment d'insignifiance, une poussière de temps - rien.

Et je vois ton regard, posé sur elle, comme je ne l'ai pas vu depuis plus de vingt ans, je te vois l'entendre et la comprendre - ce regard que tu avais, à la fois flottant et fixe, comme rendu lointain par l'épaisseur des verres.

Moi, je suis un peu décalé, par rapport à vous, de biais, peut-être un peu dans l'ombre, je ne sais pas. Je pense que Catherine est debout (elle débarrasse la table ? Elle vient d'apporter le dessert ? Oui, c'est possible.), toi assis, les yeux légèrement levés, donc.

Vous ne me voyez pas, mais, moi, à cet instant, je ne vis que par vous, par ces paroles sans importance qui passent d'elle à toi. C'est une sensation puissante, tellement que je ne veux pas sortir de la pénombre, du fugitif oubli où je suis. Et ce n'est pas tout.

Balbec est venu, et il a posé sa tête sur tes genoux, comme il le faisait avec nous. Tu le caresses distraitement, de la main droite, avec lenteur, presque sans t'en apercevoir. Il n'est pas impossible qu'une légère brise se soit mise à passer, mais je ne jurerais de rien. Le chien ne bouge pas. Ses yeux sont levés vers toi, qui ne le regarde pas, ce qui fait remonter les petites pastilles brunes qui lui servent de sourcils.

Il semble te connaître de toute éternité et posséder l'assurance que tu ne bougeras jamais de ce fauteuil de plastique blanc, et que Catherine ne cessera pas de parler.

C'est une innocence que je lui envie.

Une formule

"L'humanitarisme, c'est l'humanisme tari !"

René Girard, Achever Clausewitz

Nom de personne : le nom

Dans notre monde moderne et festif, les femmes ont conquis de nombreux avantages sur les hommes. À commencer par le premier, qui fait que, gagnant moins à travail égal, elles sont moins lourdement taxées par l'État que leurs homologues masculins. En passant, on pourra aussi noter l'obligation à laquelle elles sont soustraites, de se raser tous les matins. Avantage en grande partie annulé, il est vrai, par la curieuse manie qu'elles ont contractée il y a peu, de se raser un peu partout ailleurs que sur le visage.

Le plus récent et le plus exorbitant de ces privilèges concerne bien entendu la procréation, domaine dans lequel les femmes ont réussi, aidées par la science, à évincer totalement et sans doute définitivement les hommes. Nous sommes chez Paul et Virginie ; Paul veut un enfant, Virginie non : qui va gagner, à votre avis ? À présent, transportons-nous chez Roméo et Juliette, où la sitution est exactement inverse : il n'est, pour la jeune épouse, que d'oublier de prendre sa petite pilule miracle durant quelques jours, puis d'enchaîner sur un test ADN : Roméo est fait aux pattes et il en prend pour 25 ans.

Mais il est un autre privilège des femmes, dont on parle beaucoup moins, et même à peu près pas du tout : la possibilité qu'elles ont, se mariant, de changer de nom, ou de ne pas le faire. Il va de soi que lorsqu'il leur était fait obligation d'adopter le nom de leur mari, l'injustice était criante. Alors que, désormais, quel rêve !

On comprend aisément qu'épousant ce brave Marc Dubois, Mlle Ghislaine Trouduc se soit empressée d'adopter le patronyme de son cher et tendre. À l'inverse, tombant amoureuse de Philippe Couillemolle, Geneviève Combaluzier s'est fermement promis de conserver son nom de jeune fille après mariage.

Cependant que, nous autres, Couillemolle nous naissons, Couillemolle nous devrons vivre et mourir.

samedi 3 novembre 2007

Pour dire...

À LinaLoca, comme d'hab...


- COLOCATERRE : Voisin de caveau.

- ASNAVOUR : Numéro un du showbiz.

- FAUTREUIL : Siège élevant son occupant au faîte d'une puissance trompeuse, parce qu'éphémère.

- FRIMOSIS : Malformation du sexe mâle, promettant plus qu'il ne peut tenir.

- SANGRIER : Cochon sauvage, mariné dans le vin rouge espagnol, avec des écorces d'orange.

- PRESTIDAGITATEUR : Fomente des troubles révolutionnaires en créant des illusions de mécontentement populaire.

- MUSULMÂNES : Terroristes morts, bardés de dynamite, et justement divinisés.

- PORTE-FAITNAÎTRE : Ouverture sur la vie (===> Vulve).

- VIANDE ACHETÉE : Steack mouliné et vendu au prix fort.

- LABRADORT : Swann...

Blog buissonnier

C'est très excitant, vois-tu, cette idée de nouveau blog. L'impression d'avoir quitté la grand-route pour un chemin buissonneux, presque invisible, au bout duquel, à l'orée d'une forêt, tu te trouverais assis sur une souche, à m'attendre, avec patience et calme.

Un peu plus loin, mais invisible, il y a une fontaine de jouvence qui glougloute doucement, pas plus pressée que tu ne l'es.

Achevons Clausewitz

La facteuse m'a gâté, ce matin, m'apportant trois livres provenant de chez Mme Amazon : deux de Katherine Mansfield (journal et nouvelles) et le dernier de René Girard : Achever Clausewitz. Je meurs évidemment d'envie de me jeter sur le dernier cité, si bien que je termine à bride abattue les Cent-Jours, pressé d'expédier l'autre zouave à Sainte-Hélène - ce qui n'est pas très gentil pour ce pauvre Joseph Roth, qui s'est donné bien du mal sur ce roman, et qui va sûrement trouver là une excuse pour boire encore davantage.

Et tu verras que ce sera encore de ma faute...

Enfin seuls !

Mon bon Bergouze, ça ne devenait vraiment plus possible, j'espère que tu en es d'accord ? À force, on n'arrivait même plus à s'entendre, dans cette basse-cour ! Sans compter le temps que ça finissait par me prendre, tous ces ronds-de-jambes que je me sentais tenu de faire, ces dizaines de messages que je lisais chaque jour, sans grand intérêt la plupart du temps (tout comme les miens, du reste), écrits par des inconnus complets : à quoi cela rimait-il ? Je vois qu'on s'est compris.

Sans parler des crétins, des sottes, des caractériels patentés et j'en passe. Tout ce temps perdu pour, au bout du compte, découvrir quatre ou cinq personnes en valant à peu près la peine, avoue que c'était vraiment disproportionné.

Du coup, j'ai déménagé à la sauvette, après avoir foutu le feu à l'ancienne taule. Je pense que personne ne viendra nous chercher ici. Il suffit juste de ne pas prononcer le nom d'un certain écrivain, qui nous ferait immanquablement repérer, comme tu le sais...

De même, histoire de ne pas retomber dans l'addiction stupide, on se gardera d'afficher les éventuels commentaires, on proscrira absolument les compteurs de visites et autres instruments de statistiques.

Bon, je te laisse pour le moment : j'ai des tonnes de cartons à déballer...